CHAPITRE III
iieur), bien plus, quand il est mort (et surtout à la mort de sa sœur), n'a-l-il pas besoin d'aller se profaner. A quoi R. Nazzi répondit : Ce dernier cas est exceptionnel, et pour cela, on doit accomplir un devoir religieux auquel tout Israélite est obligée, en l'honneur de son frère. Un colien peut-il se profaner pour l'honneur de son père ou celui de sa mère (et sortir pour les voir des limites de la Palestine)? R. Yessé aussi, à la nouvelle de l'arrivée de sa mère à Rozzéra, demanda à R. Yo'hanan s'il pouvait y aller. Celui-ci répondit : S'il y a danger (pour sa mère, et que sa présence puisse l'en tirer), il ne faut pas hésiter; mais s'il ne s'agit que d'honneur envers les parents, la décision peut être douteuse. Mais, comme R. Yessé insistait, l'autre lui dit : Puisque tu es décidé à partir, va et reviens en paix. — R. Samuel bar-Isaac l'entendit et crut que cette décision n'était pas sincère. R. Eléazar ajouta alors : On n'a pas besoin d'une autorisation plus formelle (que celle de R. Yo'hanan).
Un cohen peut-il se rendre impur (en rejoignant un convoi funèbre) en l'honneur de la communauté? Oui, quand on est arrivé en présence de deux routes, l'une longue mais pure, l'autre courte mais impure (où des morts sont enterrés); si le public suit la plus longue, le cohen ne doit pas les détromper et la suivre aussi; mais, si le public suit le chemin court, le cohen ne doit pas s'en écarter, puisqu'il doit agir pour l'honneur du public. — Cette règle n'est appliquée qu'aux cas considérés comme impurs, d'après les docteurs; mais, dans tous ceux qui sont défendus par la thora (Pentateuque), il faut s'en rapporter à la décision de R. Zéïra, qui dit: Le respect dû au public est tel qu'il l'emporte pour un moment sur un commandement négatif.
R. .lonas et R. José Galilé, au nom de R. José, fils de 'Hanina, rapportent qu'on ne doit pas discuter sur la thora (la Loi) en présence d'un mort. Cependant nous trouvons qu'en présence du corps de R. Samuel, fils de Zadoc, R. Yo'hanan demanda à R. Yané son opinion sur cette question : Peut-on réserver les revenus réalisés d'un holocauste pour les dépenses de léparations du temple? Et R. Yané en a donné la solution (ce qui prouve qu'on peut discuter sur la Loi, en présence d'un mort). Mais on suppose <[ue cette conversation (entre les deux rabbins) avait eu lieu à une certaine distance du mort, ou après la cérémonie funèbre. Nous trouvons aussi que R. Jérémie posa à R. Zéïra plusieurs questions à résoudre, en présence du corps mort de R. Samuel, fils d'Isaac, avant que la cérémonie fût achevée (ce qui prouve encore qu'il est permis de discuter la Loi devant le mort). Mais on réplique que cela s'est passé loin du mort (à l'écart), et non pas auprès de lui.
On a enseigné qu(; les porteurs du corps mort (du cercueil) doivent se tenir déchaussés (pendant le trajet), car il peut arriver que la chaussure de
{]{) Tl{ \ITK DKS nVA\ VkllOTII.
I nil (ICiix sr (li'cliiic, v\ il snail iiilorroinjui (hms I Cxfiricc dc cc dcNoii n;li|jienx.
All inilicni d'une convorsalioii , \\. Z(Vira s'an'aissa ct on s'apeiriil ([n'il «'tail évanoui. Et ([uand il l'ut revoini à lui, on lui demanda la cause de sa Faiblesse; il répondit : (]ela m'est arrivé à la suite de notre entretien sur le passa^fe (de l'Eeclésiaste, vu, 2) : Hl (jw lui qui est vivant prenne cela (la mort) h cœur.
2. Après reiiteri'emenl et au retour, on doit faire la récitation du schema, si on a le temps de le commencer et de le linir avant d'arriver au cei^cle (qu'on fait autour des gens en deuil pour les consoler) ; sinon, il vaut mieux ne pas la commencer. Ceux qui se tiennent à l'intérieur du cercle en sont dispensés, mais non ceux qui sont à l'extérieur (et qui ne voient pas les gens en deuil).
Nous enseignons : il ne faut emporter le mort qu'une heure avant ou une heure après le temps (prescrit) pour la récitation du schema\ afin de pouvoir la faire et prier (avec le public). — Cependant nous lisons (dans la Mischnâ ci-dessus) qu'après l'enterrement et au retour on doit réciter le schema', si on a le temps de le commencer et de le finir avant d'arriver au cercle. Donc , ce que nous Amenons d'ajouter, qu'on laisse une heure avant ou après (l'enterrement), n'est-^ce pas superflu? Non, cette latitude est réservée à ceux qui peuvent se tromper ou manquer (involontairement) l'heure indiquée (pour les prières).
Nous enseignons que les gens en deuil et les assistants (à la cérémonie funèhre), s'ils ne peuvent finir la cérémonie à temps, doivent l'interrompre pour réciter le schema'' (seulement) et non pour faire la prière (celle-ci étant plus longue). Mais il est arrivé déjà que nos docteurs avaient interrompu la cérémonie (funèbre) pour réciter le schema\ ainsi que pour faire la prière. Nous lisons dans la Mischnâ qu'on peut commencer le schema' (avant d'arriver au cercle) si on peut le finir (sinon, il ne faut pas le commencer) : si nous soutenons qu'il faut interrompre la cérémonie pour réciter le schema\ ne va-t-il pas sans dire qu'on peut en commencer la récitation avant d'arriver au cercle? C'est qu'ici il s'agit du premier jour (de deuil), tandis qu'ailleurs il est question du second jour.
R. Samuel, fils d'Ahdouma, dit : Si celui qui entre dans la synagogue (à l'heure de l'olKce) croit pouvoir finir sa prière avant que le liazan (l'officiant) commence à répéter [V'amida), afin de dire Amen, il peut la commencer et finir. L'un (des docteurs) soutenait ([u'ici il s'agit d'avoir assez de temps pour dire Amen après la troisième seclion de Y'amiiJa; selon l'autre, c'est dans le
CIIAIMTliK III. fil
cas où Ton croit pouvoir linii- sa |)i'i('i'(' avaiil (juc le liazan ail Iciiiiiiu* la sciizièino section, afin do din^ Y amen. — li. Pin'liass lapporlo ([ue ces deux (docteurs) ne sont point en désaccord, car 1(? pi'emier parle des prières de samedi, et le second de celles de tous les jours (de la semaine).
Nous enseig^nons que R. Yéliouda a dit : S'il y a un seul cercle, tous ceux qui s'y trouvent doivent priei', si c'est pour l'honneur des (rons en deuil (qu'ils sont venus); mais les parents (qui prennent part au deuil) en sont dispensés. Ceux (des assistants) qui sont arrives au lieu (où Ton fait la cérémonie de deuil) et qui sont tournés vers les affligés (qu'ils voient de près) sont dispensés de réciter le schema' , elles autres (qui ne voient pas les affligés) y sont obligés. C'est d'après la décision postérieure (d'après le texte de la Misclinà qui dit) que ceux qui se tiennent à l'intérieur du cercle sont dispensés de réciter le schema', mais non ceux qui sont à l'extérieur. Et ce que nous venons d'apprendre de l'oLligation de le réciter pour ceux qui sont venus seulement pour l'honneur des gens , et de la dispense de le réciter pour ceux qui viennent consoler les affligés, est une sentence antérieure.
Nous avons appris^ que lorsque le grand prêtre avait consolé les gens en deuil, le ségan (l'adjoint) les plaçait entre lui (le grand prêtre) et les assistants : ceux-ci alors passaient (l'un après l'autre, pour consoler les gens en deuil). R. 'Hanina rapporte qu'anciennement les assistants restaient (sur place) et les gens en deuil passaient devant eux. Mais comme, dans la ville de Siphorée, il a surgi des querelles (entre les assistants), R. José ben-'Halaphla décida que les gens en deuil resteraient et que les assistants passeraient (l'uji après l'autre) pour les consoler. — R. Simon de Thossephta rapporte qu'on a rétabli de nouveau l'ancien usage.
3. Les femmes , les esclaves et les enfants sont dispensés de réciter \e schema et de mettre les théphilins; mais ils sont obligés de faire la prière et la bénédiction du repas et d'observer la loi de la mézouza^.
La dispense des femmes (de la récitation du schema' et de la mise des théphilins) est basée sur le verset suivant : Vous enseignerez mes commandements à vos fils (seulement) et non à vos fdles. — Et pourquoi la même dispense existet-elle pour les esclaves? — Parce qu'il est écrit : Ecoute, Israël, F Eternel est notre Dieu; il est un. — Ce qui veut dire que nous n'avons pas d'autre supérieur que
' Babli, tr. iS/y7?AeV/rm, fol. 18. 9,0 du cli. \i du Deuléronome et qu'on
^ Mézouza : \e \)iivc\\emm ([ui conùewl attaciie aux poteaux des portes, connue les versets /«-() du cli. vi cl les versets 1 ').- il est ordonné par ces mêmes versets.
(i-i Tii AiTK i)i:s n\:\\ vkiiotii.
J)ieu, tandis ([in* resclavc (*.st souinis à son jnaiLrc Ml pourcjiioi les cnfanls en sonl-ils (lispcnsos ? — C'est ([n'il osl ëcrit : AJhi que la loi divine soil dans la houclie, c\;st-à-dir(' quo In sois assidu à Téludo d(3 C(;tto loi (et l'enfant ne Tesl pas); mais ils sont tous (la fennme, l'esclave et renfani) ohli^jés de dire la prière {'amida)^ parce que chacun doit s'efforcer d'attirer sur soi la miséricorde divine. — Quant à l'observation de la mézouza, il est écrit : Vous écrirez sur les portes de vos demeures (la Loi). — Tous sont obii^jés de faire la bénédiction du repas, parce ({u'il est écrit encore : Vous maufferez, vous vous rassasierez et vous en rendrez grâces au Seigneur votre Dieu.
On nous apprend ^ que tous les commandements positifs pour l'accomplissement desquels le temps est fixé sont seulement obli^jatoires pour les hommes et que les femmes en sont dispensées ; mais les commandements pour l'accomplissement desquels le temps n'est pas précisé (c'est-à-dire qu'on peut accomplir à toute heure) sont obligatoires pour les hommes et les femmes. Quels sont les commandements pour lesquels le temps est précisé ? Ce sont : la soukka (les tabernacles), le schojfar (les trompettes de Rasch-haschana) et les théphilines (les phylactères). Et quels sont ceux pour lesquels le temps n'est pas fixé? — Ce sont : la restitution des choses trouvées à leurs propriétaires ; la prise des petits oiseaux en renvoyant leur mère dans son nid^; férection d'une (galerie sur le toit (pour la sûreté des habitants) et le précepte des tzitzithes^.
R. Simon dispense les femmes des tzitzithes, parce que, pour accomplir ce commandement, le temps est précisé, puisque tout vêtement destiné à fusage de nuit n'a pas besoin d'avoir de tzitzithes. R. Lina expliquant le sens des docteurs (qui comptent les tzitzithes parmi les commandements pour faccomplissement desquels le temps n'est pas précisé) dit : le vêtement du jour qu'on emploie aussi la nuit doit avoir des tzitzithes.
Nous enseignons que, pour tout commandement positif accompli parfhomme, il peut le faire (au temps prescrit) pour son prochain, excepté la bénédiction du repas. — Nous avons appris que, pour le devoir (religieux) auquel on n'est pas obligé, on ne peut pas en dispenser les autres qui y sont obligés (en les remplaçant). Mais (quant aux devoirs auxquels on est obligé), même après les avoir accomplis, on peut en remplir pour les autres et les en dispenser. — R. Laiia ajoute que, dans ce cas, la bénédiction du repas est exceptée (on ne peut pas la faire pour les autres), car il est écrit : Tu mangeras, tu te rassasieras et tu béniras l'Eternel, ton Dieu. Ce qui veut dire que chacun doit faire la bénédiction après son repas. — R. José et R. Yéhouda ben-Pazzi
' Babli, tr. Kiddouschin^M. 29. ff dit, vous vous souviendrez des comman-
^ Voir plus loin, eh. v, § 3. ff dements de rÉteriiel et vous les o])sei'-
^ Les tzitzithes : franges aux coins des rr verez.^ (Nombres, v, 89.) vêtements. rrEn voyant ces franges, est-il
CIIAPITMK III. (i.i
y comprennent le schema' <4 les piières (jue cliacun doit faire pai" soi-niènie pour attirer la miséricorde divine.
Quelle différence y a-t-il entre soukka et loulahe? — C'est-à-dire: pourquoi faut-il faire la bénédiction de la soukka le soir (qui précède) le premier jouides tabernacles (une fois seulement), tandis ({ue, j)our le loulabc, il faut la faire tous les sept jours (tous les matins de la fête des tabernacles) ? — H. José et R. A'ha faisaient dans une assemblée la même question, et voici quelle fut la réponse : parce que le devoir est de rester dans les soukkoths (tabernacles) tous les sept jours (de la fête), y compris les nuits, tandis que le loulabe n'es! obligatoire que pendant le jour (cliaque jour à part). — R. Jacob Déromi objecte alors : L'étude de la Loi est aussi obligatoire la nuit connue le join- (et cependant il faut faire la bénédiction chaque fois qu'on s'y met). L'homme, répondit-il , peut s'abstenir de manger, pendant la fête, des choses qui n'exigent pas de bénédiction , comme , par exemple , des fruits qu'on peut manger hors des tabernacles (et dans ce cas on n'a pas besoin d'y passer son temps, ni de faire la bénédiction tous les jours), tandis que le loulabe est un commandement positif (pour chacun des sept jours de la fête). — Quant à la bénédiction à fain» en se mettant à l'étude de la Loi , elle a lieu parce qu'il est écrit : tu l'apprendras jour et nuit (Psaume 1,2).
Nous enseignons que le mari peut se faire réciter la bénédiction (du repas) par sa femme, par son domestique ou par son enfant. — Est-ce que R. A'ha n'a pas dit chez R. Néaraï, au nom de R. José, que, s'il est permis à l'enfant de réciter la bénédiction (du repas) à son père, c'est pour l'habituera accomplir ce devoir? Au contraire, puisque l'enfant n'est pas obligé de pratiquer les commandements (comme nous l'avons dit plus haut), peut-il en dispenser son père? C'est qu'il ne s'agit point ici de dispense ; seulement, l'enfant fait la bénédiction, et le père (s'il est ignorant) la répète (mot à mot), comme nous l'avons appris dans ce qui concerne la fête des tabernacles. On dit là que si l'esclave, la femme ou l'enfant récitent le hallél (divers chapitres des Psaumes) pour en dispenser les autres, ceux-ci doivent aussi le répéter (mot à mot). Cependant les docteurs le blâmaient (le père ignorant qui se fait réciter la bénédiction parson fds). Il convient peu, disent-ils, qu'un homme de vingt ans doive répéter ce que récite un enfant de dix ans.
à. L'homme impur (haal-kéri) ne fait qu'une récitation mentale, sans l'accompagner des bénédictions antérieures et postérieures. Il pense de même à la bénédiction qui suit le repas et non à celle qui le précède. Selon K. Yéhouda, il récite (par la pensée) les bénédictions (pii précèdeni et celles (|ui suivent.
C)\ T\\ \ITK DKS \\VA\ \KII()TM.
On r;iil In i'('('ilali()ii iiK'nIaic dans nn cndioil on Ton n'a |)as d'caii (pour so lavci). Scion U. M(mi", Ic haal-kéri (l'impur) (jui n'a pas d'oau j)oiji' prondn» la ihéhila (bain do pnii(icatioii) doit lire le schema' sans (juo ses proj)res oreilles renlendent, mais ii ne fait pas les l)(în(;diclions (jui pieccdent ni celles qui suivent (le schema). Les docteurs lui permettent cependant de réciter le schema' à haute voix et de l'aire les bénédictions postérieures et antérieures.
Nous ensei[jnons : Le haal-kéri qui est malade et sur qui on a versé neuf mesures (p3p) d'eau , et un autre [haal-kéri qui n'est pas malade) sur qui on a versé trois petites mesures (]"'3l'7) d'eau, deviennent purs pour eux-mêmes (ils peuvent alors s'occuper des devoirs religieux), mais non pour pouvoir en remplacer d'autres (dans leurs obligations religieuses) ; ils ne le peuvent qu'après s'être plongés dans quarante mesures (nxD) d'eau ^ R. Yéhouda est de cet avis.
D'après R. Jacob bar-A'ba, qui le soutenait au nom de R. José, et celui-ci au nom de R. Yéhoschoua ben-Levi, l'on ne devient baal-kéri (impur) qu'après avoir connu une femme. R. 'Houna dit que celui-là même est haal-kéri h qui le kéri (pollution) est arrivé en rêve; mais, selon R. Jonas et R. José, on devient haal-kéri (même sans rêver) dès qu'on s'en aperçoit (quel qu'en soit le motif).
Nous avons appris ^ qu'au jour du kippour (d'expiation), il est défendu de manger, déboire, de se laver (prendre un bain), de se parfumer, de mettre sa chaussure et de s approcher de sa femme. A ce sujet nous avons encore appris (dans une baraïthé) que les baal-kéri (en s'apercevant du kéri, au jour du kippour) peuvent se plonger dans l'eau (pour se purifier), mais secrètement, ce qui n'est pas contraire à la sentence de R. Yéhouda ben-Levi, selon lequel on ne devient baal-kéri qu'après avoir connu une femme, car ce baal-kéri a pu connaître sa femme la veille du kippour et oublier de prendre son bain après. On a vu R. José ben "Halaphta se plonger dans l'eau au jour du kippour. Pouvons-nous supposer ici que ce saint homme ait pu oublier de prendre son bain la veille , après avoir connu sa femme? C'est que, dit R. Jacob bar-Abbon, on n'avait institué la thébila ( bain de purification ) que pour distinguer l'homme du coq (cette bête qui s'approche et s'éloigne de ses poules, mange et s'en approche de nouveau). (Donc la thébila n'est point obligatoire pour les baah-kéri) et R. José ben-'Halaphta pouvait bien la négliger la veille du kippour. R. ^Hanina passant un matin, avant le jour, devant les portes de Moussi (où étaient les bains de Tibériade), y rencontra quelques-uns de ses disciples qu'il gronda , en disant qu'ils n'avaient pas besoin de perdre leur temps d'étude pour aller au bain avant le jour (pour se purifier) , puisqu'ils pouvaient prendre
' La thébila (bain de purification) doit d"eau pure (courante). — ^ Rnbli , (r. contenir an moins quarante mesures (riNC) Yôma. fol. 7/1.
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leur ih/'bila k; matin. (ù;la jjrouve que la lli/'hila nCsl pas imposée aii\ hnal-Lrri (même pour étudier la thora).
R. A'ha, au nom de R. Tan^lian, se trouvant chez R. Yé'hiia, raconta qu'au temps de R. Yéhoschoua ben-Lévi, on voulut dispcMiser les hommes et les femmes de la ihébUci (après l'acte charnel), parce qu'il était arrivé, en Galilée, f{ue plusieurs femmes se refroidirent (en prenant ce bain) et devinrent stériles. Mais R. Yéhoschoua s'y opposa en disant : ff Vous voulez abolir une chose (jui garde Israël du péché? 75 Comment la ihéinla nous em[)éche-t-elle de pécher? En voici un exemple : Il est arrivé qu'un surveillant de jardin était prêt à commettre un péché avec une femme mariée; mais ils voulaient d'abord s'assurer de pouvoir se purifier immédiatement après; pendant ce temps, des étrangers arrivèrent et ils furent empêchés de commetire le péché. Un autre, ayant voulu séduire une esclave du Rabba, reçut d'elle cette réponse et ce refus : rrJe ne puis prendre la thébila que quand md maîtresse en prend. — Toi (esclave) tu n'es considérée que comme une bête, lui dit le séducteur; donc tu n'as pas besoin de thébila. — As-tu oublié (répondit celle-ci) , qu'il est écrit : que celui qui pèche avec une bête doit être mis à mort ( lapidé) ?i7 (Et ils ne péchèrent point.)
D'après R. Yé'hiia bar-Va, la tliéhUa n'avait été introduite que dans l'intérêt de l'étude de la Loi : comme il n'y a pas de limites dans la connaissance de l'homme avec sa femme, celle connaissance a lieu trop souvent et on y perd trop de temps précieux pour l'étude ^
Le haal-kéri (impur) ne doit assister à f étude de la Loi (qu'après avoir pris la thébila). R. Yéouda bar-Titous et R. A'ha rapportent, au nom de R. Eliazare, que cette défense est basée sur ce verset : Vous serez prêts le ti^oisième jour et vous n approcherez pas de la femme (Exode, xix, i5).
Nous enseignons : Tout homme ou femme qui soulfre de la gonorrhée ainsi que la femme dans son impureté menstruelle et l'accouchée, peuvent s'occuper de la lecture de la thora (la Loi) , étudier le midrasch (exégèse) la hala^ha (partie légale du Talmud) et Yagada (partie éthique), tandis qu'au baal-kéri tout cela est défendu. Selon R. Abba bar-AMia , au nom de Rabba, ils [les baalé-kéri) peuvent étudier la halalui et non pas ïagada, et, selon R. José, ils peuvent étudier la hala'ha qu'ils connaissent, mais non pas approfondir la mischnâ. El d'après une autre explication de la sentence de R. .lose, ils peuvent toutétudier, mais ils ne doivent pas prononcer les noms sacrés de Dieu.
R. Sera (qui était baal-kéri) demanda à R. José s'il voulait étudier avec lui et avec R. Roun la hala^ha, où ils étaient versés, et il reçut de lui une réponse affirmative. R. Hiia bar-Abba (qui était Ar^r/Z-^Tn également) a étudié avec son
On peut y ajouter un autre motif: fardeur du sang. Cola ost conim pénéfeau froide de thébila (bains froids) calme ralenicnt.
GO TRAITI-: DKS BEHAkllOTIl.
fils R. Jdrdmle la halaha (duns la nuil mèine où il devint impur). Et au malin, il envoya son lils an Iravail , afin (I(î le laisser lihi-c; |)our prendre sa lltéhiln. (Tout ceci prouve que le hanl-héri ne doit pas interrompre ses éludes j)our prendre la tlirhila). Un docleur qui arriva à la ville de Nelzihine, au moment de la lecture de la lliora, s'arrêta à Tendroit des noms sacrés (qu'il n'osa pas prononcer). W. Yéhouda hen-lJélliéra lui dit alors : r Continuez et éclairez-nous par vos paroles , car l'étude de la tliora n'est point susceptible d'impureté, w Selon R. Jacob bar-A'ba, il faut suivre les principes adoptés par R. Eléï pour la question delà toison des brebis; ceux de R. Yascbiia, pour kélaïin (semences mélangées) et ceux de R. Yéhouda ben-Bélhéra pour la question d'impureté. Le premier soutenait que le commandement concernant la toison des brebis n'est applicable qu'en Palestine; le deuxième, que la défense de la semence mélangée n'est enfreinte que si l'on sème ensemble d'un coup des grains de blé, d'orge et les pépins des raisins; le troisième, que l'étude de la thora n'est point susceptible d'impureté, c'est-à-dire que le baal-kéri n'a pas besoin de prendre un bain i^ihéh'da) pour se mettre à l'étude de la Loi. R. José ben-'Halapbta voyageait pendant une nuit obscure; étant arrivé à un endroit où il y avait un étang, il vit que son compagnon de voyage voulait s'y plonger. R. José s'y opposa, ce Mais, dit l'autre, je veux me purifier après les relations que j'ai eues avec une femme mariée, qui de plus avait ses menstrues, tî R. José lui défendit, malgré cela, de s'exposer au danger. Mais l'autre ne voulait point l'écouter et allait se plonger dans l'eau. Alors, R. José lui cria : Va et ne reviens plus (puisque tu me désobéis). C'est ce qui advint : l'imprudent se noya.
R. José ben-José se trouvant un jour sur un navire et apercevant un homme qui s'attachait à une corde pour se plonger dans la mer: rrNe t'expose pas au danger, lui dit-il. Mais j'ai faim, j'ai besoin de manger^. Tu peux prendre ta nourriture sans te purifier. i^ Arrivé à terre, le rabbi lui dit m Ici tu dois (suivre ton scrupule) prendre la thébila avant tes repas; je ne te l'avais défendu que sur mer, où il y avait du danger.^-)
R. Yanaï dit: Les uns prétendent que le bain peut se composer d'eau stagnante; d'autres exigent qu'il soit formé d'eau courante. Celui qui veut être scrupuleux (en employant cette dernière) verra ses jours se prolonger.
5. Si quelqu'un, occupé à réciter la prière, se souvient qu'il est impur (baal-kéri^, il ne devra pas s'interrompre, mais abréger (chaque iiection). S'il est descendu pour prendre un bain et qu'il ait encore
Les E^séniens se purilinient par ïenn avant de prendre leur nourriture.
CHAPITIU: 111. 07
ie lemps de monter et de se couvrii* poiir Taire la récilalioii avant que le soleil brille, il (le\i'a le laii'e; sinon, il se baissera pour être couvert par l'eau et l'era aifisi la l'ecitalion. Il ne devi'a pas se convi'ir d'eau sale ou stagnante, ou ayant déjà servi, à moins d'y avoir ajouté une grande quantité d'eau (pure). De ces eaux et des immondices il faut s'éloigner de (juatre coudées, pour prier.
L'avis de la mischnâ (quun haal-héri ne doit pas s'interrompre dans la récitation des prières) ne s'applique qu'à la récitation en public; mais, s'il prie tout seul et se rappelle qu'il est impur, il doit s'interrompre pour prendre le bain. Et même, selon 11. Yébouda, s'il prie seul et qu'il n'ait pas d'eau pour se purifier, il ne doit pas suspendre la recitation; mais, s'il a de l'eau, il reste et se purifie (pour continuer la prière). K. Meyer, cependant, soutenait le contraire (plus haut).
R. Ami dit : Si un malade a connu sa femme, il doit prendre la ihéhila même en prévoyant le danger qu'il y a pour sa santé. Mais, s'il est devenu impur sans le vouloir (par pollution) , il en est dispensé. R. ^Hagui, au nom de R. Abba bar-Zabdi, rapporte que dans ces deux cas il ne faut pas exiger qu'il prenne la thébila, afin de ne pas l'exposer au danger. Celui qui se provoque lui-même au kéri, s'il est malade, doit prendre un bain de neuf mesures ordinaires d'eau, pour se purifier; si c'est un homme bien portant, il en prendra un de quarante grandes mesures. Si le malade devient impur involontairement, il est dispensé de la thébila, tandis que le dernier, dans le même cas, doit se purifier dans une [thébila) de neuf mesures.
]î. Zabdi, fils de R. Jacob bar-Zabdi, au nom de R. Jonas, dit : Dans une ville éloignée de l'eau courante (d'un fleuve ou étang), le haal-kéri peut réciter le schema' avant de se purifier (afin de ne pas manquer l'heure du matin prescrite pour le schema') , mais il doit faire les prières après avoir pris la thébila. L'homme délicat (faible) n'est pas obligé de se lever au point du jour (même si l'eau est près de la ville), pour prendre son bain (en cas d'impureté).
L'avis de la mischnâ, qu'un baal-héri peut réciter le schema' en se trouvant au bain et en s'y couvrant (dans l'eau), s'applique seulement au cas où cette eau est trouble; mais si elle est pure, il ne doit pas réciter (car alors par en bas il voit ses parties honteuses); mais, s'il peut troubler l'eau en l'agitant avec ses pieds, il doit le faire et réciter le schema'.
Nous enseignons que, pour réciter le schema', il faut s'éloigner de quatre aunes (niDN) des excréments humains et de la fiente de chien, (surtout) au moment où on les emploie pour apprêter les peaux (dans la tannerie).
es Tl{ \ITK DKS RKUAkIlOTIl.
Solon les lial)l)is .l(M('iMi(', Z('i'i , Ahiii.'i, Aina, iSchamni , Maiia, Aboua, José Ix.'ii-'Hanina , Saimicl IxMi-lsaac, 'lliia ])ai-Al)l)a , .lost' hai-Abhiiia cl 'llona, pour récilcr le sc/h'iiki'' cl pour faire les ])rièrcs,il l'aiil sN'Ioi^fncr de qiialrc aunes (mi^N) de loulcs caii\ sales cl félidés, dun cadavre (jui senl mauvais, d'excrémcnls humains, (rimniondices cl (riiiine , même de ceux des onfanls (|ui man||ejil déjà un peu de |)ain (de la [grandeur (Vun demi-œuf, en une lois); de toutes fientes de bètes, (Fanimanx (;l de celles même d(;s volailles; enfin de toutes choses qui sont sales et inrecles.
On demande à R. Aboua : Pourquoi faut-il s'éloigner des excréments et de l'urine d'un enfant (qui ne sentent pas)? C'est qu'il est écrit : Fimaffination du cœur des hommes est mauvaise dès leur enfance. (Genèse, viii , 5i ). Yadan ajoute que le mot dès leur jeunesse si^jnifie : du jour de la naissance.
Nous trouvons que R. Laiia et ses compagnons, assis un soir devant un hôtel, sentirent une mauvaise odeur (sans savoir d'où cela venait); ils se demandèrent s'ils pouvaient parler (en cet endroit) de la Loi. R. Laiia répondit : S'il taisait jour, nous pourrions voir les immondices puantes (puisque nous les sentons, et elles doivent se trouver tout près de nous); donc nous devons nous abstenir .(de parler de la thora) ou nous éloigner de quatre aunes.
Les Rabbis Zachaï, Simon ben-Gamaliel, Simon ben-Eliazare, Jacob ben- A'ha, Yé'hiia bar-Ya et 'Hanina dirent que si dans une chambre de quatre aunes carrées (ou plus grande) il se trouve un urinoir, il faut y verser un quart de mesure d'eau (au moins) , le couvrir et le cacher, pour pouvoir faire les prières obligatoires. Sur une petite quantité d'immondices, il suffît, selon R. Renjamin bar-Yaphélh, au nom de R. \o'hanan, de jeter de l'eau. R. Jacob bar-Zabdi cracha sur une petite quantité d'ordures (croyant que cela suffirait pour les couvrir); R. Zéra lui reprochait celle insuffisance.
11 ne faut pas placer la caisse remplie de livres sous les pieds du lit (nuptial) , mais sous la t^te du lit. R. Abbin, au nom de Rabba-Ouna, ajoute: il faut que le lit soit élevé (au-dessus de la terre) de dix palmes au moins et que les cordes (du lit) ne touchent pas la caisse. R. José, remplaçant R. Samuel, fils deR. Isaac, approuva cette décision de Rabba-Ouna.
Il ne faut pas s'approcher de sa femme, dans la chambre oii se trouve un séphér-thora (rouleau de la Loi), à moins qu'il ne soit placé dans un placard de dix palmes (plus haut que le lit), ou enveloppé daus un linge, selon R. Jérémie au nom de R. Aboua. R. \éhoschoua ben-Lévi a mis (dans ce cas) un rideau devant la thora.
Il n'est pas permis de s'asseoir sur le banc où est placée la thora. 11 est arrivé à R. Eléazar de s'apercevoir qu'il était assis sur un banc où se trouvait un séphér-thora, il se troubla et se leva en tremblant, comme quelqu'un qui aperçoit à côté de lui un serpent. Si le séphér-thora se trouve sur un autre
CIlAPJTlii: III. G9
objet (comme sur iiij(3 planche) posé sui* le banc, on \wa\1 s'y asseoir. (Kielle jjrosseur doit avoir cel objet (celle planche)? U. Abba, au nom de l\. Ilouna, répond qu'il faut qu elle (la j)lanche) soit (jrosse comme le poinj;. U. Jérémie, au uom de R. Zéra, dit qu'il sulïit que le séphér-thova soit placé au-dessus du siège (d'une hauteur ou épaisseur quelcon(]ue).
Monté sur un âne (ou un cheval) et ayant avec soi un bissac lempli de livres ou d'os de cadavre, il faut l'attacher derrière soi (c'est-à-dire qu'il ne faut pas s'asseoir dessus).
Les théphUmes doivent être placées au-dessus du lit, du coté où repose la tête, et non pas aux pieds. U, Samuel, R. Abba et R. Eliazare disent, au nom de R. ^Ilanina, (jue Rabbi accrochait ainsi ses thé])hilines. Selon R. 'lliski , au nom de R. Aboua, il ne faut pas les accrocher, comme les diklarès (les vendeurs de chaînes) accrochent leur marchandise (sans attention) : on accroche les ihéphilincs par les boites, en laissant pendre les courroies.
R. 'Halaphla apprend qu'il faut se retenir de bailler et de hocjueter pendant les prières. R. 'Hanina raconte avoir vu Rabbi qui, en faisant ses prières, mettait la main sur sa bouche s'il baillait ou éternuait, et ne crachait jamais (pendant les prières.) Selon R.Yo'hanan, on peut cracher, afin de ne pas avoir la bouche embarrassée pour faire les prières; mais il faut cracher à l'écart et du côté gauche et non pas du coté droit (celui-ci étant plus estimé), parce qu'il est écrit : lien tombera mille à ton coté (gauche) et dix mille à ta droite (Psaume xci, y). R. Yéhoschoua ben-Lévi disait : Celui qui crache dans la synagogue (pendant la prière) se fait honte à lui-même. R. Jonas cependant y crachait, mais il le couvrait du pied.
Selon R. Abba, il ne faut cracher (pendant les prières) qu'après avoir fait quatre aunes de chemin. Selon R. José bai-Abbin , après avoir uriné ou craché^ il faut faire également un chemin de quatre aunes (avant de reprendre). R. Jacob bar-A'ha ajoute qu'il ne s'agit pas de faire le chemin de quatre aunes, mais seulement d'attendre un temps à peu près égal à ce parcours. R. Anima, d'accord avec ce dernier, l'explique ainsi : Si Ton était obligé de faire un chemin de quatre aunes, il se pourrait qu'en parcourant cet espace on arrivât a un endroit plus sale encore.
R. Abba, au nom de Rabba, dit : Il ne faut pas prier dans un endroit où il existe des immondices ou de l'urine non séchées. Guénouba ajoute : Pendant que l'endroit porte encore les traces de l'urine (il ne faut pas y faire ses prières). Selon Samuel (on peut faire ses prières) aussitôt que les immondices sont en train de sécher. Simon bai-Va, au nom de R. \o'hanan, approuve Samuel. R. Jérémie et R. Zéra, au nom de Rabba, disent : Quand même le« ordures seraient sèches comme des os, il ne faut pas faire ses prières. Samuel répète cependant ses paroles elles soutient. R. Simon bar-Va, au nom de R. Yo'hanan,
70 THAITE DES BERAKHOTll.
est (raccord en cela avec Samuel. Mliski dit alors : "Ahlx; (ou liabhe) est plus scrupuleux pour Turine (jue pour les irrnriondices. -^ W. Marm.i lui répond : r Tu t'en rapportes donc à ce que Guénouha a rlil nu nom de Iiahlj(! (plus haut)?''
(Suivent des de'tails d'impurete's relatives aux menstrues, etc.)