‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 3)Chapitre 22 sur 125 · CHAPITRE iV · texte numérisé non relu

CHAPITRE iV

famille de Rahab) compose'e de deux cents personnes s'e'tait attachée à deux cents familles (par chacun de ses membres), tous avaient droit au salut, par suile du mérite (de Rahab). Mes ancêtres, qui ont amené à toi tous ces étrangers, ne doivent-ils pas bien plus encore (me sauver la vie)? R. Chanina bar- Pafa dit que c'est vers le mur du sanctuaire qu'il dirigea ses regards, comme il est écrit : Ils placent leur seuil près du mien, leur poteau près de mon poteau; la muraille seule est entre moi et eux (Ezéchiel, xliii, 8). Ces hommes (auxquels le prophète; adresse ces reproches) étaient cependant pieux et, ne pouvant chaque fois se rendre dans le temple, prièrent dans leur maison, et cette prière leur était comptée comme s'ils l'avaient faite dans le sanctuaiie; comme mes ancêtres ont établi toute cette splendeur, à ton honneur, à bien plus forle raison (doivent-ils me sauver la vie). D'après R. Samuel bar-Nachmeni, c'est vers la muraille de Sunamite qu'il dirigea ses regards, comme il est dit : ^ Faisons donc une petite chambre dans la muraille^? (Il Rois, iv, lo). Hizkia s'exprima ainsi : Maître de l'univers, cette Sunamite a élevé une muraille pour Elisée, et (en récompense) tu as rendu la vie à son enfant; comme mes ancêtres ont élevé toute celte splendeur (le temple) à ta gloire, à bien plus forte raison (doivent-ils me sauver la vie). Selon le Rabbin, ce fut vers les parois de son cœur qu'il dirigea ses regards : Mes entrailles, mes entrailles, je tremble; les parois de mon cœur sont agitées (Jérémie, iv, 19). Il s'exprima ainsi: Maître de l'univers, j'ai examiné les deux cent quarante-huit membres que tu as mis en moi^, et je n'ai pas trouvé que j'aie pu exciter ton cerveau par un seul d'entre eux; à plus forte raison dois-tu me sauver la vie.

6 (5). Celui qui est sur une mule doit en descendre (pour faire sa prière) ; s'il ne peut le faire, il doit tourner sa face (vers Jérusalem) , et, s'il ne peut pas tourner sa face, il doit diriger sou cœur vers le saint des saints.

On a enseigné que si celui qui est sur une mule a quelqu'un pour la tenir, il doit mettre pied à terre pour faire sa prière; sinon, il peut rester en place; selon R. Meïr, il peut de toute façon rester en place, car il est plus rassuré (et prie donc avec plus de ferveur). R. Youda, fils de Pazi, au nom de R. Josué ben-Lévi, dit : La règle est conforme à l'opinion de R. Meïr. R. Jakob bar-Acha dit : Nous l'avons appris ailleurs; n'importe de quel coté il soit tourné, on ne le fait pas retourner, sauf lorsqu'il est tourné vers l'orient. R. Yosé bar-Abin en donne le motif : c'est qu'autrefois ils tournaient le dos au sanctuaire de l'E-

Selon le Talmud, le corps humain se bres, par rapport au nombre égal de prédivise en deux cent quarante-huit mem- ceptes affirnialifs contenus dans la thora.

<)() TUAITK DES JJKUAk IIOTII.

toriH'l; lour lace clail ((liii|(ée vers) rorieiit, et ils se prosternaient vers Torient ail soleil (hjzécliiel, viii, iG). On a ensei|fn(; : Un aveii[[le ou relui (j'ii n(; eoiinai( pas les j)oinls cardinaux (et ij'jnore où si\ Iroiive Jérusalem) doivent, pour l'aii'e leur piière, ])ens(M' à Dieu, comme il es! dit : Ils prieront vers l'Eternel (I liois, VIII, /i/i). (îeux (|ui sont dans les contrées extérieures (en dehors de la Palestine) doivent tourner la face vers la terre sainte, comme il est dit : Ils t adresseront leur prière par le chemin du pays que tu as donné à leurs ancêtres (ibid. AS). Ceux qui habitent la Palestine diri(fent leur face vers Jérusalem; c'est qu'il est dit: Ils prieront vers toi par la ville que tu as choisie (ibid. Uli). Ceux (|ui l'ont leur prière à Jérusalem se tournent vers le mont du temple, comme il y est dit : et la maison que f ai hâlie à ton nom. Ceux qui se tiennent sur la montagne du temple tournent leur l'ace vers le saint des saints, comme il est dit: Ils t'adresseront leur prière dans cet endroit , et toi tu F entendras dans ta demeure , dans lé ciel; tu V entendras et tu pardonneras [ibid. 3o) ; de façon que ceux qui se tiennent au nord doivent se tourner vers ie sud, ceux du sud vers le nord, ceux de Torient vers Toccident et ceux de Toccident vers Torient, afin que tout Israël, en priant, soit tourné vers un seul endroit, comme il est écrit : Ma maison sera appelée une maison de prières pour toutes les nations (Isaïe, lvi, 7). R- Yehoschoua

ben-Lévi dit : Le héchal (temple) (Ezéchiel, xli, 1) indique la partie intérieure du sanctuaire, Fendroit vers lequel toutes les figures sont tournées^. Ceci est bien tant que le temple a existé; mais, depuis qu'il est détruit, d'où savons-nous (qu'il doit être le point vers lequel nous nous tournons pour nos prières)? C'est qu'il est dit : // est construit pour être un arsenal [talpiath), c'est-à-dire un mont vers lequel tous dirigent leurs regards. R. Aboun interprète ainsi le mot talpiath^ (Cantique, iv, U) : un mont pour lequel toutes les bouches prient; c'est ainsi dans le schema et dans la prière des dix-huit bénédictions. Il est dit dans un verset : Je veux aller et retourner dans mon endroit (Osée, v, 1 5), et dans un autre verset : Mes yeux et mon cœur seront là toujours (I Rois, v, 3). Comment cela se peut-il ^ ? C'est en tenant la face vers le ciel , les yeux et le cœur vers la terre ^.

Il est dit dans la Misclmâ que celui qui ne peut se tourner doit diriger sa pensée vers le saint des saints. De quel saint des saints s'agit-il? Selon R.Chïya- Raba , il s'agit du saint des saints céleste ; d'après R. Schimon, fils de Chalaphta, il est question du saint des saints terrestre, et, ditR. Pinchas, ces deux rabbins

Ml y a ici un rapprocliement de mots trouve : tal qui signifie colline, et piâth

dilTicile à rendre : le mot intérieur se dit Ijouches.

en hébreu penim et le mot figure se rend ^ Ces deux versets se contredisent,

par panim. ^ Certaines versions du Talmud in-

" En décomposant le mot talpiâth on diquent le contraire.

CilAPlTHK IV. 91

ne sont pas en discussion, le saint des saints terrestre se trouvant juste audessous du saint des saints céleste. Il interprète ainsi ces mots : La demeure que tu as préparée (Exode, xv, 17), c'est-à-dire : place en face de ta demeure ^ Au sujet du Moria, II. Cliiya et R. Yanaïe discutent si ce nom sijjnilie que c'est de là qu'est sorti renseignement pour le monde (en hébreu fwrâali); selon Kaliana, c'est de là qu'est sorti(i la crainte (pour ceux qui transjjressent la parole de Dieu (en hébreu yirah^ d'où ardue ^ l'arche sainte). R. Chïya-Raba et R. \anaïe explicjuent ainsi ce mot : De là est sortie la lumière (en hébreu orali) ; d'après Kahana, il indique la malédiction (en hébreu arirah) (pour ceux qui transgressent la loi)^.

Debir (le sanctuaire), selon R. Chïya et R. Yanaïe, est un nom qui signifie que de là est sortie la peste (pour ceux qui violent la loi de Dieu, en hébreu déber). Selon Chahana, il signifie que de là sont sorties les paroles (les commandements, en hébreu dibroth).

7 (G). Celui qui est sur un navire ou sur un radeau doit (pour prier) diriger sa pensée vers ie saint des sainls.

Les termes assada, raphsodoth et aschadia^ désignent tous la même chose (un radeau), comme il est écrit: Nous les ferons conduire vers toi en radeaux (II Chroniques, V, i5).

8 (7). R. Elazar ben-Azaria dit : La prière supplémentaire (des samedis et fêtes) ne se dit que dans les réunions (de dix personnes au moins). Selon les Rabanan, on la dit soit en public, soit en particulier. R. Yehouda, au nom de R. Elazar, dit : Partout où il y a une réunion publique (pour la prière), celui qui prie en particulier est dispensé de la prière supplémentaire.

R. Bibi, au nom de R. Chana, dit : C'est conforme à l'opinion de R. Youda, au nom de R. Elazar ben-Azaria, et il y a un fait relatif à Samuel qui est d'accord avec lui, car Samuel racontait qu'il n'avait récité la prière supplémentaire (en particulier) que le jour des funérailles du fils du chef de la captivité '^; la

^ En lisant, au lieu de machon, me- ' Esseàa , \\\Çii\T^\^m\ sheà'ia , mot grec,

clwiwnn. et raphsodoth, mot hébreu.

^ On sait que le livre de la Loi était '' On s'était attardé aux funérailles et

déposé dans l'arche sainte ou arôn hako- Ton n'avait pas pu la dire en public. desch.

92 TUAITL: des liKHAKHOTH.

coniinuiiautu ne Tayaut pas dite, j(î Tai récitée, moi. Quant à l'opinion des Uahanan, (pii discutent (contre U. Youda), elle est expli(jué(; par H. Yaakob bar-Idi, au nom de l\. Scliimon le pieux. Il s'a^fit dans la Misclinâ des bergers et des ouvriers qui font sécher les fi|fues : (obliffés d'être toujours hors la \ille, ils sont dispensés de la prière supplémentaire par la récitation pul)lique) ; mais tout autre homme n'en est pas dispensé (et, quoiqu'on l'ait dite dans la synagofjue, celui qui prie en particulier est oblifjé de la réciter). Le fait raconté par R.Yochanan est d'accord avec cette opinion : il disait avoir vu R. Yanaïe, faisant sa prière sur une place publique à Séphoris, faire quatre pas et dire ensuite la prière supplémentaire; or, on sait qu'il n'y avait pas à Séphoris de lieu de réunion pour la prière. On peut tirer de là une triple conclusion : i° que les places de Séphoris sont considérées comme la ville même ^ ; 2" que les Rabanan étaient en discussion avec R. Élazar ben-Azaria-; 3° qu'après avoir fait sa prière (en particulier), on marche la longueur de quatre coudées et l'on dit la prière supplémentaire; R. Aba dit qu'il n'est pas nécessaire de marcher : il suffit d'attendre le temps voulu pour parcourir l'espace de quatre coudées. Selon Rab, on doit ajouter quelques mots à cette prière; d'après Samuel, cela n'est pas nécessaire. R. Zeïra questionna à ce sujet R. Yossé, qui lui répondit qu'il suffit de dire : rr Et nous accomplirons nos devoirs devant toi en t'olTrant les sacrifices quotidiens et le sacrifice supplémentaire. ?5 R. Schila, au nom de Rab, dit: Celui qui, après avoir fait sa prière, se trouve dans une réunion de dix personnes qui prient, doit prier avec elles ^. R. Zeïra et R. Nachman bar-Yaakob avaient déjà dit leurs prières, lorsque survinrent dix personnes; R. Nachman répéta les prières avec elles. Mais n'avons-nous pas déjà prié? lui observa R. Zeïra. C'est vrai, répondit-il, mais R. Schila n'a-t-il pas dit que celui qui, après avoir prié, se trouve dans une assemblée de dix personnes, doit prier avec elles? R. Acha et R. Yôna, au nom de R. Zeïra, disent : Celui qui a dit la prière du matin et se trouve ensuite dans une assemblée qui récite la prière supplémentaire doit la dire avec l'assemblée ; mais , s'il n'a pas encore dit la prière du matin, il doit voir s'il peut la réciter et la terminer avant que l'officiant reprenne (la prière des dix-huit) , afin de dire Amen (avec l'assemblée) , et il doit le faire; au cas contraire, non. De quel Amen s'agit-il ici? Deux amoraïms discutent à ce sujet : d'après l'un, c'est le Ameii après la troisième bénédiction; d'après l'autre, il s'agit du. Amen après la quinzième bénédiction. Nous avons appris ailleurs'^ que, selon R. Gamaliel, l'officiant (en disant la prière à haute

* Il s'agit sans doute d'une place en ^ Lorsque dix personnes sont réunies,

dehors de la ville. elles forment une assemblée, et l'une d'elles

^ Et par conséquent on admet comme récite les prières h haute voix, eux que le particulier est obligé de dire '' Mischnâ, IP partie, (r. Bosch ha-

la prière supplémentaire. sclianà, ch. iv, S 9.

CHAPITHE IV. 93

voix) dispense le public de la réciter; R. Houna liahha dit à ce sujet, au nom de R. Yochanan, que la renfle n'est conforme à l'opinion do R. Gamaliel que pour les tekioth (c'esl-à-dire les prièi'os que Von venir, avant de sonner le schophar pendant la prière supplémentaire). R. Zeïra et Rar-Hisda avaient récité les prières du schophar avec l'assemblée (c'est-à-dire qu'ils avaient assisté à la récitation de l'ofîiciant) , lorsque survinrent d'autres personnes. Cbisda recommença la prière avec elles : Wavons-nous pas déjà prié? lui observa R. Zeïra. — C'est vrai, répondit-il, j'ai prié une seconde fois, car des rabbins venus de la Palestine (en Rabylonie) ont dit, au nom de R. Yochanan, que la règle est comme l'avis de R. Gamaliel pour les teJdoth; or (la première fois) ma pensée n'était pas de m'acquitter de mon devoir (par la récitation de l'officiant) , car si j'avais eu cette pensée, j'eusse été quitte de mon devoir (et je n'aurais pas recommencé une seconde fois). — Cela est juste, répondit R. Zeïra, car si tous les tanaïmes ont exprimé cette opinion au nom de R. Gamaliel, R. Oschia l'a dite au nom des sages (donc, elle forme loi). R. Ada de Chypre ajoute (que pour être quitte par la récitation de l'officiant) il faut avoir été présent dès le commencement (de la prière supplémentaire). R.Tanchoume, fds deR.Jérémie, fait remarquer que la Mischnâ elle-même le dit : L'ordre des tekioth est ainsi : on dit d'abord les trois premières bénédictions des dix-huit (rosch haschanah, ibid.) (on voit donc qu'il faut assister au commencement de la prière pour être dispensé par la récitation de l'officiant, et que c'est la Mischnâ qui le dit).

9/i TltAITK DRS liKIt A KIIOTll.

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