CHAPITRE PREMIER
meut sait-on que Von y couipreud la lecture du schema^'/ On le déduit, re'poud Mar Zoutra ou R. Asche, du verset précédent, qui dit : Les gens pieux s'égayeronten son honneur; ils le chanteront sur leurs couches (en d'autres termes, ils lisent le schema en se couchant). R. Isaac dit encore que la lecture, du schema' ïaile sur la couche chasse de celle-ci les mauvais esprits, car il est dit (Job, v, 7) : Et les étincelles (^^"i ^^^) s'élèvent pour voler (^li^). Or ï]12^ ne désigne que la Loi, dont il est dit (Proverbes, xxiii, 5) : ^4 peine y jettes-tu les regards^, que tu ne l'aperçois plus; et ^^1 se rapporte aux démons, car il est dit (Deutéronome, xxxii, fia) : La famine les consumera, ils seront dévorés par des étincelles (ou malfaiteurs, ?1^")) et ils seront anéantis par la destruction amere.
R. Simon ben-Lakisch déduit de ce verset, par les mêmes principes d'analogie, que l'étude de la Loi préserve des souffrances corporelles. Certes, c'est vrai, lui dit R. Yochanan; même les enfants, sur les bancs de l'école, savent cela; car il est écrit (Exode, xv, 26) : £'f il dit : Si tu écoutes la voix de F Eternel, ton Dieu , que tu fasses ce qui est bien à ses yeux , que tu prêtes F oreille à ses préceptes , que tu observes toutes ses lois, je ne te chargerai pas de toutes les maladies que j'ai imposées à l'Egypte, car je suis l'Eternel qui te guérit. On a voulu dire que celui qui peut s'occuper de l'étude de la Loi et ne le fait pas mérite que le Très- Saint lui inflige des tourments et le fasse souffrir; car il est dit (Psaume xxxix, 3 ) : /<? suis devenu muei et n'ai dit mot , je n'ai même rien dit du bien , mais ma douleur s'est augmentée; or ce bien c'est la Loi, dont il est dit : Je vous ai donné une bonne doctrine, n'abandonnez pas ma loi (Proverbes, iv, 2).
R. Zeira et R. Hanina bar-Papa disent : On peut remarquer combien les voies de l'Eternel diffèrent de celles des hommes : Si un être humain vend (trop peu) à son prochain un objet de grande valeur, le vendeur s'en afflige et l'acquéreur se réjouit; tandis qu'il n'en est pas ainsi du Très-Saint (béni soit-il), et tout en cédant la Loi aux Israélites , il s'en est réjoui , en faisant seulement cette recommandation : h vous ai donné une bonne doctrine, n'abandonnez pas ma loi. Rabba ou R. Hisda disent : Si un homme voit qu'il est atteint de souffrances, qu'il scrute sa conduite, ainsi qu'il est dit (Lamentations, m, lio) : Scrutons nos voies , examinons-les et retournons vers l'Eternel. Si , après avoir passé cet examen, il ne trouve pas la cause de ses malheurs, qu'il les attribue à sa négligence pour la Loi, car il est dit (Psaume xoiv, 12) : Heureux l'homme que Dieu châtie et qui s'instruit par ta loi; si malgré cela, il n'en trouve pas encore la raison, il peut être persuadé que ce sont les douleurs de la sympathie divine (imposées comme épreuves ) , car il est dit : Dieu châtie celui qu'il aime ( Proverbes , m , 12). Rabba dit aussi, au nom do R. Sehora ou do R. Houna, que les bien-
C'est une redondanco dp mots Piitro r|'>>'r)n . oinployo ici , et ^VJ du verset précédpnt.
rM\ TlîAITE DKS UKh A KIIOTIf.
;nnu'S dc Dieu sont allli{|és de maux, commo il ost dil : (j'hn. (fut' Dieu aimn sera hrisé par la maladie (Isaïo, lui, lo). Il ikî faut ])as croiio que ('(jllioiimiodproiivr, sora lécoiiiponso dans la vie fiiluro, mémo s'il iraccej)le pas jes lourments aver amour; cost ])Ourquoi il est dit (ilnd.) : S'il a (lonnr sou âme en sarri/îee dupérlié. Or, comme le sacrifice de ])écliéest accompajpie do l'aveu do la faute dont on a connaissance \ do mémo il faut avoii* connaissance dos châtiments divins et les accepter avec amour. Quelle sera alors la recompense? // verra sa postérité et vivra longtemps [ibid.); en ontre, il conservera intacte Tinstructiou quil aura acquise, connnc» il est dit (ibid.): Le désir de llùeniet^ réussira dans sa main^. W. Jacob Len-Idi et U. Aclia bar-Hanina sont (mi désaccord sur ce point; selon le premier, on ap])elle épreuves colles ([ui n'entraînent pas de né({li{[enco do la Tjoi , comme il est dit : Heureux F homme que Dieu châtie, et qui s'instruit à sa loi; selon Tautre, on nomme ainsi les souffrances ([ui n'entraînent pas de déranjjomonts dans la prière; car il est dit : Soit béni Dieu qui ne nia enlevé ni le pouvoir de prier, ni sa grâce [Vsnume lxvi, 90). il. Aba, lils do R. Hiya, leur dit, au nom de R. Vocbanan : Dans l'un et fautro cas, ce sont les tourments inlligés par Dieu comme éprouves; car il ost dit: Dieu châtie celui qu'il rmwe (Proverbes, III, 21). Que si|piilient alors les mots : Tu f instruiras par ta loi? 11 ne faut pas lire : Tu Cinstruis, mais tu nous instruis'^, c'est-à-dire tu nous as onsei[jno ce sujet, que les épreuves ici-bas sont récompensées dans la vie future, par le l'aisonnoment a fortiori du précepte concernant la ])erte d'une dent ou d'un œil ; or, de mémo que pour la perte d'un do ces membres humains f esclave devient un affranchi ^, à plus forte raison l'âme est-elle délivrée de ses péchés, si le corps tout entier a été meurtri par les souffrances. Ceci est conforme à f avis de R. Simon ben-Lakisch, qui déduit cela de l'identité du terme alliance, n"'")3, employé pour le sel des sacrifices et pour la mention des souffrances imposées à Israël comme châtiment; pour le premier sujet, il est dit : Tu n'omettras pas le sel de l'cdliance (Lévitique, 11, i3); pour l'autre, il est dit (Lévitique, xxvi, /i6) : Voici les paroles de V alliance; or, de même que, lors du premier emploi du terme alliance, à propos du sel, ce dernier a ])our but d'amollir la chair des sacrifices, de morne,, lors de l'emploi do ce terme au sujet des châtiments, ces derniers ont pour but de faire disparaître les péchés.
On a enseigné que R. Simon beii-Iochaï disait : L'Eternel a donné aux Israélites trois bons présents, et il ne leur a fait parvenir ces dons qu'au milieu
^ Lévitique, cli. v, 1 à 7. et la propagei-a au contraire. — ' Cette
^ C'est-à-dire l'Ecriture Sainte et Ten- difféi-eiice d'interprétation reposp sur luie
semble de la loi traditionnelle. variation dans les points-voyelles.
(jelui qui accueille avec amour les ^ Exode, cli. wi. ;^f> el ■?7.
<*liA(inients divins jfouhliei'a jamais sa Loi,
CHAriTÎU^. PPiEMîKH. 237
dos soiillVaiHi's. (îc soiil : la Loi, la loin; promise; cl le monde à Nciiir. Pour la l^oi, on le sail par ce verset (déjà cilé) : Heureux Vhomme que Dieu châtie , et lu I- instruis par ta loi; poui" la Palestine, par celui-ci : Comme un père châtie son /ils, l'Eternel ton Dieu le réprimande (Deutérouome, viii, 5), el il est dit ensuite : Lorsque V Eternel ton Dieu C amènera dans le bœipays, ce (|ui esl une; allusion à la vie future; car il est dit : Le commandement est une lumière, la loi une clarté, et les remontrances de la jmnitioti servent de chemin à la vie (Proverbes, vi, 'j3). On a enseigné, en presence de 11. Yoclianan, que celui qui s'occu])e de Tétude de la Loi, ou de bienlaisance, ou de l'ensevelissement de ses fils, est digne du •" •">' pardon de ses fautes. IL Yoclianan dit qu'on comprend cela pour l'étude de la Loi et la bienfaisance, car il est dit : Par la grâce et par la vérité, les péchés sont pardonnes (Proverbes, xvi, G); or, la grâce représente les bonnes œuvres, car il est dil [ibid, 'm) : Celui qui poursuit T équité et la grâce trouvera la vie, la justice et F honneur; la vérité symbolise la Loi, cai' il est dit (ibid. 93) : Acquiers la vérité et ne la veyids pas.M.^\s comment sait-on qu'il est tenu autant de compte de l'ensevelissement des enfants? Un vieillard enseijjna au nom de U. Simon qu'on le conclut de l'emploi simultané des termes ]VJ , péché. ïl est dit, d'une pari, au verset précité : Par la grâce et la vérité le péché sera pardonné; et il est dil ailleurs (Jéréinie, xxxii, i8) : Il venge les péchés des ancêtres sur le sein de leurs enfants.
R. \ocbanan dit: Les plaies, comme la lèpre ou la privation des enfanls, ne sont pas considérées comme des douleurs imposées à titre d'épreuves et annulant les péchés. Pourquoi les plaies ne le sont-elles pas? N'est-il pas enseigné (par une beraïtha) que celui quia sur lui l'une des quatre sortes de taches prévues par la loi ^ est considéré comme un autel du pardon? Oui, mais ce ne sont cependant pas les douleurs qui prouvent l'amour de Dieu ; ou bien encore, on peut résoudre le problème, en disant que l'enseignement de la Beimtha a été fait chez nous (en Babylonie), tandis que l'avis de R. Yochanan vient de la Palesline ; ou bien enfin , le premier avis s'applique au cas où les plaies sont secrètes, et le second, à celui où elles sont visibles (car alors, comme la douleur est plus grande, le pardon a plus de portée). Et la privation cf enfants ne sert-elle pas non plus i\ effacer les fautes? Dans quel cas? Est-ce lorsque des parents en ont eus et qu'ils les ont perdus? Mais R. Yochanan'^, contrairement à son avis précité, ne semblait-il pas prouver que la perle des enfants est un châtiment d'amour, en montrant aux personnes en deuil, pour les consoler, un
^ Au commencement du traité Negâ'im ^ Ce i-abbiii, qui eut dix fils, les perdit
(des plaies), Misclinâ, 0" parlie, on e\- tous; il conserva un os de son deriiior-né
plique quelles espèces sonl déclarées im- pour le montrer aux personnes eu deuil
[)ures par le Lévitique. qu'il allait consoler.
l>;icS THAITK DES BKUAKHOTII.
ossomcnl do son dixième cnfanl morl ? II n'y a ponrlant pas dc conlradirtion : la privation d'onfanls n'est pas un châtiment d'amour lorsqu'on n'en a jamais eu , et elle en est un au cas où l'on en avait et qu'ils sont morts. Lorsque R. Iliya bar-Aba tomba malade, J^ Yochanan se rendit auprès de lui et lui demanda: Ces châtiments te sont-ils agréables à supporter, pour leur récompense future? — Ni eux , répondit le malade , ni même leur récompense. — Donne-moi la main , lui dit R. Yochanan; il le souleva ainsi et le rétablit. Lorsque R. Yochanan tomba malade, R. Hanina alla le voir; il lui adressa les mêmes questions, obtint les mêmes réponses et le rétablit également. Pourquoi R. Yochanan eut-il besoin d'une intervention étrangère et ne se guérit-il pas seul? Parce qu'il est dit : Le captif ne peut se délivrer lui-même de la prison'. Lorsque R. Éléazar devint malade, R. Yochanan alla le voir, et remarqua qu'EIéazar couchait dans une chambre noire. 11 découvrit son bras et répandit ainsi un rayon de clarté^. Il vit alors que R. Eléazar pleurait, et il lui en demanda la cause : Est-ce que tu regrettes de n'avoir pas assez étudié la Loi ? N'avons-nous pas appris qu'il importe peu qu'on s'y livre souvent ou rarement, pourvu qu'on applique son attention à adorer le Créateur? Te plains-tu de ta pauvreté ? Mais est-ce que chaque personne peut avoir deux tables servies de mets ? Est-ce de la privation de tes enfants ? Vois l'ossement de mon dernier enfant mort. — Non, répondit R. Eléazar, je pleure sur ce que ta beauté pourrira un jour sous terre. — Pour cela, répondit le visiteur, tu as raison de pleurer; et ils mêlèrent leurs larmes. Sur ce, il lui adressa les questions déjà faites à R. Hiya bar-Aba;
il obtint deR. Eléazar les mêmes réponses, et il le rétablit pareillement. Lorsque R. Houna vit que quatre cents de ses tonneaux de vin étaient devenus aigres, il reçut la visite de R. Juda, frère de R. Sala le Pieux, accompagné de rabbins, ou de R. Ada bar-Ahaba, accompagné de rabbins, qui l'engagèrent à scruter ses actions. Est-ce que je vous inspire des soupçons? leur demanda R. Houna, — Mais, objectèrent-ils, peut-on supposer que Dieu fasse quelque chose sans raison? — Si quelqu'un, répliqua-t-il , connaît un fait à ma charge, qu'il le dise. — Nous avons appris, répondit l'un d'eux, que tu ne donnes pas la part de tes ceps de vigne à ton jardinier^. — Ne croyez pas, dit-il, qu'il me laisse une parcelle de ce qui lui revient; il me vole le plus souvent. — C'est encore un tort, répondirent-ils, de voler le voleur. — Je m'engage, dit-il enfin, à lui remettre cette part. Et sa situation changea : selon les uns, le vinaigre perdit de son aigreur, et le vin redevint bon ; selon d'autres, le vinaigre devint si cher qu'on le vendit au prix du vin (ce qui annula la perte).
' La maladie est considérée comme une fol. 8 A\ que le corps de R. Yochanan était
prison, puisqu'elle vous oblige de rester d'une blancheur éblouissante, nu logis. ^ Cette partie lui est due. Voir l(i
^ On raconte au traité ^aha Mecia, même traité, fol. 1o3^
CHAPÏTIVK PHKMIER. 239
On a oiiseigrié qu'Aha Benjamin disait : J'étais inquiet toute la vie pour deux causes; je désirais : i° ])ouvoir faire ma prière devant mon lit; 9° que ce lit lût placé entre le nord et le sud. Quant au premier point, cela ne veut pas dire que la prière devait se faire littéralement devant le lit, car R. Juda a enseigné au nom de Rab ou de R. Josué ben-Lévi, qu'il ne doit y avoir aucune séparation entre la personne en prières et le mur, en vertu de ce verset: Ezé~ chias tourna la face vers le mur, puis il se mit à jrrier (Isaïe, xxxviii, 2 ); il s'agit donc seulement, en priant, de se trouver près du lit (et non devant). Quant au second point, la position du lit, il est d'accord avec l'avis de R. Hama bar- Hanina, qui dit au nom de R. Isaac : Celui qui place son lit entre le nord et le midi (et non de Test à l'ouest) aura des enfants mâles, comme il est dit (Ps. xvii, ik) : Par ton pD2î, nord^, tu féconderas leur sein; ils seront rassasiés de garçons. Selon R. Nabman bar-lsaac, cela signifie : Ta femme n'aura que des enfants venus à terme; car il est dit là : Par ton jlDiJ, nord, tu féconderas leur sein, et il est dit ailleurs (Genèse, xxv, ik) : Lorsque le temps de sa grossesse fut achevé, il se trouva quelle avait des jumeaux dans son sein '^.
On a enseigné aussi qu'Abba Benjamin disait : Lorsque deux personnes vont prier ensemble et que l'une des deux, ayant terminé plus tôt, sort sans attendre son prochain, elle ne mérite pas que sa prière soit exaucée, car il est dit (Job, xviii, k) : Tu troubles son âme^ en sa colère; est-ce que, pour toi, la terre sera abandonnée ? En outre, il est cause de ce que la Providence se retire du sein d'Israël , comme il est dit au même endroit : Le rocher se déplacera-t-il de sapo-
sitton ? Or, le rocher, c'est FEternel dont il est dit : Tu oublies le rocher cjui t'as engendré (Deutéronome, xxxii, i8). Si, au contraire, après avoir cessé sa prière, il attend son voisin, quelle sera sa récompense? Il aura droit, répond R. Yossé F. 6\ bar-R. Hanina , aux bénédictions suivantes : Si tu avais prêté V oreille à mes commandements, ta paix serait aussi limpide que le cours d'unjleuve, et ton équité ressetnblerait aux vagues de la mer ; ta postérité et les enfants de tes entrailles seraient aussi nombreux que les grains de sable du rivage (Isaïe, xlviii, 18-19).
Le même auteur dit encore : Si l'œil avait le pouvoir de regarder tous les démons invisibles placés devant lui , on ne pourrait leur résister. Abayé dit qu'ils sont plus nombreux que les hommes, et ils nous entourent comme le cercle des tertres autour des vignes. Chacun de nous, dit R. Houna, en a mille à sa gauche et dix mille à droite. Aussi, dit Raba, les auditeurs du cours sem-
* Cette expression signifie littérale- jîûD, dans les deux versets , que f on con-
vciQXiipar tes trésors. Mais on a tiré parti dut à la bonne venue des fils, du terme pD^ pour y trouver une allu- ^ On entend ici par âme le comman-
sion en faveur de cette assertion sur la si- dement divin de la prière; comp. I Sa-
tuation du lit. muel, ch. i, i5.
' C'est de l'analogie dos termes n'pd
i>/|0 THAITK l)i:s ]U'A\ \KII()TM.
l)lai(Mil serrés le samedi, lout en (''tant écarUis rmi de raiilrc, à cause d»- la j)r(''scmkm; des démons : ceux-ci s'asseyaient sur les^fenoux cju'ils l'ali^piaieTit, usaient les vé(em(uits <les lahhins en s'y f'roUani, laisaienl cliaiu'ejei' ceux sin- les(|nels ils s'a|)|)nyai<Mit. Celui qui veut s'assurer de leur passa^je, doit jirendre de la rendre lamisé(^ et la lépandre auloui du lit; il y apercevra le matin des traces de pas sembla])les à ceux (\u coi\. (îelui qui voudia les ^oi^ devra prendrez le l'œtus d'une chatte noiie qui sera noir lui-n)èine, (jue ce soi! un premier-né et pi'ovenant d'uii premier-né, on le consumera au feu, on le pulvérisera, puis on se répandra de cette poudre dans les yeux: on verra alors ces esprits. Mais il faut avoir soin de verser le resie de la poudre dans un tuyau en fer, de le sceller avec un cachet en fer, afin que ces mêmes esprits n'en enlèvent rien', et il faut cacheter le couvercle, afin que cette poudre n'endommage personne. U. Bivi, fils d'Ahbayé, suivit cette formule; il vit les esprits, et, faute de précautions, il courut des dangers; ]nais les rabbins prièrent pour lui et il fut guéri.
Le même auteur enseigne encore ceci : La prière que l'homme adresse à Dieu ne produit son meilleur eifet que dans la synagogue; car il est dit (I Rois, viii , 28) : Pour écouter le chant et la prière; donc, la prière doit avoir lieu dans le même emplacement que le chant. Comment sait-on, demanda Rabin, fils de R. Ada, au nom de R. Isaac, que l'Eternel se trouve présent dans la synagogue? Parce qu'il est dit ( Psaume lxxxii, 1) : Dieu se tient dans rassemblée du Seigneur; cela prouve aussi qu'il réside dans une réunion de dix individus dont l'ensemble forme une communauté. Et comment sait-on que «i trois personnes sont réunies pour juger une cause, la Providence réside au milieu d'elles? C'est qu'il est dit [ibid.) : Au milieu des juges il prononce des sentences. Elle réside aussi auprès de deux personnes qui se livrent à l'étude de la Loi , ainsi qu'il est dit (Malakhi, m, iG) : Alors parleront ceux qui craignent Dieu, l'un s^ adressera à l'autre , et Dieu- F entendra , le comprondra ; il en tiendra compte dans le livre des souvenirs ouvert devant lui pour inscrire les actions de ceux qui craignent rEternel et co7isidèrent son nom. A quoi fait allusion cette dernière expression ? A ceci: Si quelqu'un avait l'intention d'acconqilir un précepte légal , et que, malgré toute sa bonne volonté, il en ait été empêché, l'intention compte pour l'action. Même si une seule personne se livre à l'élude de la Loi, elle est assistée de la Providence^, comme l'indique ce verset (Exode, x\, 91) : Partout où f entendrai la mention de mon nom , je viendrai à toi pour te bénir. S'û en est ainsi pour une peisonne seule, n'en (\st-il pas de même, à plus forte raison, pour
' On sait que les esprits malfaisants ^ Gomp. t.r.^Z>d^/i( maxim es des pèi*es),
n'ont aucun pouvoir sur ce qui est fermé ch. ni, Mischnâ, -?.. h la cire. Conij), ti'. 'Houllin, fol io5''.
CHAPITHK l>IU:Mn:n. '2à\
(Jeux (à (jiloi 1)011 alois Jes explications relatives aux deux cas précédents)? C'est que, s'il y en a deux, leurs paroles seront inscrites dans Ig livre des souvenirs, ce qui n'a pas lieu pour une seule. Si ce point est admis, pourquoi parler du cas où ils sont trois? C'est qu'on aurait pu croire qu'au sein du tribunal établi seulement pour la paix la Providence ne réside pas; c'est pourquoi on nous a])prend que l'exercice de la justice est autant aimé de Dieu que l'étude de la Loi. S'il en est ainsi |)oui' trois, pourquoi parler du cas où ils sont dix? C'est que, pour une réunion de dix, qui forment l'assemblée, l'Eternei va au-devant d'elle; mais, pour trois, rKternel se manifeste seulement lorsqu'ils sont assis ensemble.
Le même auteur dit aussi : Qu'est-ce qui semble prouver que Dieu porte des phylactères? C'est qu'il est dit (Isaïe, lxiii, 8) : V Etemel jure par sa droite et par la force de son bras. Or, l'expression par sa droite représente la Loi , puisqu'il est dit (Deutéronome,xxxiii, ^) :A sa droite se trouve le feu de Loi pour eux; elles termes par la force de son bras indiquent les phylactères, comme il est dit : Dieu donne la force à son peuple (Psaume xxix, ii), ce qui pour Israël est symbolisé par les tephilin, en vertu de ce verset (Deutéronome, xxviii, lo) : Tous les peuples de la terre verront que le nom de l^ Eternel a été désigné par toi, et ils te craindront. Ce signe qui doit inspirer la crainte, c'est, selon R. Éiiézer le Grand, les phylactères de la tête. Mais, demanda R. Nahman bar-Isaac à R. Hiya bar-Abin, c[ue peut-il être écrit dans les phylactères que porte le Maître de l'univers (ils ne sauraient contenir, comme ceux des hommes, le devoir de l'adorer)? On y trouve ce verset (I Chroniques, xvii, 21): Y a-t-il une seule nation sur la terre qui ressemble à ton peuple d^ Israël? Mais convient-il de glorifier Dieu par les louanges d'Israël? Oui, comme il est dit (Deutéronome, xxvi, 17) ^ Tu as reconnu aujourdliui V Eternel ; puis il est dit : Et Dieu fa reconnu en ce jour. Ainsi l'Eternel a dit à Israël : Vous m'avez préféré à tout ce monde, et moi je vous ai distingués entre tous les peuples de l'univers ; votre profession de foi est formulée dans ce verset : Ecoute Israël, T Eternel est notre Dieu, T Eternel est un {ibid, vi, 4) , et moi je vous choisis entre tous, ainsi qu'il est dit au verset précité : Y a-t-il une seule nation sur la terre qui ressemble à ton peuple d^ Israël? Tel est en somme, dit R. Acha, fils deRaba, à R. Asché, le verset qui se trouve dans l'une des quatre cases des tephilin. Quels versets peut-il y avoir dans les autres cases? Les suivants, répondit-il : Quelle est la grande nation, etc. (Deutéronome, vi, 9)? Et y a-t-il une grande nation... (ibid.)l Heureux, Israël... [ibid, xxxiii, 29). Où Dieu éprouve-t-il. . . [ibid, iv, 3)? Pour te placer à la tête, etc. [ibid, xxvi, 19). S'il en était ainsi , qu'on mît chacun de ces versets dans une case spéciale, n'en faudrait-il pas plus de quatre? Non, en réunissant les deux premiers versets dans une case, ou en les disposant tous dans les phylactères du bras qui n'ont r. G* qu'une case.
)VJ THAITK DKS UK1{ AKIIOTII,
Kahili l)iti'-lî. Ada dil encore an nom de W. Isaac : Si ini in(li\idii a pris I'liahilude <le se rendre à la s\ najj^opuo et (juil n'y aille pas nn jonr, Dien lui demande conij)le de sa né|j;li|fen('e, ainsi (pi'il es( dil (fsaïe, l, lo) : Qud pst parmi vous celui qui craint Dieu, qui écoute la voix de son serviteur, qui parcourt les ténèbres sans clarté? Cest-à-diie, si c'osi pour un devoir reli^peux qu'il marche, il verra clair, même dans les ténèbres; mais non pour un sujet profane. Et il se fiera au nom de V Eternel (ihid.). Pourc{uoi ajoute-t-on ces mots? Pour en faire un reproche à ceux qui n'éprouvent pas cette confiance.
R. Yochanan dit : Sf l'Eternel , en pénétrant dans une syna^jogue, n'y trouve pas dix individus réunis pour la prière, il est irrité de ce défaut d'assiduité, en vertu de ce verset (ihid. 2) : Pourquoi suis-je venu s'il ny a personne? J'ai appelé et personne ne nia répondu. R. Helbo dit au nom de R. Houna : Celui qui se lixe une place déterminée pour la prière sera secouru par le Dieu d'Abraham; et s'il meurt, on dira de lui que c'était un bomme modeste et pieux, digne disciple de notre patriarcbe Abraham. Et comment sait-on qu'Abraham avait agi ainsi? C'est qu'il est dit (Genèse, xix, 'î'y) : Abraham se leva de grand matin et se rendit à V emplacement où il s'était am^êté. Or, V arrêt désigne implicitement la prière, comme il est dit : Pinehas se leva et pria (Psaume cvi, 3o ). R. Helbo dit aussi au nom de R. Houna, qu'en sortant du temple on ne doit pas faire de grands pas comme si l'on avait hâte de le quitter. Toutefois, dil Abayé, cette recommandation n'a lieu que pour la sortie; mais, pour arriver, on doit au contraire se dépêcher, comme il est dit : Courons pour connaître Dieu (Hosée, vi, 3).R. Zeira dit: En principe, lorsque je voyais les rabbins courir le samedi pour se rendre au sermon, je me disais qu'ils transgressent ainsi la solennité du jour ^; mais je me suis mis moi-même à courir dès que j'ai appris l'avis de R. Tanhoum au nom de R. Josué ben-Lévi, selon lequel l'homme doit se hâter pour écouter les enseignements religieux, même le samedi, ainsi qu'il est écrit (Hosée, XI, 10) : Ils courent voir V Eternel comme un lion en fureur, etc. R. Zeira dit que la récompense de ceux qui suivent ce cours est due plutôt pour la course que pour l'audilion (dont maintes fois on ne conserve rien dans la mémoire); de même, selon Abayé, la récompense pour assister aux cours du samedi avant les fêtes est due pour la gêne qu'on éprouve dans cette foule d'auditeurs; selon Rabba, celle d'une bonne leçon est due pour la peine qu'on s'est donnée de comprendre ; celle d'une visite à des gens en deuil a pour cause , selon R. Papa, le silence qu'on s'est imposé; le principal mérite d'un jeûne réside, selon Mar Zoutra, dans la charité qu'on fait en ce jour, et celui d'une oraison funèbre réside, selon R. Schescheth, dans le ton lamentable qu'on lui
^ On dit au traité Schnhhath , toi. 11.*). ([u'on ne doit pas se fatiguer par la course eu ce jour.
CHAPJTIiK I>IU^:MII:H. 2/i3
donne; enlin celui d une cérémonie de inaiia|;e réside, selon K. Asché, dans la valeur des paroles qu'on adresse au\ fiancés.
R. lïouna dit que c'est un acte impie de prier derrière la synagogue, car il est dit : Les impies tournent à Ventour (Psaume xii, 9). Toutefois, dit Abayé, on ne traite comme impie que celui qui ne tourne pas la face vers ia synagogue pendant la prière, mais non celui qui se tourne vers elle. Un homme priait un jour derrière une synagogue, sans tourner la face vers elle. Il voit passer Élie, qui lui apparaît sous la forme d'un marchand arabe et lui dit : Tu t'es permis deux grossièretés à l'égard de ton maître, 1" en priant derrière la synagogue; 2° et en te détournant; il tira aussitôt son sabre et le tua.
L'un des rabbins dit à R. Bivi ben-Abayé, ou, selon d'autres, R. Bivi dit à R. Nahman bar-lsaac : Pourquoi est-il dit (Psaume xii, 9): Combien V exaltation est méprisée chez les enfants de V homme? Il lui répondit : C'est une allusion aux sujets de prières qui montent au ciel et que les humains n'estiment pas assez. R. Yochanan et R. Eléazar y voient une autre allusion , et ils disent tous deux : Lorsque l'homme a besoin d'avoir recours à autrui, son visage se couvre de honte et il ressemble au kroum, comme il est dit: Le kroum est méprisable chez les enfants de V homme. Et que signifie kroum? R. Dimi survint et l'expliqua: C'est le nom d'un oiseau des îles, qui, aux premiers rayons du soleil, change plusieurs fois de couleur ^. R. Ame et R. Asche ajoutent cette explication : Il semble au nécessiteux qu'il soit condamné à subir deux peines : celles du feu et de l'eau; car il est dit (Psaume lxvi, 19) : Tu as laissé chevaucher les hommes sur notre tête, nous avons passé par le feu et par Veau (et nous avons changé d'aspect).
R. Helbo dit au nom de R. Houna : Il faut toujours avoir soin de dire la prière de l'après-midi (nniD), car à cet office seul le prophète Elie fut exaucé par Dieu, ainsi qu'il est dit: Lorsque le soir approchait, Elie le prophète s'avança et dit: Eternel, Dieu d^ Abraham, d' Isaac et de Jacob, etc. exauce -moi, Eternel, exauce-moi {\ Rois, xviu, 36 et 3^); exauce-moi d'abord en faisant descendre un feu du ciel, et exauce-moi encore, en ce qu'on ne dise pas que j'ai fait de la sorcellerie. R. Yochanan fait la même recommandation pour la prière du soir, en vertu de ce verset : Que ma prière soit érigée devant toi comme une offrande d'encens , et que V élévation de mes mains ait autant de valeur quun sacrifice du soir (Psaume cxli, 2); et R. Nahman bar-Isaac en dit autant pour la prière du matin, comme il est dit : Eternel, le matin écoute ma voix, le matin je me présente devant toi et f espère (Psaume v, k).
R. Helbo dit aussi au nom de R. Houna: Celui qui prend part au repas des
Le sens de ce verset serait, en conséquence : Ceux des hommes qu'on méprise changent de couleni".
2/1/1 TIIAITK DKS H KH \ K II OTII.
lianraiUcset 110 Ic lojoiiil ()as |)ai' sn prosciirc;, lrans|jres.so les ciiKj ('\|)r«'ssi()ii> vow; ( par los(|uollos Dion ahoni Israël) ,(|iii sc trouvent dansce versent: Laooix dc lajoicjavoix delà rcjouissanœ Ja voix du fiancé, la voix da la fiancén , et une voix dit : Rendez grâce à f Eternel Sebackh (Jeréirne, xxxiii, i i). Si, au contraire, Tinvité prend parla la {jailé, (publie seia sa récompense? Il aura le bonheur, dit U. Josué ben-Lévi, de jouir des bienfaits de la Loi, pour la promul^ration de larpielle \v terme voix a été employé un même nombre de l'ois, ainsi qu'il est dit : Lorsque le troisième jour arriva et quilfut matin, il y eut des voix et des éclairs; un épais nuage couvrait la montagne, et la voix du scliopitar retentit très-violemment , clc. La voix du schophar continuait en devenant plus forte , Moïse parlait et Dieu lui répondait au milieu de la voix du tonnerre ()L\oàe , xix, 16 et 19). Est-ce bien vrai quon les entendit? N'est-il pas écrit au contraire (ibid.xx, i5) : Tout le peuple vit (ou se représenta) les voix? Ce dernier verset se rapporte aux coups de tonnerre qui précédèrent la promulgation de la Loi (et non à ceux qui accompagnèrent la révélation).
R. Abahou dit : L'action de réjouir le fiancé équivaut à l'offre d'un sacrifice de grâce (également accompli pour un sujet de joie), comme il est dit (Jérémie , XXXIII , ii) : Ils apportent des actions de grâce dans la maison du Seigneur. R. Nahman bar-Isaac dit : Cela équivaut à la reconstruction de l'une des ruines de Jérusalem, comme il est écrit [ibid.) : Je ramènerai les captifs de ce pays et les
mettrai au mêine état qu'auparavant, dit l'Eternel.
R. Helbo dit encore au nom de R. Houna : Tout homme qui craint Dieu verra ses vœux exaucés, en interprétant ainsi ce verset : En somme, on écoute tout de celui qui craint Dieu et observe ses commandements, etc. (Ecclésiaste, xii, i3). Pourquoi ajoute-t-on à la fin les inots c est là T homme tout entier? Cesi que, répond R. Eléazar, Dieu se dit qu'il n'a créé funivers qu'en faveur de cet être, ou selon R. Aba-Cahana , parce qu'il équivaut à tout l'univers. R. Simon ben- Azaï, ou, selon d'autres, R. Simon ben-Zoma dit : Tout l'univers n'a été créé que pour lui être attaché. R. Helbo dit encore : Si l'on sait que le prochain a Thabitude de vous saluer, on lui donne le premier salut, comme il est dit : Recherche la paix et poursuis-la (Psaume xxxiv, i5). Mais si cet individu ne rendait pas le salut , ce serait considéré comme un vol , en vertu de ce verset ( Isaïe , III , 1 /i ) : Vous avez ravagé la vigne et vous avez dans vos maisons le bien volé au pauvre (qui n'a pas d'autre bien que le salut).
R. Yochanan dit au nom de R. Yossé : Comment sait-on que Dieu lui-même F. 7°. prie? C'est qu'il est dit : Je les amènerai sur ma montagne sainte et je les réjouirai dans ma maison de prières (Isaïe, xxvi, 7); il n'est pas dit de leurs prières , mais des miennes; donc il prie aussi. Et que demande-t-il? R. Zoutra bar-Tobia répond au nom de Rab qu'il dit ceci : Puisse-t-il arriver que ma miséricorde l'emporte sur ma colère, que ma générosité se révèle dans toutes mes actions,
CHAPIÏHI^: PHKMli:ii. '245
<[ue je me lUOiUre l'avorable à mes eiil'anls, ef que je les liaite mieux (|ue ih; le méi'itci leur conduite !
Oil a eiisei(|iié que ]{. Ismaël bar-Kliselia disait : .I(î suis (Milré une lois (comme grand-pretie) au sanctuaire le plus recule [sacro sanctum) pour y faire l'unier Tencens, et je \kquAklriel (la couronne divine), rÉternel, le Dieu 6ebaoth était assis sur un trône haut et éhîvé; il me disait : Ismaël, mon fils, bënis-moi. Je répondis en disant la formule précitée : Puisse-t-il arriver que ta miséricorde l'emporte sur ta colère, que ta (générosité se révèle dans tes actes, et que tu te montres favorable à tes enfants et que tu leur accordes au delà de leur mérite. Il me parut faire un si[jne de tête, comme pour répondre amen à ma bénédiction. On nous apprend par là que la bénédiction d'un particulier ne doit pas nous être indifférente ^
R. Yochanan dit encore au nom de R. Yossé : D'où sait-on qu'il ne convient pas de calmer quelqu'un au moment où il est irrité? Parce qu'il est dit (Exode, XXXIII, i/i) : Ma face passera, puis je te procurerai le repos, c'est-à-dire
l'Eternel engagea Moïse à attendre que sa colère fût passée, et à se remettre plus tard. Mais peut-on exprimer le terme de colère à l'égard de Dieu? Oui, comme il est dit : Chaque jour Dieu s irrite (Psaume vu, i^). Et combien de temps dure cette colère? Un clin d'œil , c'est-à-dire la 58,888'' partie de l'heure^ ; c'est une mesure de temps si petite, que nul autre n'a pu la déterminer que Ralaam l'impie , dont il est dit : Il connaît les pensées du Très-Haut (Nombres , xxiv, i6). Comment, s'il n'a pu comprendre ce que voulait sa monture (l'ânesse), peut-il saisir l'essence de Dieu? Aussi a-t-on seulement voulu dire dans ce verset qu'il savait déterminer Tinstant auquel Dieu s'irrite. C'est, en effet, ce que dit à Israël le prophète Miellée (vi, 5 ) -.Mon peuple, souviens-toi de celui qui a conseillé Balak, roi de Balaam, etc. Qu'indiquent les mots suivants (ibid.) : pour connaître les jugements de Dieu? Cela signifie, répondit R. Eléazaf, que Dieu disait à Israël : Voyez que de bienveillance j'ai exercée envers vous en ne m'irritantpasau temps de l'impie Ralaam; car si je m'étais irrité, il ne serait pas resté un seul survivant d'Israël. C'est pourquoi Ralaam disait à Ralak : Comment maudirai-je celui que Dieu na pas maudit et comment éveiller la colère contre celui qui n'irrite pas Dieu (Nombres, xxiii, 8)? Cela prouve que pendant tout ce temps il ne s'était pas irrité. Combien de temps dure l'irritation? Un instant; ce qui équivaut en durée, selon R. Abin ou R. Abina, au temps qu'il faut pour prononcer ce mot. Comment sait-on que c'est si court? Par ce ver- Axiome qui se trouve tr. Meghillâ, croyons que celle qui se trouve énoncée ch. I, fol. i5\ au Talmud de Jérusalem, même traité.
Cette fixationqu ou lit. selon d'autres. ch. i, S i (p. 8 de notre traduction), 8,888, et qui contient une succession du estplusauthentique; elle équivaut presque chiffre 8, nous paraît doulouse; nous à un quart de seconde.
L>/|(; THAITE DES HKP, A KIIOTII.
set (PsaiiiiK! xw, 7) : La colore dure une seconde, mais la vie réside dans sa volonté, ou par lo siiivaiîl (ïsaïo, xxvi, 20) : Il s écoule à peine un instant et sa colère se passe. El à (|uel moment de la journde a-t-ellc lieu? Pendant un instant des trois premières heures, répond Abayé, loi'S([ue la crête du co([ blancliit et qu'il se tient sur une patte. Mais ne lui arrive- 1- il pas de se tenir ainsi à chaque heure du jour? Oui, mais la crête a alors des taches rou^jes, ce qui n'a pas lieu au matin, dans cet instant d'irritation. — Un Sadducéen, (pji étudiait sous la direction de R. Josué hen-Lévi, se donnait bien du mal pour saisir cet instant. Dans ce but, il prit un jour un coq, le fixa au pied du lit et ne le quitta pas des yeux, dans Tespoir de remarquer ledit instant; mais lorsque le moment précis arriva, il s'endormit. Cela prouve, dit-il, que ce n'est pas une habitude constante chez la Providence, comme il est dit (Psaume cxlv, 9) : Sa miséricorde s^ étend à toutes ses créatures, et il est dit encore : // n^est pas bon de 'punir aussi le juste. On a enseigné au nom de R. Meir : Lorsque le soleil brille et que tous les rois d'Orient et d'Occident se revêtent de leur couronne, pour adorer ensuite le soleil. Dieu est irrité.
R. Yochanan dit au nom de R. Yossé : Une punition morale dans le cœur de l'homme est supérieure à plusieurs coups de lanière sur le dos, ainsi qu'il est dit (Hosée, 11, 9) : Elle a couru après ses amants sans pouvoir les atteindre ; elle les a cherchés et ne les a pas trouvés , et elle se dit : Allons , je veux retourner auprès de mon premier mari, car alors j^ étais plus heureuse qu^à présent. Selon Resch Lakisch, le repentir est préférable à cent coups de bâton, car il est dit (Proverbes , xvii , 10) : La démonstration produit plus d'effet sur Fesprit d'un être intelligent que cetit coups de bâton sur un sot. Il dit aussi : Moïse a sollicité de l'Eternel trois objets qu'il a reçus de lui : 1° 11 a demandé que la Providence réside au sein d'Israël, ce qui fut accordé, ainsi qu'il est dit (Exode, xxxiii, 16) : N'est-ce pas pendant que tu nous accompagnes, etc. 2° il a demandé qu'elle réside sur Israël seul, comme il est dit : Et nous sommes tombés moi et ton peuple (ibid.); 3° il a voulu connaître la raison des actions divines, et cette demande fut accordée également. Il est dit [ibid. i3) : Fais-moi connaître tes voies. Maître de l'univers, dit-il, pourquoi y a-t-il parmi les justes des heureux et des malheureux, ainsi que parmi les impies? Moïse, lui fut-il répondu, le juste heureux est celui qui descend d'un juste, le juste malheureux est celui qui est né d'un impie, l'impie heureux est le fds d'un juste, et enfin l'impie malheureux est celui qui a eu pour père un impie. Est-ce bien vrai que l'origine entache? Le verset qui dit : Dieu reporte sur les fds les péchés des pères (Exode, xxxiv, 7), n'est- il pas contre-balancé par le suivant (Deutéronome, xxiv, 16) : Les fils ne mourront pas pour leur père? Gomment expliquer cette contradiction? Elle n'est pas fondée , fut-il répondu ; le premier veiset s'appli([ue à ceux qui suivent les mauvais exemples paternels, et le second à ceux qui ne les suivent pas.
GHAPITHE l>IUv\lll^:i{. '2hl
Par coiiseij lient, il faut iiiodiiier un peu les (ernies de re\j)licati()n donnée à Moïse : Le juste heureux est ceiui qui est parlaileinent juste, cl le malheureux est celui qui n'est pas (complètement justes et Ton ('lal)lit la même distinction à l'inverse pour Timpie. Cette opinion (que Dieu a accordé à Moise ses trois demandes) est en contradiction avec4'avis deU.Meir qui dit qu'il lui en a été accordé seulement deux , et non ia troisième , comme il est dit ( Exode , xxxiii , i j) ) : Je favorise celui que je favorise, si même il n'en est ])as di|jne, et f ai pitié de celui qui me l'inspire, si même il ne la mérite pas; mais, est-il dit ensuite : Tu ne pourras voir ma face. Or, on a enseigné au nom de W. Josué ben-Koi'cha que
l'Eternel s'exprima ainsi pour Moïse : Lorsque j'avais consenti à être vu (au buisson ardent, Exode, m , 2-7 ) , tu n'osais pas me voir; maintenant cela ne se peut plus. Ceci est contraire à l'avis de R. Samuel Lar-Nahmeni, qui dit au nom de R. Jonathan : C'est en récompense de trois actions vertueuses qu'il jouit de trois faveurs : 1° Moïse se couvrit la face (ibid.), et il en fut récompensé par le don d'un visage rayonnant; '■2° il fut saisi de respect, et, par contre, on craignit de s'approcher de lui (Exode, xxxiv, 20); S"* pour le mérite de n'avoir pas voulu contempler la Providence , il eut plus tard la faveur de voir Dieu ( Nomb. xii , 8) ; et il est dit encore : Je retirerai ma main et tu me verras par le dos (Ex. xxxui, 93). Rabi Hana bar-Bizna dit au nom de R. Simon Hassida : Cela prouve que Dieu a montré à Moïse comment se fait le nœud des phylactères ^
Le même auteur dit encoie : Chaque parole sortie de la bouche de Dieu est dite pour le bien, et, si même elle dépend d'une condition-, elle n'est pas modifiée. Comment sait-on cela? Par Moïse, dont il est dit (Deutéronome , ix, 1 k) : Laisse-moi, je veux les exterminer, etc. et pourtant je ferai de tes descendants une nation puissante. En effet, quoique par suite des supplications de Moïse l'extermination d'Israël ne fut pas complète, la parole divine fut accomplie en faveur des descendants du Législateur, comme il est dit (I Chroniques, xxiii, i5) : Les fds de Moïse furent Guerschom et Eliézer; les fis d'Eliézer furent Rehabia Fame, dont les descendants devinrent très-nombreux ; ils dépassèrent, selon R. Joseph, le chiffre de six cent mille , comme on peut le conclure de l'analogie des expressions multiplicité (3")); or, dans ce verset, il est dit: Lis devinrent très-nombreux, et ailleurs il est dit (Exode, i, 7) : Les enfants d' Israël fructifièrent , se propagèrent et devinrent très-nombreux (et commet on sait qu'en Egypte ils atteignirent le chiffre de 600,000, il doit en être de même pour la postérité de Moïse).
R. Yochanan dit au nom de R. Simon hen-lochaï: Depuis la création, F. 7'",
Ce nœud est pris ici allégoriquement , tenieiit, et cuiubieu est grande la puis-
etfon veut dire : L'Éternel, en révélant sance de l'Être suprême et unique qui a
à Moïse la portée et le but de toute la créé tout cela.
création , lui a démontré clairement com- '^ C'est-à-dire, si même la condition
ment toutes les créatures setieinienl étroi- dont elle dépend n'était pas renq)lie.
2/i8 THAITK DES JîKUAK IIOTII.
pcîrsoniic ii appcîla l«; 8(;i[}n(îur ?/w//av', jjis([u'uii jour où Ahialumi auiva (il I iiivofjiia ronimi; loi, selon co vorsol (Gcmicso, xv, 8) : Et il dit : Soigneur maître, comment smirai-je fjue f aurai des héritiers? Hab dil que Daniel ne lui exaucé (| n'en faveur d'Ahrahain, ainsi qu'il est dit (Daniel, ix, 17) : Maintenant, oiiotre Dieu, exauce la prière de ton serviteur et ses supplications ; éclaire ta face pour ton sanctuaire ruiné, <pte ce soit en faveur de mon Dieu. (On passe là J)rusquement de la 2° à la 3" personne.) On n'a pas dit en ta faveur, afin de sous-entendre par là la faveur d'Abraham qui, le premier, l'a invoqué parson nom. H. Yochanan dit au nom du même : Gomment sail-on qu'il est inutile d'apaiser l'homme pendant sa colère? C'est qu'il est dit (Exode, xxxiii, ik) : Ma face passera et je te procurerai le repos (une fois la colère passée, je t'exaucerai).
R. Yochanan dit aussi au nom de cet auteur que, depuis l'instant de la création, nul individu ne rendit grâce à Dieu jusqu'au jour où Léa vint et accom-
plit l'action de grâce, comme il est dit: Cette fois , je veux rendre grâce à l'Eternel (Genèse, xxix, 35). Le premier-né de Jacob fut appelé Ruben; c'est que, selon R. Eléazar, Léa dit : Voyez quelle différence il y a entre mon enfant et ceux de ma belle-mère ; l'un de ceux-ci vendit son droit d'aînesse , tout en se rendant compte de son action , comme il est dit [ibid, xxv, 33) : // vendit son
droit d'aînesse à Jacob. Qu'en est-il résulté? Esaû haït Jacob [ibid, xxvii, Ai); puis il est dit [ibid.) : Cest avec raison qu'on Fa appelé Jacob, car il m'a trompé deux fois. En outre (dit Léa) , quoique mon fils ait nécessairement perdu le droit d'aînesse qui fut transporté sur Joseph, comme il est dit (I Chroniques, v, 1) : Lorsqu'il déshonora la couche de son père, l'aînesse fut accordée à Joseph. Ruben ne se vengea pourtant pas de lui lorsqu'on voulut tuer Josepli (Genèse, xxxvii, 2 1) : Lorsque Ruben l'apprit, il le sauva de leurs mains. A ce même propos, on demanda pourquoi Ruth porte ce nom. C'est que, répond R. Yochanan, en vertu de ses qualités, elle eut le bonheur de donner naissance à la souche royale dont sortit David, quia célébré Dieu par des cantiques et des louanges^. Comment savons-nous que c'est ce nom qui en fut la cause? C'est que, répond R. Eliézer, le verset dit: Voyez, contemplez les œuvres de Dieu, cotnment il a établi des dévastations sur la terre (Psaume xlvi , 9 ) ; or, il ne faut pas lire dans ce verset le terme de dévastations, mais celui de noms fixés sur la terre ^.
R. Yochanan dit encore : Les mœurs relâchées dans l'intérieur d'une maison sont plus pernicieuses pour l'homme que les ruines qu'entraîne la guerre de Gog et de Magog^, car il est dit (Psaume m, 1) : Psaume de David, en fuyant
' Littéralement : qui fa rrt55fl5/e^ et de ^ Selon le Talmud et les Midraschim.
cette racine vient le nom de m"), Ruth. il y aura avant la venue du Messie des
^ Ces deux expressions se rendent par guerres terribles et dévastatrices , sous la
le même mol mDU'*, ponctué dilféreiii- conduite de Gog et de Magog, par suite
nient. desquelles tons les impies périront. Comp.