CHAPITRE VIII. 1V
pas attention dans I»; cas seul où les mains seraient pures (et où l(; Nase ne le serait pas, ce qui est conforme à Schammaï). R. Yossé dit, au nom de R. Scliabtaï, et R. Hiya, au nom de R. Simon ben-Lakisch\ qu'il faut au ])esoin" faire un chemin de quatre milles pour prélever avec pureté la parcelle de pâte, ou pour avoir de l'eau pure servant a se laver les mains (s'il n'y en a pas dans le voisina[je). Toutefois, dit R. Abaliou au nom de R. Yossé bar-Hanina, on n'exige cela que s'il s'agit de faire autant d'avance sur le chemin qu'on' doit parcourir, mais non pour reculer. Quelle est, en ce cas, la règle pour les gardiens de jardins et de vergers? On peut le savoir d'après ce qui suit : La femme, si elle est assise, peut faire le prélèvement de la pâte (n'?)!), même si elle est nue, car elle peut se couvrir (en se courbant), mais non l'homme (dont on voit la nudité même s'il est assis); or, en parlant de cette femme, on ne la suppose pas chez elle (sans quoi il serait facile de remédier à son état), et pourtant on ne l'oblige pas à se déranger; il doit donc en être de même pour le gardien. On a enseigné que l'acte de se laver avant le repas est facultatif, mais après le repas c'est obligatoire^; seulement, en se lavant la première fois c'est une interruption, et non la seconde fois. Que signifie l'interruption? Cela veut dire, selon R. Jacob bar-Acha, qu'on se lave deux fois. R. Samuel bar-Isaac demanda : Comment se peut-il qu'on insiste tant pour une chose qu'on vient de déclarer facultative? C'est important, répond R. Jacol) bar-Idi; car, ne le voyant pas se laver la première fois, on a fait manger à quelqu'un du porc (ne le croyant pas Israélite); pour ne pas s'être lavée à la lin , une femme a dû quitter sa maison comme répudiée (elle fut soupçonnée à tort), parce que , faute de se laver, il était resté collé à ses doigts des traces du repas , qu'on prit pour un signe de convention adressé à un amant. Enfin d'autres disent que, par suite de cette négligence, trois personnes sont mortes. Samuel se rendit auprès de R. Hama et mangea chez lui les mains enveloppées. Qu'estce que cela signifie, demanda l'hôte (n'es-tu pas lavé)? — C'est par crainte du froid, répondit Samuel, que je m'enveloppe les mains (quoiqu'elles soient lavées). Lorsque R. Zeira se rendit à Babylone, il vit les cohanim manger de même : c'est que, dit-il, ils suivent l'avis de Rab et de Samuel. R. Yossé bar- R. Cahana vint dire, au nom de Samuel, qu'on se lave les mains pour les mets profanes et non pour les oblations. R. Yossé l'exige aussi pour ces dernières. Il dit encore , au nom de R. Hiya bar-Asché et R. Yona, ainsi que R. Hiya bar- Asché, au nom de Rab, que, pour les oblations, on se lave les mains jusqu'au poignet, et, pour les mets profanes, jusqu'aux jointures des doigts^. Meischa,
^ Même série, tr. Hallâ^ cli. n, S A; ^11 ne faut pas oublier combien i'eau
Babli, tr. Pesalim, fol. /i6 ". est rare en Orient, et que ces parcimonies
^ C'est une mesure d'hygiène. Bnlili, sont excusables, tr. HoulUii , fui. 10 5- 107.
l/i2 TRAITE DES BERAKIIOTH.
polil-fils do R. Josuo bcii-Levi, dit : Lors({u on claiL invilo (liez mon ffrand-père et qu'on ne so lavait ])as jusqu'au poi^pict, on n'était pas admis à sa taI)lo. R. llouna dit : On ne se lave les mains quo pour man^rer du pain; selon R. Oscliia, on se lave lorsqu'on doit prendre des mets trompés ou accom[)af|nos d'une sauce. R. Zoira so lavait memo pour couper des lupins (parce qu'en les coupant on en exprime le jus). Ral)bi dit que si l'on s'est lavé pour le repas du matin, ou n'est pas obligé de recommencer pour le suivant. R. Abina recommandait celte opinion aux gens les plus scrupuleux lorsqu'ils voyagent : Dès que vous trouvez de l'eau, disait-il, lavez-vous les mains et faites la condition mentale que cet acte vous suffise pour toute la journée.
R. Zoira se rendit au))ros do R. Abaha, à Césaroo. Dos que celui-ci l'aperçut, il l'invita à dîner et lui donna une miche de pain à couper en lui disant do l'aire la bénédiction^ : Le maître de maison, répondit R. Zoiia, sait mieux la force du pain pour le couper convenablement (c'est donc à lui à le couper). On lui offrit aussi, après le repas, de dire l'action de grâce : Maître, réponditil, reconnais en R. Houna un grand homme, car il a dit que celui qui prononce la première bénédiction dit aussi la dernière. — Toutefois, répliqua l'hôte, il y a une boraitha qui conteste l'avis de R. Houna : on y a enseigné que, pour l'ordre à suivre dans l'ablution des mains, si l'on n'est que cinq personnes, on commence par la plus considérée; si l'on est davantage, on commence par la plus jeune. Pour l'ablution au milieu du repas, on commence par le plus grand; pour l'ablution finale, on commence par celui qui dira l'action de grâce, afin de lui laisser le temps de se préparer à la récitation. Or, si celui qui a commencé les bénédictions les disait toutes, il n'y aurait pas besoin de préparation et on le saurait d'avance; donc, on change parfois. — R. Isaac dit que cet exposé s'applique à la réunion de petites sociétés dont chacune a fait séparément la bénédiction initiale, et l'on ne sait alors qui dira la formule finale (mais cela ne s'applique pas à une société qui serait réunie dès le commencement du repas).
(3.) crScIianimaï dit qu'on balaye d'abord, eic-n
Scliammaï a pour raison qu'il n'y ait pas de restes du manger gâtés par l'eau; Hillel dit que si le serviteur est intelligent il retire d'avance les morceaux de la grandeur d'une olive (car on ne se préoccupe pas de ceux qui seraient plus petits), puis on se lave les mains, et enfin on balaye la chambre. Quant à co qu'on dit dans la Mischnâ et qui fait l'objet de la discussion, il
^ On récite de préférence la formule plus présentable. Babli , traité Bcrakhoili , N"^'i1D sur un pain entier, comme étant fol. hC)\
CIIAIMÏUK VIII. 143
s'a{|il là d'une lal)l(j de marbre ou de pièces ajusldes qui ne sont pas susceptibles^ de de\x'nii' impures.
(/t.) cr Scliammaï dit qu'on s'essuie les mains à la serviette , etc. i->
Quel est le motif de Scbammaï? Il craint que rbumidité de la serviette, qui a pu devenir impure parle contact du coussin (sur lequel on s'accoude), ne rende à leur tour les mains impures. Quel est le motif de Hillel? C'est que, en principe, on suppose toujours que les liquides qui touchent la main sont purs; ou bien encore, il est admis que pour les choses profanes on n'est pas aussi susceptible au sujet du contact des mains, tandis qu'on l'est selon Schammaï. Cela s'explique selon l'opinion de R. Simon ben-Eliëzer, ou selon celle de 11. Éléazar bar-R. Zadok; l'un dit, au nom de R. Méir, que les mains peuvent être susceptibles seulement, pour le profane, d'avoir le premier degré d'impureté (transmissible par second degré aux mets), tandis que pour les oblations (sacrées) , elles peuvent avoir le second degré (transmissible au troisième). Ailleurs on enseigne^ que les mets profanes qui sont élevés à l'état de sainteté
sont considérés comme profanes ; R. Eliézer bar-Zadok les considère à l'égal des oblations, au point que ces mets peuvent devenir impurs jusqu'au second degré et aller même d'un degré plus loin pour devenir impropres au service consacré (sans toutefois que le possesseur soit tenu de les anéantir). On a enseigné encore 2 : Si quelqu'un s'enduit d'huile pure et qu'ensuite il devienne impur et qu'il aille prendre un bain de purification, il est pur, selon Schammaï, quoique l'huile dégoutte encore de son corps; selon Hillel, il est impur aussi longtemps qu'il en reste suffisamment sur lui pour en enduire un petit membre. Au cas oil l'huile eût été impure dès le commencement, l'individu reste impur aussi longtemps qu'il en reste sur son corps de quoi frotter un petit membre, et, selon Hillel, aussi longtemps que la main appliquée sur son corps se trouverait humide; ou, selon R. Juda au nom de Hillel, aussi longtemps que cetle main rendue humide pourrait encore humecter autre chose. Ces diverses opinions de Hillel ne se contredisent-elles pas? Car on vient de dire que l'individu est considéré comme impur s'il y a sur lui de quoi l'humectera la main, et ici, dans notre Mischnâ, Hillel dit qu'on met la serviette sur le coussin, de crainte qu'il ne se communique aux mets quelque impureté par son humidité, bien quelle ne s'étende pas à la largeur d'une main. — Dans le fait précité,
^ Mischnâ, Vl" partie, tr. Taharoth ^ Mischnâ, V" partie, tr. Edomjàth
(des puretés), ch. ii; Tosephta, section i; (des lémoignages), chap, iv, § 6. BabH, tr. Houllk, fol. 33 ^
\àà TRAITE DES BEIlAKIIOTIl.
lut-Il nfpoiuhi, Ilillel mot pour limite cette quantité, parce qu'elle est à Tétat naturel, tandis qu'ici elle S'imbibe dans la serviette.
5. Scliammaï dit (qu'il faut admettre^ l'ordre suivant pour les prières) : lumière, repas, èpices, et séparation de la fete; selon Hillel, l'ordre est celui-ci : lumière, èpices, repas, séparation. Selon Scliammai, on dit : rrqui a créé la lumière du feu;^ selon Hillel : ff créant les lumières du feu-, -n
6. On ne prononce de bénédiction ni sur la lumière et les èpices de l'idolâtre, ni sur celles qu'on brûle pour les morts, ni sur celles qui se trouvent devant les idoles. On ne prononce la bénédiction de la lumière que lorsque celle-ci répand sôs rayons.
7. Si, après le repas, on oublie de dire la bénédiction, il faut, selon Scbammaï, revenir à la même place pour la dire; selon Hillel, il suffit de la faire à l'endroit où l'on s'en souvient.
Jusqu'à quel moment cela se peut-il ? Jusqu'à ce que la digestion soit faite.
8. Si du vin arrive sur table après le repas et qu'il n'y en ait qu'une seule coupe, il faut, selon Scbammaï, faire la bénédiction du vin d'abord, puis celle du repas; selon Hillel, c'est l'inverse. On répond Ameii si celui qui dit la bénédiction est Israélite, mais on ne le dit pour le Samaritain qu'après avoir entendu toute la prière ^.
R. Juda dit que Scbammaï et Hillel sont d'accord sur ce point qu'il faut dire la be'nédiction du repas en premier lieu et celle de la cérémonie de séparation en second. Ils ne sont en désaccord qu'au sujet de l'ordre relatif de la lumière et des èpices : selon Scbammaï, on bénit les èpices avant la lumière, et, selon Hillel, c'est l'inverse. R. Ba et R. Juda disent, au nom de Rab, qu'il faut adopter comme règle la prééminence des èpices sur la lumière. Scbammaï dit qu'on porte le verre de vin à la main droite et lliuile parfumée dans la gaucbe; on bénit d'abord le vin, puis l'buile; selon Hillel, on fait l'inverse. On répand un peu de cette liuile sur la tête du servant, ou, si c'est un bomme instruit,
^ Dans le cas où l'on se trouve à table, ^ Parce qu'il était h craindre que sa
à l'arrivée de la nuit, le samedi soir. prière ne s'adressât à une idole.
^ Ou les couleurs de la lumière.