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miséricorde est allée jusqu'aux nids d'oiseaux (mais pas au delà). Selon les uns, on a ensei[jné : «que l'on ne dise pas sur les nids;?) selon d'autres : ff jusqu'à eux.n Les premiers se fondent sur la version de R. Isaac, les seconds sur R. Yosse. R. Yossé bar-R. Roun dit : On ne fait pas Lien de classer la miséricorde parmi les qualités du Tout-Puissant (car ce ne sont pas là les effets de sa bonté, mais des lois posées par lui), ni de développer le passage du Lévitique (xxn, fin) commençant par les mots : Mon jjeuple, les enfants (F Israël, et de dire : Comme je suis miséricordieux au ciel, soyez-le sur terre, et pour cette raison vous ne mangerez pas le même jour le bœuf ou la brebis avec son petit. Cette interprétation est fausse, attendu qu'elle présente une des lois de la justice divine comme un simple effet de sa miséricorde.
ff On fait taire celui qui dit deux fois l'action de grâce. •>•>
C'est, ditR. Samuel bar-R. Isaac, en vertu de ce verset (Psaume lxiii, 12): La bouche des menteurs sera close^. Toutefois, ces additions ne sont interdites qu'en public, mais en particulier elles passent pour des supplications (et en ce cas il n'y a pas d'hérésie possible).
à. Si l'officiant se trompe, un autre le remplace, sans cérémonie^. Où le remplaçant doit-il recommencer l'office? Au commencement de la section oii l'officiant s'est trompé.
R. Yossé ben-Hanina dit, au nom de R. Hanina ben-Gamaliel, que, si l'on s'est trompé aux trois premières bénédictions, il faut recommencer le tout. Ada bar bar-Hana Gueniba dit, au nom de Rab, que, si Ton s'est trompé dans les trois dernières bénédictions, on reprend à celle du culte (nîî'i, la 17^). R. Helbo et R. Houna disent, au nom de Rab : Si l'on s'est trompé aux trois premières bénédictions, on recommence le tout; si l'on s'est trompé aux trois dernières, on reprend à la i^. Si l'on s'est trompé sans savoir oij, on reprend à l'endroit qu'on est certain de ne pas avoir dit. R. Acha et R. Juda ben-Pazi étaient assis ensemble dans une synagogue. Au moment de la prière, l'un d'eux alla se placer devant la chaire de l'officiant (pour prier), et il oublia l'une des bénédictions. On vint alors demander à R. Simon ce qu'il fallait faire. Il répondit, au nom de R. Josué ben-Lévi : L'officiant qui aurait oublié deux ou trois bénédictions n'est pas tenu de recommencer. On le trouva ensuite à enseigner et à discuter
Ceci est dit contre les adhérents du ^ L'oflice divin ne permet pas que, par
dualisme, on doctrine de deux pouvoirs modestie, le fidèle se récuse, divins.
106 TKAITK DES BEUAKIIOTII.
la règle suivantu : Pour imllo section omise ou n'a besoin de recommencer, excepté si l'on a omis celle de la résurrection des morts (s*'), ou de rabaissement des orjjueilieux (it^"), ou de la reconstruction du temple de Jérusalem (i/i''), sous peine de passer pour un bérétique. Lorsque Samuel le Petit remplit une fois Toffice^ il lui arriva d'omettre à la fin de la section les mots : il abaisse les or(Tueilleux (ou mécbanls). Il se retourna vers l'auditoire, croyant qu'on allait se plaindre de lui; mais on lui dit : Nos sages n'ont pas pensé à toi (en qualifiant cet oubli d'hérésie).
R. Jacob bar-Acha et R. Simon bar-Aba disent, au nom de R. Eliézer : En cas de doute sur la mention de la néoménie (en ce jour, dans V'amida)^ il faut recommencer. A quel endroit? Simon bar-Wava dit, au nom de R. Yochanan: Si l'on s'est reculé (en signe d'achèvement), il faut recommencer le tout; sinon, il suffît de reprendre à la section du culte (17*"). R. Juda ben-Pazi dit: Si l'on considérait la prière comme terminée (sans avoir fait les trois pas), c'est comme si l'on s'était reculé, et ceux qui récitent des supplications (après V'amida) avant de se retirer doivent recommencer également.
R. Aba, fils de R. Hiya bar-Aba, et R. Hiya, au nom de R. Yochanan, disent : Si l'on est en train de lire la Loi et que l'on s'arrête, celui qui assiste le lecteur public reprend au point oii le premier a commencé. En effet, si l'on admettait qu'il suffit de reprendre au point oii le dernier vient de s'interrompre, il arriverait ceci : pour les premiers versets lus on aurait entendu en réalité la bénédiction qui se dit avant, mais non celle d'après^; pour les derniers versets, il y aurait celle d'après, mais non celle d'avant. Or, il est écrit (Psaume xix, S) : La loi de Dieu est parfaite (complète); elle récrée Vâme; il faut donc qu'elle soit présentée d'une manière complète (avec un nombre toujours égal de bénédictions).
On a enseigné ceci : Lorsqu'on fait la lecture officielle (de la section du Pentateuque, le samedi, dans la synagogue), il ne faut pas que deux personnes lisent simultanément le texte pendant qu'une autre le traduit à haute voix. Pourquoi? R. Zeira répond : C'est pour qu'il n'y ait pas de contestation au sujet de la bénédiction, (pour savoir qui des deux la dirait). Mais n'a-t-on pas enseigné : Il ne faut pas que deux personnes traduisent et qu'une autre lise le texte? Or, si une seule personne lit (et comme le traducteur ne prononce pas de bénédiction), comment supposer qu'il y ait contestation? Il faut donc alléguer une autre raison : c'est que l'oreille ne peut pas percevoir deux voix à la fois.
On a enseigné aussi que deux personnes peuvent lire ensemble la Loi (la
^ Babli, même traité, fol. 2 9^ et précédée d'une bénédiction, répétée à
^ Toute lecture officielle d'une section chaque interruption, et il faut remarquer (lu Pentateucjae faite au temple est suivie que l'appelé lisait lui-même sa section.
CHAPITUE V.
seconde personne suit à voix basse), mais on ne peut faire à deux la lecture additionnelle d'un chapitre des prophètes i. R. Oulla dit : On fait plusieurs appels (et divisions de section) pour le Pentateuque, mais non pour les prophètes.
R. Josué Dromâ disait : H y a trois choses qui sont mauvaises lorsqu'il y en a trop ou trop peu, et qui sont bonnes dans une mesure moyenne : le levain, le sel et l'abstention. A la première invitation on refuse, à la seconde on doit hésiter à accepter, à la troisième on accourt.
R. Houna é(ait assis dans une synag^ogue. Le servant entra et se donna beaucoup de mal pour qu'un nouvel arrivé montât près de la tribune, mais celui-ci n'accepta pas l'invitation. A la fin, ce nouvel arrivé se présenta à R. Eliézer- et lui dit : cf Maître , ne sois pas fâché de mon abstention ; je n'ai pas eu l'intention de te blesser, mais je ne suis pas monté parcç que je n'étais pas bien disposé.— Ce n'est pas contre toi, répondit-il, que je suis fâché, mais contre ce servant qui t'importunait pour te faire approcher (de la tribune).?? Le ministre officiant Rati tyi s'est interrompu un jour (dans l'office du matin) en arrivant au passage de la prière qui parle des ophannim (êtres célestes). On vint consulter sur ce fait R. Aboun, qui dit, au nom de R. Josué ben-Lévi : Que celui qui le remplace reprenne au point d'arrêt. Mais, lui dit-on, n'a-t-on pas enseigné qu'il faut reprendre au commencement de la bénédiction oii l'erreur a été constatée? Cependant, leur répondit-il, comme vous avez répondu à la sanctification de Dieu (qui précède le passage oii il est question des opJiannim), cela correspond à l'ensemble de la bénédiction (et il suffit donc de reprendre à ce passage).
5(â). L'officiant ne doit pas répondre amen après la bénédiction des sacerdotes, pour qu'il ne soit pas induit en erreur^. S'il n'y a pas d'autre cohen que lui, il ne doit pas prononcer la formule de bénédiction^*. S'il est certain de pouvoir la prononcer sans se troubler et de continuer aussi la prière, il lui est loisible de le faire.
On a enseigné ceci : Ni celui qui (étant arrivé en retard à la synagogue) récite les formules partielles (de ^^l'\> et IDID) dont on fait précéder le schema, ni celui qui passe à la tribune pour officier, ni celui qui lève les mains pour
^ C'est sans doute pour cela qu'on a conservé l'habitude de la faire lire par les particuliers appelés à la Loi, et non par l'officiant.
D'après lui, on ne dt pas refuser d'officier.
' L'officiant énonce avant les cohanim le mot à mot pour la bénédiction ; il est donc à craindre, s'il répond amen, qu'il ne s'embrouille dans renonciation des mots.
'* C'est aussi par la crainte qu'il n'ait pas l'esprit assez calme pour terminer la prière.
108 THAlTh: DES HEUAKIlOTll.
bt^iiir l'assemblée, ni celui (jui l'ait oflicielleinent la leclure publique d'une section du Penlaleuque, ni celui qui récite comme service final un chapitre des prophètes, ni celui qui prononce la bénédiction en accomplissant l'un des préceptes énoncés dans la Loi, ne doit répondre amen à ses propres paroles; s'il le disait, ce serait inintclli{j-ent. Selon d'autres opinions, c'est un acte de sagesse, que R. Ilisda explique ainsi : Ceux qui prétendent qu'il est sage de répondre amen parlent de celui qui le dirait à la fin de tout (parce que c'est alors une sorte de confirmation de tout ce qu'il a dit auparavant) ; mais c'est un non-sens de dire amen pour chacune des bénédictions.
II. Hanina dit : S'il se trouve à la synagogue deux simples israélites et un cohen, on place ce dernier au milieu (pour lui faire honneur). Dans quel cas les range-t-on ainsi? Lorsque tous trois sont de valeur égale; mais si fun d'eux est un savant, on le place au milieu (il a le pas). R. Josué ben-Lévi dit' : Jamais je n'ai récité la formule des bénédictions après le repas, en présence d'un sacerdote (afin de lui en laisser flionneur) , et je n'ai pas non plus permis à un simple israélite de les dire à ma place (afin de tenir dignement mon rang de lévite).
R. Juda ben-Pazi dit, au nom de R. Eléazar : Tout cohen qui, se trouvant à la synagogue, ne lève pas la main pour bénir l'assemblée, transgresse un précepte positif du Pentateuque (qui fordonne) (Nombres, vi, 28). R. Juda ben- Pazi, étant un jour indisposé, s'entoura la tête solidement d'un turban^, et il se plaça derrière une colonne du temple (pour se tenir à distance de fenceinte que bénissaient les prêtres, et s'excuser de ce que son indisposition fempêchait de prendre part, comme cohen, h la bénédiction solennelle). Quant à R. Eléazar, il sortait en ce cas.
R. Acha et R. Tanhouma bar-R. Hiya disent, au nom de R. Samlaï : Lorsqu'une communauté entière ne se compose que de cohanim, ils doivent pourtant tous lever les mains pour bénir les fidèles. Mais qui bénissent-ils alors? Leurs frères du nord, du sud, de l'orient et de l'occident. Et qui leur répond amen? Les femmes et les enfants. Abayé a enseigné chez R. Renjamin : Ceux qui se tiennent derrière les cohanim ne sont pas englobés dans cette bénédiction , mais ceux qui se tiennent devant eux en jouissent toujours ; fussent-ils séparés d'eux par un mur de fer, dit R. Hiya bar-Wava, la bénédiction le traversera. Mais qu'en est-il de ceux qui se tiennent de côté? C'est un cas à résoudre d'après le point suivant : Si (en aspergeant sur l'autel du temple le sang des sacrifices) on a l'intention de le répandre devant soi et que le sang tombe derrière, ou si l'inverse a lieu, l'aspersion est considérée comme défectueuse et insuffisante (car c'est un manque de soin); si l'on a finlention de répandre au con-
' Même série, tr. Guittin, ch. v, § 9. — ^ Pour résister au mal dont il souffrait.