CHAPITRE PREMIER
devant Absalou son jUs; et ii est dit ensuite : Eternel, que mes enfants sont nombreux ! un grand nombre d^ adversaires s'élèvent contre moi. Au contraire, pour la guerre de Gog et de Mago(>, il est dit (ii, i) : Pourquoi les nations s assemblentelles et les peuples projettent-ils des choses vaines? mais il n'est pas dit que ses adversaires sont nombreux.
Ce psaume commence ainsi : Cantique de David, lorsqu'il s'enfuit de devant son fils Absalon. Au lieu de cantique, pourquoi ne [)as Tappeler complainte? R. Simeon, fils d'Abischalom , répondit par un exemple devant servir de comparaison : Si un homme, ayant contracté une dette, craint de ne pas pouvoir Tacquitler, il s'en afflige; mais aussitôt qu'il a payé, il est joyeux. Il en fut de même pour David : lorsque Dieu lui eut dit : Je ferai surgir le mal contre toi du scinde ta famille (Il Samuel, xii, ii), il était triste et il craignait qu'un serviteur ou un bâtard ne vînt l'attaquer sans pitié ; aussi , en voyant que c'était Absalon, il se réjouit, parce que ses craintes se dissipèrent, et il entonna un cantique.
R. Yochanan dit encore au nom du même : Il est permis de lutter contre les impies ici-bas, car il est dit (Proverbes xxviii, k) : Ceux qui abandonnent la Loi louent le méchant, et ceux qui observent la Tora le combattent. On a enseigné également que R. Doustaï bar-Maton énonçait le même principe en vertu dudit verset. Il ne faut pas se laisser détourner par celui qui invoquerait le verset suivant (Psaume xxxvii, i) : Ne f irrite pas contre les impies et ne sois pas zélé contre les malfaiteurs, mais il faut lui répondre que ce verset exprime l'avis de celui dont le cœur bat d'inquiétude (au souvenir de ses péchés). Ce verset indique seulement qu'il ne faut pas ressembler aux malfaiteurs et ne pas imiter leurs actions, et il est dit de même (Proverbes, xxiii, 17) : Que ton cœur n envie pas les pécheurs , et reste au contraire dans la crainte de Dieu chaque jour. Est-ce bien ainsi? R. Isaac ne dit-il pas : Si l'on voit que pour l'impie l'heure est favorable, il ne faut pas lutter contre lui, car il est dit (Psaume x, 5) : Ses voies réussissent à chaque moment? En outre, il semble même qu'il est l'objet d'un jugement plus favorable, d'après ce verset [ibid.) : Dans les hauteurs, tes punitions restent éloignées de lui; et de plus, il méprise ses ennemis, comme il est dit : Par son soujffle il disperse ses adversaires (ibid.). Comment expliquer la contradiction entre cette abstention et l'avis de R. Yochanan ? (r. ) De cette façon , l'avis selon lequel on doit s'abstenir se rapporte au cas où il s'agit de choses privées ; l'autre avis se rapporte à des questions concernant le ciel (auquel cas la lutte est un devoir). On peut aussi admettre qu'il s'agit, selon l'un et l'autre avis, de sujets célestes; seulement le premier avis se rapporte au cas où l'heure est favorable à l'impie, et le second à celui où elle ne l'est pas. Ou bien encore, selon l'un et
traités Soncca , Col. 5'i\ Yebamoth, 6^)/\ 'AbôdaZara, 5\ ol Nidftâ, i.'V'.
^250 THAJTK l)i:S inUUKIIOTII.
raiiU'c avis, I liome est favorable; souJoineiil, 1(3 pK-rnicr avis sc lapjxalc an juste parlait, (it le second au juste qui n'est pas parfait, (;ar H. Houiia rappelle ce verset (IIabacouk,i, i3) : Pourquoi contemplas-tu les infidèles? Pourquoi es-tu silencieux lorsque Vimpie engloutit celui qui est plus juste que lui ? Or, cela se peut-il ? N"est-ii pas écrit (Psaume xxxvii, ii3) : Dieu ne l'abandonne pas à son pouvoir; puis : // ne suimenl aucun accident au juste (Proverbes , xii , 2 1 ) ? On veut donc dir(; par là que Tinipie j)eut faire du tort à celui qui est un peu plus juste que lui, mais non au juste parfait. Enlin on a pu vouloir dire que Tinlluence de Tinstant favorable importe beaucoup ^
Le même auteur dit encore : Si Ton assigne un endroit fixe pour la prière, on verra la chute de ses ennemis, comme il est dit (II Samuel, vu, 10) : J'ai fixé une place pour mon peuple d'Israël, je l'ai implanté là, il y reposera; il ne sera plus inquiet, et les enfants de l'iniquité ne continueront plus à le tourmenter comme dans le passé. R. Houna demanda : Comment se fait-il qu'il soit dit tantôt de le tourmenter, tantôt (/e V exterminer [\ Chroniques, xvii, 9)? Il s'agit d'abord (lors de la construction du temple) de dire que les ennemis des Juifs neles tourmentent plus; puis (lorsque Israël pécha) que leurs prières détournassent d'eux la ruine et la destruction. R. Yochanan dit aussi que la pratique de la Loi est préférable à son étude, comme il est dit (II Rois, m, 11) : Voici Elisée, fds de Scha-
fat, qui versa l'eau par les mains d'Elie. Il n'y est pas dit qu'il étudia la Loi, mais il versa; cela prouve que la pratique est supérieure à l'étude. R. Isaac dit à R. Nahman : Pourquoi n'êtes-vous pas allé au temple pour prier ? — Je n'ai pas pu, répondit-il, étant retenu par une indisposition. — En ce cas, dit le premier, il fallait réunir dix personnes pour prier. — C'est trop difficile, répliqua l'autre. — Pourquoi alors, dit-il, n'as-tu pas demandé au ministre officiani qu'il te prévienne de l'instant auquel se fera la prière publiquement? — A quoi bon tout cela ? répliqua R. Nahman. — C'est que, ditR. Yochanan, au nom de R. Simon ben-Yochai, ce verset (Psaume lxix, \k): Et moi, je t'adresse ma F. 8\ prière, Eternel, dans l'instant favorable, prouve qu'il y a un instant plus favorable que d'autres; c'est celui pendant lequel le public prie. R. Yossé bar-R.
Hanina le prouve par le verset suivant (Isaïe, xlix, 8) : Ainsi, a dit l'Eternel, je t' ai exaucé dans l'instant de la faveur. R. Aclia bar-R. Hanina fonde la même idée sur ces mots (Job, xxxvi, 5) : Certes, Dieu ne méprise pas^- ce qui est grand (les prières d'ensemble) ; et il est dit (Psaume lv, 1 9) : // a racheté en paix mon âme de l'oppression dirigée contre moi, car beaucoup de personnes étaient avec moi.
' Il peut même en résulter la ruiue du on suppose, connue il arrive souvent au
juste parfait. Comp. tr. Meghillâ, fol. 6''; Talmud, cpiela conjonction T du mot X^")
lv. Baba-Mecia\ fol. 71'. est omise; ce qui modifie le sens priuiilil
'^ PoiU" les besoins de rintei'pnftalioii flu verset.
CHAPITUR PHEMFER. 251
C'est-à-dire que rEteriiel dit : Tout individu qui s'occupe de l'étude de la Loi, ou de bienfaisance, et l'ait la prière en public est considéré par moi comme s'il avait racbeté mes enfants des nations de l'univers.
Resell Lakiscb dit : Tout individu qui possède une synajrojjue dans sa vilb» et n'y entre pas pour prier, s'appelle un mauvais voisin, car il est dit (Jérémie, XII, ik) : Ainsi a parlé F Eternel contre tous les mauvais voisins qui touchent à théritagequefai légué à mon peuple d'Israël. En outre, il provoque l'exil pour lui et pour ses enfants, comme il est dit [ibid.) : Je les enlèverai de leur terre et f arracherai la maison de Juda de leur sein, A ce propos , lorsqu'on eut dit à R. Yocbanan qu'il y a des vieillards à Babylone, il s'en étonna; il rappela ces mots : Afin que vos jours et ceux de vos enfants se prolongent sur cette terre (Deutéronome, xi, 21), et se demanda s'il n'y avait pas lieu d'en conclure qu'en debors de la Terre- Sainte on ne vivrait pas longtemps ; mais lorsqu'on lui apprit qu'ils se rendent de bonne heure à la synagogue et qu'ils en sortent tard, il dit que c'est là la cause He leur longévité. C'est ce que dit aussi R. Josué ben-Lévi à ses fils , allez de bonne beure et restez longtemps à la synagogue, afin que vous viviez longtemps. R. Acba bar-R. Hanina interprète ce verset : Heureux lliomme qui ni obéit, qui séjourne à mes portes chaque jour, et gardeles linteaux de mon entrée ( Prov. viii , 3/1 ) ; puis il est dit : Celui qui me trouve a trouvéla vie. On en conclut, dit R. Hisda , qu'il faut toujours faire un cbemin de «deux portes w dans la synagogue; ce n'est pas à dire qu'il faut passer par deux portes, mais s'avancer d'autant dans la synagogue (sur une longueur de buit aunes), avant de se mettre à prier.
Il est dit (Psaume xxxii, 7) : Cest pourquoi chaque homme pieux f invoque, à l'instant où il trouve. Ces derniers mots , selon R. Hanina , s'appliquent à l'épouse qu'on cboisit, comme il est dit : Celui quia trouvé une femme a trouvé le bien (Proverbes, xYiii, 22). Dans les provinces d'ouest, lorsqu'un homme épouse une femme, on dit de lui il a trouvé ou il trouve (pour désigner un bon parti ou un mauvais) ; car la première formule est l'initiale de ce verset : Celui qui a trouvé
une femme a trouvé le bien et a acquis la grâce de V Eternel. La seconde formule est l'initiale du verset suivant : Je trouve que la femme est plus amere que la mort (Ecclésiaste, \ii, 26). R. Nathan applique les mots V instant où, F on trouve i\ la tora^ comme il est dit déjà : Celui qui me trouve a trouvé la vie et a acquis la grâce de Dieu. R. Nahman bar-lsaac les applique à la mort, en vertu de ce verset (Psaume lxviii, '21) : Il y a des délivrances de la mort. On a enseigné, en effet, qu'il existe neuf cent trois manières de mourir, ce que l'on peut déduire dudit verset; si l'on additionne la valeur des lettres du mot délivrances (mxîî'în), on obtient juste ce total. La pire de ces manières est l'esquinancie; la plus douce est le baiser. La maladie de l'esquinancie ressemble à un buisson entouré d'une pièce de laine, (ju'on voudrait arracher de là pour le rejeter (ce qui déchire inévitablemeiil la IniiK»); schm ffînilres, olle rossomblc à la i'os(m> dans fou-
2r)L> THAITK DES BKHAKIIOTll.
verlurc do l'œsopha^o. La moil \)i\\' Jo baisor csl aussi douco (jiic Ir icIivhI dun cliovou do dossus lo lail. R. Yorhanan dit (jue I'cxprossion Vinslant où ïon trouve dosij'fiio la tombe. I{. Ijanina demande que si^jnifie ce verset (Job, m, 2'^) : Ceux qui se réjouissent jusqu à tallégresse sont joyeux s^ils trouveîit un tombeau. Raba hai-R. Scliibi répond : C'est que les bommes disent qu'il convient d'inq)lorer la miséricorde divine, pour en obtenir le pardon, jus(ju'au dernier souille. Mar Zoutra dit que l'expression Vinstanl où l'on trouve se rapporte aux cabinets secrets (qu'on est heureux de trouver près de soi). On dit dans l'Occident que l'explication de Mar Zoutra est préférable à toutes les autres.
Raba dit à Rapbram bar-Papa : Maître , redis-nous un de ces enseignements tbéologiques que tu exposes au nom de R. Hisda dans les conférences de la synagogue. Voici, répondit-il, ce qu'a dit R. Hisda : S'il est écrit (Ps. lxxxvii, 2) : Dieu préfère les portes de Sion À toutes les habitations de Jacob, c'est que Dieu préfère aux synagogues et aux réunions d'études les portes des maisons qui se distinguent par les enseignements doctrinaires. Aussi R. Hiya bar-Amé ditil au nom d'Oulla: Depuis le jour de la destruction du Temple, il semble que la Providence réside seulement dans le petit espace réservé aux études. Abayé dit : En principe, on étudiait à la maison et l'on se réunissait pour prier dans la synagogue; mais lorsqu'on entendit l'avis de R. Hiya bar-Amé au nom d'Oulla, relatif au séjour de la Providence, on pria dans le même endroit où Ton étudiait. R. Amé et R. Assa disent : Bien qu'il y eût treize synagogues à Tibériade , on ne priait qu'au milieu des colonnes où l'on étudiait.
R. Hiya bar-Amé dit encore au nom d'Oulla : Celui qui jouit du fruit de son labeur est supérieur à celui qui craint le Ciel. Pour ce dernier, il est dit (Psaume cxii, 1) : Heureux V homme gui craint Dieu; tandis que de celui qui jouit du fruit de son travail, il est dit [ibid, cxxviii, 2). Lorsque tu manges le produit du travail de tes mains, tu es heureux et tu en acquerras du bien, c'est-à-dire tu es heureux en ce bas monde, et tu en acquerras du bien dans la vie à venir; or cette dernière clause n'est pas dite au sujet de l'bomme qui craint Dieu (mais pour le travail). Le même auteur dit aussi : On doit toujours demeurer dans la résidence de son maître ; aussi est-ce seulement à la mort de Simi ben-Guera que Salomon (son disciple) alla épouser la fille de Pbaraon^. Mais n'a-t-on pas enseigné l'inverse? Oui, mais ce n'est pas une contradiction; le premier avis s'applique à celui qui obéit à son maître, le second à celui qui désobéit (auquel cas il vaut mieux en être éloigné). R. Houna bar-Juda dit au nom de R. Menahem et de R. Amé : Ce verset : Ceux qui abandonnent Dieu périront (Isaïe , i , 28), se rapporte à celui qui, après avoir ouvert un rouleau de la Loi, le quitte sans le refermer; R. Ababou sortait, au besoin, entre l'appel à la loi d'un in-
' (^iOi)ip. 1 Kois. ch. H. A(). e\ eh. m, 1.
CKAPITHK PUEMIEU. 55:i
(liviclu el t'oliii (1^111 aulic. R. Pajx; (It'inaiida : Comment laiit-il afjir (3nlre la ieclurn d'un individu cl celle d'un autre? La (jneslion reste irre'solue. R. Schesclieth détournait la face pour se livrera l'étude de la Mischnâ (sans se soucier de latecture de la Loi), en disant: nous nous occupons de nos œuvres de prédilection (le Talmud), et eux des leurs.
R. Houna bar-Juda dit encore : L'homme doit toujours s'arranger de façon à terminer la lecture d'une section de la Loi avec le public, en récitant deux F. 8' fois le texte hébreu et une fois la traduction chaldéenne, et même pour les moindres termes ( intiaduisibles ), tels que ceux d'Atharoth et de Dibon (Nombres, xxxii, 3); car celui qui agit ainsi aura de longues années. R. Rivi bar-Abayé pensait qu'il fallait achever les sections de toute l'année la veille du Kippour. Hiya bar-R. Mediphté enseigna à ce propos : S'il est dit vous apigerez vos âmes, le neuf du mois, au sofr (Lévitique, xxiii, 82), cela ne signifie pas qu'on jeûne le neuf, puisque le jeûne est fixé au dix, mais que l'action de manger et de boire est, à titre de préparation, aussi estimée par Dieu que si l'on jeûnait dès le neuvième jour. Est-ce à dire qu'on peut avancer l'ordre des sections? Non, répondit un vieillard, on ne doit ni l'avancer ni le reculer. C'est ce que disait R. Josué ben-Lévi à ses fils : Terminez la lecture des sections en même temps que le public, en lisant deux fois le texte hébreu et une fois le chaldéen. Il leur recommandait en outre de tenir compte de tous les nerfs en égorgeant de la volaille selon le rite mosaïque, conformément à l'avis de R. Juda, et d'avoir des égards pour le vieillard qui , par suite de maladie ou d'inquiétude, a oublié ses études, de même qu'on conservait dans l'arche sainte, outre les tables de la Loi, les morceaux des premières tables, pour les respecter. Raba dit à ses fils : Lorsque vous découpez de la viande, ne le faites pas sur la main, soit à cause du danger de se couper, soit à cause de la détérioration des mets qui en résulte; ne vous asseyez pas sur des sophas araméens et ne passez pas derrière la synagogue lorsque le public prie. Cette défense de se reposer sur des sophas araméens signifie, selon les uns, qu'on ne doit pas se coucher sans avoir lu le schema (à la mode araméenne), selon d'autres, qu'on ne doit pas épouser une prosélyte, et, selon d'autres enfin, il s'agit de sophas réellement araméens, en souvenir du fait survenu à R. Papa: Il s'était rendu auprès d'une Araméenne; elle lui présenta un sopha en l'invitant à s'asseoir. Je ne m'asseyerai, dit-il, que lorsque tu auras soulevé ce sopha. Lorsqu'elle le souleva, le rabbin y trouva un enfant décédé (de la mort duquel elle l'eût accusé). C'est depuis ce jour que les rabbins ont défendu qu'on s'asseye sur un sopha araméen. La défense de passer derrière une synagogue (comme si on l'évitait) pendant la prière publique est conforme à l'opinion de R. Josué ben- Lévi, qui exprime le même avis. Toutefois, dit Abayé, cela ne s'applique qu'au cas où il n'y a pas d'autre porte; mais s'il y en a une autre, cela ne fait rien
l>:)'i TMAITK DKS HKII AKIfOTH.
(J'y j)ii.sstM'; oil (-('III .supplique au cas où il n'y a pas cran Ii(î syii<i[|Ogu(', ou au cas OÙ il iriial)ilopas près de là, ou s'il ne va pas vite, ou s'il n'est pas revcllu des ])liylactères; mais, dans le cas de l'une de ces conditions, on ne tient pas compte de la défense (car alors le passajje n'est pas une irrévérence). H. Akiba enseigna que, pour trois choses, il aimait les Mèdes : i" lorsqu'ils découpent la viande, ils la posent sur la table; 2° lors([uils veulent embrasser, ils baisent la main (en si^jne de distinction); et 3'' lorsqu'ils se consultent, ils donnent le conseil dans les champs (où l'on ne puisse les écouter). C'est en effet, dit R. Ada bar-Ahaba, ce qu'indique ce verset (Genèse, xxxi, /i) : Jacob envoya auprès de Rachel el de Léa et les fit venir aux champs^ près de son troupeau. Pour trois causes , ditR. Gamaliel, j'aime les Persans : ils sont modestes dans leurs repas, dans les endroits secrets et dans le commerce maritime; et le verset : T ai ordonné à ceux qui me sanctifient (Isaïe, xiii, 3) se rapporte, selon R. Joseph, aux Persans, saints et préparés pour le purgatoire.
ffR. Gamaliel dit, etc. -j^
R. Juda dit au nom de Samuel que cet avis sert de règle. R. Simon ben- Yochaï dit : Il arrive parfois à l'homme de lire deux fois de suite le schema dans une nuit, une fois avant le lever de l'aurore et une fois après, et il a rempli ainsi le devoir de la récitation pour la nuit écoulée et pour le jour qui survient. Ces termes ne donnent-ils pas lieu à une objection ? Parfois, dit-on, on lit deux fois le schema à la nuit; il paraît donc qu'après le lever de l'aurore, c'est encore compté comme nuit, et comment dit-on ensuite qu'on a rempli également le devoir du jour? Est-ce donc considéré comme jour? Non, il fait bien encore nuit à ce moment; mais on l'appelle jour, parce que certaines gens sont déjà levés à cette heure. R. Acha bar-Hanina dit au nom de R. Josué ben-Lévi qu'on a admis comme règle l'avis de R. Simon ben-Yochaï. Il en est qui rapportent ce que dit R. Acha bar-Hanina à l'enseignement suivant de R. Simon ben-Yochaï, lequel s'exprime ainsi au nom de R. Akiba : Parfois l'homme lit le schema deux fois de suite par jour, une fois avant que le soleil brille et une fois après, et il peut accomplir de cette façon deux devoirs religieux, l'un pour la récitation du jour et l'autre pour la nuit. Comment cela se peut-il? On vient de dire qu'on lit souvent le schema' deux fois par jour; il paraît donc qu'avant que le soleil brille, c'est déjà considéré comme le jour, et pourtant l'accomplissement de ce devoir compte pour la nuit. Est-ce donc en- !.. ^. core la nuit à ce moment? Non, c'est certainement déjà le jour, mais on l'appelle parfois nuit, parce qu'il y a des gens qui dorment encore à cette heure. R. Acha bar-R. Hanina dit au nom de R. Josué ben-Lévi que l'avis de R. Simon, exprimé au nom de R. Akiba, sert de règle. Toutefois, ajoute R. Zeïra, si on lit
CHAPITHK IM{K\lll^:i{. 255
le schema du soir à la lin de la iiuil, au malin, il no laul plus dire la lorniuie do la bénodiclion liSiDî:?!!, /ms-MOMs dormir (ce qui serait déplace'). Loisquo I{. Isaac bar-Joseph arriva, il dit que Tavis dv W. Aclia bar-H. Ilanina au nom de R. Josuo beu-Lévi n'a pas été explicitement exprimé, mais déduit par syllogisme du l'ait suivant : Un coupbî de rabbins s'était endormi d'ivresse au festin de noce du fils de R. Josué ben-Lévi; comme l'aurons était levée et qu'il paraissait élre trop taid pour liio le sclœma% on vint demander à R. Josué ben- Lévi ce qu'il fallait faire. — R. Simon mérite bien, répondit-il, qu'on s'en rapporte à lui dans un moment d'urgence (ce qui est bien l'avis de R. Acha bar-R. Hanina).
ff II arriva un jour à ses fils, etc. 11
N'avaienl-ilspas eu connaissance, jusqu'à ce jour, de l'opinion de leur père, pour qu'ils dussent attendre sa décision ? Si ; mais voici ce qu'ils lui dirent : Comme les rabbins ne sont pas de ton avis, admets-tu que la majorité l'emporte sur un seul individu? Ou bien les rabbins sont-ils de ton avis, et ne fixent-ils l'heure de minuit comme limite à la récitation que pour écarter l'homme du péché ? En effet, répondit R. Gamaliel, les rabbins sont de mon avis et vous devez réciter le schema , et la limite de minuit n'a été déterminée que par anticipation.
ff Cette limite ne s'applique pas à cela seul, etc. i^
Mais R. Gamaliel, qui n'admet pas la fixation de la limite à minuit, admetil également fextension de cette limite pour d'autres sujets? Voici ce que R. Gamaliel dit à ses fils : Même selon les rabbins, qui fixent minuit comme limite, le devoir du schema" peut s'accomplir jusqu'au matin; et s'ils disent seulement jusqu'à minuit, c'est pour écarter l'homme du péché.
fcLa combustion des graisses, etc. •)?
Dans cette enumeration , on ne compte pas la consommation de fagneau pascal. Ne peut-on objecter que l'enseignement suivant semble contredire cela ?Les devoirs, est-il dit, de la lecture du schema" le soir, de la récitation du HaUel la nuit de Pâques et de la consommation de fagneau pascal peuvent s'accomplir jusqu'à la levée de f aurore. N'est-ce pas une contradiction avec notre Mischnâ? Non , répond R. Joseph : f avis exprimé dans notre Mischnâ est de R. Eliézer ben-Azaria, et favis précité est de R. Akiba. Gai' on a interprété ainsi ce versel : Mangez-en la chair cette nuit (Exode, \n, 8); or, selon R. Eléazar ben-Azaria,
256 THAITK DES HKM AKIIOTIl.
coinino on a einployc* ici lo Icrino (l(^ unit, ainsi (pTaii versot i^i, ja passerai dans l(> pays (IE(rypte cette unit, on en dcîdiiil (|ii(', dans run el I'aulrf; ras, il s'a<|il de ininuil. \\. Akiba, au conlraire, r('X[)li([uo aulronioni : Comme il csl dit : vous le mangerez à la lutte (i i), cela suppose jusqu'au dernier moment de la nuit (oii l'on est pressé). Mais alors, pourquoi spécilie-t-on la nuit? C'est pour ne pas laisser croire qu'on peut man[];er Ta^jneau pascal le jour, comme les sacrifices habituels. Il reste encore un point douteux : d'après R. Eliézer ben-Azaria, on comj)rend l'emploi du démonstratif "îD, celte , qui sert de base au syllogisme de comparaison pour fixer la limite de minuit ; mais comment R. Akiba (qui ne l'admet pas) explique-t-il la présence de ce terme? C'est, dit-il, pour qu'on ne suppose pas que la durée de la consommation est de deux nuits; on aurait pu croire, comme l'agneau pascal fait partie d'une des saintetés légères, qu'à l'instar des sacrifices secondaires mangeables deux jours et une nuit, on le mangerait deux nuits et le jour formant intervalle; c'est pourquoi le verset dit nettement : Cette nuit, etaucune autre. Mais d'où R. Éliézer ben-Azaria déduit-il cette règle (puisqu'il rattache le terme cette h la limite de minuit)? Il la déduit de ces mots : Vous nen laisserez rien jusque au matin. Pourquoi R. Akiba ne tire-t-il pas la même déduction de ce verset? C'est que, selon lui, le mot matin pourrait signifier aussi le second matin, tandis que, selon R. Eliézer, cela indique le matin même après la nuit. Cette discussion est conforme à celle qui a lieu à propos de ce verset : La tu sacrifieras la Pâque, le soir, au coucher du soleil, à V époque de ta sortie d'Egypte (Deutéronome, xvi, 6); cela signifie , selon R. Eliézer, qu'on l'égorgé au soir, qu'on le mange depuis le coucher du soleil, et qu'au matin, à rinstaiit de la sortie d'Egypte, on brûle les restes. R. Josué dit : Le soir, on l'égorgé; au coucher du soleil, on mange, jusqu'au moment qui fut celui de la sortie d'Egypte. Tout le monde reconnaît, dit
R. Aba, que la délivrance d'Israël en Egypte a eu lieu le soir, comme il est dit :
U Eternel ton Dieu fa fait sortir d'Egypte la nuit , et ils sont sortis au jour, comme il est dit : Le lendemain de la Pâque les enfants d'Israël sortirent la main haute , ou en plein jour (Nombres, xxxiii, 3). Quel est donc le point en contestation? C'est de savoir qu est-ce qu'on appelle l'instant de liâte. R. Eliézer ben-Azaria pense que les Egyptiens (frappés de plaies nombreuses) avaient hâte de laisser sortir les Israélites ; selon R. Akiba , ces derniers étaient pressés de partir. On a enseigné de même que le verset où il est dit l'Eternel ton Dieu t'a délivré de
l'Egypte la nuit ne veut pas dire qu'Israël soit sorti la nuit; ils sont sortis au jour, selon le verset précité des Nombres, mais on veut dire seulement que la délivrance a commencé le soir.
Parle donc, est-il dit, aux oreilles du peuple, etc. (Exode, xi, 2). Le mot NJ, donc, dit R. Yana, indique la supplication, et voici ce que l'Éternel voulait dire à Moïse : Je te prie d'aller dire aux Israélites que je les engage à emprun-
CHAPITUK PHEiMIKi;. 257
ter au\ K^^ypliens des vases d'ar{>oiil el d'or, aliii que le juste (Abraham) voie se réaliser cette prédicliou au coniplel : fis les assujeltironl et les tourmenteront d'abord , mais ensuite ils sortiront avec de grandes richesses ((jeuèse, xvi , i 3) , tan- F 9''. dis qu'Israël ne demandait qu'à sortir sain et sauf. On peut comparer ce l'ait à un prisonnier auquel on dirait : Demain on te délivrera de la captivité et l'on te donnera encore beaucoup d'ar[jent. — Je vous en supplie, répondrait-il, faites-moi sortir de suite et ne me donnez rien. Le terme biblique, dit U. Amé, qui exprime l'emprunt fait aux E(>yptiens, prouve qu'il s'est effectué malgré eux, soit en dépit des Egyptiens, soit en dépit d'Israël. Selon certains avis, c'était en dépit des Egyptiens, conformément à ce verset (Psaume Lwni , i3) : Celle qui demeurait dans la maison a partagé ses dépouilles. Selon d'autres, c'était en dépit des Israélites , qui craignaient d'être chargés. Puis il est dit ( Exode , xii , 36 ):Et V Eternel avait fait trouver grâce au peuple auprès des Egyptiens; cela prouve , dit R. Amé, qu'ils tombèrent comme dans un piège, où il n'y a même pas de blé pour attirer les oiseaux. Piesch Lakisch les considère comme un lilet sans poissons. — Parles mois je suis celui qui est (Exode, m, i4), Dieu voulait dire à Moïse : je suis avec Israël pendant l'esclavage actuel, comme je veillerai sur lui pendant les captivités futures. — Maître de l'univers, répondit Moïse, n'estce pas assez lorsque le malheur arrive? Pourquoi le prédire? — Aussi, dit l'Eternel, dis-leur: Celui qui est nia envoyé vers vous.
Exauce-moi, est-il dit, Eternel, exauce-moi (IRois, xviii, 37). Pourquoi, demande R. Abaho, Elie a-t-il demandé deux fois à être exaucé? C'est qu'il a dit devant Dieu : Maître de l'univers, exauce-moi, en faisant descendre un feu céleste qui dévore tout ce qu'il y a sur l'autel; exauce-moi encore en détournant leur esprit mauvais, afin qu'ils ne disent pas : C'est de la sorcellerie, selon ces mots du verset [ibid.) : Tu convertiras leur cœur.
5 (2). A partir de quel moment lit-on le schema du matin? Lorsqu'on peut distinguer le bleu d'avec le blanc, ou, selon R. Eliézer, le bleu du vert (ce qui est plus difficile). On termine cette prière lorsque le soleil rayonne, ou jusqu'à la troisiènie heure (9 heures) selon R. Josué , car c'est l'usage des princes de se lever à cette heure. La lecture faite après cette heure n'est cependant pas sans valeur; elle équivaut à une lecture ordinaire d'un passage de la Tora.
Qu'entend-on par la distinction à établir entre le bleu et le blanc? Est-ce qu'il s'agit de distinguer un morceau de laine blanche d'un autre morceau bleu? Ce ne serait pas une limite suffisante, car cette distinction peut aussi s'établir
558 THAITK DKS liKIl \K IIOTII.
la iiiiil; cCsl,;!!! coiiliaiic, dans la menu; rlollc U'ÀwUi (ju il sanil dc im.'Comnai'lic Ic blanc an niili(Mi (In l)lcu. H. Mcirrlil coinnn; limite; (pTil lantponvoir (lislin<fnoi' nn lonp d'un cliien; ou, selon R. Akiha, il faut pouvoir dislinpicr un ànc d'un niulel; selon craulres, enfin, il lanl savoir reconnaître son prochaiw en le voyant à (|ualre coudées de distance. (a\{ avis sert de renfle, dit H. Houna. Abayé suit cette opinion pour Tinslantde la mise des phylactères; mais pour la lecture du schema', on suit l'usafre des <r(»ns zélés, qui, selon 1». Yochanan, la terminaient avec les premiers rayons du soleil. On a déjà enseigné que cette coutume était pratiquée afin que la formule de délivrance (accomplie le malin) fût rapprochée de la prière 'amida, (|ui, de cette façon, se dira au jour.
R. Zeira demanda : Que si[}nifie ce verset (Psaume lxxii, 5) : On te respectera avec le lever du soleil et avant la lune fendant des générations? C'est que, selon le témoignage de R. Juda ben-Eliakim au nom de la sainte communauté de Jérusalem, tout, individu qui aura soin de faire suivre la prière de délivrance par celle de V'amida, ne courra pas de danger pendant toute la journée. Est-ce Lien vrai? demanda R. Zeira. Ne m'est-il pas arrivé, malgré ce soin, d'être endommagé? La perte que tu as subie, lui répondit-on, consistait à payer les droits dus au fisc; or c'est un payement inévitable pour voir, à ce propos, la face du roi ; car R. Yochanan dit qu'on doit toujours s'efforcer de courir au-devant des rois d'Israël, et non-seulement au-devant d'eux, mais encore au-devant des rois de nations étrangères; car s'il aie bonheur d'arriver au Paradis, il verra combien les rois israélites sont supérieurs aux rois étrangers (quoique l'inverse ait lieu sur terre).
R. Elaa dit à Oula : Lorsque tu monteras en Palestine, informe-toi, je te prie, de la santé de mon frère R. Brouna, en présence de toute l'assemblée, car c est un homme important qui se plait à l'accomplissement des devoirs religieux. Comme il lui arriva une fois de rapprocher la formule de délivrance (le celle de Y'amida (selon la coutume des gens les plus zélés), il ne cessa d'être joyeux toute la journée. Comment ce rapprochement a-t-il pu avoir lieu strictement? R. Yochanan ne prescrit-il pas de dire avant l'amida : Dieu ouvre mes lèvres (Psaume li, 17), et après : Que les paroles de mes lèvres te soient agréables (Psaume xix, i5)? R. Eléazar répondit que cet avis (de séparation par les versets) s'applique àla prière du soir. Mais R. Yochanan n'a-t-il pas dit que, pour jouir de la vie à venir, il faut opérer ce rapprochement le soir? C'est peut-être alors à la prière de l'après-midi, répondit R. Eléazar, que s'applique cet avis (d'intercaler des versets). On peut même l'appliquer à toutes, dit R. Asché; car cette addition étant instituée à cette place par les rabbins, elle est considérée comme un prolongement de la prière (et non comme une interruption). S'il n'en était pas ainsi, comment se pourrait-il que le soir on intercalât la section haschkihénon ? C'est que ladite section, une fois établie, est considérée comme
en A PIT m: PHKMIKlî. •->59
un pi'olonjjeuKMit dc^ la l'onmilc i\v. (h'Iivraiice; il <mi es! doiic (l(^ iiK'ine poulies versols relalil's ù V'amida. 11 reste toutotois uikî ()i)jecli()u à l'aire; les mois que les paroles de mes lèvres te soient agréables, placés par les rahbius à la liu, pourraient aussi bien, par leur si||uilication, se rap[)orter à des paroles futures. Pourquoi aloi's ne pas les dire au coninieucemenl? (rest que, répond 15. Juda fils de \\. Simon l)en-l\i/i , comme David n'a dit ce verset qu'après dix-huit psaumes, les rabbins aussi n'en ont institué la lecture (ju'après dix-huit bénédictions (ou 'amiday i^'est-ce pas à la lin du dix-neuvième psaume et non du dix-huilième? Cela revient au même, les deux premiers psaumes n'en forment qu'un; car c'est ainsi que le même auleur disait : David n'a chanté un alleluia, après avoir dit cent trois psaumes, que lorsqu'il vit la chute des impies, comme il est dit (civ, 35) : Les pécheurs seront exterminés de la terre et les impies n existeront plus. Dénis r Eternel, mon âme. Alleluia! N'est-ce pas cent quatre au lieu de cent trois? Non, parce que les deux premiers psaumes n'en forment qu'un. En effet, ditR. Samuel ben-Nalimeni, toute section que David aimait commençait F. lo". parle mot ^"C\S*, heureux, et finissait de même. Voici un exemple oi^i le psaume commence ainsi : Heureux Vhomme, etc. (Psaume i, i), et où il finit de même : Heureux tous ceux qui se fient à lui [n, 12).
Des brigands, qui se trouvaient dans le voisinage de Pi. Meir, le faisaient beaucoup souffrir. R. Meir sollicita la Pro\ddence contre eux pour qu'ils mourussent. A quoi penses-tu? lui dit sa femme Rrouria. Est-ce parce qu'il est dit que les pécheurs disparaîtront de la terre (civ, 35)? Cela se rapporte non aux pécheurs, mais aux péchés; et, d'ailleurs, l'attention doit se tourner sur la fin du verset, qui dit: Les impies tie seront plus; puisque, par la disparition des péchés, il n'y aura plus de malfaiteurs. Il vaut donc mieux que lu pries en leur faveur, pour que le repentir les touche.
Un Sadducéen^ disait à Rrouria : S'il est dit (Isaïe, liv, 1) : Elle est joyeuse, la femme stérile privée d'enfants, est-ce parce qu'elle n'a pas d'enfants qu'elle est joyeuse? — Sot, répondit-elle, examine la fin du verset, qui dit: Les enfants de la femme abandonnée seront plus nombreux que ceux de l'épouse, dit F Eternel. Que signifie alors le commencement du verset? Chante^, communauté d'Israël, qui ressembles à une femme stérile, en ce sens qu'elle n'a pas produit d'enfants pour l'enfer. — Le même Sadducéen disait à R. Abahou : Il est écrit (Psaume m) : Chant de David, enfuyant devant son fils Absalon, et il est dit (Psaume lvii) : Cantique de David, enfuyant devant Saul, dans la caverne; or, quel fait s'est accompli en premier lieu? Celui de la fuite devant Saul; pourquoi alors n'est-il pas énoncé en premier lieu? Cela paraît contradicloire, fut-il répondu, pour
Ce terme est pris ici dans le sens d'hé- " kniY[\\[éYcbamolhJo\.k\ 011 ald'i-
rétique et de renégat. bue celle; explication à l{. lîléazai-.
2{){) TirVITK l)i:s P.KirAKIIOTIl.
vous (jiii II iiil<'ij)i'(''l('/ jwis les rji|)[)i"()clioiiienls, mais non pour nous (jui on tenons roniplc. Or, \\. ^oclianan fonde rinlorprolation des rapprocliements bil)li(jues' sur co verset, (Psaume r,\i,(S): Ils .sont soutenus pour toujours et dans V éternité; Us sont faits avec vérité et équité. Pounjuoi la section (rAI)salon esl-cHe rappro('li(>e de celle de Gojj et Ma<jo[j? Pour que, si l'on })arle de la rébellion (fun esclave contre son maître, on cite l'exemple de la révoile d'un fils contre son père (c'est aussi ^rave).
H. Yoclianan dit au nom de R. Simon ben-Yochaï : Le verset suivant (Proverbes, XXXI, 9G) : Elle a ouvert la bouche avec sagesse et elle a sur la langue une laide grâce, a été énoncé par Salomon, comme devant s'appliquera son père David, qui a chanté Dieu dans les cinq mondes où il a résidé. Déjà, dans le sein de sa mère, il a chanté un cantique, comme il est dit (Psaume cm, 1) : Bénis t Eternel, mon âme , et que toutes mes entrailles saluent son saint nom. En venant au monde, il aperçoit les étoiles et les planètes; il chante aussitôt et dit [ibid.) : Bénissez Dieu, vous ses anges, héros de la force, qui accomplissez sa parole, qui écoutez la voix de son ordre, bénissez Dieu, toutes ses armées, elc. En suçant le lait de sa mère, il aperçoit ses seins, et il chante en ces termes [ibid.) : Bénis V Eternel , mon âme , et n oublie pas tous ses bienfaits. Quels sont-ils? C'est, répondit R. Abahou , d'avoir placé les seins de la mère au siège de l'intelligence. Pourquoi? Pour que Tenlant, répondit R. Juda, ne voie pas la nudité (comme chez les femelles des animaux), ou, selon R. Matna,pour que l'allaitement n'ait pas lieu dans un endroit malpropre. Enfin, après avoir vu la chute des impies, il a de nouveau célébré Dieu en ces termes (Psaume civ, 35) : Les pécheurs disparaissent de la terre, et déjà les impies ne sont plus. Bénis V Eternel, mon âme. Alleluia. En contemplant le jour de la mort, il a encore chanté ainsi [ibid.) : Bénis
r Eternel, mon âme. 0 Eternel, mon Dieu, tu es très-grand; tues revêtu de majesté et de splendeur. Qu'est-ce qui prouve que ce verset s'applique au jour de la mort? C'est par la fin du sujet, répondit Raba bar-R. Schila, qu'on le voit, parce qu'il est dit : Si tu caches ta face , ils pâlissent ; si tu retires ton souJjfle,ils expirent, etc. R. Simehar-Oukha , ou Mar Oukba, se trouvait souvent en présence de R. Simon ben-Pazi, et il exposait des sujets d'exégèse devant R. Josué ben-Lévi. Pourquoi est-il écrit, lui demanda-t-il : Bénis F Eternel, mon âme , et que toutes mes entrailles saluent ton saint nom? C'est que, lui fut-il répondu, les voies de Dieu diffèrent de celles de l'homme : Si un mortel reproduit sur un mur l'image d'un être humain, il ne saurait lui communiquer le souffle vital, l'àme, les intestins, les entrailles, tandis que Dieu en a le pouvoir. Aussi Hanna a-t-elle dit (I Samuel, 11, 2) : /^ ny a pas de saint comme V Eternel, car Un est 7iul autre que toi , et il 71 est pas de rocher comme notre Dieu. Que signifie cette dernière expres-
' Ti-. MeP-Inllâ, fol. i /|".
(:iiAi>iTr,i^: i>iiK\iii:n. ^oi
sion? li n'esl piis (l(^ loriualcur coiiimc jiolic Dieu, (hie si;»iiili(' I cxpics^ioi» : // n est nul autre que loi':' W. Jiida, fils de II. Moiiassia, ivpoiidil (jimI im; laul pas iir<; il nest nul autre que toi, in^2, mais personne )ùi le pouvoir de tepili/rner, ']D'ib'2h; car I)i(;ii (liiïère des lioiniiKS, en ce (jiiViix si) i'alijpicnl de Icui's li'avaiix oX que iui userait ses œuvres avant de se lasser. Voici, dit-il, ce (jue j'eii pense : Les ternies bénis, mon âme, ciiKj fois répélés, oui (Hé dits pai* David à ré{>ard de TEternel et de Tànie qui émane de lui; de même (|ue rElernel remplit tout Tunivers, de même Tàme remplit lout le cor[)s; de même (|ue Dieu voit sans être vu, de même a{fit ràmcî; de; même que Dieu nourrit tout Tunivers, de même Tànu; entretient le corps; de même (|ue TElernel esl pur, de même i'àme est pure; et de même que Dieu se trouve au fond de tout, il en est de même du siège de fame. Donc, celle (jui est pourvue de ces cin(| qualités devra venir louer le Créateur, doué des mêmes qualités.
R. Hamnouna interprète le verset suivant (Ecclésiaste, viii, i) : Qui ressemble au sage et qui sait F explication des mots, c'est-à-dire qui ressendjle à Dieu pour savoir établir un choix entre deux justes, comme Ezéchias etisaïe? Or, Ezécliias pria Isaïe de venir auprès de iui, comme on trouve qu'Elie se rendit
chez Achab (IHois, xvni, 2) : Elie alla chez Achab pour lui montrer, etc. Isaïe répondit ([u'Ezéchias vint chez lui, ainsi qu'on trouve que Joram, fils d'Achah, alla vers Elisée (Il Rois, 111,10). Que fit TEternel? Il suscita des douleurs à Ezéchias, de sorte (ju'lsaïe vint le voir, comme il est dit (Isaïe, xxxviii, 1) : En ces jour s , Ezéchias tomba mortellement malade. Le prophète Isaïe ,fds dAmots, vint auprès de lui et lui dit : Voici ce que Dieu Sebaoth ni a communiqué: donne tes ordres suprêmes à ta famille, car lu es près de mourir et tu ne vivras plus. Que signifie l'expression redondante tu es mort et tu ne vivras plus? rrTu es mort ici-bas et tu n'auras pas de part à la vie future. — Pourquoi toute cette punition? demanda le roi. — Parce que tu ne t'es pas occupé du devoir de la génération, répondit le prophète. — C'est que, répliqua le roi, jai prévu à l'aide de l'esprit saint que j'aurai des fils indignes de naître. — Qu'as-tu à pénétrer les mystères divins? répondit le prophète. Accomplis ce qui est prescrit, et Dieu agira comme il lui plait. — S'il en est ainsi, dit le roi, donne-moi ta fille; peut-être, en laveur de nos mérites réunis. Dieu me donnera-t-il des enfants convenables. — Il est trop tard, dit Isaïe, ta condamnation est prononcée. — Fils d'Amots, répondit-il, achève ta prophétie et sors.^^ Voici ce que j'ai appris par tradition de mon grand-père : Quand même la pointe d'une épée toucherait déjà la gorge d'un homme , celui-ci ne doit pas encore désespérer de l'assistance divine. C'est aussi ce qu'ont enseigné R. Yochaiian et R. Eliézer, selon ce verset (Job, xiii, i5) : Certes, bien quon me tue, f espère en lui. R. Yochanan dit que si même v. 10' l'interprète des songes prédit à quelqu'un qu'il mourra le lendemain, il ne doit pas moins priei- Dion de lo sauver, comme il est dit (EccK'siaste. v. G) :
i>(ij TIÎAITK \)\iS BKHAkllOTII.
(À' soul un ipauil nombre de songes, de vèvenes et de paroles vaines; crains feulement Dieu. Aussiuk, (>s(-il dil, lùéchias tourna la face vers le mur, T'p, et invoqua Dieu (Isaïo, xwviii, '■?.). Que si<rnifie lo mot ")"'p {\(' ce; vf;rs(*t? Cesl, dit H. Simon l)('n-Lakis(.'li, du fond du coMir, comuK^ il est dil (Jorémio, iv, if)) : Mes entrailles, mes eîitr ailles , je supplie du fond du cœur, etc. ]{. Lovi dit ([u'il invoquai! réellcmenten sa faveur /ewmr, en s'exprimant ainsi : Maître do l'univers, j)uisque lu as ressuscité le fds de la Sunamitli qui n'a erifje ([u'un mur, à plus forte raison me feras-tu grâce en faveur de mon grand-père Salomon, qui a convertie sanctuaire tout entier d'or et d'argent. Souviens- toi , je te prie, de ce que j'ai marché devant toi dans la voie de la vérité et avec un cœur sincere, et j^ai accompli ce qui est bien à tes yeux. Quel est ce bien accompli? C'est, repond Ji. Juda au nom de Rab, d'avoir joint la formule de de'livrance à la prière, ou selon R. Levi, d'avoir enfoui le livre des mëdicamenis.
On a enseigné à ce propos (pie le roi Ezéchias a accompli six actions, dont trois seulement ont été approuvées ^ On l'a approuvé i° d'avoir enfoui le livre des médicaments; s"* d'avoir renversé le serpent d'airain, érigé par Moïse au désert^; 3° d'avoir traîné les ossements de son père (Aclias) sur un lit de cordes ^. Voici les trois actions désapprouvées : i° d'avoir bouché les eaux du lleuve Ghichon^; 2° d'avoir coupé les portes du temple (couvertes d'or) qu'il envoya au roi d'Assyrie ^, et 3° d'avoir redoublé, dans une année embolismique, le mois de nissan ^. Mais Ezéchias ne savait-il pas qu'en vertu de ce verset (Exode, xii, 2) : Ce mois sera pour vous le premier des mois, on ne peut redoubler le mois de nissan? C'est que, fut-il répondu, le roi aura mal compris l'avis de Samuel, qui dit c|u'on ne peut plus rendre l'année embolismique lorsqu'on en est au 3o d'adar, car ce jour compte déjà pour le mois de nissan; or, Ezéchias pensait sans doute qu'il ne laut pas avoir égard à cette considération que le 3o d'adar puisse devenir le i*"' nissan (et il a cru, par conséquent, qu'il vaut mieux redoubler le mois suivant).
R. Yochanan dit au nom de R. \ossé ben-Zimra : Celui qui attribue une faveur à son propre mérite la verra attribuer à l'influence des autres; mais si on l'attribue à d'autres , le mérite en sera reporté sur vous. Moïse a invoqué le mérite d'au trui, lorsqu'il disait: Souviens-toi d' Abraham , d' Isaac et d'Israël tes serviteurs (Exode, xxxii, i3), et il a été exaucé pour son propre mérite, comme il est dit (Psaume cvi, 2 3) : Il les eût exterminés, si Moïse son bien-aimé ne se
Tv. Pesahim, fol. 55". mois, d'après ce qu'il résulte du 11^ livre
Nomb. XXI , 9 ; comp. Il Rois . wni , li . des Chroniques , xxix , 3 , 1 7, et xxx , 2 , plu-
■^ 1 î Chroniques , xxv n i ,97. tôt que d'avoir lieu auparavant ou en adar.
" H Chroniques, xxxu, 3o. ainsi que le prescrit le Talmud Babli , tr.
Il Rois. xvuK ifi. SjipdtMriu, fo]. iQ^\
L'intercalatioi) ;i on lion après ce
CIIAIMTKI^ l>Ui:\lli:i{. 203
Jul levé pour Ic retenir el imiir detounicr .sa colère de la desirucùon. hlzécliias noiilait faire valoir son |)n)|)n' iiicritc, oX il «lil : Souviens-toi de ce que fai marché devant toi: on (ii l'ossoiiir, au contraire, ic jnériU; (raulrui, comnic il est dit (Il Rois, M\, 3/i) : Je protégerai cette ville, afin de la sauver en ma faveur et en faveur de mon serviteur David. Cost aussi conlbruKi à TaNis de \\. Josué beii-Lévi ([ui interprète les mots : \oici, à cause de la paix, t amertume me semble amère (Isaïe, xxxviii, 7); cela veut dire que, même lorsque Dieu envoya la paix à ce roi, il ressentit de ramertume.
11 est dit : Faisons-lui donc une petite chambre supérieure au mur (Il Piois, iv, 10). RabetSamuel fexjdiquent diversement: Tun dit que c'était d'abord une chambre haute sans plafond, quils ont ensuite couverte; le second dit que c'était une iongue galerie qu'ils ont divisée en deux. D'après ce dernier avis, on comprend l'emploi, dans le verset précité, du terme mur (servant de séparalion); mais s'il s'a^jit d'une chambre haute, qu'y vient faire ce terme? Il sert à indiquer qu'on l'a couverte d'un toit. D'autre part, on peut raisonner à l'inverse; on comprend, s'il s'agit d'une chambre haute, l'emjdoi du terme n*»^:?, supérieure; mais, s'il s'agit d'une galerie, que désigne-t-il ? la meilleure des maisons ^ — Et mettons-lui là, est-il dit ensuite, un lit, une table, un siège et un chandelier. Abayé ou II. Isaac dit à ce sujet : On peut, chez les étrangers, jouir de ce que l'on vous offre, en suivant l'exemple d'Elisée; on peut aussi refuser, comme fit Samuel de Ramah^. Aussi est-il dit : Il retourna à Ramah, où se trouvait sa maison (1 Samuel, vu, 17); et, ajoute R. Yochanan, partout où il allait, il avait sa maison avec lui. — Et elle dit à son mari: Je sais maintenant que cest un homme divin et saint. Gela prouve, dit R. Yossé bar-R. Hanina, que la femme reconnaît mieux les étrangers que le mari. Gomment s.ivait-elle qu'il est saint? Rab et Samuel en expliquent la raison; c'est, dit l'un, parce qu'elle n'a pas vu de mouche passer sur sa table; selon l'autre, parce qu'après avoir étendu un drap de lin sur son lit, elle n'y a pas trouvé de tache. Lui était saint, dit R. Yossé bar-R. Hanina, mais son serviteur ne l'était pas, puisqu'il est dit : Ghehaii s' approcha pour la pousser (II Rois, iv, 9) ; c'est, ditR. Yossé bar-R. Hanina, qu'il voulut la saisir^ parses beautés plastiques (le sein). — Il passe toujours, 1^127), près de nous, dit encore la Rible. On conclut de l'expression I^Dn, dit R. Yossé bar-R. Hanina au nom de R. Eliézer ])en-Jacob, que si l'on héberge un savant dans sa maison et qu'on l'entretient, on a acconq)li une œuvre aussi importante que le sacrifice quotidien, 1^t:n. Le même auteur dit encore : Pour prier.
Tr. Nedarim, fol. 38" et 56''. ^ Jeu de mots entre les expressions
C'est-à-dire , dans l'un et l'autre cas, saiùr et beauté, qui sont lionionvnies en
ce n'est ni de la présomption . ni de fini- héhi-eu.
niilié.
26^1 traita: i)b:s bkkakiioth.
on ne doit pas se IcMiii" dans wn endroit élevc', mais dans nn autre inlérienr, selon oe verset: Des profondeurs , jr l'invoque, /iV^w/ (Psaume; cwx, i). De même on a enseijjné (|n'on ne doit ])as se lenir, pour ])rier, sur son sié[|e, ou sur nue dchelle, on snr une hauteur (juelconcjne, mais dans une cavité; car, contorménient au verset précité, il n'y a pas d'élévation possible à l'éfjard de Dieu. Et il est dit encore (cii, i) : Prière du pauvre qui s'enveloppe en signe d'humilité. Cet auteur dit aussi qu'on doit joindre les pieds en priant, parce qu'il est dit des anges (Kzéchiel, i, 7): Et leurs pieds étaient droits. Il dit encore, s'il est écrit (Lévitique, xix, 26) : Vous ne mangerez pas près du sang, cela si[jnifie: vous ne devez pas manger avant d'avoir prié pour votre sang (pour votre vie); selon d'autres, il veut dire que l'action de manger et de boire avant la prière est blâmée par la Bible en ces termes : Et moi, tu m'as rejeté derrière ton corps ( II Rois , xiv, 9), par suile de ton orgueil; et, ajoute le Très-Saint, après avoir repu son ventre, il prétend assumer sur lui le joug céleste!
crR. Josué dit : Jusqu'à la troisièuie heure. •'^
Cet avis sert de règle, dit U. Juda au nom de Samuel. La lecture du schema' faite après cela n'a plus de valeur, mais elle n'est pas nuisible. Toutefois, ajoute R. Hisda au nom de Mar Oukba, il ne faut pas dire alors la première bénédiction, pour la création de la lumière. Est-ce bien ainsi qu'on doit agir ? N'at-on pas appris , au contraire , que la lecture du schema\ faite trop tard, équivaut à une simple lecture d'un passage de la Loi? et cependant on récite les deux bénédictions d'avant et celle d'après. En effet, celte objection de R. Hisda est irréfutable. D'autres disent que R. Hisda prétendait, au nom de Mar Oukba, que dans une lecture tardive les bénédictions ne sont pas perdues. Donc il faut les réciler, et c'est aussi ce qu'on a admis ailleurs. R. Mani dit sur ce sujet : Celui qui lit le schema' h l'époque prescrite est supérieur à celui qui s'occupe de l'étude de la Loi, puisqu'on dit que la lecture tardive n'a qu'un intérêt secondaire, celui de l'étude.
6 (3). L'école de Schammaï dit : Le soi]% chacun doit se coucher pour faire cette lecture, et le matin se tenir pour cela dehout, car il est écrit (Deutéron. vu, 7) : ^(En te couchant et en te levant. ->•> L'école d'HilIel dit: Chacun lit à volonté quelle C[ue soit sa position, puisqu'il est dit {ihid.) : ^^ En parcourant ta route. ^1 Pourquoi est-il dit alors: ^r En te couchant et en te levant? 11 Cela signifie: Au moment où les hommes se couchent et lorsqu'ils se lèvent.
On comprend l'avis de Hillel. qui explique ses raisons et même celles de