‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 3)Chapitre 43 sur 125 · CHAPITRE Vlir. 1/if · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vlir. 1/if

on en l'roUo un peu sur le mur, car ii n'esl j)as coiiNcnahlc (ju'un lioninie instruit sorlo parl'unié (c'est Tusage des dél)auch('s).

Comme Al)a bar-Hana et R. Houna man{f(^aient enseml)l(% R. Zeira se leva et les servit, portant Tliuile et le vin dans une même main. Que porte ton autre main, demanda bar-Hana (pour (|U(^ lu tiennes ces deux objets dans une seule)? Cette re'plifjue irrila son père : Tu ne te contentes pas, dit-il, d'etre assis à l'aise pendant qu'un membre de la famille des sacerdotes te sert, quoique Samuel ait dit que c'est un sacrile'^je d'user des services d'un sacerdote (destine à Dieu), mais encore tu tournes ses actes en derision; j'ordonne donc qu'il prenne place et que tu te lèves pour le servir. D'oii sait-on que c'est un sacrilège de se servir des cohanim? R. Acba répond, au nom de Samuel, parce qu'il est dit (Ezra, viii, 28) : Tu leur diras quits sont consacrés à r Eternel, ainsi que les vases sacrés; or, comme ce serait un sacrilège de tirer parti de ces vases pour un but profane, ii en est de même des sacerdotes.

Selon Scliammaï, on devait dire la formule : crqui a créé le fruit de la vigne ;t) et selon Hillel rrqui crée (au présent) le fruit de la vigne ;w pourquoi n'emploie-t-on pas la même formule que celle de la lumière dite le samedi soir ? C'est que le vin se renouvelle chaque année (il y a chaque fois une nouvelle création actuelle), mais le feu ne se renouvelle pas à chaque instant (il existe toujours en principe et l'on ne rappelle que la création), car le feu et le mélange des produits hétérogènes (D'^K^d) ont été, sinon créés dès les six premiers jours de la création, du moins formés par l'esprit divin. On le voit, pour les produits hétérogènes ^ par ce verset : Les fils de Sih^on étaient Ayé et

Ena; cest cet Ena qui a trouvé les mulets dans le désert (Genèse, xxxvi, 2/1). Que signifie ce mot D^D^^ (mulet)? R. Juda ben-Simon dit que cela indique des bêtes sauvages; les rabbins disent que c'est le produit d'un cheval et d'un âne. En voici les signes distinctifs, selon R. Juda : si ses oreilles sont courtes, c'est le produit d'une jument et d'un âne; si elles sont longues, il est né d'une ânesse et d'un cheval. R. Mena recommandait aux gens de la maison du prince, s'ils achetaient des mulets, de les choisir ayant de courtes oreilles, comme produits d'une jument et d'un âne. Que faisaient Sib'on et Ena? Ils disposaient à l'accouplement une ânesse, qu'ils joignaient à un cheval, ce qui produisait le mulet. Le Très-Saint leur dit : Vous avez mis au monde un objet nuisible, je vais en faire autant. Que fit-il? il a accouplé la femelle du serpent avec le lézard, ce qui donna naissance à la couleuvre. Or, on n'a jamais entendu dire qu'on ait survécu à la piqûre d'une couleuvre ou à la morsure d'un chien enragé, ou à la ruade d'un mulet, surtout s'il est blanc. Voilà qui détermine forigine des mélanges hétérogènes; mais pourquoi dire

^ Bereschiih-Rabba : section 8tî. Babli, tr. Pesa' him , fol. 2 A".

l/,(; Tl{ \ITK J)KS I;KI{ AKIIOTII.

(jiH' !«' leu na pas v\v loriiir lors de la cii'alMui de Iiiminci's? M. L(;vi respond, au nom de l{. Nczira : La linnièn», chmm' à Torifrino, a servi Ircnte-six Ik^upcs coiis('Cii lives, (lon/.c Immiics le vondrodi, doiizo Ikmipcs la iiuil d'après cl doii/c heures le samedi; ||Tace à elle, \o, premier homme a \)u exairiiner la lern; d'un bout à Taulre. Lorsque, la nuil du v(;ndi*e(li au samcnli, la lumière ru; cessa de briller, loul l'univers commença à (Mitonner des chants d'allégresse, ainsi qu'il est écrit (Job, xxwii, ?>) : Sous retendue du ciel, on chante celui dont la lumière étincelante va jusqu'aux confins de la terre. Dès que la journée du samedi fut achevée, les ténèbres commencèrent à dominer. Adam eut peur et se dit : Voilà peut-être l'instant auquel va se réaliser la prédiction bibli([ue, selon laquelle je marcherai sur la lête du serpent et où il me mordra le talon (Genèse, III, 1 5), et il s'écria : Hélas, il me mordra dans les ténèbres (Psaume cxxxix, 11). En ce moment, dit R. Levi, Dieu lui fit toucher deux briques qu'il heurta l'une contre l'autre, et la lumière en jaillit, selon ce que dit ce même verset : La nuit, la lumière me protégea, et il bénit Dieu en disant : rrSoit loué celui qui crée la lumière du feu.w C'est pourquoi, dit Samuel, on fait encore aujourd'hui la bénédiction de la lumière le samedi soir, en souvenir de cette création. R. Houna dit, au nom de R. Abou ou de R. Yochanan, qu'on fait aussi cette bénédiction à l'issue du Kippour, car la lumière a cessé de brûler toute la journée ^

fc On ne fait pas la bénédiction pour ia lumière ou ies épices d'un idolâtre. -)•>

R. Jacob enseigna devant R. Jérémie qu'on peut dire la bénédiction en ce cas. Quoi! se dit-on, il conteste l'avis de la Mischuà? On répond qu'il s'agit du cas où quelqu'un brûle des épices devant sa boutique à titre d'enseigne : on peut faire, à ce propos, la bénédiction. De même, si l'on voit de la lumière sur les genoux de quelqu'un, ou dans une lanterne, ou dans un phare, si l'on voit la flamme (vacillante) sans jouir de la lumière, ou si l'inverse a lieu (par suite d'une séparation), on ne peut en tout cas dire la bénédiction pour cela, jusqu'à ce que toutes les conditions soient remplies. On a dit cinq propositions relatives au charbon^, et cinq concernant la flamme : i° si l'on tire profit des charbons qui ont servi à brûler les sacrifices, on commet un sacrilège; mais l'on n'en commet pas à la vue de leur flamme, dont on ne doit pourtant pas jouir; 2° les charbons qui ont servi aux idoles sont interdits, mais on peut s'éclairer à la vue de leur flamme; 3" si l'on fait vœu de ne tirer aucune jouis-

^ Car il est interdit d'allumer la lumière ^ Tossephta sur Beça , section 6, et

en ce jour. Babli, ihid. fol. 89 ^

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