‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 3)Chapitre 21 sur 125 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

aucun accident par ma faute; et k ma sortie, je rends ^jrâce (à Dieu) du sort qu'il m'a Tait.

Que disait-il à son entrée? rr Qu'il te soit agréable, Eternel mon Dieu, Dieu de mes pères, de ne pas me causer d'irritation contre mes disciples, ni à mes disciples contre moi; que nous ne déclarions pas impui- ce qui est pur, ni pur ce qui ne l'est pas; que nous ne défendions pas r(; qui est permis et que nous ne permettions pas ce qui est défendu, afin que lu ne sois méprisé ni dans ce monde ni dans le monde fulur.7^ Que disait-il à la sortie (du betti-liamidrasch)? rrJe le rends (jrace, Éternel mon Dieu, t)ieu de mes pères, de ce que tu as placé mon sort parmi ceux qui fréquentent les écoles et les synaj|0[}ues , et non parmi ceux qui vont dans les théâtres et les cirques, car moi et eux nous travaillons et nous veillons : je travaille pour liériler l'Eden, et eux ils travaillent pour leur perdition, connue il est dit : Tu nabandonneras pas mon âme à la tombe, tu ne livreras pas toujour à la perdition (Psaume xvi, lo). R. Pedath, au nom de R. Jakob bar-Idi, l\. l^lazar, après chacune des trois prières obligatoires de la journée, ajoulait ces paroles: r Qu'il te soit agréable, Eternel mon Dieu, Dieu de mes pères, qu'il n'entre point de haine contre nous dans le cœur des hommes, ni dans notre cœur contre les hommes; que nul ne soit jaloux de nous, ni que nous ne soyons jaloux de personne; que (l'étude de) ta loi soit notre travail pendant toute notre vie, et (jue nos paroles soient (agréées) par toi comme des supplications. 7? R. Chiya bar-Aba ajoutait encore (ces paroles) : rrUnis nos cœurs dans la crainte de ton nom; éloigne-nous de tout ce que tu hais; rapproche-nous de tout ce que tu aimes, et agis envers nous avec bonté en faveur de ton nom.^i Dans l'école de R. Janée, on enseignait qu'en se réveillant on doit réciter la prière suivante : rrSois loué, Eternel qui fais revivre les morts ^; Seigneur, j'ai péché devant toi; qu'il te plaise, Eternel mon Dieu, de me donnej- un cœur bon, un sort heureux, de bons penchants, un bon compagnon, une bonne renommée, un œil bon-, une Ame bonne et modeste, un esprit humble; que ton nom ne soit pas profané parmi nous et que nous ne devenions pas la risée du monde; que notre avenir ne soit pas la destruction, ni notre espérance la mort (éternelle); fais que nous ne soyons pas obligés (d'avoir recours) aux dons des hommes et que notre nourriture ne dépende pas d'eux, car leurs dons sont minimes, mais la honte qu'ils vous infligent est grande; que notre sort soit (à l'étude de) ta loi et avec ceux qui accomplissent ta volonté; reconstruis ton parvis, ta ville et ton sanctuaire^ bientôt, de nos jours. ^

^ D'après les rabbins, l'état de sommeil ^ Cela signifie : Fais que nous soyons

est un soixantième de la mort. (Babli, charitables. (Voyez Proverbes, xxn, 9.) même traité, fol. ^"j.) * Le temple et la ville de Jérusalem.

8L> TRAITK DKS HKIU KIIOTII.

\\. Iliva bar- Vawa priait ainsi : ^'Oiffi lo soil afpfîable, Klorncl notro Difii, Dieu (le nos pères, de disposer nos ccrMirs à fnire devant loi iiih' péni'encc; sincère, afin ((lie nous ne soyons pas honteux devani nos aneeti'es dans la vie Cuture '.^ Selon J{. Youdan, de Técole de I{. Ismaël, il était ordonné à Xamoraide faire cetle prière apiès les expliea lions.

\\. Tanelionnie l)ar-lsJ)lousliska priait connue il suit: ''Qu'il le soit agréable. Eternel mon Dieu, Dieu de mes j)ères, de briser et d'enlever le joufj des mauvaises passions qui son! dans noire cœur, car tu nous as créés pour accomplir tes volontés; c'est notre devoir de les remplir, c'esl aussi ton désir et le notre; ce qui nous en détourne, c'est le levain qui est dans la pâle ^; oi', il est clair devant toi, tu sais que nous n'avons pas en nous assez de force pour lui lé-

sister; qu'il le plaise donc, Eternel mon Dieu, Dieu de mes pères, de faire résider parmi nous l'amour, la fraternité, la paix et l'amitié; que notre fin soit heuieuse, que notre espérance se réalise; aug^mente le nombre de ceux qui

étudient (la Loi); fais que nous nous réjouissions de notre sort dans l'Eden (la vie future); fais-nous acquérir un bon cœur et un bon compag^non ; que nous nous levions (chaque jour) et que nous trouvions ce que notre cœur désire, et que les aspirations de notre âme montent vers toi en bien.^

rrA ma sortie, je rends grâce pour mon partage.*)*

Selon R. Aboun (ces mots signifient) : Je rends grâce à Dieu, qui m'a donné en partage une intelligence et de bonnes œuvres '^

3. Selon R. Gamaliel, on doit réciter tous les jours les dix-huit bénédictions; d'après R. Yehoschouali, il suffit du résumé des dixhuit bénédictions; R. Akiba dit que celui qui sait bien sa prière par cœur doit réciter les dix-huit; sinon, il suffit du résumé^.

Pourquoi dix-huit bénédictions? R. Yehoschouab ben-Lévi dit : C'est par

' Si nos âmes étaient planées, devant '' Une intelligence saine, qui ne tombe

le trône céleste, sur un degré inférieur à pas dans l'erreur et ne déclare pas pur ce

celui qu occupent les âmes de nos ancê- qui est impur, etc. de bonnes œuvres,

très. parce qu'il est patient avec ses élèves.

'^ Tout chef d'école avait un amoraï ou ^ Ce livre était rare à cette époque dans

orateur qui transmettait aux élèves l'en- laPalestine:onfaisaitapprendreles prières

seignement du maître et était chargé de par cœur dès l'enfance. Il y avait dans

soutenir la discussion. chaque communauté un homme, \ehazan,

^ Expression ligurée pour exprimer les chargé spécialement de ce soin. (Voyez

passions qui ont leur siège dans le cœur. Mischnâ, 11" partie, tr, Sahhath.)

CHAPITHK IV. 83

raj)|)oii, aux dix-huit psaumes qui vonl juscju'an psaiiiiK' : 0*/^' Dieu Cexauce au jour de malheur (xi\). Si l'on rohjcclc; (ju'il v <'n a (lix-iicul", réponds quo le premior et le second n'en forment qu'un seul.

On a dit à ce sujet (jue c(»lui qui, ayant l'ail sa piièic, n'a pas (Hé exaucé, doit jeûnera R. Mena prétend que ceci (ce psauuK; : Que Dieu f exauce, placé après les dix-huit qui ont sejvi de base; aux (li\-huil hénédiclions) indique à tout homme instruit qu'il doit dire à son maître'^ : (hie ta prière soit exaucée. Selon R. Simon, (ces dix-huit bénédictions ont été instituées) par rapport aux dix-huit anneaux (dont se compose i'épine dorsale de i'homme) au moyen desquels il s'incline pendant sa prière, comme il est écrit (cxxxv, lo) : Tous mes os (membres) disent : Eternel qui est comme toi. R. Levi dit que (les dix-huit bénédictions) sont en rapport avec le tétra<>ramme répété dix-huit fois dans h; psaume xxix.

On objectera peut-être, dit R. Houna, que la prière des dix-huit bénédictions se compose de dix-neuf; il faut lui répondre que celle des minimes (mécréants) a été formulée plus tard à Yabné^. R. Elazar bar-R. José objecta à celui-ci : Cependant, dans le psaume (xxix qui, comme il est dit ci-dessus, a servi de base à la rédaction des dix-huit bénédictions), le nom de Dieu se trouve dix-neuf fois. (On aurait donc pu donner à cette prière un nombre conforme à celui des noms de la divinité^?) 11 lui répondit : Aussi est-il dit que Ton insère celle (la prière) au sujet des minimes (mécréants) et des transgresseurs dans celle des médisants (la douzième) ; celle au sujet des anciens et des étrangers dans celle qui est relative aux justes (la treizième) , et celle de David dans la bénédiction relative à Jérusalem (la quatorzième). Y a-t-il donc des saints noms en suffisance (dans le psaume) pour chacun de ces objets? (Non; on n'a donc pris que les dix-huit tétragrammes , et l'on comprend que la prière n'ait eu à l'origine que dix-huit bénédictions). D'après R. Hanina, au nom de Rabbi Pinchas (ces dix-huit bénédictions ont été instituées) par rapport au même nombre de fois que les noms des trois patriarches sont répétés dans la thora; si l'on objecte qu'ils s'y trouvent dix-neuf fois , on répond que le verset : Voici V Eternel qui se tenait près de lui

^ Les dix-lîuit psaumes sont suivis d'un cipaux rabbins et pharisiens. Cette béné-

psaume commençant par le mot ^/rtrtne/i-ft^ diction n'a donc pas été insérée dans le

qui signifie exaucer, et auquel les rabbins rituel par le grand synode , et, bien qu'elle

attribuent le sens à^ jeûner; ce qui a éga- soit admise, on a continué à ne compter

lenient donné lieu à l'idée émise ci-dessus. que dix-huit bénédictions. (Voir ÏAppen-

^ Ce psaume est dédié par Israël à son dice.) maître David. " Le nom que R. Élazar veut ajouter

Ville où s'était retiré R. Yochanan poui former le dix-neuvième n'est pas im

ben-Zaccaï avant la destruction du temple tétragramme; c'est pourquoi il na pas

et où il fut rejoint plus tard par les prin- été compté.

8A TRAITK DES HKHAkllOTII.

(Gonèso, xwiii, i."Jj, iiCiilic |)<is dans le coinplc ' ; si Ton ("nil Tobjciction con- Iraii'c (|ii'il nv en a (|U(^ (li\-s('[)l, il l'aiidia rifporidic (\\\() lo vcrsot : Que mon nom cl Ir nom de mes pères (Gonèso, xlvmi, i -y), doit rhc coniplf'^. H. Samuel bar- NacliiiHMii , an nom de ll.Yorhanan , dit: C'est par rapport an vcrhc ordonner, (^m est dix-huit fois répcîlc; dans la deuxième lelalion de la construction du temple; Yochjia l)ar-\ ava ajoute (ju'on ne les comj)t(î ([u'à partir de ce verset : Avec lui était Aholiab , /ils dAcliissamacli , de la Irihu de Dan (|{xode, xxxviii, 28), jusqu'à la fin du vol nine ^.

Quant aux sept bénédictions dn sabbal, d'où viennent-elles*? R. Isaac dit: C'est par rapport aux mots : la voix de Dieu, sept fois répétés dans le psaume xxix. Selon R .Yeboudali Antouriah, c'est par rapport au tetra^^jramme sept fois répété dans le cantique du sabbat (Psaume xcxii). Les neuf bénédictions du rosch haschanah (nouvel an), selon R. Abah de Cartlia[fe, ont été établies par rapport au télragramme neuf fois répété dans la prière d'Anna, qui se termine par ces mois : Dieu jugera les extrémités de la terre [l Samuel , 11 , 10)^. Pour les vingt-quatre bénédictions des jours de jeûne ^, R. Clielbo et Pi. Simon bar Ràv Nachman disent tous les deux qu'elles sont en rapport avec les mots chants, prières et supplications, répétés vingt-quatre fois dans la prière de Salomon (I Rois, viii). R. Zeira, au nom de R. Jérémie, dit : Tout particulier doit, les jours de jeûnes, insérer dans V'amida quelques mots relatifs au jeûne; et à quel endroit le fait-il? entre la septième et la huitième bénédiction. Voici les paroles qu'il doit ajouter : r Exauce -nous, Eternel, en ce temps et à cette époque, car nous sommes dans une grande affliction; ne nous dérobe pas ta face et ne te détourne pas de nos supplications, car toi. Eternel, tu assistes dans les temps de malheur, tu délivres et lu sauves aux époques de peine et d'oppression. Ils invoquèrent l'Eternel dans leurs peines, et il les fit sortir de leur abaissement; loué sois-tu. Eternel, qui exauces au temps de malheur.^ R. Janée, au nom de R. Ismaël, qui le répétait au nom de l'école de R. Janée, prétend qu'on insère ces paroles dans la seizième bénédiction (et que Ton ne doit pas en fair^ un paragraphe apart, comme l'enseigne le précédent rabbi).

' Sans doule parce qu'il ne s'y trouve et les trois dernières bénédictions soni

que les noms de deux patriarches. seules immuables.

^ I^es trois [)atriarches s'y trouvent : lui ^ Selon les rabbins, le nouvel an est un

Jacob et ses aïeux Abraham et Isaac. jour de jugement poin* Ion les les créa-

^ On comprendra facilement la relation tures.

que les rabbins établissent entre le temple " Voyez Mischna, Ir. Taanilhj Moed,

et la prière. Taanith, chap, n, .S 2. Il s'agit déjeunes

" On sait que la prière dite des dix- publics et généraux, autres que le grand

huit diflère les samedis et fêtes de celle jeune ou ijo)n hippour. des jours ordinaires; les trois premières

CHAPITHI^: IV. 85

R. \oiia, au nom de Kab, dil : Un paiticulier qui a fait vœu d'observer un jeûne doit insérer les paroles relatives au jeùn(i dans sa prière; et il en est de ceci comme du sabbat, dit R. Zeira au nom d(; R. Ilouna; on doit le mentionner à cbacun des trois ollices (le soir, le malin et Taprès-midi). R. Mana dit: J'ignorais quel est l'avis qu'on admet : si c'est comme R. Jérémie, ou comme R. Janëe au nom de R. Ismaël; mais, loisque je suis allé là où l'on établit la règle \ j'ai entendu R. Houna, au nom de Rab, disant que le particulier qui a fait vœu d'observer un jour de jeûne doit insérer la prièie du jeûne dans les dix-buit bénédictions.

R. Yossé objecta ceci : La Mischnâ ne dit-elle pas formellement que le particulier doit réciter tous les jours les dix-huit bénédictions, même le samedi soir, les soirs de Kippour et des jeûnes publics? (S'il fallait insérer dans cette prière des paroles relatives à la solennité, il y aurait une bénédiction en ])lus.) Que veut dire R. Yosé par ces paroles : Que la Mischnâ discute? c'est pour réfuter l'opinion qui soutient que l'on insère la prière relative à la solennité entre la septième et la huitième (et l'on admet l'avis de R. Janée, qui l'insère dans la seizième et n'en fait pas un paragraphe à part). R. Acha bar-Isaac, au nom de R. Chyïa de Séphoris, dit : Au jour d'Ab (anniversaire de la destruction des deux temples), il doit insérer (dans les dix-huit bénédictions) des paroles rela-

tives aux événements; voici ce qu'il doit dire : Eternel notre Dieu, étends ta miséricorde infinie et ta bienveillance, qui ne se dément jamais, sur nous, sur ton peuple Israël, sur Jérusalem, ta ville, sur Sion, résidence de ta gloire, sur cette ville en deuil, détruite, bouleversée, désolée, livrée entre les mains des superbes, dévastée par les méchants, dont les légions se sont emparées, que les idolâtres ont profanée; tu l'avais donnée à ton peuple Israël, comme un héritage pour la postérité de Yeschouroim ; elle a été détruite par le feu, et c'est par le feu que dans l'avenir tu la reconstruiras, comme il est dit : Je serai pour elle, dit l'Eternel, une muraille de feu tout autour, et je résiderai dans son sein pour sa gloire (Zacharie, ii, 9). R. Abdima de Séphoris demanda à R. Mana : A quel endroit (de la prière) insère-t-on (ces paroles)? Ne le savais-tu donc pas jusqu'à présent? Tout ce qui est relatif à l'avenir, on l'insère dans la abodah (la dix-septième), et tout ce qui concerne le passé, dans la hodaait (la dix-huitième); la Mischnâ elle-même le dit : on dit la hodaah (reconnaissance) pour le passé et on supplie pour l'avenir (la abodah, par laquelle on demande à Dieu ses bénédictions).

Comment est composée la prière résumée des dix-huit? Selon Rab, on prend la fin de chacune des dix-huit (qui est toujours composée de ces mots : Loué sois-tu, Eternel, etc.). Selon Samuel, on prend la phrase initiahî des dix-huit

Le Bcth-Haniadrasch j ou le Sanhédrin.

80 TUAITK DIvS HKIIAMIOTH.

bciicdiclions. Les uns disent ([u'on fail une prière composde de sept IxMiediclions r(5suinanl les dix-liiiil'; d'autres disent que c'est une prière de dix-huit résumant les dix-liuit. Les premiers sontd'accord avec Samuel, les derniers avec Rai). R. Zeïra envoya R. Nissimc chez R. Janée de chez Pi. Ismaël, pour savoir connnent, selon Samuel, était composée la prière des sept bénédictions résumée des dix-huit; celui-ci répondit que la foimule est la suivante : rr Donne-nous rinlelli{|ence, ajjrée notre repentir, pardonne-nous, délivre-nous, fjuéris nos malades, Lénis nos années ;w en tenq)S de pluie on dit, selon R. Chagui, r Donne-nous des pluies de bénédiction , et à la rosée ; des rosées de bénédiction , car tu rassembles les dispersés qui espèrent dans ta justice; tu étendras ta main sur les méchants, et tous ceux qui se confient en toi se réjouiront de la reconstruction de ta ville, du rétablissement de ton sanctuaire et des rejetons de David, ton serviteur; car avant que nous t'invoquions tu nous exauces, comme il est dit : Avant qu'ils m'implorent , je les exaucerai; ils parleront encore, que je les aurai entendus ; loué sois-tu, Eternel, qui entends la prière. ■« On ajoute (à cette formule) les trois premières et les trois dernières, et Ton termine ainsi: crLoué soit FEternel qui a entendu la voix de mes supplications 2. ■«

k. R. Eiéazar dit : Si l'on dit sa prière comme pour s'acquitter d'une récitation obligatoire, ce ne sont point là des supplications.

R. Abahou, au nom de R. Eiéazar (pour expliquer les termes de la Mischnâ) : On ne doit pas dire sa prière comme on lit un acte ou un procès-verbal. R. Acha, au nom de R. Yosé, dit: On doit faire chaque jour une difference quelconque-^; Amri Achitophel (le conseiller de David) faisait chaque jour trois prières difî'érentes.

Aussi longtemps, dit R. Zeira, que j'ai agi ainsi, j'étais dans l'erreur; il n'y a de vraie que l'interprétation de R. Abahou au nom de R. Eiéazar (sur la prière inefficace) : c'est qu'on ne doit pas la dire comme si l'on lisait un acte (ou un procès-verbal). R. Eliézer faisait tous les jours une nouvelle prière; R. Abahou ajoutait chaque jour une bénédiction nouvelle. Selon R. José Tseidania (X''j""'''2J) ,

au nom de R. Yochanan, avant la prière des dix-huit on dit : Eternel, ouvre mes lèvres pour que ma bouche raconte tes louanges (Ps. li, 16). Après la prière on ajoute : Que les paroles de ma bouche et les pensées de mon cœur soient agréées devant toi, Eternel, mon rocher et mon sauveur (Ps. xx, 1 5). Selon R. Youdan, ces deux versets se disent avant la prière.

^ Les trois premières les trois der- " Pour bien se rendre compte de toute

nières et toutes celles du milieu résumées ï'amida, lire \ Appendice , § 'j. en une seule, selon la formule donnée ci- ' En dehors des prières prescrites [)ar

après par R. Janée. le rituel.

CHAIMTr.K IV. 87

* Celui ([ui, en disant sa prière, se souvient qu'il Ta déjà dite, doit s'arrêter, selon liab, et continuer selon Samuel. Simon har-Vava répétait ce mot de R. Yoclianan : Que ne prie-t-on toute la journée, et poui(juoi (le ferail-on)? (i'est qu'aucune prière n'est perdue.

]\. Zeïra objecte à R. Yo8(; : N'avons-nous pas une opinion exprimée par R. Yoclianan au sujet de celui qui se souvient, eu récitant sa pi'ière, (ju'il Ta déjà faite? n'a-t-on pas rapporlé(pH3 R. Ahahou, lorsqu'il vint (de Palestine en Babylonie) , dit, a'u nom de R. Yoclianan, qu(; celui qui doute s'il a prié ou non 'doit s'abstenir? R. Glianina réj)ond(pie ce n'est que par un raisonnement qu'on a pu conclure des paroles de R. Yoclianan ((ju'il ap[)uyait l'opinion de Rab), car on demanda devant R. Yocbanan : Si l'on doute d'avoir fait sa prière ou non (que faut-il faire)? 11 nous répondit : Que ne prie-t-on toute la journée, car aucune prière n'est perdue. Pour le cas où au lieu de la prière du samedi on récite par oubli celle de la semaine \ il y a discussion entre R. Nacbman bar- Yaakob etR. Scliescliet: selon l'un, il faut s'arrêter; selon l'autre, on doit continuer. Tous deux sont d'accord que si l'on a commencé la quatrième bénédiction, on doit la terminer. Et cela est conforme à l'avis de Rabbi, car Rabbi disait : Je suis étonné que l'on ait supprimé la quatrième bénédiction le samedi, car, sans intelligence, comment pourrait-on prier'-? R. Isaac disait : L'intelligence est une grande chose, car elle se trouve (dans les Saintes Ecritures) entre le nom divin deux fois répété : Dieu est de ï intelligence , h Dieu (I Samuel, ii, 3).

D'autres citaient le verset suivant : Alors tu comprendras la crainte de VElernel^ et tu auras trouvé la connaissance de Dieu (Proverbes, ii, 5).

5. R. Yehoschoua dit : Celui qui se trouve dans un endroit dangereux récite une courte prière résumée des dix-huit; il dit : Sauve ton peuple Israël , même lorsqu'il transgresse tes lois; que ses besoins soient devant toi; sois loué, Eternel, cjui entends les prières et les supplications.

R. Schimon bar-Abah, au nom de R. Chyïa, dit : Toutes les routes sont considérées comme dangereuses. R. Joua, lorsqu'il devait passer (la nuit) dans une hôtellerie, faisait son testament. R. Mana faisait de même avant d'entrer dans

^ La prière des dix-huit, le samedi, est toi qui donnes l'intelligence à riiomine et réduite à sept : les trois premières et les quienseignesaumortel la science; accordetrois dernières du rituel quotidien, et au nous la science, le discernement et le jugemilieu une bénédiction spéciale pour le ment; sois loué, Eternel, qui donnes l'insamedi. telligence.77 Voici la quatrième bénédiction : cr C'esl

88 TM \ITK DKS iiKK A K IIOTII.

(Ill l)<-iiii cliaiillr. I», (ili.'iniiia, lils dc 1». Abahou, et Ii. ScliiiDon har-Aba, au uom (Ic \\. ^('lioHclioiia l)('ii-L(.'vi, disent : Toutes les maladies sont considérées comme (laii;;('r('iises. I». Aclia, an nom de H. Assa, dit : (iclui (jui récite la prière lésuiiK'c des dix-hnil doit dircî toutce (jue rolïicianl placé sur le pupitre dirait: Les besoins de ton jx'uple, elc. H. I^incbas, II. Levi el IL Yocbanan, au nom de Menaclieni le Galiléen, disent : A celui (|ni monte au pupitre (pour faire la prière à liante voix) on ne dit pas : Va faire la [)rière; mais bien : Viens, appi'ocbe, présente nofie oll'rande, implore pour nos besoins, soutiens nos cond)als, implore pour notre vie. D'autres soutiennent (que la formule de la prière résumée des dix-buitest la suivante) : Les besoins de ton peuple Israël sont nombreux, mais sa volonté est faible; quil te soit agréable, Éternel notre Dieu, Dieu de nos pères, d'accorder le nécessaire à cbaque être, et à cbaque personne ce qui lui manque; sois loué. Eternel, qui entends la voix de mes supplications; sois loué. Eternel, qui exauces la prière. D'après R. Chisda, la règle est conforme à cette dernière opinion.

. Selon R. Hisda, on dit d'abord les trois premières eties trois dernières (bénédictions des dix-li-uit). 11 y a une opinion c{ui soutient que l'on doit d'abord réciter la prière obligatoiie, puis prier pour ses besoins particuliers; une autre opinion soutient le contraire. La première opinion s'appuie sur le verset des psaumes : Prière iTun malheureux qui s humilie et qui épanche ses plaintes devant l'Eternel (Ps. en, i); la seconde s'appuie sur le verset : rrPour entendre la supplication et la prière (IRois, viii, 28). ^^ Ceci est d'après les sages, selon R.Zeira au nom de R. Hanna. Un particulier qui veut faire une prière spéciale doit toujours l'insérer dans la quinzième des dix-huit bénédictions. R. Aba et R. Chyïa , au nom de R. Yoclianan, disent : On doit faire sa prière dans un endroit destiné à cet effet; il s'appuie sur ce verset : Partout où, f aurai proclamé mon nom, je viendrai à toi pour te bénir (Exode, xxi). Or, il n'est pas dit : oi^i on proclamera, mais bien : où je proclamerai.

R. Tanchoum bar~Clianina dit : On doit avoir une place fixe dans la synagogue pour faire la prière, car il n'est pas dit : cr lorsque David fut arrivé au sommet où il se prosterna ;?7 mais bien : où il se prosternait habituellement (II Samuel, xi, 2). R. Yassa et R. Gheibo ajoutaient, au nom de R. Abdouma de Man-Gliipa, que Ton doit, pour prier, avoir la face tournée vers la muraille, selon ce verset : Ezéchias tourna la face vers la muraille et la fixa (II Rois, xx, 2). De quelle muraille s'agit-il ici? R. Josué ben-Lévi répond : G'est celle de Rahab, dont il est dit : Sa maison était dans la muraille du rempart (Josué, 11, i5). Hiskiab s'exprima ainsi : Maître de l'univers, Rahab l'hotellière, pour avoir sauvé deux personnes (les deux espions), a obtenu la vie sauve d'une quantité de personnes, comme il est écrit: les jeunes gem viennent etc. (Josué, vi, 28). R. Simon ben-Yocbaï disait à ce sujet que si même une branche (de la

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