‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 3)Chapitre 46 sur 125 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

le mot bx, Dieu; c'est une mesure intermédiaire^ de commencer par le terme Dieu et de finir par ie terme Eternel, mais l'inverse pourrait passer pour une hérésie (et faire supposer que Dieu n'est pas éternel). En effet, des mécréants ont demandé à R. Samlaï^ : rr Combien de dieux ^ ont créé l'univers? Que me demandez-vous là? leur répondit-il; vous n'avez qu'à consulter les paroles d'Adam, le premier homme : Interroge les premiers temps, est-il dit; ceux qui font précédé, depuis Je jour où Dieu créa (et non créèrent) r homme sur la terre [Deutéronome, iv, 82). — Mais, répliquèrent-ils, n'est-il pas écrit, en suivant l'ordre textuel des mots (Genèse, i, 1) : Le commencement a créé Dieu? — Le verbe, répondit-il, n'est pas au pluriel, parce que le sujet est en réalité au singulier. 7'> En général, dit R. Samlaï, chaque fois que les incrédules ont cherché à contester le texte biblique, ils ont pu trouver, immédiatement après, la réfutation de leurs assertions. Ils lui ont encore demandé ceci : rr Comment se fait-il , d'après la doctrine de l'unité de Dieu , que la Bible ait dit : Faisons r homme à notre image, selon notre ressemblance (Genèse, i, 26)? — Il est écrit, répondit-il : Dieu (au singulier) créa l'homme à son image '^. Cette réponse, répondirent ses disciples, n'est entre nous qu'un faux-fuyant; que répondras-tu à cette objection pour nous? — En principe, dit-il, Adam a été créé de la terre, et Eve d'Adam; à partir de ce moment, la propagation du genre humain s'est faite d'après plusieurs images et ressemblances; car l'homme ne peut se passer de la femme, ni celle-ci de l'homme, et tous les deux ont besoin de l'assistance de la Divinité, -ji Les incrédules demandèrent encore r Comment se fait-il, d'après vos doctrines, qu'it soit écrit : Le fort, le Dieu, V Eternel le sait lui-même (Josué, xxii, 22) (cela ne représente-t-il pas plusieurs divinités)? — Malgré cela, répondit-il, le verbe est au singulier (c'est qu'il s'agit d'un seul être). — Maître, lui dirent ses disciples, cette réponse est forcée; que répondras-tu pour nous ? — Ces trois expressions , répondit-il , sont les attributs d'un même nom, comme si on appelait un roi : César, Auguste, empereur. On lui demanda ensuite : Comment se fait-il qu'il soit écrit : Le fort, le Dieu, V Eternel a parlé, et il a appelé la terre (Psaume l, 1)? — Les verbes sont aussi au singulier, répondit-il; et pour ses disciples, qui lui firent la même observation qu'auparavant, il ajouta que ce sont également des attributs du même nom, comme on appelle l'ouvrier: maçon ou manœuvre. On lui demanda encore : Comment se fait-il qu'on ait dit : Cest un Dieu saint (dans le texte, le substantif et l'adjectif sont au pluriel) ? — Il n'importe, répondit-il; le verbe est au

' C'est-à-dire le terme moyen à choisir. rial et que les grammairiens appellent :

^ Bereschith-Rabba , section vni. plurale majestatis.

^ C'est une sorte de dispute contre le * On ne se sert pas du pluriel, parce

mot DTJ'^K, Dieu y qui a la forme du plu- qu'il ne s'agit que d'un êlre.

15/1 TMVITK ï)i:s nEKAKIlOTII.

siii/fiilicr, coniinc on dil ailhîurs (Exode, \x, 5) : Cest nn Dieu vetigcw (an siii|»iiJi('r). Pom- ses disciples, ([ui lin;iU la menu; observation, W. Isaac le- [)ondil (|U(;, dans ce versiîi, le signe du pluriel a pour but de prévenir ^\n\\ s'a^fit de divers degrés de sainteté. En effet, \\. Judan dit, au nom de U. Acba, que tout est saint à Tégaid de Dieu : sa niarcbe, sa parole, son siège, b; mouvement de ses bras; TEternel est redoutable et maj(;stueux par sa sainteté. U se trouve aussi un verset à Tappui de chacun de ces degrés. Pour le chemin : Dieu, ta voie se fait dans la sainteté (Psaume lxxvii , i U). Sa démarche est sainte : Mon Dieu, mon roi, marche dans la sainteté (Psaume lvviii, 9 5). Il s'assied saintement : L'Eternel est assis sur son saint trône (Psaume xlvii, 9). 11 parle sain-

tement : L Etemel a parlé avec sainteté (Psaume cviii , 8). li lève de même le bras : L'Eternel a levé son bras saint (Isaïe, lu, 10). Il est puissant et redoutable par cela : Qui est aussi majestueux que toi par la sainteté (Exode, xv, 11)?

On lui demanda aussi : Gomment se fait-il qu'il soit écut : Quelle est la grande nation qui ait un Dieu aussi proche d'elle (Deutéronome, iv, 7) (comment se i'ait-il que D^nnp soit au pluriel)? — Les pronoms, répondit-il, sont au singulier pour montrer qu'il s'agit d'un seul être; et pour ses disciples, qui lui firent la même observation que plus haut, il ajouta que le pluriel de l'adjectif proche se rapporte à divers objets et causes de rapprochement. Aussi R. Pinehas dit, au nom de R. Juda bar-Simon : L'idole, même lorsqu'elle paraît proche, est bien éloignée de nous. C'est à ce faux dieu que fait allusion le prophète, en disant (Isaïe, xlvi, 7) : On le porte sur les épaules, on s'en charge, on le pose en place, ou il se tient debout sans bouger; même on criera auprès de lui, il ne répondra pas et ne délivrera personne de la détresse; en d'autres termes : l'idole qu'on a dans sa maison vous laisse crier et mourir, sans vous écouter ni vous secourir; mais, quoique l'Eternel semble loin, il n'est rien d'aussi proche que lui. R. Levi rappelle, à ce propos, que de la terre au ciel il y a un chemin de cinq cents ans, autant entre un ciel et l'autre, et encore autant pour traverser l'épaisseur du ciel lui-même. R. Rerachia et R. Helbo disent, au nom de R. Aba Semouka , que les demeures des animaux célestes ou anges ont également une étendue de cinq cent quinze ans de marche. Comment le sait-on ? Parce qu'il est écrit (Ezéchiel, i, 3), en parlant d'eux : Leur pied est droit, mî^ (or, si l'on additionne les valeurs numériques des quatre lettres de ce mot, on trouve 5i5). On voit, en somme, quelle est la distance entre le séjour céleste @t la terre. Cependant, qu'un homme entre dans une synagogue, qu'il se place à l'écart, et se mette à prier à voix basse, aussitôt le Tout-Puissant prêtera l'oreille à son invocation, comme il est dit (t" livre de Samuel, î, i3) : Hana se parlait à elle-^méme; ses lèvres seules se mouvaient, mais on n'entendait pas sa voix, et pourtant Dieu exauça ses vœux. Il agit de même à fégard de toutes les créatures, connue il est dit (Psaume eu, t) : Prière du pauvre qui s enveloppe

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