‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 3)Chapitre 73 sur 125 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Hal) (lisait ceci: 'f Qu'il le plaiso, Eleiiiel iiolro Dieu, do nous accorder une vie longue, paisible, heureuse, bénie, prospère, une vie pleine de santé et d(i force, une vie exempte de péché, de honte et d'humiliation , une vie honorable et estimée, une vie pleine d'amour pour ta loi et de soumission à tes commandements, et puissent tous nos désirs s'accomplir pour le bien. 77 Après sa prière, Uabbi disait ceci^ : cr Qu'il te plaise. Eternel notre Dieu et Dieu de nos ancêtres, de nous préserver de l'insolence et de l'ellVonlerie, d'un méchant, d'un accident fâcheux, d'un mauvais penchant, d'un mauvais compagnon, d'un mauvais voisin, d'un corrupteur, d'un jugement inique, d'un plaideur irréconciliable, qu'il soit Israélite ou non.i^ Telle était la prière de Uabbi, tout en ayant près de lui des fonctionnaires romains (chargés par l'empereur de le protéger). R. Saphra disait après la prière: rr Qu'il te plaise. Eternel notre F. 1 Dieu, de faire régner la paix au milieu des puissants souverains et au milieu des sages ou de leurs disciples, qu'ils s'occupent de la Loi d'une manière désintéressée ou non, et puissent-ils tous n'avoir d'autre mobile que l'amour de ta loi.i^

R. Alexandre disait ceci après la prière : rf Qu'il te plaise, Eternel notre Dieu, de nous placer dans un espace lumineux, et non dans les ténèbres, que notre cœur ne fonde pas et que nos yeux ne s'obscurcissent pas. ^^ Selon d'autres, c'est Rab Hamnouna qui disait cette formule, et R. Alexandre disait après la prière ; tr Maître de l'univers, il est manifeste devant toi que nous désirons accomplir tes volontés, et ce sont nos mauvaises passions^ ou le joug étranger qui nous en empêchent; qu'il te plaise de nous arrachera leur étreinte, et nous reviendrons accomplir sincèrement tes prescriptions. )i

Raba disait ceci après la prière*"^ : crMon Dieu, avant d'être créé, je n'étais rien, et maintenant que je suis créé, je suis comme si je ne l'avais jamais été. Vivant, je ne suis que poussière; que serai-je donc après ma mort? Considère, ô Seigneur, que je ne suis qu'un être plein de honte et d'indignité, et que ce soit un effet de ta volonté, 0 mon Dieu et Dieu de mes pères, que je ne pèche plus et qu(3 les péchés que j'ai commis soient atténués par ta grande miséricorde, mais non rachetés par la douleur et les maladies mortelles. ^^ C'était la confession de Rab Hamnouna Zouta au jour de Kippour^. Loi'sque Mar, fils de Robina, avait achevé sa prière, il disait : ^cMon Dieu, préserve ma langue de calomnies et mes lèvres de duplicité ; fais que mon âme reste calme en présence des malveillants, et qu'en toute occasion elle soit humble comme la poussière. Que mon cœur aime ta loi et que mon âme ait soif de tes com-

' Comp. ir. 5cW6«//«, fol. 3o". ' Tr. ) o;«^, fol. 87\

^ Gomp. tr. Kefhoubotli , fol. 111"; Ir. * On la dit encore maintenant à la (in

kcdonschhn, foi. yi". do \i\ prière Nei'lâ, de ce jour solennel.

!>!)() TirMTK J)KS liKIJAKllOTII.

inaiidcmciils. SaiiNc-nioi dc raccideiit, dii mativais j)t'nclianl el duiut mauvaise roriiinc ct de tous les maux qui surviennent crordinaire en ce inonde. Aneanlis les projets de ceux qui me veulent du mal et détruis leurs desseins. Que les paroles de ma bouche et les pensées de mon cœur te soient agréables, ô mon prolecteur et mon libérateur!^

Lorsque W. Scbescbetii jeûnail, il disait après la prière : rr Maître de l'univers, il (;st manifeste pour loi que, pendant l'existence du temple, Tbomme qui avait commis un péché apportait un sacrifice, dont on ne prélevait que la graisse et le sang, puis le pardon était accordé; puisse la diminution de graisse el de sang provenant du jeûne de ce jour être agréée par toi comme une ofirande apportée sur Ion autel.??

R. Jochanan, après avoir achevé le livre de Job, disait : L'homme est destiné à mourir, l'animal à être égorgé, et tous finissent par la mort. Heureux donc celui qui a grandi dans l'élude de la Loi, qui s'en est occupé, qui plaît à son Créateur, qui s'acquiert une bonne renommée et quitte le monde dans cette situation. C'est de lui que Salomon dit : Une bonne renommée est préférable à r huile parfumée, et le jour de la mort à celui de la naissance (Ecclésiaste, vu, i). C'était comme une perle dans la bouche de R. Méir, lorsqu'il disait: Apprends de tout ton cœur et de toute ton âme à connaître mes voies, à béquenter les portes de ma Loi; qu'elle soit dans ton cœur et que la crainte divine soit toujours présente à tes yeux; garde ta bouche de tout péché, purifie-toi, pour te sanctifier, de toute faute et de toute iniquité, et partout je t'accompagnerai. — Les rabbins de Yabné disaient : Moi je suis une créature comme mon voisin (qui sait aussi ce qui est bien ou mal): il travaille aux champs et moi dans la ville; nous nous levons tous deux de bonne heure pour nous mettre à l'œuvre, sans empiéter l'un sur l'autre , et il n'est pas à dire que l'un fait plus etl'autre moins; car, à ce qu'on a enseigné, on a autant de mérite à faire peu qu'à faire beaucoup, pourvu que l'intention soit bonnet — Abayé disait : On doit toujours s'évertuer à exprimer la crainte de Dieu, répondre avec douceur, être longanime, augmenter la paix avec ses frères , avec ses parents et avec chacun, même avec l'étranger de la place publique, afin qu'on soit autant aimé au ciel qu'agréable ici-bas , et bien accueilli par les hommes. C'est de R. Yochanan ben-Zaccaï qu'on disait : Personne ne l'a jamais devancé à donner le salut, même l'étranger de la place publique.

Raba disait : La sagesse divine a pour base le repentir de nos fautes et les bonnes actions; ainsi, on ne doit pas étudier la Loi ou la Mischnâ, puis se révolter contre son père, ou sa mère , ou son maître, ou contre celui qui est supél'ieur par sa science ou le noml)re des' années , comme il est dit (Psaume cxi , i o ) :

' Ti'. Mennhnlh , fol. 1 1 o".

(ÙHAPÏTP.K il. JDl

Le principe de la sagesse est la crainte de Dieu; ils sont bien sages tous ceux qui s'y adonnent, c'est-iWiro qui s'adonnent à la reli^rion (fune manière désintéressée: car pour ceux ((ui a^jiraientavec quel(}ne arrière-j)ensée, il vaudraithien mieux qu'ils n'eussent pas été créés. — Rab disait : Le monde futur ne lessembie pas à celui-ci; là il n'v auia ni man^jer, ni boire, ni cohabitation, ni commerce, ni jalousie, ni haine, ni discussion; mais les sages, revêtus de leur couronne, jouiront de la vue des rayons éclatants de la Providence, comme il est dit : La vue de Dieu équivalait au manger et au boire (Exode, xxiv, 1 1).

L'Eternel a l'ait plus de promesses aux femmes qu'aux hommes, puisqu'il est dit d'elles (Isaïe, xxxii, 9) : Femmes qui êtes à F aise, levez-vous, écoutez ma voix;fdles qui vous tenez assurées^, prêtez T oreille à ma parole. En vertu de quoi, demanda Rab à R. Hiya, les femmes méritent-elles la faveur spéciale de Dieu? En conduisant leurs enfants aux écoles, en eng^ageant leurs maris à suivre les cours des rabbins et en gardant pour eux la maison jusqu'à leur retour-. — Lorsque les rabbins quittèrent R. Ame, ou, selon d'autres, R. Hiya, ils lui dirent : Tu vois ce monde en ta vie, l'avenir en la vie future, et ton espoir se réalisera dans toutes les générations; ton cœur méditera la sagesse, ta bouche j)roférera la science et ta langue murmurera des louanges; ton regard sera droit, tes yeux s'éclaireront à la lumière de la Loi, ta face resplendiia comme l'éclat du firmament, tes lèvres répéteront la science, tes reins se fortifieront par la droiture, tes pas seront empressés pour entendre les paroles divines. — Lorsque les rabbins quittaient R. Hisda ou R. Samuel bar-Nahmeni, ils lui appliquaient ces mots du psalmiste : Que nos bœufs soient chargés de graisse, etc. (cxLiv, ih), qui étaient diversement interprétés par Rab et Samuel, ou R. Yochanan et R. Eliézer; d'après l'un, il s'agit des princes de la Loi chargés de préceptes ; d'après l'autre, des princes de la Loi et des commandements chargés de douleur; quilny ait pas de brèche [ibid.), c'est-à-dire que nous n'ayons F. pas de progéniture comme une branche de la famille de David (]ui donna naissance à AhitofeP; quil ny ait pas d'issue, comme pour Saùl, qui donna naissance à Doeg l'Edomite^: quil ny ait pas de plainte, comme pour Elisée, qui donna naissance à Guehazi^; dans nos rues, c'est-à-dire que nous n'ayons pas d'élève ou de lils qui méprise publiquement ce qu'il a appris.

Ecoutez-moi, 0 cœurs durs, qui vous écartez de la justice (Isaïo, xlvi, 12). Ce verset a été diversement interprété par Rab et Samuel, ou, selon d'autres, par R. Yochanan et R. Eliézer. D'après l'un, tout le monde est nourri par la grâce de Dieu, et les justes en vertu de leur mérite; d'après l'autre, tout le monde est

' ConfiaTitcs dans les promesses divines. ^ [Sarmiel, xxn, 9, 18 et 19. Cf. Ir.

' Tr. Sota, fol. 21'. Synlmhin, fol. 1 o6^ ^

'■' IlSanmol, xv, 1 y ; xvii, 1 et -i. ^ \\ \\^,]^^ v, oo-.iy.

'Il-

l>î)t> TUAÎTK DKS liMU AK IIOTII.

iiouiji (Ml laveur des juslos, landis (jircux niancjucnt du nécessain;. Ccsl ce qu(; dit R. Juda,au nom de lUib ', chaque jour une Voix céleste part du mont Horeb et s'écrie : Tout l'univers est nourri en faveur de mon fils Hanina, landis qu'il lui sufîit d'une mesure de caroubes pour toutes la semaine. Ceci est contraire à 1{. Juda, selon lequel le moi jmisscmœ indique les oqjueilleux (ou des Gobiens) et des sots; et la preuve de cette déduction, dit 11. Joseph, c'est qu'aucun d'eux ne s'est converti au judaïsme. Selon R. Asché, ce sont les gens de Mata-Mehasia, puisque deux fois par an ils voyaient les princes de la Loi (lors des grandes assemblées d'Adar et d'Éloul),et ils ne se convertissaient pas.

ff Si un fiance veiit^ lire le schema , etc. i-)

Est-ce à dire que R. Simon ben-Gamaliel craint que ce ne soit un acte prétentieux ^ et que les rabbins n'éprouvent pas cette crainte? n'a-t-on pas appris l'inverse? car on enseigne que le jour du jeûne d'Ab on travaille ou non, selon l'usage de la localité, tandis qu'il n'en est pas ainsi des étudiants, qui doivent chômer partout, et selon R. Simon ben-Gamaliel, on doit toujours agir ainsi. JN'y a-t-il pas là une contradiction ? En effet, dit R. Yochanan, il faut renverser la proposition^ pour mettre les opinions d'accord. Selon R. Schischa, il n'est pas besoin de supposer une inversion , et il n'y a cependant pas de contradiction, car si chacun prie, il n'est pas prétentieux de sa part d'en faire autant, tandis qu'il passerait pour tel s'il ne travaillait pas lorsque lout le monde s'occupe; il n'y a pas non plus de contradiction entre les deux opinions de R. Simon ben-Gamaliel , car pour le schema , il s'agit d'y appliquer l'attention complète, ce dont il est manifestement incapable, tandis qu'au jour de jeûne, s'il ne fait rien, celui qui le voit dit de lui qu'il manque d'ouvrage et qu'il ne manque pas de gens inactifs sur la place publique.

^ Traité Taanith, fol. ^h^; iv. Hullin, ^ Traité Pesai^/m, fol. 55".

fol. 87'. ' Tr. Betsa, fol. 3'.

CHAPITKE III.

1. Lors d'un décès, et aussi longtemps que le ujoiL n'est pas enterré, ils (les proches parents) sont dispensés de la lecture du schema' et de la mise des phylactères. Quant aux porteurs, ainsi que leurs remplaçants et leurs adjoints, soit quils se trouvent devant le cercueil, soit qu'ils !e suivent, si l'on a besoin d'eux, ils sont dispensés de réciter le schema ; sinon, ils y sont obligés. Dans l'un et l'autre cas, ils sont dispensés de la prière à^'amida.

2. Après l'enterrement et au retour, on doit faire la récitation du schema, si on a le temps de le commencer et de le finir avant d'arriver au cercle (qu'on fait autour des gens en deuil pour les consoler) ; sinon, il vaut mieux ne pas la commencer. Ceux c[ui se tiennent à l'intérieur du cercle en sont dispensés, mais non ceux qui sont à l'extérieur (et qui ne voient pas les gens en deuil).

3. Les femmes , les esclaves et les enfants sont dispensés de réciter ie schema' et de mettre les théphilins; mais ils sont obligés de faire la prière et la bénédiction du repas et d'observer la loi de la mézouza.

Est-ce seulement au cas où le mort se trouve placé devant vous (et qu'on soit obligé de l'enterrer) ? N'a-t-onpas enseigné ^ que si l'on a un mort devant soi, on mange dans une autre maison, et à défaut d'autre maison, dans celle de son prochain, et à défaut d'un ami, on fait une séparation avant de se mettre à manger; si Fou n'a pas de quoi l'établir, on se retourne; on mange sans s'accouder, on ne prend ni viande ni vin, on ne prononce pas d'action de grâce ni F. iS'

Tr. Moëd Kolon , fol. -^..T; \v. Srniahoili , ch. \.

i>l)'i TUAITK DKS BKHAKIIOTII.

[)riv(M» ni |{('iu'r<ilc '; on est disjx'nsd do ia Iccliiic du srlicma\ dc la ptiiM'e, des lophilhi el do tous les procoplcs proscrits par la Loi. Lo saniodi (le deuil cosse), on pout s'accoudor, inanjjor dc la \iando, boire du vin, hc'iiir U) r('[)as, soul on (Ml commun, ot Ton est onlin tonu do romj)lir îoiis los préceptes di\ins. Vax effet, dill». Simon ben-Gamaliel, Toblination pour cerlains devoirs est applicable aux au très. Quelle dilFerenco , demanda 11. Yoclianan,y a-t-ilentreces deux avis? Le devoir marital est aussi obli^jatoire, selon ce dernier. Toujours est-il (ju'on a enseigné ([ue (mémo on deliors de la présence du mort) on est dispensé de la lecture du schema', de la ])rière, de la mise des phylactères et d'autres préceptes divins. (Or la Mischnâ ne dit-elle pas qu'en ce cas on n'en est pas dis- ])ensé?) C'est que là, dit R. Papa, il s'agit de celui cpii se retourne pour manger (tout en étantdans la maison du mort sans le voir). Selon II. Asché, dès que l'on est tenu d'enterrer le mort, c'est comme si on l'avait devant les yeux, ainsi qu'il est dit : Abraham se leva (levant le mort'^ (Genèse, xxiii, 3); puis : Je veux r enterrer [ihid. v, /i). Cette déduction ne s'applique-t-elle pas au gardien? Or, n'a-t-on pas dit que celui qui veille un mort, même sans que ce soit un parent, est dispensé de lout précepte? En effet, on n'établit pas de distinction. Est-ce à dire qu'on en exclue celui qui va dans un cimetière? ]N'a-t-on pas dit qu'on ne doit pas s'y rendre avec les phylactères sur la tote, ou avec le rouleau de la Loi en main pour le lire, et que celui qui agirait ainsi transgresserait la prescription du verset : // se moque du pauvre et blasphème son Créateur (Proverbes, xvii, 5)? Là, dans le voisinage des morts, à quatre coudées, c'est défendu; mais en dehors de celte limite on est, au contraire, tenu de pratiquer les préceptes. C'est ce qu'on a dit, en effet ^, que la lecture du schema' est interdite près d'un mort à la distance de quatre coudées, et dans noire cas on en est mémo dispensé en dehors de cette distance.

Celui qui garde un mort, est-il dit, même sans que ce soit un parent, est dispensé (en vertu de ce service) de la lecture du schema', de la prière 'amida, de ia mise des phylactères et d'autres préceptes divins; s'ils sont deux, ils se remplacent mutuellement et prient tour à tour ; selon Ben-Azaï, s'ils se trouvent dans un bateau , ils peuvent déposer le mort dans un coin et aller prier dans un autre. Quelle différence y a-t-il entre ces deux avis? C'est que, selon Piovina, l'auteur du second avis ne craint pas l'approche des souris auprès du cadavre. — On a enseigné que si Ton transporte des ossements d'un endroit à l'autre, on ne doit pas, après les avoir déposés dans un double sac, les placer sur l'âne (ju'oii monte, car ce ne serait pas les respecter; ce n'est permis qu'en cas de

' Voir, j)Iiis loin, fol. A5'', /JB^et 5o'\ ^ On semble railler ceux qui ne sont

" Quoique Sara, morte sous la tente, plus en état de les porter.

ne fut pas devant Abraham, il la considé- * Tr. Sofa , fol. /j8'',

l'ait cooimo (-fanl sous s(>s veux.

CIIAIMTHK m. ^20r)

dan|>er dos elraii^jers on des brijjaiids. (le (juc Ton vicMil din; des osseiiiejils s'aj)piique à la Loi. Quoi! Esl-ce le commencenieut de la proposllioii (jiii s'y applique? Mais il va sans dire qu'elle ne jonil pas d'une esliine moindn; (pie les morts; eest donc la fin qui s'appli(pie à la Loi.

Rabba dit au nom (h; l\. Juda : Si en voyant passeï' un mort on ik; Faccompajpie pas, on lui manque de respect (en vertu i\u verset précité) : // se moque du pauvre; il blasphème le Créateur. Et, au cas oii on le fait, ({uelle est la récompense? On lui applique, dit R. Assé, ce versel : Celui qui donne aux pauvres prête ^ à Dieu (Proverbes, xix, 17), et on ïhonore en favorisant le nécessiteux [ibid. XIV, 3i). R. Iliya et R. Yonatban se promenaient ensemble dans \u\ cimetière. Celui-ci perdit un fil de ses tsitsith. Ramasse-le, lui dit R. Hiya, pour que les morts ne disent pas : Demain ces gens seront avec nous et aujourd'iiui ils nous méprisent. — Mais, lui répliqua-1-il, comment le savent-ils'-? N'est-il pas dit (Ecclésiaste, ix, 5) : Les morts ne savent rien? Situ avais lu, répondit-il, ce verset plusieurs fois avec attention, iu t'eusses mieux compris. S'il est dit (au commencement) : Les vivants savent quails mourront, ce sont les justes qu'on nomme encore vivants après leur mort; c'est qu'il est dit(ÏI Samuel, xxiii, 20) : Benjahou ,Jils de Joïada, fds d^un homme vivant, riche en œuvres de Kabtseel, a frappé les deux Ariel de Moab, il est descendu et a frappé le lion dans la fosse, un jour de neige, rc Fils de vivant, 7? dit-il. Est-ce que tout le reste du monde esl fils de mort? On veut seulement dire qu'il était fils d'un bomme qui, quoique mort, était considéré comme vivant; cril était ricbe en œuvres de Kabtseel, i-» c'est F. l8^ qu'il avait réuni avec peine des hommes adonnés à l'étude de la Loi; ffil a frappé les deux Ariel de Moab , v c'est que personne ne fa égalé ni au temps du premier temple, ni sous le second; ce il est descendu et a frappé le lion dans la fosse au jour de la neige, 77 c'est que , selon les uns, il n'a pas craint de briser les glaçons j)our prendre le bain de purification dans l'eau gelée; selon d'autres, il a enseigné et appliqué le livre Siphra (sur le Lévitique) en plein hiver; rrles morts ne savent rien, 77 ce sont les impies (|ui, de leur vivant, s'appellent morts, comme il est dit (Ezéchiel, xxi, 3o) : Ton cadavre impie,prince d'Israël; on peut aussi le déduire de ces mots (Deutéronome, xvii, G) : Sur Vavis de deux ou trois témoins le mort mourra. IN'çst-il pas encore vivant ? C'est <}ue, en qualité de coupable, on le considère déjà comme mort.

Lorsque les fils de R. Hiya se rendirent aux champs (pour l'agriculture), ce qu'ils avaient appris leur parut lourd à garder, et ils s'en souvenaient avec j)eine. L'un demanda à l'autre : Notre père a-t-il connaissance de cette peine? Comment, répliqua l'autre, le saurait-il? N'est-il pas dit (Job, xiv, 21) : Ses

Le mot hébreu est équivoque et si- ^ 'ïi. Sold , fol. .')V'; Ir. Moëd Kalon .

gnitie .'lussi (iccompugucy ( les morts). fol. 1 ()''.

!>!)() TUAITK DKS BKU AKllOTil.

Jils seront honorés sans qinl le sacJie? Alois, (lit Ic pHMiiicr, ii doit ic savoir, coniiuo il y csl dil [ibid.) : ToiU son corps nest plus qu'une plaie, et son âme s'en (iJjVm'o. n. Isaac ajouta^ : Lu ver fait aiilanl soîiiïrir i(; iiioil, (jifiino ainruillc dans un ('oi'[)s vivant. Soil, dil-il, on a connaissance do sa propre douleur, mais non de celle d'autrui. Toutefois, le récit suivant sendjle j)rouvcr le contraire'-. Comme il arriva à un homme pieux de donner un dinar à un pauvre la veille du nouvel an, pendant la famine, sa femme le gronda; il alla donc passer la nuit au cimetière et il entendit t]ue deux esprits causaient ensemble. L'un disait à l'autre : Viens, parcourons le monde et allons apprendre, en nous plaçant derrière le trône céleste, quelle punition va être infligée aux hommes. Je ne puis quitter, répond le second , parce que je suis enterré dans un lit de joncs; va donc, et lu me raconteras ce que tu auras entendu. A son retour, le premier esprit lui dit : J'ai appris que celui qui ensemencera après la première pluie sera frappé de grêle. Celui qui avait écoulé ce dialogue eut soin de n'ensemencer qu'après la seconde forte pluie; aussi sa récolte seule fut épargnée. L'année suivante, il alla de nouveau passer cette première nuit de l'an au cimetière, et il entendit deux esprits causer ensemble. L'un disait à l'autre : Viens, parcourons le monde et allons savoir, en nous plaçant derrière le trône céleste, quelle punition va être infligée aux liommes; et comme le second esprit ne pouvait quitter, le premier alla seul , et il lui raconta à son retour que ceux qui ensemenceraient après la seconde pluie verraient leur récolte consumée par le feu. Celui qui avait écouté ce dialogue eut soin d'ensemencer en temps opportun , et son champ seul fut épargné. Comment se fait-il, lui demanda sa femme, que l'année passée et cette année nos produits ont été seuls préservés de la destruction? Il lui raconte alors tout ce qu'il avait entendu. Peu de temps après, dit-on, une discussion survint entre la femme de cet homme pieux et la mère du second esprit. Viens, dit la femme à la mère, je te montrerai que ta fille est enterrée dans un lit de joncs (ce qui est un reproche). L'année suivante, ledit homme alla encore passer la nuit au cimetière pour entendre le dialogue des esprits. Viens, disait le premier à l'autre, allons entendre quelle punition va frapper les hommes. Laisse-moi, répondit l'autre, les paroles que nous avons échan^^ées ont été entendues parmi les vivants. Tout cela ne prouve-t-il pas que les morts savent ce qui se passe ici- bas? Il se peut qu'un autre homme soit tombé malade dans l'intervalle, et qu'après sa mort il l'ait dit aux esprits. Voici donc un autre fait : Zeiri avait donné son argent à garder à son hôtellière; lorsqu'il revint de chez Rab, elle était morte. Il la suivit au champ de repos et lui demanda : Où est mon argent? Sous le pas de la porte, répondit-elle; va le ])rendre à tel et tel endroit, et dis à ma mère de m'en-

' Tr, Srliahhalli , foi. i.'V d \o-?.\ — ' Uociieil des maximes de lî. Nallian, ch. in.

CHAIMTUK 111. ^•^'7

voycr mon peigne el ma boile à couleurs par une telle personne qui viendra demain (pour elre enterrée ici). Cela ne prouve-t-il pas que ies morts savent tout? 11 se peut que dama (i'angc de la mort) ait passé près de ces morts pour leur annoncer ce décès. Mais voici un autre t'ait: Le père de Samuel avait été prié de garder de l'argenl des orphelins; comme à sa mort Samuel n'était pas là, on nppela ce dernier : Fils de celui qui a gaspillé l'argent des orphelins (parce qu'on ne le retrouvait pas). Samuel le suivit donc au champ de repos, et dit aux esprits : Je cherche Aha. — Il y en a ici un grand nombre, fut la réponse. — Je cherche Aha fils d'Aha. — Il y en a aussi beaucoup de ce nom, répondirent-ils. — Je cherche, dit-il, Aba, fils d'Aba, père de Samuel. — 11 est monté au ciel, lui répondirent-ils. Sur ce, il vit le lévite (ami de son père) assis au dehors du cercle des morts. Pourquoi, lui demanda-t-il , es-tu assis au dehors? Et comment se fait-il que tu ne sois pas monté au ciel? On m'a dit, répondit-il, que je n'arriverai au ciel qu'après un nombre d'années égala celles que je n'ai pas passées dans l'école de R. Aphas, qui a été offensé de mon absence ^ Sur ce, Samuel vit arriver son père, qui pleurait et riait à la fois. Pourquoi pleures-tu, lui demanda-t-il? — De ce que je te verrai bientôt parmi nous. — Et pourquoi ris-tu? — De te voir si estimé dans le monde supérieur. S'il en est ainsi, dit-il, si j'ai quelque influence, je demande que Levi ait la faveur de monter au ciel; et il y fut admis. 11 dit enfin à son père : Où se trouve l'argent des orphelins? — Sous la pierre fondamentale du moulin, lui dit-il ; retire de là tout l'argent; ce qui est au-dessus et au-dessous nous appartient, et l'argent du milieu est aux orphelins. Je l'ai disposé de telle façon, ajouta le père, pour que, si des voleurs arrivent, ils prennent le dessus qui est à nous, et pour que, si la terre devait l'engloutir, elle ne disperse rien de ce qui est aux orphelins. Ce fait ne prouve-t-il pas la connaissance des morts? Pour Samuel, c'est different; il se peut qu'on ait d'avance annoncé au ciel cju'il fallait lui préparer une place. R. Jonathan finit par partager l'avis de son interlocuteur; car, dit R. Samuel bar-Nalimeni au nom de R. Jonathan, on sait que les morts causent entre eux, d'après ce verset (Deutéronome, xxxiv, k) : U Eternel lui dit : Voici le pays que f ai promis par serment à Abraham, Isaac et Jacob, en ces termes. Que signilie cette dernière expression? L'Eternel voulait dire à Moïse : Il le charge de faire part aux patriarches qu'il a accompli envers leurs enfants la promesse faite à eux par serment. Or, si l'on suppose que les morts ne F. 19*. savent rien, pourquoi l'Eternel le leur a-t-il promis? Cela démontre qu'ils en ont connaissance, et Dieu l'a annoncé aux patriarches par Moïse, afin de faire ressortir sa valeur. R. Isaac dit : Celui qui médit des morts fait comme s'il calomniait une pierre; qu'ils en aient connaissance ou non, cela leur est indiffé-

' Voir Ivmlé J<c[houljolh,\o[. 100^.

!>0S TUAITK DI'S BKHAKIIOTII.

rent. Est-ce bien vrai? R. l'apa n\i-(-il j)as raconlo quo (juohjiiim a\arl medil, di- Samuel, une gouLlière lui tomba sur la lele du haut du toit et lui hiisa b; crâne. (N'est-ce pas une vengeance du déliiut?) Non, comme il s'agissait d'un grand savant, l'Eternel lui-même est intervenu en sa laveui'.

R. Josué ben-Lévi dit: Celui qui se j)erniet de médire des savants docteurs ira en enfer, comme il est dit (Psaume cxxv, 5) : (^eux qui détournent leurs pas tortueux (^pour médire) , seront conduits par Dieu avec ceux qui commettent Finiquité. Paix sur Israël, c'est-à-dire même pendant qu'Israël sera en paix. On a enseigné chez R. ïsmaël : Si l'on voit (jue la nuit un docteur de la Loi a commis un péché, il ne faut pas le lendemain en dire du mal, car dans Tinlervalle il peut s'être repenti, et cela n'offre pas de doute. Gela ne s'applique toutefois qu'à sa personne; quant aux questions d'argent, elles ne sont pardonnées qu'après dédommagement de l'intéressé.

Dans vingt-quatre cas, dit R. Josué ben-Lévi, on met en anathème pour rendre honneur au Rabbin, et tous ont été énumérés par la Mischnà. Où, demanda R. Eliézer? — Va, répondit-il, et tu trouveras. 11 alla, chercha, et en trouva en effet trois; ce sont : i° pour le mépris de l'ablution des mains (avant le repas); 2° la médisance sur les rabbins décédés; 3° l'orgueil envers Dieu. Le second cas se trouve implicitement dans cet enseignement ^ Akabia ben-Mahalallel disait qu'on ne donne à boire les eaux d'épreuve (pour soupçon d'adultère) ni à une néophyte, nia une affranchie; les autres sages l'accordent, et l'on cite à l'appui un fait survenu à Karkemitli, une affranchie de Jérusalem, qui subit l'épreuve des eaux amères sur l'avis de Schemaya et Abtalion. Akabia répondit aux sages que ceux-ci autorisèrent pour cet acte un de leurs semblables (c'est-à-dire une néophyte, comme ces deux rabbins étaient eux-mêmes d'origine étrangère). En raison de celle médisance sur leur origine, Akabia fut mis en anathème; et comme il mourut dans cet état, le tribunal lapida la pierre qui le contenait. — Le premier cas est indiqué dans ces mots : Il est impossible, dit R. Juda^, qu'Akabia ben-Mahalallel fût mis en anathème, car nul Israélite n'a pénétré dans le saint parvis qui le vaille pour la sagesse, la pureté et la crainte de Dieu. C'est R. Eliézer ben-Hanokh qu'on a mis en anathème, parce qu'il a méprisé l'action de se laver les mains; aussi, après sa mort, le tribunal a fait chercher une grosse pierre pour la mettre sur son cercueil. On voit ainsi que celui qui meurt dans cet état (sans avoir obtenu le pardon) est lapidé ensuite par le tribunal. — Le troisième cas est indiqué par ces mots : Simon b.Schetach fit dire à Honi, ro])érateur de cercles, qu'il méri-

' Mischnâ, ^i* section, traité J?^/o?n/o//t, Bchaalolckha , S ion; traité Pesahiin , di. V, SC). lol.fiV.

^ Commentaire de .S///;/ sur la scclion

CHAPlTUi: III. t>99

lait ^analhèmc^ et je t'y coiulainnerais, dil-il , si tu n'étais pas Hoiii; mais je ne puis rien l'aire, puisque Dieu accomplit tes désirs malgré les péchés que tu commets, comme un père accomplit ceux de son fils, mal(jré son inconduile. C'est de loi que l'Ecriture dit (Pi'overbes, xxin, a 5) : Ton père et ta mère se réjouissent par toi; ils sont heureux de ta naissance. N'y a-t-il pas d'autres exemples pour ce troisième cas? En voici un: H. Joseph enseigna que Todos ie Romain habituait les Israélites de Rome à manger le soir de Pâques un agneau à la broche'^. Simon ben-Schetach lui fit dire : Si lu n'étais pas Teudos, je te meKrais en anathème pour avoir fait manger aux Israélites des saintetés hors de la Palestine. Gel exemple n'est pas tiré de la Mischnâ, mais d'une beraïtha. En voici un pris dans la Mischnâ^ : Si l'on a coupé un four de terre en morceaux et qu'on ait mis du sable entre un morceau et l'autre (pour l'enduire ensuite d'argile), c'est pur, selon 11. Éliézer, et passible d'impureté, selon les sages. C'est là le ÏQua (ï Ahhnaï , c'est-à-dire, selon R. Juda au nom de Sanmel, qu'on Fa entouré de règles pratiques, comme d'un serpent roulé en rond, et on l'a déclaré jjassible d'impureté. Ce jour, dil-on, on a réunr tout ce que R. Éliézer avait déclaré pur pour le brûler en sa présence, et l'on a fini parle maudire. Toutefois, il n'est pas question là d'anathème. Mais quels sont les vingt-quatre cas? On peut les retrouver en les déduisant, selon R. Josué ben-Lévi, par analogie avec ces trois cas, mais non selon R. Eliézer.

fc Ceux qui portent ie cercueil et leurs remplaçants.!^

On a enseigné qu'on ne transporte pas le mort vers l'heure de la lecture du schema'; mais si l'ou s'est mis en roule, on ne s'arrête pas pour cela. Toutefois, il arriva qu'on transporta R. Joseph à cette heure-là, parce que c'était un homme très-estimé.

cf Ceux qui précèdent le cercueil ou ceux qui le suivent. r>

On a enseigné au sujet de ceux qui s'occupent du deuil : Tant que le mort est présent, ils se retirent successivement pour lire le schema' ; dès qu'il n'y est plus, ils se metlent à le lire ensemble, et celui qui porte le deuil reste assis en silence; pendant que les autres se lèvent pour réciter la prière \wiida, il se lève aussi, fait profession d'humilité en acceptant le jugement divin, par ces termes : Maiire de l'univers, j'ai souvent péché et tu ne m'as puni qu'une

Tr. Taanith , fol. nf et 'i3'. ' Mischnâ, h" section, tr. Edouyoïh ,

Traité Pemhim, fol. 53"; Ir. Bctsa , cli. vu, $j; C section, Ir. Kelini, eh. v, ^ol. yiV\ ,S 10 ; Tnhuud . ii'. Jlaha viclsin^ (ni. .H)'".

300 TRAITE DKS IJKi; AKIÎOTH.

fois; (jiril lo |)laiso,Eteniol notre Dieu, de rt'parer nos brèches cl celles de tout ton peuple d'Israël par i'eflet de ta niisdricorde! Selon Ahuyé, on ne doit pas s'exprimer ainsi, pour ([ue, selon U. Simon hen-Lakisch , ainsi (pTau nom de \\. Yossé^ Satan n'ait pas de prise sur nous (en se fondant sur cette confession pour nous nuire). Quel est le verset, demanda R. Joseph, qui le prouve ? C'est qu'il est dit : Nous ressemblions presque aux Sodomites (Isaïe, i, g). Et le ])rophète réplique (ibid, lo) : Ecoutez la parole de Dieu, seigneurs de Sodom (c'està-dire, ne vous décourajjez pas).

rrSi au retour de l'enterrement, etc. i^

Si on a le temps de commencer la lecture du schema' et de l'achever eu entier, il faut le lire, mais non au cas oij l'on pourrait seulement en lire un chapitre ou un verset. Mais ne dit-on pas que cette obligation subsiste après le retour même pour un chapitre ou un verset? C'est vrai, mais on v met la condition d'achever avant d'arriver au cercle de condoléance.

F. 19''. ce Ceux qui se tiennent dans le cercle, etc. •)-}

La première et la seconde rangée en sont dispensées, mais non la suivante. R. Juda n'en dispense que ceux qui viennent en faveur de l'affligé. — R. Juda dit aussi, au nomdeRab, que si l'on trouve sur soi des étoffes hétérogènes (Lévitique, xix, 19), il faut les retirer même dans la rue. Pourquoi ? c'est qu'il est dit : // ny a ni sagesse , ni intelligence , ni conseil pour résister à Dieu ( Proverbes , xxi , 3o), c'est-à-dire que, pour la glorification de Dieu , on ne rend pas les honneurs même au rabbin 2. 11 y a pourtant une objection à présenter : si au retour d'un enterrement on se trouve à une bifurcation de routes dont l'une est pure*et l'autre impure, on suit l'affligé, fût-ce dans la route impure, afin de lui rendre honneur ; ne devrait-on pas aussi lui appliquer la règle précitée? Là , dit R. Aba, il s'agit d'un champ cultivé (où la charrue a dispersé, en passant, quelques ossements), ce qui, selon les rabbins, ne communique pas l'impureté, ainsi que le dit R. Juda bar-Asche au nom de Rab ^. Voici un autre exemple : R. Éliézer bar-Zadok racontait que (quoique sacerdotes) ils sautaient par-dessus les cercueils des morts pour aller au-devant des rois d'Israël , et l'on eût agi de même à l'égard de rois étrangers, en prévision de l'époque^

^ Voir plus loin , fol. 6o\eiiv. Kethou- '' Tr. Eroubin, fol. 3o''; tr. PesaUm,

both, fol. 8'. fol. ()9'; tr. Moëd Kaion, fol. 5'; (r. Be~

^ Traité Synhédrin , fol. 82'; tr. Sche- khoroth, fol. 9.9'; tr. Nidda, fol. 57'. bouolh, fol. 3o''.

CHAIMTUK m. :iOI

du Messie, où la distinction scna établie. Pourquoi ne lui applicjue-t-on pas ladite règle? C'est qu'ici on adopte l'avis de Raba qui donne celte interprétation sur la tente l'ormée par le cercueil : s'il y a un palme d'espace entre l'impureté et ses parois, cela sulïit j)our constituer une séjjaration; or, la plu[)art d'entre eux ont cet espace libre, et quoi(|ue en tlièse [générale on n'en tienne pas compte en cas de doute, on n'applique pas la défense en cas d'honneur à rendre au roi. Voici donc un autre exemple: le respect dû aux houimes est, dit-on ^, de telle gravité, ([ue pour lui on transgresse au besoin un précepte négatif de la Loi; pourquoi ne pas lui appliquer ladite règle? Uab bar-Saba expli((ua devant R. Cabana qu'il s'agit seulement en ce cas du précepte : Tu ne f écarteras pas (Deutéronome, xvii, 1 1). A cette explication, on se moqua de lui en disant que c'est impossible, puisque c'est une prescription légale (que nul n'a le droit d'enfreindre). R. Cabana dit aux assistants: Lorsqu'un homme considéré vous expose un sujet, vous ne devez pas en rire; or, voilà ce qu'il a voulu dire : comme toutes les prescriptions des rabbins se fondent sur ledit précepte, iis ont permis qu'on n'en tienne pas compte pour rendre honneur, \oici un autre exemple: on dit de ces mots [ihid. xxii, i) et que tu en détournes lesyeux^, que parfois c'est permis, d'autres fois non. Comment le savoir? Dans ces cas : si le sacerdote doit pour cela entrer dans un cimetière, ou si c'est un vieillard dont la dignité ne permet pas de rendre ce service, ou si l'on a une charge supérieure à celle de son prochain, il est permis de détourner les yeux (et de ne pas aider son prochain). Pourquoi, malgré ces mots, ne pas appliquer ladite règle ? C'est que les termes sont positifs. On n'applique pas non plus ce mode de déduction au premier cas (des mélanges hétérogènes), parce qu'on ne déduit pas cette sorte de défense d'une question d'intérêt (comme celle du dernier cas). Citons un autre exemple : il est dit que le sacerdote peut se rendie impur à l'enterrement de sa sœur (Nombres, vi, 7) ; à quoi bon le dire? pour enseigner ceci ^ : Si quelqu'un est allé égorger l'agneau pascal ou circoncire son fds, et qu'il reçoive la nouvelle du décès d'un parent, il ne renonce pas au premier devoir et ne se rend impur qu'au cas oii nul autre ne s'occuperait d'un tel mort. Mais pourquoi ne pas lui appliquer la règle précitée? C'est que cette exprès- F. 20'. sion et pour sa sœur sous-entend l'exception, et il n'y a pas lieu d'appliquer ce mode de déduclion, car une abstention ne ressemble pas à un précepte négatif.

Comment se fait-il, demanda R. Papa à Abayé, que Dieu n'accomplisse pas

' Tr. Menalwtli, ïo\/dj^\ qu'affirmative. Il s'agit, dans le verset.

Comme la négation n'est pas répé- d'aider son prochain à retrouver une bête

tée pour ces mots, l'expression est équi- perdue, voquo, et elle peut être aussi bien négative '' Ti-. M('f[hill(U fol. 3''; îr. Nnzir,

302 Til A IT K DKS IJIUI A K MOTH.

(Ir miracles pour nous coninic pour nos ancelros? Est-co à causes do I ini[)(3rrection (los etudes ^^ Mais [x'udant Louie la vi(^ dc li. Juda, on n'a l'ait qu'étudier le; traité des domma{>es, tandis (jue nous étudions six traités. Lorsque ]\. Juda arriva dans le Irailé d'Ouktsin (des queues de fruits) à cette Mischnà rrsi nne lcnin:ic a fait cuire des choux dans un })ot, etc. 77 ou selon d'autres, à celle-ci wdes olives cuites avec leurs l'euilles entières restent pures '-^,75 il dit: Là nous voyons les dilîicultés qu'avaient éprouvées Rab ni Samuel, puisque nous étudions ce traité dans tieize écoles diverses. Et cependant, dès que ce R. Juda retirait seulement une seule de ses sandales, la pluie arrivait (c'est-àdire toutes ses prières à Dieu étaient exaucées) , tandis que nous nous donnons du mal, nous supplions sans être exaucés. — C'est que, lui répondit-on, les anciens avaient sacrifié leur vie pour glorifier Dieu , ce que nous ne faisons plus. C'est ainsi que R. Ada bar-Ahaba ayant vu au marché une Couthéenne habillée en rouge, il crut que c'éîait une Juive. 11 se leva et lui déchira cette étoffe. Lorsqu'on sut qu'il en avait agi ainsi avec une étrangère, il fut condamné à lui payer quatre cents zouz. Quel est ton nom? lui demanda-t-il. — iMaton, répondit-elle. — Maton, ajoula-t-il, signifie deux cents pièces, soit quatre cents zouz.

R. Guidai avait Thabitude d'aller s'asseoir aux portes des bains, pour dire aux femmes qui arrivaient comme elles devaient s'y prendre. Ne crains-tu pas, lui dirent les rabbins, qu'il ne s'y mêle des idées de luxure? Non, répondit-il, ce ne sont que des oies blanches.

R. Yochanan avait la même habitude^. Lorsque les filles d'Israël sortent du bain, dit-il, elles me voient et conçoivent de beaux enfants comme moi. Ne crains-lu pas, lui dirent les rabbins, de prêter lieu aux mauvais yeux ou maléfices? Non, dit-il, je suis descendant de Joseph, dont il est dit : Joseph est une branche féconde, sise près de la source (Genèse, xlix, 21), et je n'y suis pas accCvSsible; car, dit R. Abahou, au lieu de traduire ces mots près de la source, on peut les interpréter ainsi (en changeant les points-voyelles) qui surmontent (que l'œil ne peut pas dominer). On peut aussi le déduire, dit R. Yossé bar-Hanina, de ce verset : Qiiils se multiplient comme les poissons , sur la surface de la terre (Genèse, xlviii, 16). Or, comme les poissons ne peuvent être dominés par le mauvais œil, parce que l'eau les recouvre, il en est de même de la race de Joseph; ou bien encore, on peut finterpréter ainsi : fœil qui n'a pas voulu prendre le bien d'autrui (histoire de Putiphar) ne saurait être dominé par un œil étranger.

fol. AS''; traité Synhedrin^ fol. SS**; tr. ^ Mischnâ, G" section, iv. Tahnroth ,

Zehahirn, fol. ioo'\ ch.ii, S 1; tr. Ouhtsin, ch. 11. S 1.

' Tr. Taanith, fol. 9.IC; ir. Synlird)-in, ^ Tr. Bnha molsia, fnl. 8 A",

fol. inCr.

CHAIMTHK m. .S03

11 [)arai'l tout simple; quo les reiniiics soient disjieiisées de lu lecture du F- 20' sch(>ma\ puisque ce précepte depend d'heures déterminées et qu'elles sont dispensées de tout ce (|ui est en rapport avec une époque fixe; pourtant la Misclinà l'a exprimé, pour qu'on ne suppose pas l'inverse j)arce qu'il s'agit de l'adoration de Dieu. Elle l'a dit de même pour les phylactères, afin qu'on ne suppose pas qu'on les compare en cela au précepte de la mezouza. Elles sont tenues à dire la prière Vn/uV/rt , parce que c'est une invocation à Dieu, quoique les mots soir, matin et midi (que l'on y trouve) semhlent dire que c'est une ohlifjation dépendant d'un moment précis. De même, elles sont tenues à l'application de la mezouza, quoique ce soit comparahle à l'étude de la Loi (dont elles sont dispensées). Enfin la Mischnâ a dû dire qu'elles sont tenues de réciter l'action de grâce après le repas, pour qu'on ne suppose pas que ce soit dépendant du temps, en vertu de ce verset (Exode, xvi, 8): L Eternel vous donne le soir de la viande à manger, et le matin du pain à satiété.

Les femmes, dit R. Ada bar-Ahaha, sont obligées de sanctifier le sabbat (selon la formule) ; c'est un précepte de la Loi. Pourquoi ? ]N'est-ce pas dépendant .d'une époque? Aussi, répondit Abaye, est-ce un commandement rabbinique. Mais, répliqua Raba, ne dit-on pas que c'est de la Loi? Et, d'ailleurs, y seraient-elles obligées si c'était un précepte rabbinique ? Donc il faut en trouver l'application dans la Loi; c'est qu'elle dit, en effet, une fois, souviens-toi (Exode, XX, 8), et une autre fois, observe (Deutéronome, v, 12); la divergence de ces ternies indique que les femmes qui sont tenues de l'observer doivent aussi le mentionner (selon la formule). — Rabina demanda à Rab : Les femmes sontelles tenues de réciter l'action de grâce en vertu d'un précepte légal ou rabbinique?— Qu'importe? répliqua-t-il. — C'est qu'il s'agit de savoir si , en l'accomplissant, elles peuvent en dispenser d'autres; si la Loi les y oblige, elles pourraient en dispenser ceux qui y sont tenus par la même loi; mais elles ne le peuvent pas si c'est seulement pour elles une obligation rabbinique. Qu'en estil donc? On peut le déduire de l'exemple suivant : On sait qu'un fils peut faire cette récitation pour son père, un esclave pour son maître et une femme pour son mari; mais les sages ne l'approuvent pas. Or, ce serait inadmissible, si elle n'y était pas tenue par précepte de la Loi. — Mais, d'après toi-même (répliqua-t-il), l'enfant ne saurait y êlre obligé (et pourtant il peut en dispenser son père par sa propre récitation, sans que celle-ci soit légale). Donc, il ne s'agit, dans ce cas, que d'un peu de nourriture prise, dans la limite prévue parles rabbins; alors la prescription rabbinique au sujet de l'action de grâce est applicable à un cas correspondant.

R. Awira dit, soit au nom de R. Amé, soit au nom de R. Assé : Les anges ont demandé à Dieu : Comment se fait-il. Maître de l'univers, qu'ayant dit : Le juge ne doit pas avoir d'égards ni se laisser corrompre (Deuléronome. \. 17),

30/i THAITK DES BRRAKflOTll.

tu aios (l(!s considiMalions pour Israël, coiniiK! il es! dit (Nombres, vi, oG) : L'Eternel tournera sa face vers loi? — Cofninent, répondit Dion, no pas avoir d'('(][ards pour eux ! Je leur ai dit dans la Loi (Deuléronome, viii, i o) : Lorsque tu auras mangé et que tu seras rassasié, tu béniras l'Eternel ton Dieu, et ils ont soin d'accomplir ce précepte, n'eussent-ils mangé que l'équivalent d'un œui" ou même d'une olive.

4. L'homme impur {l)aal-héri) ne lait qu'une récitation mentale, sans l'accompagner des bénédictions antérieures et postérieures. 11 pense de même à la bénédiction qui suit le repas et non à celle qui le précède. Selon H. Yéliouda, il récite (par la pensée) les bénédictions qui précèdent et celles qui suivent.

Cela prouve, dit Rabina, que la pensée équivaut à la parole (comme devoir); sans quoi, la Mischnâ ne devrait pas dispenser du schema'. Mais alors pourquoi ne pas le prononcer? C'est qu'il en est de cela comme de la révélation sur le Sinaï (où les Israélites durent se tenir dans la plus grande pureté, bien qu'ils ne firent qu'entendre la Loi). Au contraire, selon R. Hisda, cela n'équivaut pas à la pensée ; sans quoi on serait autorisé à le prononcer. Mais alors à quoi bon y penser? C'est, dit R. Eliézer, pour que cet homme ne reste pas inoccupé pendant que tout le monde prie. Et malgré cela, dit R. Ada bar- Ababa, il ne doit pas penser 'à d'autre chapitre qu'à celui dont s'occupe le public. F. 21'. Pourquoi n'en est-il pas de même au sujet de la prière 'amida, également publique? Or il est dit (Mischnâ suivante) : Si, en récitant cette prière, on se souvient qu'on est impur, on n'a pas besoin d'interrompre, mais il faut abréger chaque section, et, par conséquent, si Ton s'en souvient à temps, il ne faut même pas commencer (comment se làit-il qu'il ne puisse même y penser?). C'est que, dans cette prière, on ne trouve pas les mots rrroi de l'univers^ (dont ridée est exprimée dans la Mischnâ, et en faveur desquels même l'impur doit la méditer). Mais comment se fait-il que l'action de grâce après le repas, qui ne contient pas ces mots , doit aussi être récitée par lui ? C'est que le schema' et cette action de grâce sont prescrits par la Loi, et la prière parles rabbins ^ Comment sait-on, demanda R. Juda, que cette action de grâce est prescrite par la Loi? C'est qu'il est dit : Lorsque tu auras mangé et que tu seras rassasié, tu

béniras l'Eternel. La bénédiction de la Loi est également légale , en vertu de ce ver-

set (Deutéronome, XXXII, 3) : Lorsqu'on invoque le nom de V Eternel , proclamez la

^ Or, en présence d'une prescription rabbinique, ii vaut mieux que riionniie impur 110 récile pas de bénédiction.

CHAIMTMK III. 305

^imudmv de mire Dieu.V •^^vv•A{i>^m\w\\WA\\. a joilioii , (lit K. \ocliaiiaii , on pciul, (!(•- (luirc lagravile des benedictions après la led are de la Ijoi comparées à Taction de grâce du repas, ainsi que la l)én('diction avant le repas d'après celle d(î la Loi , de la façon suivante: puisque le repas, qui n'exige pas (légalement) une bénédiction auparavant, en exige une après, à plus forte raison en faut-il une après la Loi, qui en nécessite une auparavant; de même, puisque la Loi, qui n'en exige pas (légalement) après, en demande une auparavant, à plus forte raison en faut-il une avant le repas qui en nécessite une après. On peut toutefois objecter que la bénédiction du l'epas a [)lutôt lieu d'être par suite de la jouissance matérielle, tandis que la Loi s'occupe des intérêts spirituels (de sorte (jn'il n'y a pas lieu de comparer ces deux sujets). L'objection subsiste.

H. Juda dit : Si l'on doute d'avoir lu le schema , on n'a pas ])esoin de recommencer; maison cas de doute sur la bénédiction postérieure , il faut la reprendre. Pourquoi? (î'est que l'heure de la lecture du schema' est prescrite par les rabbins \ tandis que cette bénédiction contient un précepte légal (la mention de la sortie d'Egypte). Mais, demanda R. Joseph, l'heure même n'est-elle pas prévue légalement par ces mots : En te couchant et en te levant? Ceci, répondit Abaye, s'applique à l'étude de la Loi en général. On a enseigné que l'homme impur se contente de méditer en son cœur, sans prononcer les bénédictions d'avant ni d'après; il dit celle d'après le repas, et non d'auparavant. Or, si la bénédiction après le schema' est légale, pourquoi ne pas la diie ? A quoi bon la dire , ce n'est même pas pour mentionner la sortie d'Egypte , déjà rappelée dans le schema'; et cet homme n'est pas tenu de réciter cette bénédiction à la place du schema', car celui-ci a l'avantage de contenir à la fois deux choses (la sortie d'Egypte et la suprématie divine). R. Eléazar dit : Si l'on doute d'avoir lu le schema\ il faut le reprendre, mais non si le doute porte sur la prière 'amida. R. Yochanan dit: Plût à Dieu que Thomme priât toute la journée. R. Juda dit au nom de Samuel : Si pendant la prière on se souvient de l'avoir déjà récitée, il faut l'interrompre, même au milieu de la section. Est-ce bien vrai? R, Nahman n'a-t-il pas dit: Lorsque nous nous trouvions chez Raba bar-Abouha, déjeunes rabbins qui s'étaient trompés et avaient dit le samedi les formules de la semaine, demandèrent ce qu'il fallait faire en ce cas; il leur répondit qu'il faut achever la section oiï l'on se trouve. Pourquoi n'en est-il pas de même pour le présent cas? Les cas ne sont pas sendjlables : le samedi, quoique le fidèle soit tenu de réciter la prière, les rabbins n'ont pas voulu lui imposer la peine de recommencer s'il s'est trompé; tandis (|u'ici la prière a déjà été faite.

R. Juda dit aussi au nom de Samuel : Si, après avoir prié, on se rend à la synagogue et qu'on trouve le public en train de réciter V'amida , il est bon de recoiii-

Elle nepeul donc avoir lieu plus tnrd.

au

:\{U\ THAITK DKS IJb:il AK IIOTII.

itKMKci- si Toll a (III [Mtiiil ii()ii\(><-iii à y «ijoiilci-, mais non ^aiis cela, il ('Uiil ik*ccssaiic (renoncer col lo socoikIc |)ro|)()sili()ii; car s'il eûl lallii la dcuhiire de la preinièic; (du niemc aulenr), on va\{ i\'\[ (|u'il s'a|jit, dans J(^s deux cas, rrunr; F. Qi''. ])i'ièi'e isolée, ou bien (jne cha(|ue lois cet individu s'esl Ironvé on public (et (|u'il a oublié d'avoir prié avec la première ass(MTd)lée ) , tandis que l'on considérerait comme nulle la prière de l'individu d'abord isolé, se trouvant ensuite en public; c'est pourquoi il a fallu fixer la r(<[le à suivre. De même, la seconde proposition seule n'eût pas sulïi; car, aurait-on dit, on v met ici une condilion, celle de n'avoir pas commencé, mais une lois qu'on a commencé (même par erreur), il faut acliever. Les deux règles sont donc nécessaires. J{. Houna dit: Si en entrant dans la syna(>^ogue on trouve l'assemblée en train (le prier, on ne doit commencer que si l'on a le temps suffisant pour acbever la prière avant que le ministre officiant arrive à l'action de grâce ( pour la répéter avec l'assemblée) ou , pour le même motif selon R. Josué ben-Lévi, avant qu'il arrive à la sanctification de Dieu [kedoiischâ) . Sur quoi se base cette divergence? C'est que, selon le premier seul, le fidèle peut dire la kedouschâ avec le ministre officiant (pendant sa récitation personnelle). L'avis contraire est aussi celui de R. Ada bar-Ababa \ qui, se fondant sur ce verset (Lévitique, xxii, 82): Que je sois sanctifié au milieu cF Israël, dit : Toute sanctification doit se faire par dix personnes au moins. Quel est le mot qui le prouve? C'est, disent les rabbins frères de R. Hiya bar-Aba, le mot milieu^, employé dans le verset précité et dans celui-ci : Retirez-vous du milieu de rassemblée (Nombres, xvii, 10), et il s'agit cbaque fois d'au moins dix personnes. Mais enfin tous deux s'accordent à dire qu'on ne s'interrompt pas (pour répondre à l'officiant avec l'assemblée). Peut-on s'interrompre pour ne dire que ces mots : rrQue son grand nom soit béni?T) Oui, ditR. Dimi, au nom de R. Juda et de R. Simon, élèves de R. Yocbanan, on ne s'interrompt que pour ces mots, fût-on occupé de l'étude du cliai^ céleste (angélologie). Cet avis n'a pas été adopté comme règle.

rrSeion R. Juda, on dit même les bchiédictions d'auparavant. •)?

Est-ce à dire que, selon R. Juda, il est permis à l'bomme impur de s'occuper d'étude de la Loi ? R. Josué ben-Lévi ne l'a-t-il pas interdit en raisonnant ainsi : Tu feras connaître ces préceptes, est-il dit, à tes fis et petils-fls (Deutéronome , iv, 9 ) ; puis il est dit : Le jour ou tu te trouvais sur le Horeb , etc. Ne conclut-on pas du rapprocliement de ces deux versets qu'il faut, dans l'un et l'autre cas, (Hre bien pur? 11 n'est pas à dire que R. Juda ne tient pds compte

' Tr. Mro'hilla , fol. o3''. — " Voirie Midrascb, licreschith Bnbbn , section 91.

CHAPITHI^: III. 307

de ces rappiocliemeiUs el ne les iiilerprèle j)as \ puisijue U. Josi'ph dit (jue celuilà même qui n interprète pas ces rapprocliements dans les quatre premiers livres du Peutateuque, en tient comple dans le Deute'iononie, ce qui s'applique précisément à l\. Juda. En voici la preuve : Ben-Azaï dit, comme il est écrit : Tu ne laisseras pas vivre la magicienne (Exode, xxii, 17), et qu'aussitôt après il est dit : Toute personne qui cohabitera avec un animal devra pénr, on conclut du rapprochement de ces deux versets que, dans Tun et l'autre cas, la mort doit être donnée par lapidation. R. .ïuda dit, au contraire : Quoi, parce que ces deux sujets sont rapprochés l'un de l'autre, a-t-on le droit d'imposer à la magicienne la lapidation (c'est-à-dire la peine de mort la plus dure)? C'est pour une autre cause : comme les nécromanciens et les augures font partie des magiciens, et que, malgré cela, la Loi en parle spécialement, elle veut dire que leur peine de mort, la lapidation, s'applique à la magicienne. On voit qu'il interprète ces rapprochements dans le Deutéronome par l'exemple suivant^ : R. Éliézer dit qu'on peut épouser une femme violée ou séduite par son père; R. Juda l'interdit. Quel est son motif, demanda R. Guidai, au nom de Rab? C'est qu'il est écrit (Deutéronome, xxiii, 1) : On n épousera pas la femme de son père , et Ton ne découvrira pas F aile de son père, et cette dernière expression s'applique à notre cas, en vertu du rapprochement de ce verset : U homme qui aura cohabité avec elle payera, etc. (ce qui se rapporte à la femme séduite). En effet, ajoute-t-on, il interprète les rapprochements du Deutéronome; seulement, celui qui est invoqué plus haut par R. Josué ben-Lévi pour la question d'impureté s'applique, selon lui, à une autre proposition; car, dit ce rabbin, celui qui enseigne la Loi à son fils a autant de mérite que s'il avait assisté à la révélation sur le mont Horel), puisque, aj)rès les mots : Vous les enseignerez à vos fus et petits-fils , il est dit : Le jour où tu fes tenu sur le Horeb devant V Eternel ton Dieu.

On a enseigné^ : Profluviosus qui iîuxus senserit et menstruata quœ excreverit concubitûs semen aut in congressu se menstruatam senserit, pour tous ces cas il faut prendre le bain de purification (avant de se mettre à l'étude de la Loi, en dehors de celui qu'exige l'autre impureté); selon R. Juda, c'est inutile. Toutefois, R. Juda n'en dispense îe profluviosum qui fiuxum senserit que parce que, auparavant, le bain ne lui était pas imposé; mais il serait obligatoire, s'il s'agissait d'une gonorrhée déclarée. Ce n'est pas à dire que, même dans ce dernier cas, R. Juda dispense du bain, et qu'on mentionne le profluviosum pour démontrer que, même en ce cas, les rabbins exigent le bain; car alors, à quoi bon dire à la lin : quœ in congressu se menstruatam senserit doit

' Tr. Ychamoih , fol. A"; tr. Synhédrin , '^ Tr. Yebamolh , fol. 97*

fol. 67\ ' Plus loin. fol. 06'.

;i()S TI5AITK l)[vS lîKIJAkIIOTII.

jnciidi'c le h.iiii ? I) apivs les jiiihcs .sa|{«'.s , coin \n sMiisdirc, piiistju ils ICxmm'IiI jxiiir Ic pyojhiviosuni (|(ii \\\ csl [)as asli'ciiil, vxnwuni cclhî-ci, dès l(; priiiciix;. 2i" M laiil (lone (Vww (jik; colic fin a clc ciisoi|(noo (;n laisoii do H. JiKla((|ui, inomo en cas d'accidont anldricur, disponso d'un bain n'ayanlpas d'oilol); or, son avis osl absolu, vA. I(; hain n'a pas lion, (raj)ros lui, yuwv la mcmtniée {\i\\ aniail ou un accidoni ; doiu' [)oui' la {jonoi'rlido doclaroo , c'est obii{faloiro. I^n soinmo, il no Caul pas diro ({no (dans la Miscbna) J{. .luda prescrit de reciter les bonddictions, niais do les niddiler. Mais U. Juda radmet-il ? ^^'a-t-on pas onsoioiid (|uo si un lioinnio alleint d'un accidoni ini])ur n'a pas d'eau |)our so l)ai{>ricr, il pout lire in schema sans reciter les benedictions d'avant on d'après, et pour le repas, il recite la benediction d'après, non celle d'avant, qu'il se contente de méditer, sans la prononcer; c'est l'avis de R. Meir, tandis que, selon H. Juda, on la prononce en tous cas. (N'est-ce pas contradictoire?) Il traite l'action de |jràco, répondit R. Nabnian bar-Isaac, comme l'étude des lois usuelles ((ju'il permet à l'homme impur d'étudier), ainsi que le dit cet enseignement : De ce (lue le verset : Tu (es feras connaître à les fils et -petits-fils , est rapproché de cet autre : Le jour oii ta t'es tenu devant l'Eternel sur te Horeb, on en conclu 1 que, en ce cas aussi, il faut la crainte, la terreur, le respect et jusqu'à lincjuietude; cela prouve que ceux qui ont la gonorrhée , les lépreux et ceux qui (sans le savoir ) ont cohabité avec des menstruées peuvent lire le Pentateuque, les Prophètes et les Hagiographes , étudier la Mischnà et la Guemarà, les règles doctrinales et les légendes; mais c'est interdit à ceux (jui sont atteints d'un accident impur. Selon R. Yossé, on peut étudier les choses usuelles, mais ne pas approfondir la Mischnâ; selon R. Jonathan bon-Joseph, on peut étudier à fond la iMischnâ, mais non la Guemarâ; on peut même l'étudier aussi à fond, dit R. Nathan ben-Abisalom, à condition de ne pas mentionner les noms divins qui s'y trouvent. R. Yochanan, disciple de R. Akiba, dit en son nom : L'impur ne doit rien étudier, ni nu^me entrer, selon d'autres, dans la salle d'études. Enfin, selon R. Juda, il étudie les lois usuelles. — Il arriva un jour à R. Juda, ayant (3u un accident, de se promener au bord d'un fleuve. Maître, lui dirent ses disciples, enseigne-nous un chapitre de lois usuelles. — Il descendit à l'eau, se baigna, puis enseigna. Quoil lui dirent ses disciples, ne nous as-tu pas appris qu'on peut étudier ces lois sans bain préalable? — Oui, répondit-il, mais pour moi-même j'ai plus de scrupules que pour d'autres.

R. Juda ben-Rethera dit que les paroles de la Loi ne sont pas susceptibles de devenir impures. Ainsi il arriva à un disciple de ce docteur d'être entaché d'impureté. Mon fils, lui dit celui-ci, ouvre la bouche et ne crains pas d'éclairer par tes paroles, car elles ne sont .pas susceptibles d'impureté, ainsi qu'il est dit (Jérémie, xxiii, 29) : Mes paroles ne sont-elles pas comme le feu? dit V Eternel; c'est-à-dire que la Loi n'est pas ])lus susceptible d'impureté que le feu. —

CIIAPITRK 111. :M)1>

l^im (les |)r('()|)iiiaMls vient de dire (|u\)ii peul (iJial|;i'é 1 impiireli'; |)a.ssn<|èrej éludiei" la MLsclind, mais non la (Juemard. Cet avis est conliimé connue RM;le lixe par lî. Haï, au nom de K. Aclia har-Jacob el delà part de notre uiaîlre, conroj'UKUucut à Topinion de R. i\l('ir; 11, .liida heu -(iainaliel, au nom de K. liauina ben-Gauuiliel, interdit l'étude de Tune et de Taulre; selon d'autres, toutes deux sont perujises. Le premier de ces deux avis s'accorde avec celui de H. Yoclianau, le cordonnier; le second avec celui de H. Juda ben-Betliera.

R. Nabmau bcn-Isaac dit qu'on a l'halntude de suivre ces trois docteurs pour les points suivants ^ : R. Haï , pour les prémisses de la tonte; R. Yoscliia, pour les semences liétéro^jènes; R. Juda ben-Rethera, pour l'étude de la Loi. i" R. Haï enseigne que \o. précepte sur les prémisses de la tonte n'est applicable qu'à la Terre-Sainte; 9° au sujet de ce verset : Tu ne sèmeras pas de plantes hétérogènes dans ta vigne (Deutérouome , xxii, 9), R, Yoscbia déclare que la défense s'applique seulement au cas oii l'on sème, eu une poignée, du froment, de l'orge et des pépins de raisin'^; 3° R. Juda ben-Bet liera dit que les paroles de la Loi ne sont pas susceptibles d'impureté. Zeiri, en arrivant, dit qu'on supprime le bain de purification (pour les accidents impurs), ou, selon d'autres, l'ablution des mains; la suppression du bain équivaut à l'avis de R. Juda ben- Rethera, et celle de l'ablution à l'opinion de R. Hisda^, qui réprimandait ceux qui désiraient de l'eau avant la prière (à cause de la perte de temps).

On a enseigné que si l'on a répandu neuf mesures d'eau (cab) sur un homme entaché d'un accident, il est pur. Nahum de Gam-zou le dit à voix basse à R. Akiba, lequel le communiqua de même à Ben-Azaï, qui finit par le répéter à ses élèves en public. Deux docteurs d'Occident, R. Yosé bar-Abin et R. Y osé bar-Zebida, sont en désaccord à ce sujet. Selon l'un, il l'enseigna publiquement; selon l'autre, à voix basse; le premier craignait l'interruption des études onde la génération [congressus causa); le second y voyait une digue contre l'assiduité des savants auprès de leurs femmes. J'ai entendu, dit R. Yanaï, que l'on agit à ce sujet plus ou moins sévèrement, et celui qui agit avçc scrupules (en exigeant le bain complet de quarante saas) aura de longues années. Quel est, demanda R. Josué ben-Lévi, l'avantage de ceux qui se baignent le matin?

— Comment, lui répliqua-t-on , peux-tu faire une semblable ([ueslion? N'at-on pas dit qu'étant entaché d'impureté, on ne peut pas s'occuper de la Loi?

— Voici, répondit— il, ce que je demande : A quoi bon se baigner dans quarante saas, si neuf cabs suffisent, et à quoi bon un bain entier si une aspeision suffit? — C'est, répondit R. Hanina, comme précaution de sûreté; cai. (juelqu'un ayant un jour sollicité une femme à commettre un péché, elle lui

I rp

ïv. Hullîu, Col. 1 :î()b. loi. 8:2"; tr. liclàorolk. loi. Uh'. —' \ oie

Tr. Kîddoitschiv . ïo\. Aç)";!!'. IJidlin, plus liant, fol. 1 5".

:U{) TIJAITI-: DKS IJEIUKIIOTII.

(iil : r\\ laid ci'oii'c (jiio hi as ({uaianl(; sans d'v:\{\ dont hi lu- sais <|iic laiir,-»! ol , à CCS mois, il s'en écarla do suiU;. — Mailres, dit li. Ilouiia aux rabbins, pourquoi U*ailez-vous avec ne(}li[fcnœ celh? purification/ Kst-cc à cause du Iroid ? Auloriscz les l)ains chauds. — En ce cas, dcinanda \\. Ilisda, le bain est-il le^j^al ^? — Je suis de ton avis, dit R. Ada l)ar-Alial)a (il l'aul un bain ré- ^{ienicnlaire, l'roid). 1^ Zeira, élant assis dans un elanjj d'eau, ordonna à son domestique de lui ciierclier iieul' cabs d'eau et de les jeler sur lui. A (|uoi bon tout cela, lui dit l\. Hiya bar-Aba, puisque tu y étais assis? — C'est que, répondit-il, j'agis ainsi dans la proportion des quarante saas; de même que pour ceux-ci Taspersion est inutile, de même, pour ceux qui exigent seulement neuf cabs, le bain serait superflu. — R. Nahnian établit une citerne de la contenance de neuf cabs (à l'usage des élèves). En arrivant, R. Dimi dit, au nom de R. Akiba et de R. Juda Glosstera, que l'aspersion suffit seulement pour le malade dont l'état de santé a causé l'accident impur; mais si le malade l'entretient, il faut quarante saas. R. Joseph dit d'annuler la citerne de R. Nahman (puisqu'elle ne s'applique qu'à un cas fort rare de maladie). Rabin F. 22^ dit à son tour que cela s'est présenté à Oussa, dans la pièce d'antichambre de R. Yoschia. On alla consulter aussi R. Assé, qui répondit : Gela ne s'applique qu'aux maladies fréquentes; mais si c'est inhérent à la maladie, il en est entièrement dispensé. Rétablissons, dit R. Joseph, la citerne de R. Nahman (c'eslà-dire il la faut décidément).

11 paraît donccjue tous ces docteurs discutent l'opinion d'Ezra. Or, qua-i-il établi ? Abayé dit qu'Ezra a lixé cjuarante saas pour fhomme sain qui entretient l'accident, et neuf cabs pour l'homme sain qui est entaché involontairement; on discute désormais la question du malade et il s'agit de savoir si on le compare, dans tous les cas, à l'homme sain, ou si la fréquence de ce fait chez un malade équivaut à l'accident de l'homme sain (neuf crt/>s), et que l'accident survenu au malade ne lui impose aucun devoir. Raba dit : Admettons qu'Ezra a établi le bain de purification; mais a-t-il aussi fixé l'aspersion moindre? Ne dit-on pas seulement- qu'Ezra a établi la loi du bain pour les gens entachés d'accident? C'est que, dit Raba, celte loi a été ainsi interprétée par les rabbins : le bain a lieu en entier pour l'homme sain qui entretient le mal; mais si cela n'arrive qu'une fois à l'homme sain, l'aspersion de ueuï cabs suffit; puis on a agité la question des malades : selon les uns, on les compare en tous cas à l'homme sain, selon d'autres, la fréiiuence de ce fait chez un malade équivaut à l'accident de l'homme sain (qui exige neuf cabs) ^ et l'accident simple survenu au malade ne lui impose aucun devoir. C'est cette dernière opinion, dit Raba. ({iii soil de règle,

' Tr. Ta.amlh , UA. \?^\ — " Tr. Ihilm Kama, fol. 82'.

ciLAPiTKE MI. :ni

ijis rabhiiis oiil cMisoi|jiH' (juc si Ton fail mic aspcisioii d'caii dv ikmiI calfi sur riioininc oiilaclie, il dovienl ])ui' pour cludicr ia Loi soulc; mais [loiir i'ensei|jnor aii\ aulres, il I'aul (juaranlo sans (bain coniplel). Selon l( Juda, il les Tant en tous cas. Deux rabbins de chacun de ces couples-ci, U. Yoclianan el H. Josué ben-Lévi, H. Kléazar et R. Yossé ben-Hanina, sont en désaccord sur le commencement de la jU'oposition. D'après \\\\\, la resiriction (ju'il l'aul quarante saas s'il s'a^fit d'ensei([ner s'appli([ue au malade atteint lré(j nomment, mais au malade qui a un siuq)!e accident, neuf crt^.ç sullisent; d'après l'autre, même ce dernier a besoin do ({uarante saas, s'il s'a<|it d'ensei[jner. De même pour la fin, un rabbin de chaque cou])le opina ainsi: d'après l'un, l'avis de U. Juda, qu'il faut quarante 5««5 de toutes paris, s'applique au cas où l'eau est dans une citerne de terre, mais non si elle est contenue dans des vases; d'a[)rès l'autre, cet avis s'applique même aux vases. Or, d'après ce dernier, on conçoit les termes de R. Juda, qu'il faut quarante sr/rts rr de toutes parts; w mais comment expliquer ces mots d'après celui qui établit une distinction entre la terre et les vases? — Us compj'ennent (dit-il) l'eau puisée (et transportée dans ce réceptacle).

R. Papa, R. Houna, fils de R. Josué, et R. Raba ben-Samuel mangeaient ensemble. Permettez-moi, dit R. Papa (quoique atteint d'impureté) de dire la bénédiction d'ensemble, car j'ai une aspersion de neuïcahs. On a enseigné, lui répondit Raba bar-Samuel, que cela suffit, s'il s'agit de sa personne seule . mais non pour s'adresser à d'autres; permettez-le donc à moi qui (pour cette cause) ai pris un bain entier de quarante saas. Il vaut encore mieux, dit R. Houna, que je dise la bénédiction, moi qui n'ai rien pris du tout (étantpur). R. Hama prenait un bain complet la veille de Pâques, afin d'en dispenser d'autres; mais cette conduite ne sert pas de règle.

5. Si quelqu'un, occupé à réciter ia prière, se souvient qui! est inq}ur (iaa/-fcm), il ne devra pas s'interrompre, mais abréger (chaque section). S'il est descendu pour prendre un bain et qu'il ait encore le temps de monter et de se couvrir pour faire la récitation avant que le soleil brille, il devra le faire; sinon, il se baissera pour être couvert par l'eau et fera ainsi la l'écitation. 11 ne devra pas se couvrir d'eau saie ou stagnante, ou ayant déjà servi, à moins d'y avoir ajouté une grande quantité d'eau (pure). De ces eaux et des immondices il taut s'éloigner de quatre coudées, pour prier.

Les rabbins oui (Miseignc' (|ue si, pendant la prière 'aitrida , on se souvicnl

3ri TiiAiTi: DKs in:i{ \kii()Tii

(11111 nccidciil (riin|)iirel(*, on iie doit pas s'inlorn)FM|)r(', mais ahrrrjcr; si (•cla ai'ri\(' |)('ii(laiil la hicLuro do la Loi, on se hàhMic finir sans inici riiplion ; selon II. i\l('ir, il n'est j)as permis à l'iinpiir de lire pins de trois v(!rsels. On a (Miseiijné (Taulre part que si,|)en(lant la prière, on voit une ordure en lace de soi, il faut avancer jus(fu7i ce qu'elle se trouve de quatre coudées en arrière. Mais n'a-l-oji pas dit qu'il sulîît de se ranger de côté? Oui, si c'est inq)()ssible au (renient. Si pendant la prière il trouve de l'ordure à sa place, la prière, dit Uabbali, conserve sa valeur, quoique faite improprement. Mais, objecla liaba, n'est- il pas dit (Proverbes, xxi, 9.']) : Le sacrifice des impies est wie abomination? (N'est-ce pas abominable de prier là?) En efTet, dit-il, cette prière est ju{fée comme telle, et celui qui l'a dite a péché.

Les rabbins ont ensei^jné que si, ])endant la prière, Teau coule sur les genoux, on doit s'arrêter jusqu'à ce que les eaux soient retirées, et reprendre ensuite. A quel endroit reprend-on? Au commencement, d'après I{. Hisda; à F. 93\ l'endroit de l'interruption, d'après U. Hamnona. Ils sont en désaccord, paraitil, sur le cas où il y aurait assez de temps pour recommencer le tout. Alors il faut recommencer, selon l'un , et reprendre à l'interruption, selon l'autre ^ S'il en était ainsi, dit R. Asché, ils eussent établi eux-mêmes la distinction; donc, d'après tous deux, s'il s'est écoulé cet espace de temps, il faut recommencer. Ils ne discutent que sur le cas où il n'y a pas eu autant de temps; d'après l'un, comme le besoin était pressant, la prière faite inconvenablement n'a pas de valeur; d'après l'autre, comme cet homme croyait pouvoir la terminer, la première partie du moins conserve sa valeur.

Les rabbins ont enseigné que, si l'on éprouve un besoin, on ne doit pas se mettre à prier; ce serait abominable, à moins, dit IL Zebid ou R. Juda, qu'on n'ait la faculté de pouvoir se retenir. Et combien de temps doit-on pouvoir se retenir (pour se mettre à prier)? Le temps, ditR. Schescheth, de parcourir une parasange. Selon d'autres, cela se rapporte à la Mischnà : dans quel cas ne doiton pas prier? si l'on ne peut pas se retenir; mais au cas alfirmatif, la prière a sa valeur, si l'on peut attendre, dit iL Zabid, le temps qu'il faudrait pour parcourir une parasange.

R. Samuel bar-j\ahmeni dit, au nom de R.Jonathan, que si Ton éprouve un besoin, il ne faut pas prier, comme il est dit (Amos, iv, 19) : Prépare-toi, Israël, pour aller au-devant de ton Dieu^. 11 interprète aussi ce verset (Ecclésiasle, rv, 17) : Garde tes pas quand tu te rends dans la maison du Seigneur, c'est-à-dir(* garde-toi de pécher, et si tu as commis un péché, rachète-le par un sacrifice et approche-toi pour écouter les paroles des sages. Raba dit : Approche-toi

' Plus loin, fol. -y.h'^U'. Bosch -Hn- ' Il faut remplir ses besoins davance.

schana . fol. oV'.

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