CHAPITRE Vlll. U
Taulrc à Uillcl. Lo premier avis dit, selon Scliammaï, que, si l'on avait oublie quelque part un sac de perles et de pierres précieuses, on y retournerait certes pour le prendre; il faut donc de même revenir et s'approcher pour le service divin. Le second dit, conTormëment à Ilillol , qu'on n'a pas besoin de se déranjjer plutôt pour cela que pour d'autres prières, qu'il est permis de réciter au besoin en haut d'un arbre ou au fond d'un fossé (comme on l'a vu plus haut).
(8.) ce Jusqu'à quel moment peut-on récitei l'action de grâce? etc. n
R. Hiya y répond au nom de Samuel : aussi longtemps qu'on a soif par suite du repas qu'on a fait (c'est la digestion). R. Yochanan dit : jusqu'à ce qu'on éprouve de nouveau la faim.
(9.) rrS'il arrive du vin après le repas, etc. on le bénit, selon Hillel, après l'action de grâce, t)
Cela a lieu, dit R. Ba, parce que cette courte bénédiction peut d'ordinaire s'oublier; tandis que, dans le présent cas, il n'y a pas cette crainte, la coupe de vin devant servir à plusieurs objets à la fois.
(10.) rrOn ne répond cmien, après la récitation d'un Samaritain, que si l'on a entendu de lui toute la prière, i?
Il paraît donc qu'on répond amen, après la prière d'un Israélite, même sans l'avoir entendue. N'est-ce pas contraire à ce qu'on a enseigné que l'audition, sans la réponse amen, compte comme devoir, mais que l'inverse ne suffit pas? Hiya, fils de Rab, répond qu'il s'agit dans notre Misclmâ du cas où l'on n'a pas mangé l'équivalent d'une olive (alors il suffit de répondre amen, sans avoir entendu le tout, parce que la bénédiction n'est pas obligatoire). On vient d'enseigner que l'audition sans la réponse amen est admise à titre de devoir accompli, mais non l'inverse. Rab dit au nom de Aba bar-Hana, ou Aba bar- Hana au nom de Rab, qu'il faut avoir au moins répondu aux têtes de chapitres des prières ^ Quels sont ces commencements? demanda R. Zeira. Halleluia, louez-le, 6 sei'viteurs de Dieu, louez le nom de F Eternel (Psaume cxxxv, i). On demanda à R. Hiya bar-Aba : Comment sait-on qu'on considère comme un devoir accompli l'audition d'une prière sans y répondre amen? C'est, réponditon, parce qu'on voit agir ainsi des rabbins considérés : lorsqu'ils se tiennent
* Même série, tr. Souccâ:, cb. m , S i9.; Meijliilla^ cli. i, S 1 1 .
150 THAITK l)i:s HEHAKIÎOTII.
en public, les uns coinmeiiceiit le verscl el l(;s autres ie conliiiuenl ; les uns et les autres ont aceonij)ii leur devoir.
K. Oscliia (însei(jne (ju'on [)(iut répondn; amen, en entendant faction de ^rrace, même si Ton n'a pas man^'é; mais Ton ne doit pas dire la formule rr bénissons celui ^ràce au([uel nous avons mangé, 7? si Ton n'a pas pris part au repas. On a ensei||né à ce propos (ju'il ne faut répondre amen ni trop tardivement (ce qui représenterait un nmen pour ainsi dire or])lielin), ni trop vite (avant la fin), ni coupé, ou en avalant les lettres. Ben-Azaï dit que celui qui répond trop tard aura des enfants orphelins ; s'il répond trop vite , sa vie sera abrégée; s'il répond un amen furtif, son âme sera coupée; s'il le dit opportunément, ses années seront heureuses et prolongées. Qu'appelle-t-on un amen orphelin ? celui que l'on a répondu à une bénédiction sans savoir ce que l'on dit, ou sans y penser. Même en ayant écouté un non Israélite qui bénit le nom de l'Eternel, on répond amen. R. Tanhouma dit que si un païen vous bénit on doit lui répondre amen, conformément à ce qui est écrit (Deutéronome, vu, 1 k) : Tu seras béni par tous les peuples. Un païen rencontra R. Ismaël et le bénit. Ce que tu dis, répondit R. Ismaël, a déjà été écrit ^; c'est-à-dire il est inutile que je te réponde. Un autre le rencontre et le maudit. Ismaël lui répliqua également que sa parole se trouve déjà dite [ibid.). Qu'est-ce que cela signifie? lui demandèrent ses disciples. Tu réponds à fun comme à l'autre? C'est en effet, leur répondit-il, ce qui est écrit : Ceux qui te maudissent seront maudits et ceux qui te bénissent seront bénis (Genèse, xxvii, 99).
' Au verset précité.
CHAPITRK IX.
1 . Celui qui voit un endroit où des miracles se sont accomplis pour Isi'aël doit dire : rrSoit loué celui qui a opéré des miracles pour nos ancêtres en ce lieu, it En voyant l'endroit d'où ont été arrachées des idoles, on dit : crSoit loué celui qui a exterminé les idoles de notre pays. •)?
2. Pour les comètes (ou étoiles fdantes), les tremblements de terre, les éclairs, le tonnerre et les orages, on dit : crSoit loué celui dont la force et le pouvoir remplissent le monde, ii Pour les monts, les collines, les mers, les fleuves et les déserts, on dit : cf Soit loué l'auteur de la création, -n R. Juda dit que celui qui voit l'Océan récite la formule : rrSoit loué celui qui a créé la grande mer pi toutefois, s'il ne la voit qu'à intervalles de teaips plus ou moins éloignés, on dit la formule : cfSoit loué l'auteur de la création, ii
Les miracles dont ii est question dans la Misclinà doivent se rapporter à tout Israël; mais s'il s'agit d'un miracle personnel à un individu, ses descendants seuls peuvent prononcer la bénédiction. Doit-on la dire en voyant l'effet des miracles survenus à nos parents, ou à notre maître, ou à un homme distingué, comme à Joab, fds de Serouya, et à ses compagnons ^ ou à un homme qui a fait acte d'adoration de Dieu au péril de sa vie, comme Hanania, Michael et Azaria ■^, ou pour les miracles survenus à certaines tribus ? La solution de ce point dépend de la question de savoir si une tribu isolée constitue une communauté ou non : selon le premier avis, il faudrait bénir la vue des miracles isolés; et, selon le second avis, ou en est dispensé. A la vue de Baby-
Voir 1 Sniunel, xwi. G. — ' Dniiifl, i. (> f^t suivants.
15!) TliAlTK Dr:S HKH AK IIOTII.
lone, on doit r(k'it(3r cin([ L(;ru*tlictions ^, snvoir : à la vue de TKupliralo, la formule : rrSoil loué Tauleui' de la créalion;7i à la vue des idoles, on dit toujours : rrSoit loué celui qui est lou^raniineT^ (([ui a la patience de les laisser subsister); en voyant les ruines du palais de Nabuchodonozor, on dit : crSoit loué celui qui a détruit le palais de cet impie; 75 en voyant l'emplacement de la fournaise où furent jetés Hanania, Michael et Azaria, ou la fosse aux lions qui leçut Daniel, on dit : fLoué soit celui qui a fait des miracles en faveur de nos ancêtres eji cet endroit, t) Si Ton voit la place (maintenant déserte) d'oii Ton prenait de la terre pour en réj)andre sur les animaux (ce qui constitue une sorte de baptême) , on dit: ff Soit loué celui qui parle et agit, qui ordonne et tient ses promesses^ (de détruire Tidolatrie). Selon d'autres, en voyant Babylone on dit ce verset (Isaïe, xiv, 23) : /e les enlèverai avec le balai de la destruction.
R. Zeira et R. Juda disent au nom de Rab : Toute bénédiction qui ne contient pas la reconnaissance de la royauté divine ne compte pas. En voici la raison, .elon R. Tanhouma : c'est qu'il est écrit (Psaume cxlv, 1) : Je f exalterai, mon Dieu, toi qui es roi. Rab dit qu'il faut s'adresser à Dieu à la seconde personne, et Samuel dit que ce n'est pas nécessaire. Lorsque R. Yochanan et R. Jonathan allèrent établir la paix au sein d'une communauté du Midi ^, ils s'arrêtèrent dans une ville, où ils entendirent que le ministre officiant disait : 0 Eternel, grand, fort, redoutable, puissant, vaillant. Ils le firent taire, en disant qu'on n'a pas le droit de modifier la formule établie par les sages pour les bénédictions. R. Houna interprète ainsi ce verset, au nom de Rab : // est le tout-puissant; nous ne saurions comprendre combien il est grand en puissance (Job , xxx vu ,28); c'est-à-dire nous ne saurions exprimer quelle est la force et la puissance de l'Eternel. R. Aba explique aussi au nom de R. Abaliou et au nom de R. Yochanan ces mots [ibid, v, 20) : Lui rapporterait-on ce que feu dirais? si quelqu'un veut en parler, il en sera comme englouti; c'est-à-dire si un bomme avait la prétention d'exposer complètement les qualités de l'Eternel, il mériterait d'être englouti sous terre. R. Samuel bar-Nahman rappelle le verset (Psaume cvi, 2) : Qui dira les grandeurs de V Eternel? ni moi, ni mes compagnons. R. Aboun dit : qui peut louer les grandeurs de Dieu? Jacob de Kefar-Nebouria, à Tyr, interprétait ainsi ces mots : 0 Dieu, la louange f attend en silence à Sio7i (Psaume lxv, 2); la meilleure des adorations consiste à se taire, comme une perle qui est sans tache perd de valeur à mesure qu'on la loue davantage.
On a enseigné qu'il est sage de commencer et de finir les bénédictions, lorsque les formules le. comportent, par le mot n^ Eternel; mais il serait absurde (et contraire aux règles établies) de les commencer et de les finir par
' Babli, mênu' traité, fol. ^j\— - Babli. tr. Megtnlla, fol. 'j5'; Midrasch sur le psaume xix.