CHAPITRE Yll
donne la [)rom(3Sse que je serai en sécurilé. On la lui appoila, et on 1(; plaça entre le roi et la reine, an premier rang (riionneiir. Le roi lui dit alors : w Pourquoi t'es-lu moque de moi en me disant qu'il lallait neuf" cents sacrifices pour trois cents naziréens, tandis que la moitié eût suffi? — Je ne me suis pas moqué de toi, répondit Simon; toi, tu as payé de la l)ourse, et moi par mes connaissances (en examinant les prétendants), car il est écrit (Ecclésiaste, vu, la) : La sagesse ojfre de V ombrage et V argent autant. — Alors, pourquoi as-tu fui? — J'ai appris que mon maître était irrité contre moi, et j'ai voulu mettre en pratique ce conseil du prophète (Isaïe, xxvi, 90) : Cache-toi pour un momeiit jusqii à ce que la colcre soit passée ; et il est dit encore (Ecclésiaste , vu , 1 f?) : U avantage de la sagesse, cest quelle conserve la vie à celui qui la possède. — Pourquoi, dit le roi, t'es-tu assis entre moi et la reine? — C'est qu'il est écrit, répondit-il, dans le livre de Ben-Sirach (xi, 1) : Exalte-la (la Loi) et elle f élèvera (Proverbes, iv, 8), et ton siège sera parmi les princes. — Qu'on lui apporte un trône, dit le roi, pour qu'il prononce la bénédiction du repas. On l'apporta, et le rabbin dit : Bénissons Dieu pour le repas que vient de prendre Jannée et ses compagnons. — Tu es donc obstiné à me railler? dit le roi. — Non, répondit Simon; mais que dirai-je pour le repas auquel je n'ai pas pris part? — Qu'on lui donne à manger. Le rabbin mangea^ et intercala dans la formule les mots : cr pour le repas dont nous avons mangé, n
R. Yocbanan dit que cet avis de R. Simon ben-Schetach est contesté; R. Jérémie le conteste pour la première partie de ce fait, lorsque Schetach voulait bénir le repas sans y avoir pris part; R. Aba en conteste même la résolution prise à la fin de bénir, puisque Schetach n'avait pas pris de pain. Mais, si R. Jérémie ne partage pas cet avis (et s'il suffit d'après lui d'avoir mangé par exemple des légumes), ne se contredit-il pas lui-même en adressant la question posée plus haut, à savoir s'il est permis en ce cas de bénir le repas? On répond qu'en effet, pour le fait ppécité, il est évident que c'est un point résolu; il n'a posé cette question que d'après les rabbins, qui ne l'avaient pas résolue, mais c'est un fait acquis d'après R. Simon ben-Gamaliel, comme cela résulte de l'enseignement suivant : Si quelqu'un monte dans une salle à manger, qu'il s'attable avec les convives et mange près d'eux, il prie avec eux en commun, eût-il goûté moins de blé que l'équivalent d'une olive. Tel est l'avis des sages. R. Jacob bar-Acha dit, au nom de R. Yocbanan: On ne peut jamais être adjoint pour la prière en commun si l'on a mangé moins de blé que l'équivalent d'une olive. Quant à l'enseignement selon lequel deux individus qui auraient mangé du pain peuvent s'en associer un troisième qui noût
^ Apparemment sans prendre de pain , ce qui est à noter pour la conclusion h puisqu on ne dit ])as (pj'il so lava les mains , tirer de ce fait.
i:î2 thaiti^: des behakiiotii.
maii/|-r (|U(' (\c. la Ncidure, pour dire la formule de prière en commun, c'est une opinion de R. Simon ben-Gamaliel.
3. Oiiellc csl la roi*rmil(* de preparation pour IVnsoinble? A trois, on dit : rr Bénissons (celni (jra ce auquel nous avons pris Je repas).-* A trois plus un, on dit : rr Bénissez. ^i A dix : rr Bénissons Dieu. -^ A dix plus un, que l'on soit dix ou dix mille : rr Bénissez, etc. ' ^ A cent: fc Bénissons l'Éternel notre Dieu.T) A cent plus un : rr Bénissez, vi A mille : rr Bénissons l'Éternel notre Dieu, Dieu d'Israiil.-n A mille plus un : rr Bénissez. -n A dix mille, on dit : rr Bénissons l'Eternel notre Dieu, Dieu d'Israël, Dieu Sebaôth , qui trône parmi les chérubins, pour la nourriture que nous avons prise. t) A dix mille plus un : rc Bénissez. ii De la façon dont on prononce la formule, les assistants l'épondent: rr Eternel notre Dieu, Dieu d'Israël, Dieu Sebaôth, toi qui trônes sur les chérubins, sois loué, poui* la nourriture que nous avons prise, -n B. Yossé le Galiléen dit : On bénit selon le nombre de l'assistance, car il est dit (Ps. lxyui, 27) : ^^ Bénissez Dieu l'Éternel dans les assemblées, au sein d'Israël. ■»
Uîi jour, R. Zeira, R. Jacob bar-Acha, R. Hiya bar-Ba et R. Hauina, tous compagnons des rabbins, étaient assis à manger ensemble. R. Jacob bar-Acha prit la coupe pour prier et dit : ff Bénissons, t) au lieu de dire : cr Bénissez. -n Pourquoi, lui demanda R. Hiya bar-Ba, n as-tu pas dit la formule : rr Bénissez ?i7 — N'a -t- on pas enseigné, répondit-il, c[ue les termes importent peu? Qu'on dise rr bénissons , t> ou rr bénissez, ^^ on n'y fait pas attention; il n'y a que les gens méliculeux qui y regardent d'aussi près 2. R. Zeira jugea que c'était mal de la part de R. Jacob bar-Acha d'appeler R. Hiya bar-Ba un homme méticuleux. Samuel répliqua : On ne doit pas s'exclure de l'ensemble^. Mais, objecta- 1- on, ne dit- on pas rr bénissez^ pour la bénédiction faite à la lecture de la Loi?]\e serait-ce pas également une exclusion? Non, répondit R. Aboun; puisque l'on y ajoute le terme rrqui est béni,?^ cela ne constitue pas une exclusion. i{. Aba bar-Zemina servait R. Zeira et lui versait à boire; celui-ci lui dit d€ prononcer la bénédiction. — Soit, dit-il, mais pense de suite que tu boiras
^ Jusque -ià, c'est l'avis de R. Akiba; ^ Parce que c'est faire evception à la
à partir de cette expression, c'est R. Yossé règle générale.
le Galiléen qui parle, comme le montre ^ En parlant à la 9^ personne, au lieu
la Mischnâ suivante. de la i"", on paraît ne pas y prendre part.
CIIAIMTRI^: VIL 133
encore après, puisqu'on a enseifjnt^ que le servant prononce la benediction pour chaque verre de vin, sinon pour cliacjue morceau de nourriture. R. Zeira répondit: De même que, si je faisais la be'nédiclion, je t'en dispenserais en portant ma pensée sur toi, de même, lorsque tu penses à moi en acconq)lissant le devoir à ma place, j'en suis quitte en répondant amen, R. Tanlioum bar- Jérémie dit qu'une haraïtha l'a ainsi ensei[}^né : Ni celui qui récite une bénédiction en travaillant, dit-elle, ni celui qui écoute cette même personne, n'a rempli suffisamment son devoir (donc, il n'en est pas dispensé).
<T Lorsqu'il y a cent personnes, on dit, etc.-)-)
R. Yocbanan dit que c'est l'avis de R. Yossé le Galiléen; mais, selon les sages, il importe peu que l'on soit à dix ou à cent mille. Cette dernière opinion sert de règle, dit Rabba. D'où sait-on qu'une assemblée se compose au moins de dix individus? R. Ba et R. Yassa l'expliquent au nom de R, Yocbanan : de ce qu'on emploie deux fois le même mot (m:^) pour désigner l'assemblée ^ et qu'une fois il indique le nombre dix; ce terme le représente aussi ici. R. Simon dit que le mot milieu ("jiri) est comparable à celui de ce verset (Genèse, xlii, 5) : Les fils d^ Israel vinrent acheter au milieu des étrangers; chaque fois, ce mot représente dix. R. Yossé bar-R. Boun dit que la comparaison de ces termes pourrait suffire ;Jmais, en outre, l'expression ^?5 d'Israël^, employée de part et d'autre, prouve qu'il s'agit toujours de dix. A quoi les rabbins, qui n'admettent pas de formule supérieure à celle des dix, appliquent-ils le terme sur lequel se fonde R. Yossé le Galiléen , qui diffère d'avis , et selon lequel le terme dans les assemblées signifie qu'il faut une formule spéciale à chaque assemblée (selon le nombre de ceux qui la composent)? C'est que, dit R. Hanina, fds de R. Abahou, ce terme est écrit de façon à pouvoir signifier la communauté, au singulier (et ne peut s'appliquer à ce que dit R, Yossé).
à. R. Akiba dit : Que voyons-nous faire dans la Synagogue? Que l'on soit plus ou moins nombreux, la formule est toujours : rr Bénissez Dieu^. t» R. Ismaël dit : cr Louez Dieu le béni, i?
Lorsque R. Hiya bar-Asche se levait pour aller faire la lecture de la Loi, il disait : 'rBénissez Dieu, 77 sans ajouter le terme ffqui est béni.w On a voulu, en l'entendant, le faire taire (à cause de son irrégularité). Rab intervint et
^ Nombres, XVI, 21, XVin, 10 ;même '' En d'autres termes : il ne pense
série. Meghilla, eh. iv, % k. pas, comme R. Yossé, qu'on modifie la
Les Ills de Jacob, abstraction faite formule selon le nombi-e des convives pré-
de Benjarni!) et do Jose[>h, étaient dix. sents.
l.iA TliMTK DKS UKUAKIIOTII.
(lit: Laiss(^z-Jc lairc, il se rqjlc d'a|)rès l'avis (pn-ciLé) du lî. Vkijja. H. Zciia se leva et lut pour le prêtre à la place du lévite (qui est au second ranjr), ot il fit les deux bénédictions, antérieure et j»ostérieure. On voulut éfjalement le Taire taire. — Laissez-le, dit U. ïliya bar-Asclie, car tel est Tusage chez eux.
Il est écrit : Ezra bénit V Eternel , Dieu le grand (Néliéinie, vin, 6). Par quoi Texaltait-il? En disant le saint létra{|ranime (les (juatre lettres qui se prononcent Jehova, et qui sont si sacrées qu'on les remplace d'ordinaire par l'expression Adonai). R. Matna dit quil l'exaltait par la bénédiclion K R. Simon demande, au nom de R. Josué ben-Lévi : Ponrquoi les docteurs contemporains de la restauration du temple s'appellent- ils les hommes de la grande Syna- <>ogue? Parce qu'ils ont rétabli les grandeurs religieuses sur leur ancien pied. R. Pinehas dit que Moïse établit la formule suivante, qui se trouve dans la ])rière 'amida : rDieu le grand, le fort, le redoutable.^ Jérémie ne disait pas ce dernier attribut. Il disait le fort ^ parce qu'il convient, selon lui, d'appeler ainsi celui qui assiste en silence à la ruine de sa maison. Pourquoi ne i'appelait-il pas redoutable? Parce que, disait-il, il n'y a de redoutable que le sanctuaire , comme il est dit : Dieu est redoutable par son saint parvis (Psaume lxviii, 3G). Daniel disait : crDieu le grand et le redoutable, ^^ mais il ne disait pas le fort; ses fds sont enchaînés, oii donc est sa puissance? Pourquoi alors f appelait-il redoutable? En souvenir des miracles faits pour lui dans la fournaise ardente. C'est lorsque les hommes de la grande Synagogue sont arrivés, qu'on a rétabli les splendeurs religieuses dans leur éclat primitif, et l'on a redit la formule : crDieu le grand, le fort, le redoutable. 7? Mais comment le mortel a-t-il la force et ose-t-il donner une limite aux attributs di-
vins? Les prophètes, répondit R. Isaac ben-Eléazar, savent que f Eternel est un Dieu de vérité, et ils ne le flattent pas en le qualifiant ainsi.
5 (/t). Trois personnes ayant mangé ensemble ne doivent pas se séparer (pour prier isoi(^ment); il en est de même pour quatre ou cinq. Six personnes, jusqu'à dix, peuvent se diviser en groupes d'au moins trois; à partir de dix on ne se séparera (en deux corps) qu'en étant au moins vingt 2.
On a enseigné que si, après le repas du samedi, on a oublié dans la bénédiction la mention de la solennité, il faut, selon Rab, recommencer; Samuel est d'un avis contraire. Simon bar-Ra dit, au nom de R. Yochanan, qu'en cas
' Bahli, Ir. Yoma, fol. 69^. no^re D«eM( voir Mischna précédente, pour
^ A causo do la formule : Bénissons la distinction).