THATTE DES BERAKMOTII
iiilroduircia seclion (J(^ lialak dans la lecture du schema , et on ne Ta pas l'ait pour ne])as faliffuerle public. Elpounjuoi avait-oneu eo principe l'idée de Ty placei? Est-ce parce (ju'ily est dit (Nombres, xxiii, 92): Dieu qui les délivra dp, l'Eirijpte? S'il en est ainsi, qu'on lise la section du prêta intérêt, ou celle qui est relative aux poids, où il est aussi question de la sortie d'Ejjypte. C'est, selon U. Yossé bar-Abin, en vertu de ce verset [ibid, xxiv, 9) : // s'agenoudlc, se couche comme le lion et la lionne; qui le ferait lever! Pourquoi alors ne pas dire ce verset seul, sans rien y ajouter? C'est qu'on a ensei{(né qu'ii faut diviser les sections comme l'a fait Moïse, et ne pas agir autrement K Pourquoi a-t-on institué la lecture de la section dos tsitsith (franges, Nombres, xv) ? C'est, dit F». Juda bar-Habiba . parce qu'on y trouve mentionnés cinq sujets : le précepte des tsitsith, la sortie d'Egypte, le joug céleste, l'bérésie, la pensée du mal, l'idolâtrie. On y trouve bien l'indication des trois premiers sujets : 1° dans les mots vous le verrez et vous vous souviendrez de tous les préceptes divins (Sq); ^° ils se feront des tsitsith (38): 3° je vous ai tiré de F Egypte pour que je sois votre Dieu; je suis t Eternel votre Dieu (/il). Mais où est-il question de l'bérésie, de la pensée du mal et de l'idolâtrie? Lorsqu'il est dit : après votre cœur, on fait allusion à l'bérésie, comme il est dit (Psaume xiv, 1) : L impie s'est dit en son cœur quil n^y a pas de Dieu. Les mots vers vos yeux font allusion à la pensée du mal , conformément à ce verset (Juges, XIV, 3) : Samson dit à son père de lui choisir celle-ci pour sa femme, car elle plaisait à ses yeux; et enfin l'expression vow5 les suivez indique (par l'identité des termes njî) la pensée de Fidolâtrie, selpn ce verset (ibid, viii, 33): //s se livrèrent aux idoles de Baal.
9 (5). On rappelle dans la prière du soir la sortie d'Egypte (Nombres, xv, 87). R. Eliézer ben-Azariâ dit : Je suis presque un septuagénaire , et je n'ai pu parvenir à faire réciter à la nuit ia Sortie d'Egypte, que lorsque Ben-Zônia l'eut déduite de ces paroles (Deutéronome, xvi, 2) : Souviens-toi de V instant où tu es sorti du pays d'Egypte, tous les jours de ta vie. Les jours de ta vie représentent le jour (en général) ; l'addition du mot tous indique aussi les nuits. Selon les sages, \e^ jours de ta vie représentent la vie actuelle, et le mot toits comprend les jours du Messie.
On a enseigné que Ben-Zôma disait aux sages : Au temps du Messie, Israël n'aura plus lieu de rappeler la sortie d'Egypte, parce qu'il est dit (Jérémie , xxiii , 7) : Voici, les jours viennent, dit V Eternel, où l'on ne dira plus : Vive Dieu qui a
' Tr. Tncmilh, fol. o.f; U: Vp^hillâ, fol. 9.^\
GIIAPITRK PI{KMli:iî. 1>73
fail .sortir Irs rnfanls ((Israël da pays d'En'iiplc. Mais o}( dira: lire Dicu (jiu a Jail remonter et qui a ramené la postérité d'Israël du ISord et de tous les pays où ils avaient été exilés. Cela ik? veul pas dire, répliquèronl les sajjos, que le fail de la sortie d'E[>yple sera annulé, niais seulement que* la domination étran[jère est 1(; principal exil, tandis que la sorties d'KjjypIe n'en est que l'accessoire. Ainsi il est dit: On ne Rappellera plus Jacob, mais ton nom sera Israël (G cnîisa., xxxv, lo); on ne veut pas dire par là que le nom de Jacob sera anéanti, mais il seia ajouté à celui d'Israël, qui sera le principal. De même il est écrit (Isaïe, xliii, i8) : Vous ne vous souvenez plus des choses passées , vous ne considérez plus ce qui s'est passé autrefois. La première partie de ce verset se rap])orle à la domination étrangère, et la seconde à l'esclavage d'Egypte. Je vais faire une chose nouvelle, est-il dit ensuite , qui va éclore maintenant; ceci, dit R. Joseph, fait allusion à la guerre de Gog et Magog. Pour mieux faire comprendre ce sujet, on l'a expliqué par un mythe : Un homme, en suivant son chemin, rencontre un loup; il échappe à ce danger et commence à raconter une histoire de loup. Puis il rencontre un lion auquel il échappe; il oublie alors l'histoire du loup pour raconter une histoire de lion. Enfin il rencontre un serpent auquel il échappe; il oublie les deux précédentes histoires pour raconter celle du serpent. 11 en est de même pour Israël ; les dernières tribulations ont fait oublier les premières.
Abram est le même nom qu'Abraham, c'est-à-dire qu'il était d'abord le père d'Aram , puis il est devenu le chef de toute la terre. Saraï ou Sara est le même nom; elle était d'abord maîtresse de sa nation, puis princesse sur tout le monde. Bar-Kapara a enseigné qu'en nommant Abraham du terme abrégé d'Abram , on transgresse le commandement suivant :Ton nom sera Abraham (Genèse, xvi, 5). Selon R. Eliézer, on transgresse même la défense négative, exprimée en ces mots : On ne f appellera pas Abram. S'il en est ainsi, la même loi s'exerce-t-elle au sujet de Sarah? Dieu fa prescrit à Abraham en ces termes : Tu n'appelleras plus ta femme Saraï, mais Sara. La même défense a-t-elle aussi lieu pour Jacob? Non, car la Bible même se sert encore de ce nom, comme il est écrit : Dieu dit h Israël dans les visions de la nuit, et il dit Jacob, Jacob (ibid, xlvi, a). Mais, objecta R. Yossé bar-Abin ou R. Yossé bar-Zebida, n'est-il pas dit : Tu es l'Eternel Dieu qui as choisi Abram (Néhémie, i\ , 7) ? Ceci, fut-il répondu, est différent, en ce que le prophète loue l'Eternel d'avoir choisi Abram dès le principe (avani ([u'il soit Abraham).
iS
27^1 THAITK DKS HKhAKIlOTII
CII/VPITKi: II.
1 . Si quelqu'un étudie le passage du schema dans le Penlateuque et qu'arrive i'instant de la récitation, ii suffira d'y appliquer son attention (à titre de culte); au cas contraire, cette lecture ne suffit pas. Entre les chapitres, on peut le premier saluer les personnes qu'il faut honorer et l'on peut répondre aux saluts; au milieu d'un chapitre, on ne doit saluer ni répondre qu'en cas de crainte ou de danger. C'est l'avis de R. Meir. R. Juda dit : Si l'on est au milieu, on adresse le salut en cas de danger, et, pour faire honneur à quelqu'un, l'on répond seulement; mais, entre les chapitres, on salue pour faire honneur et l'on répond à tout le monde.
2. Voici ce qu'on appelle les interstices des chapitres : entre la première et la seconde bénédiction, entre la seconde et le schema, entre chacune des trois sections du schema , entre celui-ci et la bénédiction suivante; R. Juda défend l'interruption entre la troisième section et la bénédiction qui suit.
3. Pourquoi, demande R. Josué ben-Korha, les sections sontelles ainsi disposées.^ Pour qu'on fasse d'abord profession de foi, puis acte d'adhésion aux préceptes de la Loi. Le passage (des Nombres) qui forme la troisième section (quoique antérieur) est placé en dernier lieu, parce qu'il ne s'applique qu'au jour, tandis que la seconde n'a pas de limite.
Ne résulie-t-il pas (du commencement de la Mischnâ) que l'exercice des préceptes divins exige qu'on y applique toute son attention^? Non, il est dit seu-
' Cf. Ir. Sola, fol. 3-2"; t,r. Mcginllâ , fol. 17'.
CIIAPITHI:: II. 275
{(.'incut ([u'ii I'aut s'appliquera la lecture, ce qui a eu lieu ellectiNeineiil, sans qu'il soit indispensable de sonp^er au sens du schema', et l'on en excepte celui qui parcourt le texte pour en corri{»er les f'aules (et ne le litpas olliciellement).
La lecture d'olïice du schema \ miUm rensei(jnement des rabbins, doit se taire d'après le texte orifjinal (en bébreu). C'est l'avis de li.ibbi; mais selon les sajjes, elle peut se faire en toute langue. Le premier se fonde sur l'expression rm : Que ces préceptes soient (Deutcronome, vi, 6), c'est-à-dire qu'ils conservent leur forme primitive. Les sages, au contraire, invoquent en faveur de leur avis le terme schema , entends , cesi-k-dire quelle que soit la langue qu'on conqjrend. Quant à Rabbi, il applique ce terme à une autre règle, à savoir qu'il faut que l'oreille perçoive ce que disent les lèvres, ce qui n'est pas exigible selon les sages. Ceux-ci, de leur côté, se fondent sur l'expression quils soient j)our interdire la lecture au rebours ; tandis que Rabbi conclut cette interdiction de ce qu'il est dit rrces mots 15 (et non : les mots, c'est-à-dire dans ce même ordre), ce dont les sages ne déduisent rien. Il parait que, selon Rabbi, toute la Loi peut se dire en une langue quelconque; sans quoi, si elle ne pouvait se dire qu'en hébreu, à quoi bon serait-il dit (spécialement pour le schema') : Qu'ils soient (tels)? H a fallu cette recommandation pour qu'on ne déduise pas l'inverse du terme entends (en une langue quelconque). De même, il semble que, selon les rabbins, toute la Loi ne doit être dite qu'en bébreu ; sans (juoi , si elle pouvait être récitée en une langue quelconque, c{u'y a-t-il à déduire (spéciaîemeat) du terme entends? Il en faut conclure qu'il n'y a pas lieu d'attribuer à l'expression qu'ils soient l'avis de Rabbi (que l'audition importe le plus).
Les sages ont donc enseigné ceci : On déduit des mots qtiils soient qu'il ne faut pas lire à rebours, et de l'expression ces préceptes sur ton cœur, que l'attention soutenue est seulement exigible jusqu'à ces mots. C'est l'avis de R. Eliézer. Selon R. Akiba, elle est exigible pour toute la section, en vertu de ces mots que je f ordonne aujourdlmi (c'est-à-dire ci-après). Et Raba, petit-fils de Hana, ]•. i: dit au nom de R. Yochanan que cet avis sert de règle. Selon d'aulres, cet énoncé de Raba se rapporte à ce qui suit; car on a enseigné que celui qui lit le schema' doit y appliquer son attention. Selon R. Acba, au nom de R. Juda, il suffit d'appliquer l'attention au premier chapitre. Et c'est ce dernier avis qui est confirmé par Rabba. On a enseigné, en outre: Les mots quils soient indiquent qu'il ne faut pas lire à rebours; jusqu'aux mots sur ton cœur, il faut, selon R. Zoutra, appliquer son attention; mais, quant à la suite, il suffit de la lire. C'est l'inverse, selon R. Josias : la simple lecture suffit jusqu'à ce point, et l'attention est exigible à partir de là-. Pourquoi selon le premier avis suffit-il
' Ce qui est contraire à i'opinion de "^ On admet riiypothèse que l'un des
Rabba (tr. Rosch-haschaiiâ Jo]. 98"), selon deux actes, soit fatten tion, soit la lecture, lequel c'est iniililo, suflil et dispeiise do faulio.
iS.
l)7(i TUAITI^: DKS IJKII A k MOTH.
do lire la smie? Ksl-co parce qu'il (^^1 dil (dans i.i seconde; section, h'Milérononie, \i, 19): Vous Ipur apprendrez à en parler^/ Mais rresl-il j)as dit aussi, dans la ])rennèro soclion (vi, 7): Tu en parleras (donc cos mois no sauraient indi- ((uor (|uo l'ononciation sullit)? En olï'ot, on vont din; ((uo le premier chapitre oxi|>^e à la l'ois Tattontion et la lecture, et ([ue celle-ci sulïit s(;ule j)Our la suite. Les deux sont exi^jibles pour la première section, en vertu de ces mots: Sur ton cœur (par la pensée), ht en parleras; et si la même idée est exprimée dans la seconde section, elle fait allusion, selon H. Isaac, à Ja position des phylactères du bras droit ((ju'on doit attacher à Tavant-bras), en face du cœur^ Il , faut interpréter de même Tavis précité de R. Josias: pour le premier chapitre il exige les deux actes, en se fondant sur ce même verset; et, [)our le second, l'application de l'attention suffit; car, selon lui, la même idée qui s'y trouve ex- ])rimée se rapporte à l'étude de la Loi, c'est-à-dire l'Eternel nous recommande d'enseigner la Loi aux enfants, afin qu'ils sachent la lire.
Le ])remier verset du schema\ selon un autre enseignement, (îxige toute l'attention; c'est l'avis de R. Meir, confirmé par Raba. Symachos nous apprend que celui qui s'arrête longtemps^ sur le mot "inx (unique) jouira d'une longue vie; il faut ap|)UYer, dit Acba bar-Jacob, sur la dernière lettre, et ne pas omettre le n du milieu, dit R. Asché. R. Jérémie, se trouvant devant R. Chiya bar-Aba, remarqua qu'il s'arrêtait trop longtemps; il suffit, lui dit-il, que tu embrasses par la pensée le ciel, la terre et les quatre points cardinaux (où Dieu, partout présent, est unique).
Selon R. Nathan bar-Mar Oukba, au nom de R. Juda, il faut se tenir debout jusqu'aux mots sur ton cœur inclusivement; mais selon R. Yoclianan, il faut se tenir dans cette position respectueuse pendant toute la première section. H se conforme en cela à l'approbation analogue qu'il avait déjà exprimée ailleurs.
Le premier verset seul du schema constituait, dit-on, toute la récitation faite par R. Juda Hanaci. Quand, demanda Rab à R. Chiya, ce R. Juda faisait-il la jjrière (puisque dès l'aurore il était occupé à instruire ses disciples)? C'est, grand prince^, lui répondit-il, pendant qu'il se couvrait le visage de ses mains. Achevait-il plus tard cette récitation dont il n'avait dit que le premier verset ? Non, d'après Rar-Kapara, et oui, d'après R. Simon bar-Rabbi. Le premier dit à l'autre : A mon avis , on s'explique que Rabbi ait fait répéter à ses élèves le passage contenant le récit de la sortie d'Egypte (ne l'ayant pas dit lui-même); mais à quoi bon cette répétition d'après ton avis? — Pour rappeler ce fait en temps op])ortun, répondit-il.
' Pour méditer sur Funité de Dieu. ' Sur ce terme, voir Scliabbath , f. 36^
' Commentaire do Sijfri sur We-etha- cl ^icf; tr. ^'azh% fol. 59". nan, .'j5 ; Ir. Mcnaholh , (ol. 35''. ,
cil A PIT Kl-: il. 1>77
Selon \\. lia, Ills (le \\. Samuel har-Marala, au nom de liai), celui (jiii, après avoir récilé l<' premier vei'sel du W/^'mrt', est surpi'is pai' le sommeil, a pourlani accompli le devoir. 1^ Nachman recommandait à sou servileur Daru de le tenir éveillé, au ris([ue do, \o lourmenter, pour le pj'(?mi(M' \ersel, mais pas (la\anla[fe. C'est ainsi (ju'ajjissait aussi le pèn^ de U. Josr'pii, nojnuié Uaba (qui par lai blesse succombait au sojnmeil). On ne doit pas réciter le srAcwîrt^ dit R. Josepli, lors(|u'on est couché sur le dos. Mais est-il même permis de dormir ainsi? |{. .]osu(i ben-Lévi iTa-l-il pas maudit celui (|ui restait dans cette posture orp-ueilleuse? C'est vrai, répondit-on; aussi doit-on se pencher un peu de côté, tandis que [)om' le schema, cette lé^>è re inclinaison \m sullit j)as ; on n'a l'ail d'exception à cette règle ([u'en laveur de H. Yochanan, eu égard à sa corpulence.
rr Entre les sections on saiue, etc. ^'
Dans quel cas peut-on alors ré[)ondre? Ce ne saurait être pour l'endre honneur, puisque, en ce cas, il faut même adresser le premier le salut; donc, on s'informe de la santé de celui que l'on veut honorer, et l'on répond à chacun. Comment alors expliquer la fin de la Mischnâ? rrAu milieu, dit-elle, on s'informe en cas de danger, et l'on répond. ^^ Ce ne saurait être dans le même cas qu'il est prescrit de répondre, puisqu'alors il faut même s'informer le premier. Donc, c'est en cas d'honneur à rendre que l'on répond au milieu d'une section. Mais alors n'est-ce pas le même avis que celui de R. Juda? D'après son avis, est-il dit, on s'informe au milieu, en cas de danger, et l'on répond à celui que l'on veut honorer; entre les sections, on adresse le salut pour rendre honneur, et l'on répond à chacun (pourquoi alors ce second avis, si les deux sont conformes?). En effet, la phrase est ellij)ti([ue et il faut la compléter ainsi : entre les sections, on adresse le salut pour rendre honneur, et à plus forte raison on répond; au milieu, on adresse le salut en cas de danger, et à plus forte raison on répond. Tel est l'avis de R. Meir. R. Juda exprime l'opinion précitée. On a t^. i^" enseigné de même que si, pendant la lecture du schema, on rencontre son maître ou un supérieur, on lui adresse le salut entre les sections pour lui rendre honneur, et à plus forte raison on répond; au milieu, on adresse le salut en cas de danjjer, et à [)lus forte raison on répond. Tel est l'avis deR. Meir. Selon R. Juda, on salue au milieu, en cas de danger, et l'on répond ponr faire honneur; entre les sections, on salue celui ([u'on veut honorer et l'on répond à chacun. Achi, ([ui étudiait chez R. Hiya, lui demanda: Peut-on s'interrompre pour le salut, au milieu de la lecture du hallel on du récit d'Esther? Doil-on conclure l'allirniativi* par voie d'à fortiori du schema', et dire : ])uis(|ue pour celui-ci. quoi(pie prescril paria Loi de Moïse, il (^st permis (\o s'iuleri'ompre ,
278 TliAlTI-: DKS HKhAkllOTII.
à plus folic raison csl-cc^ j)(;rmis j)()ur des jircccptes rahbinifjiics? on l)i(Mi la ()roclainali()ii des miracles divins, l'ailxî par rnne de ces deux leclnres, est- (dle snpérienre^ an poini de ne pas antoiiser rinlerrn|)lion? On peni s'inleiTonipre, Ini n^pondil - il. Anx jonrs de l'ète, dil Ilabali, on Ton dil le hallrl i\u ('oni[)lel, '^, on pent s'interrompre entre les sections, non au jnilieu d'elles; et aux jours où on ne ledit ([u'incom[)lelemenl, on peut s'interrompre^ même an milieu. Est-ce bien vrai? Hab bar-Scbeba n'est-il pas arrivé chez He])ina en un tel jour, sans que Rebina se soit interrompu? C'est qu'il était supérieur au nouveau venu (et n'avait pas besoin de s'arrêter pour lui).
Ascbian, (jui étudiait chez R. Amé, lui demanda : Peut-on un jour d(; jeûne ajouter aux mets, pour savoir s'ils sont bien cuits? Faut-il considérer que la nourriture seule est interdite en ce jour, et qu'on n'enfreint pas cette défense? Ou bien la jouissance qui a lieu en ce cas est-elle aussi interdite? — On peut y goûter, répondit-il, sans que le jeûne soit interrompu pour cela. On a enseigné cela également ailleurs , en disant que le goûter n'exige pas de bénédiction préalable, pourvu que, disent R. Amé et R. Assé, cela ne dépasse pas une certaine mesure [loug).
Rab dit que si l'on salue son prochain avant d'avoir prié Dieu , il semble qu'on l'adore au-dessus de tout, ainsi cju'il est dit (Isaïe, ii, 22) : Ne vous arrêtez pas à r homme dont le souffle est dans les narines; car ntDD que peut-on en faire? Or le mot nD2, que, peut se traduire autel; et, ajoute Samuel, tu le considères comme un autel, an lieu de Dieu. Mais, objecta R. Schescheth, n'est-il pas dit qu'entre les sections on peut saluer et répondre? C'est, répliqua R. Aba, lorsqu'on se rencontre à la porte. Si, dit R. Yona au nom de R. Zeira, on se livre aux besoins de la vie avant la prière, cela équivaut à la même idolâtrie, ou du moins c'est un acte interdit, comme manque de respect. Ceci est conforme à l'avis de R. Idibar-Abin, c[ui l'interdit au nom de R. Isaac bar-Aschian, en vertu de ce verset (Psaume lxxxv, i/i) : La justice (ici la prière) passera d^ abord devant lui, fuis il se mettra en route. Le même rabbin dit que si l'on ne sort qu'après avoir prié. Dieu vous soutiendra dans les affaires profanes, en vertu du verset précité.
R. Yona dit encore au nom de R. Zeira ^, que celui qui pendant sept jours n'a pas eu de songe passe j)our impie, selon ce verset (Proverbes, xix, 23), ainsi interprété : Celui qui passe sept nuits sans être visité (par un rêve) est un impie. R, Acha, fds de R. Hiya bar-Raba, dit au contraire, au nom deR. Hiya et de R. Yochanan, que ce verset fait allusion à ceci : Celui qui pour se ras-
Talniiîd lîabli, liaitr Schabbath , et aux Nëoménies. ou omet les j)saumes lf>l. 'i^''. r,\\ el r,\vi en partie.
A paiiir du froisièiiie jomdoPàqnefi ^ Cf. pins loin, fol. .^5^.
CIIAPITHE II. 279
sasicr de reUulc de la Loi passcî la iiuil, ne receNia pas raiiiionce de mauvaises nouvelles.
rr \ oici ce ([uoii a|)])eile entre les seclioiis, elc. ^7
li. Abaliou dil au nom de R. Yochanan, que Tavis de 11. Juda sert de rè|jle, lorsqu'il dil qu'entre les mots votre Dieu et le commencement de la bénédiction qui suit il est interdit de s'interrompre. C'est que, dit-il, R. Juda se l'onde sur ce verset: U Eternel Dieu de vérité (Jérëmie, x, 10, où les mots TDX D\~i7N K. l'j' sont aussi réunis). Faut-il redire le dernier mol (en commençant la bénédiction qui suit), ou non? Oui, dit R. Abaliou au nom de R. Yocbanan; non, dit Rabab. Comme ce dernier entendit quelqu'un répéter le mol DDN*, il se moqua de lui, en disant: Il veut saisir toutes les vérités. A ce propos, R. Josepb vanta fort cet enseignement de R. Samuel bar-Juda qui dit: En Occident, on récite seulement à la prière du soir les premiers mots de la troisième section du schema' (en omettant tout ce qui est relatif aux tsitsith et inapplicable le soir), puis on passe à la fin. Mais est-ce bien, demanda Abayé, d'agir ainsi? R. Cabana n'a-t-il pas dit au nom de Rab, que si l'on a volontairement commencé cette section, il n'est plus permis de ne pas la dire en entier ? et n'y a-t-il pas eu un commencement de récitation? C'est vrai, répondit R. Papa; mais en Occident on ne considère pas comme tels les premiers mots seuls. C'est pourquoi, dil Abayé, nous la commençons comme en Occident; puis, ayant commencé, nous l'acbevons aussi, conformément h l'avis de R. Cabana au nom de Rab. Selon Hiya bar-Rab, on n'est tenu d'ajouter le mot riDN [vérité) que si l'on a acbevé cette troisième section. Mais comment rappelle-t-on alors la sortie d'Egypte? Par la formule suivante : crNous te rendons grâce, Eternel notre Dieu, de nous avoir
fait sortir d'Egypte, de nous avoir raclielés de l'esclavage, d'avoir accompli pour nous des miracles et des merveilles sur mer, et nous te cbanterons. w
é rcR. Josué ben-Korcba demanda: Qu'est-ce qui a luotivé l'ordre des sections du schevia ? •)•>
R. Simon ben-Iocbaï dit que cet ordre est justifié, car la première section nous dit d'apprendre les préceptes divins, et la seconde (allant plus loin) nous prescrit de les enseigner; enfin la troisième section nous exborte à la pratique. Mais fexercice de ces préceptes n'est-il pas aussi recommandé dans les deux premières sections? En elfet, fut-il répondu, il y a les trois préceptes, d'apprendre, d'enseigner et de pratiquer; mais la deuxième section ne contient que deux exbortalions, et enfin la troisième section ne parle que de fexercice. En oulro. selon \\. .losiié ben-Korclia, il s'agil d'abord de reconnaître fexisfenco de
i>cS(i TKAiTK i)i:s n[':i;AKii()Tii.
Died el (Ic ses allrihuls, [niis sciilr'niciil (1(3 s"(Mi|»;a||C'r à (v\(;ciil('r ses oi'tli'cs. Un jour Will), après sol r(i lavcî les mains, s(; mit à œciLcr le schema, puis à se n;v(}lii' (les piiylactt'nis pour dire ï'amlda. (lommcnl s(^ [)eul-il (pi'il ail aci ainsi? N'a-l-on pas cnsiM^nKi : Celui (jui (•r(His(3 une Lonilnî latérale (dans un mur) pour un mort, esl (lis[)ens(* jxuHlant ce tem|)s de la lecture du schema, de ï'amlda, de la mise des phylactères, et, en [fèneral, de Ions les précept(is divins; lorsque le moment de roOice (\st arrive, on monte, on se lave hîs mains, on met les phylactères, on lit le schema' et Ton prie ï'amida. Et ce n'est [)as à dire (ju'il v ait une contradiction entre la pnmiière et la seconde partie de cet enseignement, dont la lin prescrit ce dont le commencement dispense; car dans la fin il s'agit de deux ouvriers travaillant ensendjle et pouvant se relayer, tandis ([u'au commencement il s'agit d'un seul. Mais en tout cas l'objection contre liai) subsiste (pourcjuoi rëcitait-il le schema'' avant la mise d(^s phylactères?). Uab, lut-il répondu, est de l'avis de R. Josuci ben-Korcha, selon lequel il faut d'abord reconnaître l'existence de Dieu (par le schema^), puis pratiquer ses préceptes (par la mise des phylactères). Toutelois, fut-il object(i, R. Josu(i ben- Korcha n'exprime cet avis que pour régler l'ordre des lectures; mais oii dit-il (|u'elle doit même précéder l'acte des tephiUn?J)e plus, est-il vrai qu'il soit de l'avis de R. Josué ben-Korcha? R. Hiya bar-Asché n'a-t-il pas dit^ que, se trouvant maintes fois en présence de Rab , il le vit se laver, dire les bénédictions, apprendre une section de laMischnâ, mettre les phylactères, puis seulement réciter le schema^? Et ce n'est pas à dire qu'il s'agisse d'un instant antérieur au moment de l'office, car, en ce cas, ce fait n'aurait rien d'étonnant, et le rabbin précité l'a raconté pour montrer ([u'il faut prononcer la bénédiction même pour ces études. Quoi qu'il en soit, l'objection contre Rab subsiste (pour- ([uoi a-t-il agi ainsi, contrairement à son habitude?). C'est, fut-il répondu, la faute du messager (comme il tardait à lui remettre les phylactères, Rab commença cette fois par le schema^).
Oula dit: Si l'on récite le schema' sans être revêtu de phylactères, il semble que l'on se rend à soi-même un faux témoignage (puisque l'on n'observe pas ce (jue l'on promet d'exécuter, à savoir de s'en revêtir). Selon R.Hiya bar-Aba, au nom de R. Yochanan, cela ressemble à l'offre d'un holocauste sans oblations, ou d'un sacrifice sans libations.
R. Yochanan dit: Pour laire convenablement aete d'adhésion à la Loi divine, on doit, aussitôt levé, se laver, mettre les phylactères, réciter le schema' el V. 10". dire X'amida. La suite de ces actes, selon R. Hiya bar-Aba au nom de R. Yochanan, é([uivaut à la construction d'un autel et à l'olfred'un sacrifice, comme il est dit (Psaume xwi, G) : Je me lave les mains mec pureté et je fais le tour de ton
' Vou' plus liant . toi. i i'.
CHAPITHK II. -281
mUcl, o Elernel (vmnnni si la seconde expression elail (mi opposition avec Ja premiere). Ne seniljl(;-t-il pas résulter de ce verset, demanda Ual)a, (|u'il s'agit d'un bain, pour ([u'il y ait pureté' complète? Sache, répondit llehina, que d'après un avis venu de l'Occident, on p(;ut, à défaut d'eau, s'essuyer les mains avec de la terre, ou après une pierre ou des cailloux. En elï'et, il n'est pas écrit: Je me lave avec de F eau, mais avec pureté, c'est-à-dire quel que soit l'objet qui serve à purilier. Aussi U. Hiya désaj)prouvait-il celui qui retournait sur ses pas \ pendant l'heure de la prière, pour avoir de l'eau. Toutefois, si l'on peut s'en passer pour le schema\ il y a lieu, j)()ur ï'amida, de faire au besoin un chemin long comme une parasange. Et encore ne fait-on cette recommandation que^sil s'agit d'aller devant soi^; mais pour rétrograder, il ne faut même pas faire m\ mille, l'on ne se dérange que si la distance est moindre cjue cette mesure.
à (3). Si quelqu'un récite le schema teUemenl bas qu'il ne s'entende pas lui-même, il a pourtant accompli le devoir; selon R. Yossé, cela ne suliit pas. S'il récite incorrectement, il n'est pas nécessaire de recommencer, selon R. Yossé; mais il le faut, selon U. Juda. Celui qui récite à rebours n'est pas dispensé d'une nouvelle lecture, et celui qui se trompe dans sa récitation doit reprendre à partir de l'endi^oit où il s'est trom])é.
Quel est le motif de R. Yossé? C'est qu'il est écrit : Entends, les oreilles doivent entendre ce que la bouche prononce^; mais, selon le préopinant, ce terme indique qu'on peut dire le schema' dans toute langue que Ton comprend , tandis que, selon R. Yossé, on en déduit les deux choses. On a enseigné ailleurs^ : rf Le sourd, qui parle sans rien entendre, ne doit rien prélever; mais si cet acte estfait, il est valable. ^î D'après qui est-ce interdit en principe? C'est, dit R. Hisda, d'après R. Yossé, conformément aux expressions de notre Mischnâ. Toutefois, R. ^ossé ne déclare ici le devoir comme inaccompli que parce qu'il s'agit du schema' prescrit par la Loi; mais peut-être est-il moins sévère pour le prélèvement de l'oblalion où il ne s'agit que d'une bénédiction peu importante, puisqu'elle est prescrite par les sages (à titre de loi humaine). Pourquoi alors ne pas attribuer l'avis concernant le sourd à R. .luda, conforme en cela à son opi-
' Plus loin, fol. ti'2\ '' Première partie do la Mischna, tr.
Tr. Pes(dinit, fol. AC)'; tr, llidlin. Troumdth, ch. 1,^1 (com p. Tahnud de
fr>l- i^3\ Jérusalem, même traité, rli. 11. ^ h). Cf. ci-dessus, fol. 1 ^\
282 ÏRAITK DES JJKUAKHOTII.
iiion dans ccIUî Misclmà (la |)ionii(Mo) ? On peut le prouver par ceci: d'aj)rès cet ensoi|jnemcnt, Tacte de ecdui (jui a lu le schema trop has csl sullisanl (Tauditioii n'est donc pas indispensable), il sendjle (juc la dispense s'appliffue au cas accompli, mais en principe c'est insullisaut. Selon d'autres, cette expression démontre la sévérité extrême de R. Yossé, qui déclare inacceptable même le l'ait accompli, et que, selon R. Juda, c'est même permis en principe.
D'après qui est donc émis l'avis relatif au sourd? D'après R. Yossé. Pourquoi alors dit-on qu'on ne doit pas réciter mentalement l'action de grâces du repas, et qu'on est seulement dispensé de recommencer si c'est accompli? Ce n'est l'avis ni de R. Yossé ni de R. Juda; puisque selon R. Juda, c'est même permis en principe, et que, selon R. Yossé, même le fait accompli est sans valeur. ' C'est donc de l'avis de R. Juda, et (dans notre Mischnà) le préopinant admet seulement comme valable le f^iit accompli. Mais alors à qui attribuer cette opinion de R. Juda, fds de R. Simon Len-Pazi, selon lequel le sourd qui parle sans entendre peut prélever l'oblation en principe? Ce n'est ni R. Juda , ni R. Yossé; car, selon R. Juda, le fait accompli est seul admissible, et ceci même, selon R. Yossé, est interdit (en somme, à qui appliquer l'avis relatif au sourd?). C'est, en tout cas, R. Juda, qui l'autorise même en principe; et la contradiction qui semble régner entre cet avis et celui qu'il exprime dans la Mischna n'est qu'apparente; c'est qu'une fois il parle en son propre nom et une autre fois au nom de son maître. R. Juda, a-t-on enseigné, dit au nom de R. Eliézer ben-Azariah, qu'il faut, en lisant le schema, l'entendre (en principe), comme il est dit : Ecoute, Israël, FEternel est notre Dieu, l Eternel est un (il faut Yécouter). R. Meir, au contraire, se fonde sur ce qu'il est dit ensuite : Que je t'ordonne aujour- (Vhui sur ton cœur (c'est-à-dire de mémoire). C'est que les paroles se dirigent selon la pensée du cœur^ Puisqu'on en est là (à Tavis de R. Meir), on peut même dire que R. Juda ne diffère pas d'avis avec son maître; et l'avis de la permission de principe est de R. Meir.
On a enseigné ailleurs (au sujet de la fête de Pourim)^ : Tousles Israélites sont aptes à lire le récit d'Esther, excepté le sourd, le simple et l'enfant; ce dernier y est autorisé par R. Juda. D'après qui est-ce interdit au sourd , et ce fait accompli par lui n'a-t-il pas de valeur? C'est, dit R. Matna, d'après R. Yossé, en vertu de ce qu'il dit dans notre Mischna. Comment savons-nous que ce soit R. Yossé et qu'il déclare inadmissible le fait accompli? Peut-être est-ce R. Juda F. iS**. et est-ce seulement interdit en principe? Non. On peut admettre la supposition (d'après les termes de cette Mischnà de Meghillâ) qu'il en est du sourd connue du simple et de l'enfant, et que, ni pour l'un ni pour l'autre, le fait accompli
' Il suffit donc, dès le principe, de dire ^ Tr. Mcgliillâ, ïo\. icj^.
co.s lïiols nientalenient sans les oxprimer.
CHAlMTKi: 11. 283
n'est valable (donc c'est conlraire à 1{. jiida). Mais peut-être la distindioji doitelle être établie entre le sonrd et reniant (et l'avis anonyme de ladite Mischnâ serait de R. Juda). Celle dernière supposition est inadmissible, puisqu'on dit à la lin de cette même Miscbnâ : ^rl\. Juda autorise la lecture faite par un enlant;77 donc le commencement n'est pas de lui. Peut-être cependant la Misclinà enlière doit-elle être attribuée à R. Juda. Il s'ajfiiait de; deux sortes d'enfants dans cette Miscbnâ eHipli([ue, (ju'il faudrait cojnplêter ainsi: Tous sont aptes à la lecture de la Me^^diillâ, bormis le sourd, le sim])le et l'enfant; et encore n'exclue-t-on (en principe) que l'enfant non arrive à l'adolescence, tandis que l'adolescent peut, dès le principe, faire la lecture; c'est l'avis de R. Juda qui, en ce cas, autorise l'enfant. On l'attribue donc à R. Juda, et ce qu'il dit dans notre Miscbnâ, au sujet du schema , ne s'applique qu'au fait acconq)li. Comment alors expliquer ce que dit R. Juda, fils de R. Simon ben-Pazi : Le sourd qui parle sans entendre peut, dès le principe, prélever l'oblation? Ce n'est l'avis ni de R. Juda, ni de R. Yossé; car R. Juda ne déclare valable que le fait accompli, et même ceci est interdit par R. Yossé (en somme, à qui appliquer l'avis relatif à la MeghillâF). Il faut l'attribuer à R. Juda et supposer qu'il autorise même le principe; la contradiction qui semble régner entre cet avis et celui qu'il exprime dans la Miscbnâ n'est qu'apparente; c'est qu'une fois il parle en son propre nom et une autre fois au nom de son maître : R. Juda, a-t-on enseigné, dit au nom de R. Eliézer ben-Azariab, qu'il faut, en lisant ie schema , l'entendre (en principe) comme il est dit : Ecoute Israël, etc. R. Meir, au contraire , se fonde sur ce qu'il est dit ensuite : Que je f ordonne aujourd'hui sur ton cœur^ ; c'est que les paroles sont dirigées selon la pensée du cœur (et non selon l'expression). Puisqu'on en est à cet avis (de l'audition exigible), on peut même dire que R. Juda ne diffère pas d'opinion avec son maître, sans qu'il y ait contradiction; car il accorde seulement pour le schema' de la valeur au fait accompli, et l'avis que cela suffit en principe est de R. Meir. R. Hisda dit, au nom de R. Scbila, que l'avis de R. Juda, exprimé au nom de R. Eléazar ben-Azaria, sert de règle. On peut déduire des termes de cet énoncé, comme conclusion, qu'en principe on ne doit pas dire le schema' trop bas, mais qu'en cas de fait accompli, il est valable. Toutefois, ajoute R. Josepb, cette discussion n'a eu lieu que pour le schema'; mais tous les autres préceptes divins, lorsqu'ils sont accomplis incomplètement, n'ont plus aucune valeur, comme il est dit (Deutéronome, xxvii, 9) : Observe bien et écoute Israël (l'audition est exigible). Mais n'a-t-on pas enseigné que la récitation de la bénédiction du repas, quoiqu'elle ne doive pas se faire mentalement, suffît au cas accompli? En effet, R. Josepb a sans doule voulu dire que tous les autres préceptes divins, quoique
' Comp. Ir. Mffilnlla, fol. 00".
'JcS/i ThAITK DES BKHA KIIOTII.
accomplis imj)arrail(nii(;iil , soul Nalaliics coninn; Ids; vl \c mtscI pitM ili- .•^ai)j)li(|ue s(3uleinoiit à rntiido dc la Loi'.
rfSi Oil le lit sans faire alienlioii aux lettres, etc. ^
l{. Tabi dit au nom de R. Yoscliia, (ju'oii suit l'avis de tous deux en ce (juils ont de moins sévère. Le même rabbin '^ interprète aussi ce verset des Proverbes (xxx, 1 5 et 16) : On ne peut rassasier jamais ces trois objets, la tombe, la femme stérile, etc. Quel ra])[)ort y a-t-il entre ces deux? le voici : cle même que la matrice reçoit puis rend l'enfant, de môme il en est de la tombe. On peut même le prouver par a /brfîon : si la matrice, qui reçoit en silence, restitue avec beaucoup de cris, il en sera à plus forte raison de même de la tombe. Ceci ])eut servir de réplique à ceux qui prétendent que la doctrine de l'immortalité de l'âme n'est pas exprimée dans la Loi divine.
R. Oscbia enseigna ceci devant Raba : Comme il est dit vous les écrirez (Deutéronome , vi , 9 ) , les deux sections du schema" doivent se trouver par écrit en entier dans la mezouza et les tephilin, ainsi que la mention de ces préceptes. D'après l'avis de qui, lui demanda-t-on , ceci est-il dit? D'après R. Juda, selon lequel, dans la cérémonie relative à la femme soupçonnée d'adullère^, on écrit seulement les malédictions prescrites, non les préceptes du cérémonial. Il professe là cette opinion, parce qu'il y est dit expressément (Nombres, v, q3) : 7/ écrira ces malédictions (pas davantage); tandis qu'ici il est dit: Vous les écrirez, même les préceptes. Le principal motif de R. Juda réside-t-il bien en ce qu'il est dit il écrira? ou son avis ne se fonde-t-il pas plutôt sur le mot malédiction? et, par conséquent, les préceptes en sont-ils exclus? Aussi a-t-il fallu citer la ^démonstration; sans quoi on aurait supposé, par la corrélation des deux recommandations d'écrire, qu'ici non plus les préceptes ne doivent pas être écrits; c'est pourquoi la Loi les recommande spécialement.
R. Obadia dit devant Raba : L'expression vous les enseignerez'^ (Deutéronome, xi, 19) indique qu'il faut laisser un intervalle entre les lettres semblables^. En voici des exemples, dit Raba^: "j^nV hy rc sur ton cœur, 77 — f^sur vos cœurs ,v — rr de l'herbe dans ton champ , i? — r: vous périrez bientôt ,1-) — ff au coin, un û\,v — crvous de la terre. ^^ R. Hama bar-Hanina dit : Si, en lisant le
' Voir même traité, fol. 63". au Talmud de Jérusalem, meQie traité,
^ Tr. Synhédrin, fol. 92'. eh. n, S 3, p. 3l).
' Ti\ Sôta,M. i']'. ' Il s'agit d'éviter la confusion dos
" Jeu de mots entre DIIID'?!, vous en- mots, à cause de la consonnance de la
seignerez, et DD TîD'?, enseignement -pm- lettre finale du premier mot avec l'initiale
fait. du mot suivant.
^ ^ oie COS oxemples et d'autios oncoïc ,
CHAP [THE II. t285
schema', on a soin de pioiioncer (lisliiiclcnienl cliacjue lettre, on ne suhiia pas le leu (l(; renlei', ainsi (|u'il est dit (Psaume lxviii, if)) : Si lu distiufriies (par ta l)onire lecture) Ic Toul-Puissant qui crée les rois, lu hlanchiras (ou écarteras) les ombres de la mort, en traduisant le premiei* mot de ce verset par distinguer (dire nettement), et le dernier par ombre de la mort. Le même rabbin dit aussi : Pounjuoi , dans le verset suivant , rapprocbe-t-on les deux idées de tente et rivière: Comme les rivières s'étendent, comme les jardins aux bords du Jleuve, comme les tentes plantées par l Eternel, comme les cèdres près de Veau (Nombres, xxiv, 6)? Il indique; F. iG' ceci : comme les rivières e'ièvent Tbomme impur à l'état de la pureté, il en est de même des tentes d'études religieuses.
ff Celui qui lit à rebours n'a ])as accompli le devoir, etc. i^
R. Amé et R. Assé formaient ensemble le dais pour le mariage de R. Éliézer. Pendant ce temps, leur dit-il, je vais à la salle d'étude entendre quelque enseignement, et je vous le rapporterai. 11 s'y rendit et entendit qu'on enseignait ceci devant R. Yocbanan : rrSi pendant la lecture on se trompe sans se souvenir du passage erroné, et que l'on se trouve au milieu d'un chapitre, il faut le recommencer; si l'on hésite entre un chapitre et l'autre, il faut reprendre le premier; si l'on hésite entre les deux expressions vous les écrirez^ ^ il faut reprendre à la première. Toutefois, ajoute R. Yocbanan, cela ne s'applique qu'au cas où l'on n'a pas commencé le verset suivant: Afin que vos jours se multiplient , etc. car, en ce cas, il est à supposer que si par l'habitude on en est là, c'est qu'on a tout \u.->i R. Eliézer alla le leur répéter. Ils lui répondirent: Si nous n'étions venus que pour entendre cela, nous serions déjà satisfaits.
5 (4). Les ouvriers peuvent taire cette lecture au haut d'un arbre ou d'un mur en construction , ce qui n'est pas permis pour la prière (ou 'amiday
6 (5). Le fiancé est dispensé de cette lecture la première nuit de ses noces jusqu'au samedi soir suivant, aussi longtemps qu'il n'a pas accompli le devoir conjugal. Il arriva à R. Gamaliel de lire le schema la première nuit de son mariage : rr Maître, lui dirent ses disciples, ne nous as-tu pas enseigné que tout fiancé en est dispensé? — C'est vrai, dit-il; mais je ne saurais vous écoul(M' pour oublier un iustanl la profession de foi juive, t)
I)(Milér()iioino. v[,9, e( \i, oo.
l>8(; T MA I TE DES hKI^ AK llOTII.
7 ((>). De iiMMiKî, l{. Gainalicîl se I'eiulil au haiii la miil de la
mort de sa femme : rrlNe nous as-tu pas appris, lui dirent-ils, qu'il
est interdit aux parents du dérunt de se baigner aux premiers jours
du deuil? — Oui, dit-il; mais je ne me porte pas comme tout le
monde et je suis d'une constitution faible, r,
On a enseigne que les ouvriers lisent le schema' au haut d'un arbie ou d'un mur et font la prière de Y'amida sur l'olivier et le figuier; mais, s'ils se trouvent sur d'autres arbres, ils doivent (fabord descendre, tandis que le maître de maison doit en descendre en tous cas, pour la prière; sans quoi, son attention ne pourrait être soutenue. 11. Mare, petit-fds de Samuel , objecla à Rabba : N'estil pas dit que les ouvriers (tout en travaillant) peuvent lire le schema' au haut de l'arbre ou du mur? Il paraît donc que l'attention n'est pas exigible; et, d'autre part, pourquoi l'exige-t-on pour le schema' en vertu du verset écoule Israël, compare à cet autre (Deutéronome, xxvii, ^), comprends et écoute Israël? Raba ne répondit rien; puis il lui dit : Sais-tu le moyen de résoudre cette question? Oui, répondit Mare. Selon R. Schesclieth, lesdits ouvriers doivent cesser leurs travaux pour faire la lecture (en s'y appliquant). Mais Hillel ne les en dispense-t-il pas? Ce n'est vrai que pour le second chapitre. On a enseigné aussi que les ouvriers employés ciiez un maître de maison lisent le schema', avec les bénédictions antérieures et postérieures, ainsi que pour le repas, et ils récitent \"amiclaen entier; mais ils ne se rendent pas (au temple) devant l'arche sainte et ne bénissent pas le peuple ^. Mais n a-t-on pas dit que le résumé suffit? Ce n'est vrai, répondit R. Scheschet, que selon R. Josué-. Mais pourquoi , d'après lui , parler seulement des ouvriers , puisqu'il le permet à tout le monde? Donc cette opinion est même conforme à celle de R. Gamaliel, qui n'impose aux ouvriers une prière complète que lorsque le repas seul constitue leur salaire. Cette distinction a été en effet établie dans les termes suivants : Les ouvriers occupés chez un maître de maison lisent le schema', font la prière et, en prenant le repas, ne disent pas la bénédiction antérieure, mais deux après, savoir: la première complète et la deuxième réunie à la troisième; ce procédé n'a lieu que lorsque les ouvriers travaillent aux pièces (la perte de temps leur étant préjudiciable); mais lorsque le repas constitue leur salaire, ou que le maître de maison s'attable avec eux, ils doivent réciter le tout au complet.
rrLe fiancé est dispensé de la lecture du schema .if Les rabbins ont enseigné : S'il est dit en étant assis à la maison, c'est pour en
^ Ce sei'aif perdre lro() do temps; cl", plus loin. Col /iG\ — ^ Voir ci-après, foi. 28''.
CHAPITIil^: II. 287
disponser celui qui accoinplil un devoir religieux, et les mois suiyanl^ quand lu parcourras la route eu dispeuseni le iiaiicé'. On en conclut que la dispense s'applique à celui ([ui épouse une jeune fille (ce (jui est un devoir religieux), F i<'' mais non à celui qui épouse une veuve. Qu'est-ce qui 1(; [)rouve? L'expression ff quand tu marcheras iî pour tes affaires, tu le liras, et tu n'en seras dispensé qu'en présence d'un acte leligieux. Mais ne considère-t-on pas comme tel le mariage avec une veuve? C'est, qu'en ce cas, on n'est pas préoccupé [virginitate). S'il en est ainsi, si la préoccupation constitue un motif d'abstention, l'exception s'applique-t-elle aussi à celui dont le navire aurait fait naufrage.'^ Or, n'a-t-on pas dit, au contraire, que les gens en deuil sont tenus de remplir tous les devoirs, à l'exception de celui de s'orner des phylactères, dont il est dit (pour Ezéchiel seul, xxiv, 17): Mets ton ornement (bonnet) swr la tête? C'est qu'en ce cas, répondit-on, la préoccupation a une cause religieuse.
8 (7). Lorsque mourut son serviteur Tobio, il aj^réa des condoléances : rrNe nous as-tu pas appris, lui ditent-ils encore, qu'on ne reçoit pas de consolations pour la mort des esclaves ? — Mon serviteur Tobie, répondit-il, ne ressemblait pas aux autres esclaves, car il était honnête et pieux, -n
Quel est le motif de II. Simon ben-Gamaliel? C'est que, selon lui, le deuil de cette nuit-là est secondaire-, étant fondé seulement sur ce verset (Amos, viii, 10): sa fin sera comme un jour amer, et, par conséquent, il ne s'applique pas à celui qui est d'une santé délicate.
rr Lorsque mourut son serviteur Tobie, etc. r^
On a enseigné que , pour les esclaves et les servantes , on ne se met pas au milieu du cercle (des condoléances), et pour eux on ne dit pas non plus la prière des gens en deuil, ni les formules de consolation. Lorsque la servante de R. Eliézer mourut , ses disciples vinrent le consoler ^ ; à leur arrivée , il se rendit au premier étage; comme ils le suivirent, il se retira d'abord dans l'antichambre, puis dans la salle à manger. Et comme ils le suivaient toujours : Quoi, leur dit-il, vous ne vous brûlez même pas à l'eau chaude (c'està-dire, ne me comprenez-vous pas à demi-mot?)! Ne vous ai-je pas dit qu'en ce cas toutes les formules de condoléances n'ont pas lieu? On dit simplement,
' ^ o\Y iw Soucca , fol. 9 5"; Kctouholh, fol. G^ — - Tr. Posnhim, fol. 90": (r. Zrbnhtm, fol. 98'' h ioo\ — ^ Tr. drsjoirs, ch. i. $ lu.
288 THAITK DKS liKllA K MOTH.
coiiiiiH' jtoiii- hi moil (les «niiiMaiix doiiicsliqiKis : Puisse Di<'ii h; rcslitiMM' cclh; ))(M'I('. Oil a ciiseijpui, (l(? ineinn, qu'on no déplore pas en public Ic décès des esclaves. S'il avait été honnêle, on disait de lui, selon R. Yossé : Hélas! cétail u\\ homme honnête et vertueux, qui travaillait fidèlenienl. (îela équivaut j)resque, ajoutèrent les disciples, à ce que Ton pouirait dire des honnêtes [jens ordinaires.
Les rabbins ont ensei[jné : On ne nomme patriarches que les trois ('Abraham, Isaac et Jacob) et mères les quatre (Sarah, Rebecca, Rachel et Léa). Pourquoi ne donne-t-on pas aussi ce nom aux douze fds d'Israël? Est-ce parce que nous ne savons si nous descendons de Ruben ou de Simon, ou d'un autre (pour pouvoir les appeler nos ancêtres)? Mais nous ne savons pas davantage si nous sommes les fds de Rachel ou de Léa, ou d'une autre. C'est que ceuxlà seuls sont dignes de ce nom ^ On a enseigné encore qu'on ne dit pas des esclaves : Père un tel et mère une telle, à l'exception de ceux de R. Gamaliel. Pourquoi? Parce qu'ils s'en montrèrent dignes.
R. Éléazar dit : A quoi applique-t-on ces mots (Psaume lxiii, b) : Je veux te bénir toute ma vie et lever les mains par ton saint nom? La première partie de ce verset s'applique au schema' et la seconde à V'amida. C'est au sujet de celui qui agit ainsi que la Rible dit [ibid. 6) : Tu rassasies mon âme de graisse et de moelle, et il jouira de deux mondes, de la vie présente et de la vie à venir, comme il est dit [ibid.) : Ma bouche exprimera des chants d^ allégresse (au pluriel).
R. Eléazar, après avoir achevé sa prière, disait ceci : rr Qu'il te plaise, Eternel notre Dieu, de faire résider au milieu de nous l'amitié, la fraternité, la paix, la concorde, d'agrandir le cercle de nos condisciples, de nous faire prospérer, de nous donner une fin heureuse, de nous faire participer à la vie future des bienheureux, de nous acquérir un bon compagnon et de bons sentiments, qu'en nous levant nous ayons le cœur disposé à craindre ton nom, et agrée pour le bien les vœux de notre âme. 7?
R. Yochanan, après avoir achevé sa prière, disait: rr Qu'il te plaise, Eternel notre Dieu, de jeter un regard de pitié sur nos maux et notre honte, de nous envelopper de ta miséricorde, de nous revêtir de ta force, de nous couvrir de ta générosité, de nous entourer de tes faveurs, et accueille, en notre faveur, les qualités de ta bonté et de ta clémence. ?? R. Zeira disait : rrFais en sorte, Eternel notre Dieu, que nous ne commettions pas de péchés, ahn que nous n'ayons pas à rougir ni à être honteux devant nos ancêtres, w R. Hiya disait :
frO Eternel notre Dieu, puisse ta loi devenir notre occupation exclusive, que nuire» cœur ne (aibiisse pas et ((ue nos veux ne s'obscurcisseni pas.^i
' Îa's fils de Jacob ne fiirenl pas (oiis irréprodiabh^s conitiie les trois patrinrcbes.