C H AIM TUE IV
li\o, ou aulreniciiL dit : Kile n est pas ()l)ii{faloire, car U. Juda dit, au nom de Samuel, quo la prière du soir est ol)li|;atoire selon ]\. Gamaliel, et facultative selon 1{. Josue. Abayé confirnui le premier avis, et Raba le second. Les labbiiis ont enseigné ceci : 11 arriva qu'un élève ayant demandé à H. Josué ce ([u'il en était de la prière du soir, cc^iui-ci lui ré])ondit qu'elle est facultative. Ayant posé la même question à R. Gamaliel : \i\\o, est ol)li|>alolre, lui dit-il. Mais ponrquoi R. Josué m'a-t-il répondu qu'elle est facultative? Attends, lui répondit-il, que les savants interprètes de la Loi soient entrés dans la salle d'études ^ A leur arrivée, le disciple renouvela sa question. Elle est obligatoire, répondit Gamaliel, qui, se tournant vers les assistants, demanda : Y a-t-il quelqu'un d'un avis contiaire ? Non, répondit Josué. Mais c'est en ton nom, dit Gamaliel, qu'on l'a déclarée facultative. Lève-toi donc, lui répondit Gamaliel, et que l'on témoigne contre toi. R. Josué se leva alors et dit : Si j'étais vivant et lui mort, le vivant pourrait démentir le mort ; mais comment le vivant peut-il se réfuter luimême (en désavouant ce qu'il a dit)? — R. Gamaliel, assis sur son siège, continuait à donner l'enseignement, tandis que R. Josué se tenait debout. L'assemblée (froissée par cet acte d'autorité) se mita murmurer et dit à R. Houtzpit le toiirgman (chargé de développer aux élèves la pensée du maître et de la traduire) de terminer la leçon, et l'on s'arrêta. Jusqu'à quand, dit-on, continuera-t-il à le tourmenter? La première fois, l'année passée, au sujet du nouvel an 2, puis au sujet des premiers-nés, dans l'allaire de Sadok^, et enfm maintenant encore; nous allons le destituer de la présidence. Faut-il nommer R. Josué à sa place ? Gela ne se peut guère, puisqu'il est cause de la destitution (et ce serait trop blessant pour R. Gamaliel). Devons-nous instituer comme tel R. Akiba? Peut-être R. Gamaliel se vengerait-il de lui, car R. Akiba n'a pas pour lui le mérite d'ancêtres distingués (comme le premier). Nommons donc R. Eliézer ben-Azaria; il est aussi savant que riche, et c'est un descendant d'Ezra à la dixième génération : c'est un savant, et il saura répondre aux questions qu'on lui adressera; c'est un riche personnage, et s'il est nécessaire de faire une démarche auprès de l'empereur, il la fera; enfin, il a le mérite d'une haute origine, étant de la dixième génération d'Ezra, et il n'y a pas à craindre qu'on lui fasse d'affront sous ce rapport. On se rendit donc chez lui et on lui demanda : Vous conviendrait-il, maître, d'être le président de l'assemblée?— Je veux y réfléchir avec ma famille, répondit-il. Il alla consulter sa femme, qui lui dit : On te destituera sans doute à ton tour. — Que veuxtu? lui dit-il, quand on se sert un jour d'une coupe précieuse en verre, on F. «iS* risque de la briser le lendemain. — Mais, répliqua-t-elle, tu n'as pas de
' Voir tr. Yomn, fol. 87^ tr. Bekho- lie; tr. Eosch-Haschana , cli. 11, §S 8 et 9. roth, fol. 36\ — = Voir Miscbnâ, 9= par- ' Talmud . tr. Behhoroih , fol. 36\
:î.Vi TI5 VITK DIvS liKK A k IIOTII.
chevoux blancs ([iii imposent le respect. Un miracle s'opéra alors en sa favenr, et (]noi(ja'il lut seulement àjré fjo dix-huit ans, il eut uru; harlx; blanche. C'est pourquoi R. Eliézer J)en-Azaria dit dans la Mischna : «Je paraissais avoir soixante-dix ans, 1? sans qu'il les eût, enrëalilé. En ce jour, dit-on, on supprima la présence du f^ardien (qui prélevait un droit d'entrée à la porte) , ce qui permit à tous les disciples d'entrer; car R. Gamaliel avait l'ait dire qu'il n'admettrait pas les élèves sur lesquels il ne serait pas sulïisamment rensei^pié ^ Aussi bien des siéjjes durent être ajoutés alors. Selon R. Yochanan, le chilTre en a été diversement indiqué par Aba .ïoseph ben-Doustaï et les rabbins; selon le premier on ajouta quatre cents sièges; selon les autres , sept cents. A cette vue R. Gamaliel pâlit, en se disant (avec regret) : Aurais-je eu le malheur de restreindre la propagation des études en Israël ? Il vit alors en songe que parmi les cailloux blancs il y avait beaucoup de taches (c'est-à-dire bien des gens imparfaits au milieu de ce grand nombre de disciples), et cette vision cependant ne calma pas ses esprits.
C'est en ce jour, apprit-on, qu'on composa le traité Edouyoth, et chaque fois qu'on dit rren ce jour, i^ c'est do cette journée-là qu'il est question; et il ne resta pas une règle, ajournée jusque-là, qui ne fût expliquée et fixée. R. Gamaliel même ne manqua pas une heure de présence à la salle d'études. Or, on a enseigné '^ qu'en ce même jour Juda, prosélyte d'Ammon , vint se présenter devant les rabbins dans la salle d'études, en disant : Puis-je être admis dans l'assemblée? — C'est interdit, dit R. Gamaliel. — C'est, au contraire, permis, répliqua R. Josué. — Mais, objecta R. Gamaliel, n'est-il pas dit en propres termes dans la Loi (Deutéronome, xxiii, U) : Une viendra pas d'Ammonite dans V assemblée de Dieu? — Il n'y a plus, répondit R. Josué, ni Ammonites, ni Moabites en ce pays, depuis que, par les conquêtes de Sennacherib roi d'Assyrie, toutes les nations ont été mêlées^, comme il est dit (Isaïe, x, i3) : Je resserrerai les limites des peuples , je détruirai leurs frontières et fy placerai des puissants comme habitants. Mais, dit R. Gamaliel, un autre verset (Jérémie, xlix, 6) dit
bien : Plus tard je ramènerai la captivité des fus d'Ammon, dit V Eternel, et depuis ce temps ils ont pu rentrer. Il est également dit, répliqua R. Josué : Je ramènerai la captivité de mon peuple Israël (Am os, ix, i/i), et cependant le retour d'Israël ne s'est pas encore effectué (ce n'est donc pas une objection). Aussitôt qu'on eut entendu ces mots, on autorisa l'admission de ce prosélyte dans l'assemblée. Puisqu'il en est ainsi, se dit R. Gamaliel, je vais aller m' excuser auprès de R. Josué. En arrivant chez lui il remarque que les murs sont noirs. On reconnaît aux murs de ta maison, dit-il, que tu fabriques des aiguilles. —
^ Tv. Yomn, fol. 'j^J'. mains), eh. iv, S ^. — ^ Tr. ïonin,
' Mischna. 9" partie, Ir. Yadaïm (des fol. hh\
CHAPlTJiE IV. 335
Tu l'a|)j)i'ciicls souloiueul, lui dit H. Josué; malheur à la {jeneralion ([uc lu admiuislres, car tu ue sais pas avec combien de mal les savants s'entretiennent else nourrissent. — J'ai ])arlé contre loi, ré])liqua R. Gamaliel; pardonnemoi si j(î t'ai oiVonsé. Il ne lui repondit pas. — Excuse-moi en souvenir de mon père, dit le premier en insistant. — J'y consens. — Oui veut aller, demanda-t-on, en l'aire part aux rabhins? — Je veux bien y aller, repondit un blanchisseur. R. Josué l'envoya donc à la salle d'étude et lit dire aux rabbins : Que celui qui a l'habitude de revêtir le manteau (de présider) le revête; mais celui qui n'en a pas l'habitude peut-il lui faire dire qu'il est prêt à l'habiller ?R. Akiba dit aux rabbins : Fermez les portes, afin que n'arrivent pas les serviteurs de R. Gamaliel, pour tourmenter les rabbins. 11 vaut donc mieux, dit R. Josué, que j'aille auprès d'eux. A son arrivée, il troubla l'entrée et dit : Il est naturel que le sacerdotc fils de sacerdote fasse l'aspersion des eaux du sacrifice de péché ; mais celui qui n'est rien peut-il lui dire : Tes eaux sont d'un puits et ta cendre est de la poussière ordinaire? (Y a-t-il lieu de contester son avis?) Ecoute, lui dit R. Akiba, tu es réconcilié avec lui, et nous y sommes arrivés dans le seul but de te rendre hommage; demain matin allons ensemble de bonne heure nous placer à sa porte. Mais ensuite , que ferons-nous? N'a-t-on pas appris qu'on monte dans les saintetés et qu'on ne descend pas? Que l'un prêche pendant un samedi, et un autre maître la semaine suivante. Mais ne sera-t-il pas jaloux de ce partage égal de l'autorité? Que R. Gamaliel enseigne pendant trois samedis et R. Eiéazar ben- Azaria au quatrième samedi du mois. C'est, en effet, dans ce sens qu'on a dit : La semaine de qui était-ce? Celle de R. Eiéazar ben-Azaria\ et le disciple dont il est question, c'est R. Simon ben lochaï.
fcLa prière additionoeile se dit toute la journée. •)!
Toutefois, dit R. Yochanan, c'est un péché delà réciter trop tard. Les rabbins ont enseigné que si l'on a deux prières à réciter, l'une des vêpres et l'autre additionnelle, on dit en premier lieu celle des vêpres qui est quotidienne, tandis que l'autre ne l'est pas. Selon R. Juda, on dit d'abord la prière additionnelle, parce que l'heure qui lui est consacrée cesse d'abord. R. Yochanan dit- que le premier avis sert de règle. Lorsque R. Zeira eut l'esprit affaibli (et qu'il eut oublié son enseignement), il alla s'asseoir à la porte de R. Nathan bar-Toubi, en disant : Lorsque les disciples sortiront je me lèverai devant eux et j'en aurai du mérite. Comme R. Nathan bar-Toubi vint à sortir, il lui demanda : Qui l'a enseigné comme règle à la maison d'étude? Voici, lui répon-
' Tr. Anghigâ, fol. :V\ — ' Tr. Zchahlin, (bl. i st" et 92°.
:VM\ THAITI^: DKS IU^:i{AKIIOTII.
<li(-il, CO que U. ^()('llanan n (Misoi^jiic : l^avis de; H. juda, disant (pfoii coiiirn(;nco ( cu ras do d()id)lo [)rière) par léciler raddilionncllo, n^^st pas admis comme rèjjlo. — Est-ce bien l\. Yochanan qui a dit cela? — Oui, répondit-il. Il le répéta d'après lui quaire l'ois. Est-ce la première chose, lui demanda-l-ii , que lu apprends de lui (pour qu'elle te cause (ant de joie), ou est-ce nouveau pour toi (que ce soit lui qui l'ait dite)? C'est nouveau pour moi , répondit-il, car j'avais des doutes sur l'avis de R. Josué, qui dit: A celui qui récite la prière additionnelle après la septième heure, on applique, selon R. Juda, ce verset (Sophonie, m, 18) : Tai anéanti ceux qui étaient brisés {'^^'\j) à cause des fêtes, car ils venaient de toi. Comment sait-on que le terme noughi sig^nifie une rupture? C'est que R. Juda l'applique aux ennemis d'Israël (ou par euphémisme à Israël), pour avoir reculé l'époque des fêtes à Jérusalem. Selon R. Éliézer, on applique ledit verset à celui qui, selon R. Juda, réciterait la prière du malin après la quatrième heure. Comment sait-on que le premier terme de ce verset (noughi) indique la douleur? C'est qu'il est dit (Psaume cxix, 28) : Mon âme pleure de tristesse; ou selon R. Nahman bar-Isaac, d'après ce verset (Lamentations, i, II) : Ses jeunes fdles sont tristes (m^lj), et elle en est chagrinée. F. 28\ R. Awya ayant été malade, il ne put suivre le chapitre interprété par R. Joseph (qui, à l'instar du chef d'académie, enseignait une section le samedi avant la prière additionnelle). Lorsqu'il arriva le lendemain, Abayé s'informa de sa santé, pour bien montrer à R. Joseph la cause de cette absence (qui n'avait rien de blessant), et il dit à R. Awya : Pourquoi n'es-tu pas venu hier assister au cours? — J'étais trop faible, répondit-il, et je ne pouvais marcher. — Pourquoi, lui dit-il, n'as-tu pas mangé quelque chose pour te remettre et pouvoir venir? — C'est que, répondit-il, tu sais bien que, selon R. Houna, il faut avoir dit la prière additionnelle avant de se mettre à manger. — Alais alors il fallait faire cette récitation d'avance, en particulier, afin de pouvoir manger et de venir. — C'est que, répondit-il , je suis de l'avis de R. Yochanan, qui dit de ne pas anticiper la prière individuelle sur celle du public. — Ce n'est vrai, répliqua-t-il , selon R. Aba, que lorsqu'on se trouve en public (afin de prier avec l'assemblée). En somme, on n'admet comme règle fixe ni l'avis de R. Houna, ni celui de R. Josué ben-Lévi. L'avis de R. Houna vient d'être exprimé: quanta R. Josué ben-Lévi, il dit : Dès que l'instant de dire la prière des vêpres est arrivé , il n'est pas permis à l'homme de goûter à quoi que ce soit avant de l'avoir récitée.
2. R. Necliounia ben-Hakaiia faisait, en entrant à Técole et à sa sortie, une courte prière. Quel est le but de cette prière? lui denianda-t-oii. A mon entrée, répondit-il, je prie pour qu'il n'arrive
CIIAPITHK IV. TM
aucun accideiil pai' ma laule; el à ma sorlii;, je iciids oracc (a Dieu) du sort qu'il ma l'ail.
Les rabbins ont enseigne ce que l'on dil en entrant dans la maison d'études : rc Qu'il te plaise, Eternel mon Dieu, de faire en sorte qu'aucun mal n'arrive par ma faute, que je ne me trompe dans aucune règle, que mes compagnons aient du plaisir à m'entendre, que je ne proclame pas pur ce (|ui est im()ur, ni l'inverse, que mes compagnons ne se trompent pas dans une décision essentielle, et que je me réjouisse de leur voisinage. ?? En sortant on dit : ffJe le rends grâce. Eternel mon Dieu, de m'avoir fait prendre part à ceux qui fréquentent cette salle d'études, au lieu de parcourir les boutiques; moi je me lève comme eux , mais c'est pour l'élude de la Loi, non pour des causes futiles; je me donne de la peine comme eux, mais j'en serai récompensé, tandis qu'eux ne le seront pas; nous courons tous également, mais moi j'ai pour but la vie future, tandis qu'eux n'arriveront qu'à la fosse delà destruction. 7?
Les rabbins ont enseigné que, lorsque R. Eliézer tomba malade, ses élèves lui rendirent visite^. Maître, lui dirent-ils, fais-nous connaître les sentiers de la vie, afin que nous sachions acquérir la vie future. — Ayez égard, leur dit-il , à l'honneur de vos compagnons; détournez vos enfants de pensées futiles, placez-les près des savants, et lorsque vous priez, sachez devant qui vous vous tenez; c'est ainsi que vous acquerrez la vie future.
Lorsque R. Yochanan ben-Zaccaï tomba malade, ses disciples vinrent le visiter. A leur vue il se mit à pleurer. Quoi, lui dirent-ils, toi une lumière en Israël, qui représentes la colonne droite du temple, l'enclume la plus forte, pourquoi pleures-tu? Il leur répondit : Si l'on me conduisait devant un roi humain, qui vit aujourd'hui et meurt demain, dont la colère ne saurait être éternelle, dont la punition par la prison n'est pas éternelle, et dont même la condamnation à mort n'a rien d'absolu, que je puis calmer par mes paroles ou peut-être payer en argent, je tremblerais et pleurerais; à plus forte raison ai-je lieu de pleurer lorsqu'on va me conduire devant le roi des rois, le saint béni soit-il, qui n'a aucune de ces imperfections. En outre, je ne sais dans lequel des deux chemins on me conduira, au paradis ou à l'enfer; ne dois-je pas verser des larmes? — Maître, lui dirent-ils, bénis-nous. — Puissi^'z-vous, leur dit-il, craindre autant Dieu que les hommes. — Quoi, lui dirent-ils, pas davantage? — Plaise à Dieu, dit-il, que vous y arriviez. Souvenez-vous qu'en commettant un péché on a toujours peur d'être vu par un homme. Au moment d'expirer il dit : Débarrassez la chambre des vases qu'elle contient, pour qu'ils ne deviennent pas impurs, et préparez un siège à Ezéchias, roi de Juda , qui arrive.
^ Grand recueil des usages [derekh erel-s)^ eh. ni.
:;:',.s ïM \ITK i)i:s ukijakiiotii.
3. Scion l\. (iainaliol, on doit réciter Lous les jours les dix-liiiil hénédiclioMs; (Taprès W. Yehoscliouali , il sullil du résumé des dixhuil hénédiclioiis; \\. Akiba dit que celui (|ui sait bien sa prière par cœur doit réciter les dix-huit; siuon, il sudit du résumé.
h. \\. Eléazar dit : Si Ton dit la prière comme pour s'acquitter d'une récitation oblifjatoire, ce ne sont point là des supplications.
5. R. Yehoschoua dit: Celui qui se trouve dans un endroit dangereux récite une courte prière résumée des dix-huit; il dit : Sauve ton peuple Israël , même lorsqu'il transgresse tes lois : que ses besoins soient devant toi; sois loué, Eternel, qui entends les prières et les supplications.
6 (5). Celui qui est sur une mule doit en descendre (pour faire sa prière) ; s'il ne peut le faire, il doit tourner sa face (vers Jérusalem) , et, s'il ne peut pas tourner sa face, il doit diriger son cœur vers le saint des saints.
7 (6). Celui qui est sur un navire ou sur un radeau doit (pour prier) diriger sa pensée vers le saint des sainis.
A quoi correspondent ces dix-huit sections? Aux dix-huit mentions de Dieu dans le psaume xxix, répond R. Hillel, fils de R. Samuel har-Nahmeni. Selon R. Joseph, elles correspondent aux dix-huit mentions divines qui se trouvent dans le schema complet; ou selon R. Tanhoum, au nom de R. Josué hen- Lévi, aux dix-huit branches (côtes) de fépine dorsale. Celui qui prie, dit ce même docteur, doit s'incliner jusqu'à ployer toutes les branches de Tépine dorsale, ou selon Oula, jusqu'au point que la peau se plisse sur le cœur. R. Hanina dit qu'il suffit de courber la tête. Il faut reconnaître, dit Raba, qu'il se donne de la peine pour se courber (en signe d'humilité). Mais comment diton dix-huit puisqu'il y en a dix-neuf? C'est que, répond R. Levi, la bénédiction des Sadducéens (ou des hérétiques) a été établie à Yabné (postérieurement) ^ A quoi correspond-elle? Aux mots : Le Dieu de la gloire a tonné (ibid. 3) , dit R. Levi, fils de R. Samuel bar-Nahmeni, selon R. Hillel, ou selon R. Joseph, au mot TFiiX (un) du schema\ ou enfin, selon R. Tanhoum, au nom de R. Josué ben-Lévi, à la plus petite vertèbre de l'épine dorsale. Les rabbins
^ Le nombre des sections de Y'Aviida qu'on a intercalé la section des Hérén'ëtait que de 1 8, lors delà rédaction de tiques, ou 19". Voir Y Appendice à la la Misclina, et c'est seulement plus tard impartie.
CIIAPITKK IV
out (Misei|>n(' ([ne Simon, lOuviier coloiiiiicM'^, a (3lai)li 1 ordre des dix-hml bénédicfions à Yabno, en presence de U. Gamaliel. V a-t-ii quelqu'un , demanda R. Gamaliel aux sajjes, qui sache rélahlir h; texte exact de la bénédiction des F. 20" Sadducéens? Sanmel le Petit se leva et le lit. L'année suivante, il Tavait oubliée; et bien qu'il eût réfléchi deux ou trois heures (pour se rappeler cette formule) , ou ne le fit pas retirer de la tribune d'olïice. Pourquoi? 1{. Juda n'a-L-il pas dit qu'une erreur commise dans une bénédiction ([uelconque n'a ])as de ffravilé, excepté pour celle des hérétiques, craignant que l'oiliciant ne professe lui-même une hérésie? (réponse) Pour Samuel le Petit, c'est différent, puisque c'est lui qui a rétabli le texte. N'y a-t-il pas à craindre qu'il n'ait chauffé d'idée? On sait, répond Abayé, que l'homme vertueux n'est pas un impie. Comment cela ? J\'est-il pas dit : Lorsque le juste renonce à T équité et quil commet des iniquités^ (Ézéchiel, xvm, 2/1)? li ne s agit là que de celui qui était impie en principe (et qui est devenu vertueux un moment pour retomber ensuite dans l'impiété); mais cela n'arrive pas au véritable juste. Est-ce bien vrai? N'a-t-on pas dit qu'il ne faut pas avoir bonne opinion de soi jusqu'à la mort*^, car Yochanan (Jean) finit par devenir hérétique^, après avoir exercé quatre-vingts ans les fonctions de grand prêtre? Ce n'est autre, répondit Abayé, que Jannée (qui avait commencé son règne par un massacre de savants^, c'était donc un impie, en principe). Raba dit que ce sont deux hommes différents, et Jannée était impie en principe, mais Yochanan fut un juste. Or, si d'après Abayé on s'explique ce fait, comment l'expliquer d'après Raba (qui admet qu'il fut toujours juste)? Aussi Raba dit-il que, même pour le juste invariable, il y a à craindre qu'il ne modifie ses opinions (comme Yochanan). S'il en est ainsi, pourquoi n'a-t-on pas fait retirer Samuel le Petit? Pour lui, c'est différent; il avait commencé à bien dire; car, dit R. Juda, au nom de Rab ou de R. Josué ben-Lévi, cette prescription de se retirer ne s'applique qu'à celui qui n'a pas commencé la récitation; mais au cas contraire, on Tachève.
A quoi correspondent les sept sections du samedi ? Aux sept mentions du mot voix dans ledit psaume, daprès R. Halaphta ben-Saûl. A quoi correspondent les neuf sections (de la prière additionnelle) du nouvel an ? Aux neuf mentions divines, dit R. Isaac de Carthage, faites dans la prière de Hana (1 Samuel, 11); car c'est en ce jour, dit-on^*, que Dieu a exaucé les vœux de Sara, de Rachel et de Hana. A quoi correspondent les vingt-quatre sections des jours déjeune? Aux vingt-quatre louanges, dit I». Helbo, prononcées par
' Tr. Meghilla, fol. \f.
^ Il en commet donc parfois.
' iMischnâ, tr. Aholh , ch. 11, %l\.
" '\\\ KiddouschtH , fol. G G".
'^ Talmud, tr. Yôma, fol. ç^^'.^oiy Essai sur la Palestine, de M. Derenbourg, p. 80.
"^ Tr. Rosch-Haschana , Col. 11'; tr. Ychamofli , loi. G/i*.
:\M\ Til \ITK DKS r,KI{ AKIIOTM.
SaloMKMi lois (III li'.'mspoil dc larclM; saiiile an (cmplc, dans ic; saiiitdcs saiiils. lN)iir(|ii()i nc pas les dire Ions les jours? Il n'y a lion d(i les dire coiiiiih' lui (jifaux jours d(; niiséricorihî (ou do jeûne).
ffR. Josiic dit (jifoM rosmnc les dix-linit ])(Mir(licti()ns.T)
En quoi consiste ce résumé? En une mention sommaire de chaque bénédiction. Voici la formule, dit Samuel : t Donne-nous l'intelligence, Éternel noire Dieu, pour connaître tes voies; dispose nos cœurs pour ta crainte, pardonne-nous pour que nous soyons délivrés , écarte de nous les souffrances, favol'ise-nous des beautés terrestres, réunis ceux qui sont dispersés aux quatre coins du globe, juge ceux qui méconnaissent tes principes, étends ta main sur les impies; (|ue les justes se réjouissent en toi de la construction de la ville, delà restauration de ton temple, du rétablissement de la race de David, ton serviteur, et de la réparation du flambeau du lils d'Isaïe, ton oint; bref , exaucenous avant que nous t'invoquions. Sois béni, Eternel, écoute la prière. ^^ Abayé désapprouvait celui qui disait ce résumé. R. Nahman dit, au nom de Samuel, qu'on peut réciter ce résumé toute l'année, excepté le samedi soir et les soirs de fête, à cause de la formule de la séparation qu'il faut intercaler dans la quatrième section. Mais, dit Rabba bar-Samuel , pourquoi ne pas en faire alors une quatrième section spéciale? N'est-ce pas aussi l'avis de R. Akiba^ d'en laire une section à part, tandis que R. Eliézer dit de l'ajouter à la dix-septième ? (r.) Puisque nous n'agissons pas toute l'année comme R. Akiba (en n'en faisant pas une quatrième) , il n'y a pas lieu non plus de le suivre lorsque nous résumons la prière. On ne suit pas son avis, parce qu'il y a seulement dix-huit bénédictions établies, et non dix-neuf; de même, il y a ici sept prières (les trois premières, le résumé et les trois dernières), et non pas huit. Mais, demanda Mar Zoutra, pourguoi ne pas la comprendre sommairement dans le résumé, en ces mots : ff Donne-nous l'intelligence, Eternel notre Dieu, qui distingues le sacré duprofane?^^ L'objection subsiste. Toute l'année, dit R. Ribi bar-Abayé, on peut dire le résumé, excepté en hiver, à cause de intercalation à faire pour demander la pluie, dans la section des saisons (neuvième). Mais, demanda Mar Zoutra, pourquoi ne pas la comprendre dans le résumé, en ajoutant ces mots : rr Donne-nous la rosée et la pluie? 7? Il est à craindre que cette addition n'induise en erreur. Pourquoi n éprouve-t-on pas cette crainte lors de l'introduction de la formule de séparation dans la quatrième section? C'est que là on est au commencement de la prière et non au milieu (où l'on pourrait n'y plus songer). Mais, demanda R. Asché, pourquoi ne pas la dire
' Plus loin, fol. 33'; Ir. NMi , fol. 8".
CllAPITHE IV. :r'ii
dans la (|iunzièmo? (ïar U. Tanhomu a dil, au nom de K. Asso : Si Ton a oiiblio dc menlionnor la I'oiTe des pluies clans la deuxième section, il I'aul n;commencer; si i'on a oublié Tin vocation analo^jue dans la section des saisons (neuvième), il est inutile de recommencer, parce qu'on peut rajoutcir à la quinzième, de même que l'on ne reprend pas pour l'oubli de la sé[)aration dans la quatiième, parce qu'on peut la dire sur un verre de vin (pourquoi ne pas agir ici de même?). Là, comme il y a eu erreui', c'est dillérent. En opj)osition avec ce que vient de dire R. Tanlioum, au nom de U. Assé, on peut objecter ce qu'on dit ailleurs \ qu'en cas d'ouldi de l'invocation pour les pluies dans la neuvième, il ne faut pas recommencer (comment concilier cela?). C'est que, isolément, il faut recommencer, mais non en public. Pourquoi ne le faut-il pas dans ce dernier cas? Est-ce ])arce qu'on l'entend répéter du ministre officiant? Mais alois pourquoi ne pas appliquer la même raison à i'omission de la formule d'invocation des pluies dans la neuvième, au lieu dédire qu'on l'ajoutera dans la quinzième? C'est vrai; aussi, dans ces deux enseignements est-il question de l'individu isolé, et l'on établit seulement cette distinction : il ne faut pas jecommencer si l'on s'en souvient avant d'airiver à la quinzième (afin de l'y intercaler) ; mais, comme plus tard cela ne se peut plus, il faut reprendre.
R. Tanliourordit encore, au nom de R. Assa et de R. Josué ben-Lévi : Si l'on a oublié de mentionner la néoménie dans la seizième , et que l'on s'en souvienne dans la suivante, il faut reprendre à celle du culte (seizième), et de même, si l'on s'en souvient, dans la dernière section; mais si l'on a acbevé le tout, on reprend au commencement. Celte dernière condition, toutefois, dit R. Papa, fils de R, Acba bar-Ada, n'a lieu que si l'on s'est reculé (en signe d'achèvement); mais au cas contraire, il suffit de reprendre ladite section (seizième). Comment le sais-tu? lui demanda-t-on. — Je l'ai entendu, dit-il, d'Aba Mare. — Et lui-même, par qui le savait-il? — Par Rab. Toutefois, dit R. Nahman bar-Isaac, cette condition de reprendre au commencement si l'on a acbevé ne s'applique qu'à celui qui ne dit pas de supplications spéciales à la fin de cette prière; mais comme, pour celui qui en a l'habitude, la prière n'est pas encore terminée , il peut reprendre en ce cas à la section des cultes. Selon d'autres, il faut retourner cette proposition et s'exprimer ainsi, au nom de R. Nahman bàr-lsaac : l'avis de reprendre à la section des cultes, aussi longtemps que l'on n'a pas achevé, se rapporte à celui qui a l'habitude de réciter des prières spéciales; mais celui qui n'y est pas habitué doit reprendre le tout, de[)uis le commencement.
' Voir plus haul, foi. ;^G', plus loin, fol. 3;]', et traité Taamlh , fol. 3".
.SVi ThMTK DKS HKHAKIIOTII.
rr\\. VjVw/a'A' dil : Si Ion riahlil la priri'e dune inaiiièi'c li\(',"
Qu'enlend-oii par là? U. Jacob bar-Idi r(*pond, au nom de R. Oscliia, (jn'oii appelle ainsi la prière qui ressemble à une char^^e, ou selon les rabbins, celle (pi'on ne dit pas avec conviction; enfin, selon Raba et R. Josepli, celle oii Ton na rien à renouveler. Moi, dit R. Zeira, je pouvais y ajouter de nouvelles formules; mais je m'en passais de crainte de me tromper (en reprenant après Taddition). Abayé bar-Abin et R. Hanina bar-Abin disent tous deux qu'on nomme ainsi la prière non faite selon la marche du soleil (le matin, quand il se iève; le soir, quand il se couche) ; car c'est d'après elle, dit R. Hiya bar-Aba au nom de R. Yochanan , qu'on doit conformer sa conduite ^ R. Zeira y applique ce verset (Psaume lxxii, 5 ) : Us te craignent avec le lever du soleil et de\)ant la lune pendant des générations'-. Dans l'Occident on désapprouve celui qui attend ces deux moments pour prier, de crainte que l'heure ne se passe.
ce Pi. Josiié dit : Si l'on passe dans un endroit dangereux on abrège la prière ; -iis:?- ntriD Sdd. ->■>
Que signifient ces derniers mots?R. Hisda , au nom de Mar Oukba , fexplique ainsi : Lors même que tu es plein de colère contre eux comme une femme enceinte, ne néglige pas leurs besoins; ou selon d'autres, le même l'explique ainsi : Ne les oublie pas, même lorsqu'ils transgressent la Loi. Les rabbins ont enseigné que lorsqu'on passe près des repaires de bêtes fauves ou de brigands, on dit la prière abrégée, d'après la première opinion. R. Eliézer dit : rr Accomplis ta volonté au ciel en haut et donne satisfaction à ceux qui te craignent en bas, et fais ce qu'il te plaît; sois loué, Eternel, qui exauces la prière.-» R. Josué disait : Écoute l'invocation de ton peuple d'Israël, et remplis bientôt leurs vœux. R. Eliézer bar-R. Zadok dit : Exauce les cris de ton peuple Israël et remplis bientôt leurs vœux; sois loué. Eternel, qui exauces la prière. Selon d'autres, la formule est celle-ci : crLes besoins de ton peuple Israël sont nombreux, leurs pensées courtes; qu'il te plaise, Éternel notre Dieu, de donner à chacun ce qu'il lui faut pour se nourrir, et à chaque créature ce qui lui manque; sois loué. Eternel, qui exauces la prière. i^ R. Houna dit que ce dernier avis sert de règle. Eliahou dit à R. Juda, frère de R. Sala le pieux: Pour ne pas pécher, ne fin ite pas, ne f enivre pas, et lorsque tu te mets en voyage, prends congé de ton Créateur avant de partir. Qu'entend-on par ces derniers mots? C'est,
* Tr. Schabbath, fol. 118''. prétation. La traduction réelle est : Ik te
'^ Le verset est ici détourné de son craindront, tant que le soleil et la lune dusens primitif pour les besoins de Tinter- reront , dans fous les âges.
en A PIT HE IV. :5/i3
rëpoiid H. Jacol) au nom rio 1{. Ilistia, la formule de [)iièi'e des \oya(]t's. ï\. Jacob dil, au nom de R. llisda, (ju'on est tenu de la réciter lorsqu'on se met en voyage. Quelle en est la formule? rrQuil te])laise, Eternel notre Dieu, de me conduire en paix, de me faire marcher en paix, de me soutenir en paix, de me sauver en route de toute embûche et de tout ennemi, d'envoyer la bénédiction sur mes affaires, de me rendre un objet de faveur, de ({race et de miséricorde à tes yeux et aux yeux de tous ceux qui me verront; sois loué, Eteiiiel , qui exauces la prière, v
On doit toujours, dit Abayé, comprendre le public dans sa prière (en par- F. 3o" iantau pluriel) et dire : fc Conduis-nous en paix, etc.?? Quand la récite-t-on? Lorsqu'on a déjà fait un peu de chemin, répond R. Jacob, au nom de R. Hisda. Combien? Une parasange. De quelle façon la récite-t-on? Etant debout, selon R. Hisda, et même en marchant, selon R. Schescheth. Comme R. Hisda et R. Schescheth voyageaient ensemble, le premier s'arrêta pour prier; le second demanda à son serviteur ce que faisait ce rabbin; il prie, répondit-il. Je vais donc en faire autant (et m' arrêter aussi) , car ce qui est bon ne saurait faire de mal ^
Quelle différence y a-t-il entre la formule Hahinenou (fais-nous comprendre) et la prière abrégée ? C'est que la première est précédée et suivie de trois sections complètes; aussi, lorsqu'on est rentré chez soi, on n'a pas besoin de la répéter en entier; tandis que pour la seconde, qui n'est ni précédée ni suivie de sections de ï'amida, il faut recommencer la prière complète chez soi. La règle est qu'il faut dire la formule Hahinenou debout et la prière abrégée soit debout, soit en marchant.
rrSi l'on est monté sur un âne, etc. r
Les rabbins ont enseigné : Si, pendant qu'on est monté sur un âne, l'heure de la prière arrive, on doit, si l'on a quelqu'un sous la main, faire tenir l'àne et descendre pour la prière; si l'on n'a personne, on prie en restant assis en place. Rabbi dit qu'on doit rester assis en place en tous cas, car ainsi, on a l'esprit tranquille. Cet avis sert de règle, dit Raba, au nom de R. Josué ben- Lévi. On a enseigné : L'aveugle et celui qui ne sait pas fixer les quatre points cardinaux doivent fixer leur attention vers notre Père qui est aux cieux, comme il est dit : Ils invoqueront Dieu en regardant vers cette ville (I Rois, viii, kk). Si l'on se trouve hors de la Palestine, on doit se tourner vers elle, comme il est dît [ibid. kS) : Ils te prieront sur le chemin de leur pays. Si l'on se trouve en Palestine, on doit diriger sa pensée vers Jérusalem : Ils invoqueront Dieu, est-il dit,
Gomme il est permis de prier debout, ce ne saurait être un]mai de marcher. Voir Ir.
lialm-Kama . fol, 81''.
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SUV le rlicinin de la ville qa lis out préférée. A Jorusaloni iikmiil' il Ifinl loiiiiici' s.i pcnsoo vers lo loinplc : lis t'invoqueront dans rctle maison; ot dans Ic Icnihlc même il laiit se tourner vers le sancluaii'(; : Ils prieront vers cet endroit; étant là, il l'aul se (lirijjer vers le tabernacle de l'arche sainte, et si Ton se trouve derrière le rideau, il Faut supposer ([ue l'on est devant. En somme, lors(|u'on est à l'est (du Temple), on se tourne vers l'ouest; à l'ouest on se tourne vers l'est; au sud on se tourne vers le nord, et au nord, vers le sud, de sorte que tout Israël diri[je sa pensée vers le même endroit. A ce propos, R. Abin ou lî. Abinà interprète ainsi le verset : Ton cou est comme la tour de David construite à créneaux r\VB^r\ (Cantique des cantiques, iv, Zi ), c'est une colline bri vers laquelle se tournent toutes les bouches, m^D.
Lorsque le père de Samuel el Levi devaient l'aire un voyage, ils se levaient de bonne heure pour prier, et ils récitaient le schema' lorsque le moment en était arrivé. De qui est-ce l'avis? De celui qui a enseigné ceci ^ : Lorsqu'on s'est levé tôt pour partir en voyage, on apporte un schophar, dont on sonne (si c'est le nouvel an), ou le loulab qu'on agite (aux tabernacles), ou (si c'est jour de Pourim) l'histoire d'Esther qu'on se met à lire, et lorsque est arrivé l'instant de lire le schema', on le récite. Si Ton s'est levé pour se mettre dans un chariot ou sur un vaisseau, on prie, et lorsque arrive l'heure du schema' on le récite (en route). R. Simon ben-Eiéazardit qu'on commence en tous cas par réciter le schema' auparavant, afin que la formule de délivrance suive la prière. Quelle est, au fond, la cause de cette discussion ? C'est que, selon le premier, la prière faite debout a la priorité; selon le second, fimporlant est de faire suivre la formule de délivrance par la prière. Marimar et Mar Zoutra se réunissaient au milieu de dix personnes pour prier de bonne heure le samedi précédant les grandes fêtes, puis ils se rendaient à l'explication des chapitres d'actualité (relatifs à la solennité). R. Asche, au milieu du public, priait isolément et assis; en rentrant à la maison il se mettait à prier debout. Mais, dirent les rabbins, pourquoi n'agit-il pas comme Marimar et Mar Zoutra.^ Cela me fatigue trop, répondit-il; pourquoi ne faisait-il pas comme le père de Samuel et Levi? Je n'ai pas vu, dit-il, que des rabbins plus anciens que moi agissent ainsi.
8 (7). R. Eiazar ben-Azaria dit : La prière suppiémentaire (des samedis et fêtes) ne se dit qiîe dans les réunions (de dix personnes au moins). Selon les Rabanan, on la dit soit en public, soit en particuliei'. R. Yehouda, au nom de R. Eiazar, dit : Partout où il v a une
Voirtr. Soucra. fol. .^7" p| .'^.8'