p. 92; et ma Notice sur ce manuscrit
' Fonds de l'Oratoire, n" 56; nouveau hébreu parisien.
xLvi INTRODUCTION.
occu])(''CS ]);ir im rrsuriK'^ ('lironoloijicjuc de I'liisloire l)il)li(|u(» jusqu'à la coinposilion ct la r(^daction des œuvres taimudi(|iies. A la fin se trouve la liste, par ordre chronologique, des tanaïm (rédacteurs de la Misclinâ) (ît des amoraïm (auteurs de la Guemâra), puis toutes les formules nécessaires à la confection des contrats de mariage ou de divorce, de pleins pouvoirs, d'échanges, de ventes judiciaires, etc. — Un autre volume contient Pesaliim et Hafrhigâ, d'une écriture beaucoup plus ancienne, sans doute du xif siècle.
2^ A la bibliothèque de la ville de Hambourg, il y a les trois premiers traités juridiques de la section des dommages [Nezikin), écrits l'an du monde ig 44 ( i i8i).
3° A la bibliothèque grand-ducale de Carlsruhe, il y a le traité Synhedrin incomplet, datant probablement du xn^ siècle; ce volume avait appartenu primitivement au célèbre hébraïsant Reuchlin, qui écrivit sur la première page : rr Talmud hierosolymitanum in libris Sanhédrin quos Johannes Reuchlin Pforcensis sibi diligenter adquisivit, anno mdxu.-ii II y a là une erreur; ce traité n'est pas du Talmud de Jérusalem, mais de celui de Babylone.
Il"" La bibliothèque de l'université de Breslau possède quelques feuillets fort anciens du traité Zehahim, analogues en quantité et en provenance à ceux de la Bibliothèque impériale de Paris. On en retrouve autant, pour d'autres traités, à Odessa.
5^ A Leyde, le manuscrit complet du Talmud de Jérusalem a servi de texte à la première édition ^
6® Le British Museum possède un manuscrit contenant huit traités du Talmud -Babli relatifs aux fêtes ^. Londres et Oxford ont acquis leurs exemplaires de l'Allemagne, lors des ventes publiques.
7'' La bibliothèque bodiéienne, ou celle d'Oxford, est la plus riche de toutes sous ce rapport; elle otfre huit à dix traités du Babli répétés jusque sous quatre formats divers, in-folio, in-4'', in-8° et in-i 2, outre le premier volume du Talmud de Jérusalem (n° 844, in- 4°).
Steinsclmeider, Catalogue des manuscrits hébreux de la bibliothèque de Leyde, p. 34î. — ^ Fonds Harlington, n° 55o8.
INTRODUCTION. xl\ii
8° 11 y a à Rome, selon le catalogue d'Assemani, cinquantesept traités du Talmud, répartis entre trente volumes, dont la ])lupart proviennent de la bibliothèque palatine de l'université de Heidelberg. Il est regrettable que ces manuscrits, qui avaient été emportés à Paris, en 1797, lors des conquêtes de la Révolution française, et rendus à Rome en 1 81 5, restent enfouis au Vatican et comme annulés pour les savants. S'ils étaient restés à Paris, ou avaient été rendus à Heidelberg, ils seraient plus accessibles. Les hommes compétents auraient la faculté de les examiner, et il ne leur serait pas défendu, comme à Rome, d'en relever les points intéressants et curieux, en un mot de prendre des notes chaque fois qu'il y a lieu.
g*' Si l'Allemagne et l'Angleterre sont les pays le plus richement dotés sous ce rapport, si Munich possède seul un exemplaire complet du Talmud manuscrit, l'Italie, presque aussi riche en nombre de volumes détachés, a l'avantage d'offrir le plus ancien de tous les manuscrits; c'est la bibliothèque nationale de Florence qui le possède en trois volumes in-folio ^ Ils proviennent du célèbre Antonio Magliabecchi , qui fut le fondateur de cette riche et précieuse collection de manuscrits et d'imprimés que l'on appela Magliabechiana.
Ces manuscrits se divisent ainsi : le premier volume contient les traités Berakhâthy Bekhoroth, Temoura, Keritôty Tamid^ Midoth, Meila, Kinin; le deuxième contient Baha-Kama et Baba-Metzia, et le troisième Baba-bathra, Synhedrin et Scliebouoth. Une épigraphe à
la fin du premier volume porte ces mots : cr Ecrit le vendredi 22 Eloul, an 986 ii (ce qui correspond à septembre 1176 de J. C); et quoique les deux autres volumes ne soient pas datés, on reconnaît à l'identité des caractères que leur écriture est de la même main et de la même époque que celle du premier, ce Ladite suscription, nous écrit M. Lasinio, est certainement de la même
^ Fonds Pluteum, coà. 739, ou classe particulière de M. F. Lasinio, professeur III, n" xxxviu a |3 7 de l'ancien catalogue h l'université de Pise. latin, comme nous Tapprend une lettre
xLviii I^ThODl CTION.
main (MiP rcîlle (|m a rcrit tons les trois volumes. Comme je n'ai pas voulu uic i'wv seulement à moi-même sur une chose aussi importante» oi aussi essentielle, j'ai int(îrro[][é les employés de la bibliolliè(|ue, qui sont très-expérimentes en fait de manuscrits, et dont l'un connaît sulïisamment l'hébreu pour jufjer de l'identité des caractères; et tous, à l'unanimité, ont confirmé mon opinion. L'encre, la main, tout est sans doute du même temps et de la même personne que le reste. En conséquence, le premier volume a été écrit l'année igSG de la création (malheureusement le copiste n'a signé ni son nom, ni le nom de la ville oii il a écrit); et notre manuscrit est le plus ancien du Talmud que l'on connaisse, du moins jusqu'à présent, i^ H y a aussi des morceaux du texte de la Mischnâ ou de la Guemarâ traduits en latin dans le second volume, et notamment dans le troisième, appartenant à la partie appelée aggadique; quelquefois ce sont seulement des titres ou des sommaires de sujets traités dans le cours des chapitres. D'après l'écriture, ces additions datent de la fin du xiv® siècle ou du commencement du xv^.
1 o^ La bibliothèque de Turin contient les cinq principaux traités de la seconde section du Talmud Babli.
1 1*^ Celle de Parme, qui provient du célèbre bibliographe G. B. de Rossi, possède, outre quelques exemplaires de la Mischnâ et l'Abrégé d'Alfasi, un manuscrit du traité Schabbath, daté de i4oo.
is"" En Orient, le Hakham de la communauté turque à Jérusalem possède en manuscrit, dit Lebrecht, les traités du Talmud de Jérusalem pour toute la première section, ou Zeraïm^.
1 S'' Il y a encore en Prusse un certain nombre de manuscrits modernes, les uns de 1709, au séminaire israélite de Munster, les autres de 1720, à la bibliothèque municipale de Hambourg; mais ils n'ont qu'un intérêt secondaire, puisque ce sont des copies d'exemplaires imprimés.
* Nous n avons pas pu avoir de ren- que nous n'avons pu consulter en temps seignements certains à ce sujet. — A ce ' opportun le ''D'?^!^'!")"' NIDD de M. le docpropos , nous devons constater à regret leur Frankel , qui vient de paraître.
INTRODUCTION. xux
Enfin la première édition du Talmud a paru à Venise, en iS^o; ^'^^^f^ .,
elle est devenue fort rare et ne se trouve plus que dans quelques établissements de l'Allemagne et de l'Italie, mais elle a suffi pour rendre ce livre impérissable et a servi à en reconstituer des éditions innombrables dans tous les formats; elles sont plus ou moins complètes, selon que la censure ecclésiastique pouvait ou savait en faire retrancber les passages compromettants pour l'Eglise.
Dans l'édition de Baie, en 1678, la troisième en date, et qui, presque toujours depuis, est restée l'édition classique, une étonnante créature, le censeur, fit pour la première fois son apparition. ^^^CO flARl^O Dans son désir de protéger la foi contre tout danger (car on supposait que le Talmud cachait de violentes invectives contre le christianisme sous les expressions et les phrases les plus innocentes en apparence), ce fonctionnaire fit des choses étonnantes. Quand, par exemple, il rencontrait dans le livre quelque vieux Romain jurant parle Capitole, ou par le Jupiter de Rome, aussitôt il lui venait ,
des soupçons. Assurément, ce Romain devait être un chrétien, le Capitole était le Vatican et Jupiter le pape. Et sur l'heure il effaçait le mot Rome, qu'il remplaçait par un autre nom de lieu qui lui venait en tête. Une de ses contrées favorisées paraît avoir été la Perse; quelquefois c'était Aram ou Babel. De sorte que, de nos jours encore, on peut rencontrer ce digne Romain jurant par le Capitole de la Perse ou par Jupiter d'Aram ou de Babel. Mais, partout où se trouve le m^i gentil, le censeur était saisi d'inexprimables terreurs. Un gentil ne pouvait être qu'un chrétien, qu'il demeurât dans l'Inde ou à Athènes, à Rome ou à Chanaan; que ce fût un bon gentil (et il y en a dans le Talmud) ou que ce fût un méchant. Aussitôt il le baptisait, et, le baptisant suivant sa fantaisie, en faisait un Egyptien, un Araméen, un Amalécite, un Arabe, un nègre, quelquefois un peuple entier. Nous parlons très-sérieusement. Tout cela se trouve dans nos dernières éditions. Une fois ou deux, on a essayé de purger le texte de ses taches les plus saillantes, mais sans succès.
L INTnODOCTïON.
S Vil.
(^ominonlaires et rësumrs.
Dans celle esquisse lapide nous ne pouvons qu'eflleurer les questions en quelques paragraphes, tandis que chacune d'elles formerait seule un travail, si nous pouvions approfondir les sujets et les épuiser. Ainsi nous avons à peine mentionné en passant les divers abrégés du Talmud, et il nous a été encore moins permis d'aborder ici la vaste nomenclature des travaux qui constituent la littérature talmudique; ils sont innombrables, et l'on n'a jamais pu, par cette raison, en dresser une liste bien complète. Ce sont, en dehors des traités d'exégèse biblique, des œuvres de casuistique sans bornes, dont nous voudrions au moins donner une idée.
cf On ne se rend peut-être pas assez compte de l'œuvre gigantesque suscitée par le Talmud, et de l'immensité du travail auquel se sont livrés les rabbins, malgré toutes les cruelles incertitudes qui enveloppaient leur existence. Après qu'il eut dit le dernier mot sur l'interprétation de la Tôrâ, après qu'il eut exposé toutes les discussions auxquelles le texte sacré avait donné lieu, ainsi que toutes les lois traditionnelles et les règles établies par les rabbins de la Palestine et de la Babylonie jusqu'au v^ siècle de l'ère chrétienne, le Talmud à son tour fut mis sur le métier, et devint le sujet d'une nouvelle série de commentaires, où la finesse de l'observation, la justesse de l'analyse ne laissent rien à désirera
ffLes rabbins du moyen âge eurent une ambition très-belle et très-noble , c'était de ne pas laisser subsister d'incertitude sur aucun des points de la partie halachique du Talmud. Ils se mirent courageusement à l'œuvre, et nous doutons fortement que la patience si vantée des bénédictins puisse se comparer à celle que durent déployer quelques-uns de nos rabbins, qui seuls et isolés ont essayé de codifier le corps entier du Talmud.
ff Pour ne citer que les principaux et les plus connus, nous avons
* Archives, l. c. p. 696.
INTRODUCTION. u
d'abord Al-Fazi, qui le premier a l'ait un résumé du Talmud et a eu le courage d'élaguer du texte tout ce qui ne se lie pas étroitement à la discussion. Puis vient Maïmonides, qui, avec son Yad ha-hazaha, nous donne un véritable code embrassant toutes les matières, la morale, le culte et la jurisprudence : esprit élevé dont il est inutile de faire l'éloge, mais qui, en raison même de son élévation, s'occupe peu des contradictions oii il tombe en traitant les détails infinis d'une législation très-compliquée. Puis vient ^,s-' chéri, dialecticien très-puissant, qui sait babilement fondre dans l'argumentation talmudique les interprétations de Piasclii et les observations des tossaphistes. Son fils lui succède et fait un nouvel essai de codification, dans lequel les opinions d'Ascberi occupent naturellement une grande place. Enfin Jos. Karo, après avoir analysé et résumé les opinions émises par tous ses prédécesseurs, nous donne le Schoulchan-Aroukh, adopté par l'universalité des Israélites comme code de religion, -n
Pendant ces périodes successives de codification, d'autres œuvres sont rédigées; elles retracent sous forme de questions et réponses les études auxquelles se sont livrés les successeurs du Talmud pendant un long espace de temps. On traite les matières les plus compliquées et les plus bizarres, et l'on résout des problèmes servant à répondre à des hypothèses qui ne se présenteront peut-être jamais K Les auteurs s'inquiètent à peine de l'admissibilité de leurs suppositions, et ils s'évertuent à discuter très-profondément les détails les plus minutieux d'une cérémonie cjuelconque. Ils échangent, par exemple , leurs idées sur la possibilité d'admettre , à titre régulier, un sacrifice accompli dans une circonstance donnée et contrairement aux règles prescrites, et ils agitent la question de savoir si ce sacrifice peut être considéré comme valable, quoique depuis la ruine de Jérusalem cette étude n'offre plus qu'un intérêt théorique. Autre exemple : si l'on transgresse involontairement telle ou telle défense biblique, que faire? Est-on passible de la verge ou des coups
' Voir notre Introduction au Maassé Nissim (edition hébr. arabe de la Casuistique d'Abr. Maïmonides), p. ii.