CHAPITRE Vil. l^i
fruits douteux, qui défendait de les porter au marché avant les prélèvemenis légaux, la plupart des paysans rentraient îeyrs produits chez eux (ce qui fait supposer qu ils suivaient les préceptes de la Loi).
Gomment se fait- il qu'on dise dans la Mischnâ qu'on peut s'adjoindre un Samaritain pour comj)léter le nomhre légal nécessaire à la prière du repas en commun? IN'est-il pas d'une fidélité juive douteuse? On admet, répond R. Ahahou, qu'on le considère en tout comme israélite; car on a enseigné que, selon Rahbi, c'est un étranger; mais, selon R. Simon hen-Gamaliel, il est considéré comme israélite en tout ^
2. Les femmes, les esclaves et les enfants ne sont pas comptés pour former le nombre légalement exigé pour la prière en commun-. Combien faut-il avoir mangé pour que cela entraîne l'obligation de la prière? Au moins la valeur d'une olive; selon R. Juda, la valeur d'un œuf.
R. Simon dit, au nom de R. Josué ben-Lévi, et li. Yossé ben-Schaoul, au nom de Rabbi : On peut s'adjoindre un enfant (au-dessous de treize ans) comme dixième (s'il y a déjà neuf hommes). Mais n'a-t-onpas enseigné qu'on accepte l'enfant sans examen? (Ne devrait-il pas compter sans condition?) Il faut établir une distinction, disent R. Yossé, R. Simon et R. ttanina, au nom de R. Josué ben-Lévi : Si l'enfant est tout jeune, il n'est admis qu'à titre d'adjoint; s'il est adolescent, il est considéré comme un homme. R. Juda bar-Pazi dit, au nom de R. Yossé : si neuf hommes en représentent dix , on dit la formule spéciale à une assemblée de dix. Gomment! neuf hommes, quelque considérables qu'ils soient, peuvent-ils jamais en représenter dix numériquement? Il faut donc admettre que ce nombre peut être complété par un enfant. R. Rerachia dit que R. Jacob bar-Zabdi demanda à R. Yossé bar-R. Eliézer : Puisqu'on vient d'enseigner qu'on peut adjoindre un enfant pour compléter le chiffre dix, sert-il également à compléter le nombre trois? Oui, comme on l'adjoint pour prononcer le nom de l'Eternel, qui se trouve dans la formule des dix, à plus forte raison en fait-on autant pour trois, lorsqu'on ne le prononce pas. Ge raisonnement, fut-il répliqué, n'est pas fondé, car, pour pouvoir prononcer le nom de l'Éternel , on va jusqu'à admettre un enfant, tandis qu'il n'en est pas de même pour la formule à trois. On a enseigné que, pour adjoindre l'enfant, on lui remet un rouleau de la Loi (symbole des connaissances et des aptitudes religieuses). R. Judan ajoute que cela a été enseigné de même dans
^ Même série, tr. Bemaï, eh. vi, S 1 1. — ' Il on faut dix.
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line hornilha. A j);irlir (Ic (picl i\\\v, [kmiI-oii radjoindrc? H. Abiiia dil (jiic \\. Iloiina v[. 11. .Iud«'] onl Iransmis à co siijel , an nom do Sainiuil, des avis dii- (ercnts : selon l'un, il lanl (jiic ronfaiit sache bien la bénédiclion el son sens ' ; selon l'aulre, il Faut qu'il sache à qui celte prière s'adresse. K. Nassa dil : .F.ii inan(jé souvent avec R. Tahelipha mon père et Anvania bar-Sisi mon ami, et l'on ne m'a adjoint pour la l'ormule de bénédiclion en commun que lorsque j'eus l'âge de puberté (vers douze ans). Samuel bar-Schilalh fit à Rab, (ou, selon d'autres, on posa à Samuel) la question suivante : Si neuf personnes ont mangé du pain et une de la verdure, peuvent-elles prier en commun? Oui, lut-il répondu. — Si huit seulement ont mangé du pain, en est-il de même? Oui. — S'il n'y en a que sept contre trois? Encore oui. Mais, demanda R. Abina, si la moitié seulement a pris du pain et l'aulre moitié non, peuvent-ils aussi prier ensemble? R. Zeira répondit : Jusqu'à mon arrivée làbas (à Rabylone), on m'a tourmenté par de telles questions (c'est-à-dire : c'est toujours oui). Alors, demanda R. Jérémie , même celui qui n'aurait pas mangé de pain pourrait-il prononcer la bénédiction pour tous? On répondit, en changeant de conversation, par le fait suivant (qui contient implicitement une réponse affirmative) :
Trois cents naziréens^ se présentèrent au temps du docteur Simon ben-Schetach (beau-frère ou cousin du roi Alexandre-Jannée); cent cinquante d'entre eux ont trouvé accès, et les cent cinc|uante autres n'en trouvèrent pas. Simon se rend il auprès du roi Jannée et lui dit : H y a ici trois cents naziréens qui désirent offrir neuf cents sacrifices. Donne-leur la moitié sur ta caisse et j'y joindrai l'autre moitié. Le roi envoya donc les quatre cent cinquante sacrifices; mais, pendant ce temps, une mauvaise langue alla dire au roi que Simon n'avait rien donné du tout (c'était une perfidie, Simon n'avait rien donné, parce que, sur les trois cents naziréens, il y avait cent cinquante faux naziréens). En apprenant cela, Jannée fut irrité. R. Salomon ben-Schetach dut fuir pour éviter le courroux du souverain. Quelque temps après, de grands personnages du royaume de Perso se rendirent auprès de Jannée. Lorsqu'ils étaient assis à sa table, ils lui dirent : Nous nous souvenons que, lors de notre premier séjour ici, il y avait à cette table un homme vénérable, un savant, qui nous exposait des sujets pleins de sagesse. En réponse, le roi leur raconta ce qui s'était passé et il ordonna qu'on le cherchât. Lorsque les envoyés du roi trouvèrent Simon, le rabbin leur répondit : Que le roi me
' Gomp. BabH, même traité, fol. A8*\ ment de ce vœu, otlrir trois sacrifices au
'■^ Voir Nombres, tout le chapitre vi : temple. Ce fait est aussi rapporté dans
ceux qui avaient fait vœu dnhstinence, Bercschit-Rabba (fol. 101''^ ot KoJiéklh-
uazircat, devaient, après raccomphsse- Rahha (h\. \q?>'').