CHAPITRE VIL /il
])ionfait(;iii((iuaU'icmo section); solon U. Akiha, on dit: IJéiii soil leju|fe de la vérité. Ce n'est pas à dire que, selon Icpréopinanl, on ne dise pas la formule : ff Ju{j^e de la vérité, ^i maisscîulementcju'on dilaussila quatrième section de Taclion de {][râccs. Comme Mar-Zoulra se trouvait chezU. Asclie, il lui arriva un malheur, il commença à bénir Dieu en ces termes : rDieuLon et bienfaiteur. Dieu de vérité, juge de la vérité, (jui prononce des jugements équitables, qui frappe avec justice, qui domine sur le monde où il accomplit ses volontés, car toutes ses voies sont justes, tout lui appartient, nous sommes son peuple et ses serviteurs; aussi devons-nous le bénir et lui rendre grace pour lout ce qu'il fait; celui qui perce des brèches en Israël peut aussi les réparer pour notre vie. -n
A quel endroit de l'action de grâces reprend celui qui a interrompu son lepas pour répondre à la préparation de bénédiction des deux autres? Selon R. Zebid, au nom d'Abayé, on reprend au commencement; selon les rabbins, à l'endroit de l'interruption i; ce dernier avis sert de règle. Le chef de la captivité dit à R. Scheschetli : Quoique vous soyez des rabbins expérimentés, les Perses sont plus compétents que vous en matière de repas; lorsqu'il y a deux sophas, le personnage le plus important se place en premier et le second audessus de lui; lorsqu'il y a trois individus, le plus important se met au milieu, le second au-dessus de lui et le troisième au-dessous. Mais, demanda-t-on , lorsqu'on lui parle, faut-il qu'il se mette sur son séant pour répondre? Non, répondit-on, car les Perses se contentent d'un signe. Par qui commence-t-on l'ablution préalable des mains? Par le plus important. Devra-t-il attendre que tous soient lavés? Non, on apporte aussitôt devant lui la table servie. Par qui commence-t-on l'ablution postérieure? Par le moins distingué. Est-ce que le plus important devra rester les mains tachées en attendant que tous soient lavés? On n'enlève les mets devant lui qu'au moment d'apporter l'eau. Je Viù appris, dit R. Schesclieth, par un enseignement spécial-. Pour la manière dv, s'asseoir on observe l'ordre déjà indiqué; pour l'ablution des mains après le repas, on commence par le plus important si l'on est cinq; mais au delà de ce nombre et jusqu'à cent^, on commence par le moins distingué, jusqu'à ce qu'il reste cinq ])ersonnes (les plus distinguées), parmi lesquelles on donnii ensuite la priorité au plus important. C'est aussi lui qui dit la bénédiction (à moins qu'il n'en fasse hommage à un autre). Cette opinion est en faveur de Rab, qui dit par l'entremise de R. Hiya bar-Asché qu'on fait laver les mains d'avance à celui qui doit se préparer pour réciter l'action de grâces. Comme
' C'est-à-dire à partir de la bénédic- nombre supérieur à dix, car le nombi-e
lion dite Haaretz ou seconde. cent signifie souvent un nombre très-
" Tosephta, c\i. V. étendu, mais indéterminé. ^ On entend pcU- là. dit Raschi, un
/1 10 TRVITK DKS REnVkHOTTT.
Rab ot R. Iliya s(; trouvaient à diner chez Ral)I)i, coliii-ci dit à Rah de se lever pour se laver les mains, (iomme il rou^rissait de cet ordre, R. Hiya lui dit : Fils de prince, ne vois-tu pas que c'est une invitation à faction de [jrâces^?
Les rabbins disent : On ne rend pas les honneurs (en cédant le pas aux plus dignes) ni sur les routes, ni sur les ponts, ni pour fablution des mains après le F. Uf. repas. Rabbin et Abayé cheminaient ensemble ; comme Tâne du premier dépassait Taulre sans que son maître s'excusât, Abayé se dit : Parce que ce rabbin arrive d'Occident, il est devenu orgueilleux. En arrivant à la porte de la synagogue, le premier invita son compagnon à passer devant lui : Pourquoi, lui n'pondit-il, me fais-tu maintenant cette politesse? — C'est que, dit-il, R. Yochanan a enseigné qu'on rend seulement les honneurs à une porte pourvue d'une mezouza. — Mais comme cela ne se fait pas quand il n'y en a pas et que ni les synagogues, ni les salles d'étude n'en sont pourvues, pourquoi m'honores-tu ici? — Cette porte du moins est digne d'avoir la mezouza.
R. Juda, fds de R. Samuel bar-Scbilalh , dit au nom de Rab : Les invités ne doivent rien manger avant celui qui a coupé le pain. Comme R. Saphra était présent, il rectifia l'assertion en disant: Il est défendu de rien goûter (et non de manger). Qu'a-t-il voulu indiquer par là? Que fon doit répéter textuellement l'enseignement du maître^. Les rabbins ont enseigné ceci^ : Lorsqu'il y a deux personnes, l'une attend que f autre soit servie pour manger, mais c'est inutile à trois; celui qui a coupé le pain étend le premier la main vers la marmite pour se servir, mais il lui est loisible de donner la priorité à son maître ou à celui qui lui est supérieur. Raba bar bar-Hana préparait le repas de noces de son fils chez R. Samuel bar-Rab Ketina; il se leva et enseigna à son fils f usage des repas. Quand on coupe le pain, dit-il, il faut attendre, pour le distribuer, que les assistants aient répondu amen à la courte bénédiction préalable, ou du moins, selon R. Hisda, que la plupart d'entre eux f aient répondu. Pourquoi, demanda Ramé bar-Hama, la majorité suffit-elle? Si c'est pour ne pas attendre la fin complète de cette bénédjction, la minorité devrait suffire. C'est que, répondit-on, on veut dire que si l'on met trop de temps à répondre amen, c'est erroné.
Les rabbins enseignent à ce propos (de la réponse amen) qu'on ne doit répondre ni un amen coupé (en avalant fa et en disant seulement men), ni trop précipité (avant que la bénédiction soit terminée), ni trop tard (un amen orphelin, sans antécédent), ni rejeter pour ainsi dire la bénédiction de la bouche (par une grande hâte). Ben-Azaï dit : Les enfants de celui qui répond un amen tardif^ seront orphelins; celui qui avale Vamen verra ses jours cou-
' Voir plus haut, fol. AS" (p. hofi). ^ Tosephta , ch. vi,tr. Guittin, fol. 69^.
^ Mischna, /impartie, tr. £'é/ow?/ofA^c. I, " Celui qui dit amen sans avoir en-
53 ; Talmud , tr. Schabbath , fol. 1 5". tendu la bénédiction , ou longtemps après.
cil A PIT UK \ II. /1 17
pes, li'aiichés de jjoime heure, el celui (jui, an con Irai re, prolonge Idincn, aura de longues années. Comme Rah et Sanniel étaient assis à tahie, \\. Siini har-IIiya vint man^jer à la hâte. Penses-tu, lui demanda Rah, le joindre à nous (pour nous préparer ensemhle à la bénédiction)? N'avons-nous pas cessé de manger avant ton arrivée? Si Ton m'apportait des champignons comme dessert, répondit Samuel, et à toi, maître, des pigeons, nous les mangerions (donc le repas n'est pas terminé, et nous pouvons nous associer). Comme les disciples de Rab étaient assis à table et que R. Acha vint, ils dirent : Un personnage important est arrivé, et il va prononcer pour nous la bénédiction. Croyez-vous cela? leur dit il; c'est le principal personnage du festin qui dit la bénédiction. La règle est pourtant que le plus important la récite, lût-il arrivé à la fin.
cfS'il a mangé des choses douteuses, etc. i^
Comment est-ce possible, après avoir mangé une chose interdite, de la bénir? C'est qu'en déclarant qu'il met ses biens à la disposition du public, il serait considéré comme pauvre et pourrait en manger, comme on a enseigné ^ : On en donne à manger aux pauvres et aux soldais revenant de la guerre (considérés comme pauvres); cependant, selon l'enseignement de R. Houna, c'est contraire à l'avis de Schammaï.
fc Celui qui a mangé de la première dîme, dont on a prélevé l'oblation du sacerdote, etc.i^
Cela ne va-t-il pas sans dire , qu'il est permis de se l'associer (puisqu'il n'a mangé que des objets autorisés )? On suppose le cas ^ où l'on auraitprélevé sur les épis l'oblation de la dime (un centième), et non l'oblalion principale; or, selon R. Abahou, au nom de Resell Lakisch, on est dispensé en ce cas de l'oblation principale, d'après ce verset (Nombres, xviii, 96) : Vous en prélèverez Vohhtioii divine y le dixième de la dîme; cette dernière seule est due, non les deux. S'il en est ainsi, dit R. Papa à Abayé, pourquoi ne pas en dispenser aussi celui qui la prélève d'avance sur le monceau de grains? Pour obvier à cette objection, répondit-il, la Loi dil aux lévites [ibid. 28) : Sur toutes vos dîmes vous prélèverez F. /17' r oblation du sacerdote. Sur quoi se fonde cette distinction? C'est que le monceau entassé est du blé (il oblige le lévite à prélever la tronma)^ mais non l'épi "^
énonce un ainen qui n'a pas d'aiilécé- c. m, $ i;Ta]mud, iv. Eroubin, fol. i-j^. dents, qui est pour ainsi dire orphelin. ^ Dans ce dernier cas, on peut sup-
^ Tr. Schabbath, fol. isy""; ir. Er ou- poser le prélèvement de l'oblation de la
bin, fol. 17'' et3i'';tr. PesaUm, fol. 35'\ dîme ou centième seulement, et non celle
^ Mischna, 1" partie, traité Demaï , du sacerdote,
/lis TIIAITK !)KS 15 Kl{ A K IIOTIf.
fr (1(^1(11 <iMi a iiiaM<|r dc la sccoiido (Ihiic on des saiiiLeIrs radie Ires. . . •)•)
Ne va-l-il pas sans diic que c'est permis? On suppose le cas où l'on aurait payé r('([uivalent (lu capilal et non h; cincpiièmc (dû pour rlian|fe); on nous apprend ainsi que ce manque de lorjnalité ne conslilue pas un obstacle. Pour le donieslique qui a man[>é l'équivalent d'une olive, cela ne va-t-il pas sans dire? Il est nécessaire de nous l'apprendre, pour qu'on ne suppose pas le con- Iraire, parce que le domesti([ue n'est pas atlablé dune manière fixe. Quant au (]ull)éen (Samaritain), que l'on peut s'associer, pourquoi est-il mieux considéré que les {jens du peuple (i[jnoranls), que l'on ne peut pas s'adjoindre? C'est qu'il s'a<pt, répond Abayé, d'un Cutbéen instruit. Il peut même être question, dit Raba, d'un Cuthéen du peuple, et lorsqu'on dit qu'on ne peut s'adjoindre les gens du peuple, c'est l'avis des rabbins. Gela forme l'objet d'une discussion avec R. Méir. D'après lui, est-il dit, on appelle homme du peuple celui qui ne mauge pas avec pureté les choses profanes; selon les rabbins, c'est celui qui ne prélève pas convenablement la dime des fruits; or, les Cuthéens prélèvent cette dime, car ils observent soigneusement les préceptes de la Loi \ et même, dit-on, ils observent plus scrupuleusement qu'Israël ceux qu'ils ont adoptés.
Les rabbins ont enseigné^ : On appelle homme du peuple celui qui ne récite pas le schema le matin et le soir; tel est l'avis de R. Éliézer; selon R. Josué, c'est celui qui ne met pas de phylactères; selon R. Azaï, c'est celui qui ne porte pas de franges [tsitsith) aux coins du vêtement; selon R. Aathan, c'est celui qui ne met pas de mezouza à la porte; selon R. Nathan ben-Joseph, c'est celui qui n'élève pas ses enfants pour l'étude de la Loi; selon d'auti'es, on est encore considéré comme tel, si, après avoir lu la Rible et étudié la Mischnà, on ne se met pas au service des savants (pour développer ce que l'on a appris par l'étude de la Guemara); cet avis sert de règle, selon R. Houna. Rami har-Hama ne s'associait pas (pour se préparer à l'action de grâces) R. Manassé bar-Tahalipha, quoique ce dernier étudiât le siphra, le siphri (commentaires exégéliques) et la halacha (ou doctrines légales). Lorsque Rami mourut, Raba dit ([ue cette exclusion injuste était cause de sa mort. Mais ne se fondait-il pas sur l'enseignement précité, qui exige le service auprès des savants (l'étude de la Guemara, si l'on ne veut passer pour ignorant)? Il n'y avait pas lieu, répondit-il, d'appliquer cela à R. Manassé, car, au contraire, il les servait; Rami har-Hama a donc eu tort de ne pas s'en informer au préalable. Selon une
' Ils rejettent seulement les IradilionvS textuellement écrites dans la loi mosaïque, orales, les prescriptions qui ne sont pas ^ Tr. 5o/«, fol. 22".
nulro version, il cnlcndail los cnsoi^neniciils dos lahhins el les r('|)('l;iil à craulros (cc qui est plus (juc do les servir), couiaie un sa\anl distingué.
ffSi Ton a inan<>('' (les pmdiiils (loiil on n'a rien prélevé, on de la dînic, etc. •>•)
Pour le pieniiei' cas, ne va-i-il pas sans dire que c'est détendu? Non, c'est ([u'il [)cut s'agir du cas où le pr('lèvement est seulement ])rescril par les ral)bins, pai' exemple, d'un j)r()duit (|ui a poussé dans un pot non Iroué^ (pouilequel les rabbins seuls prescrivent le prélèvement). Quant à la dime, il est aussi nécessaire de dire que c'est défendu au cas où le lévite a reçu, avant le sacerdote, sa part prélevée sur les grains en las, j)oui' qu'on ne suppose pas qu'il en est comme de l'avis j)récilé de H. Papa (et que l'oblation sacerdotale n'est plus obligatoire). Pour la seconde dîme, ne va-t-il pas de soi que c'est défendu? Non , il est nécessaire de le dire pour le cas où elle serait rachetée, mais indûment, comme, par exemple, contre des pièces de monnaie dont l'effigie est effacée; or, d'après le verset biblique (Deutéronome, xiv, 25), il faut que cet argent ait conservé l'effigie^; ou, pour les saintetés, si on les a rachetées contre des terres, au lieu d'argent. Or, le texte dit formellement (Lévitique, xxvn, 19) : // remettra T argent et elle (la chose sacrée) lui restera. Quant au servant, il n'eût pas été nécessaire d'en parler; mais comme on a parlé dans la première partie de la Mischnà du cas où il aurait mangé la valeur d'une olive, on prononce ensuite la défense pour le cas où il aurait mangé moins. Quant à la défense concernant l'étranger, on parle d'un prosélyte circoncis^, mais n'ayant pas encore pris le bain de purification; car selon R. Zeira, au nom de R. Yochanan, il taut les deux formalités pour constituer l'adoption du judaïsme, et tant que l'on n'a pas pris le bain, on est étranger.
cr On ne s'associe pour la j)réparati()n ni les femmes, ni les esclaves, ni les enlants.T
Comment se peut-il alors que R. Yossé permette de s'associer même l'enfant couché au berceau? Il rappelle seulement l'avis de R. Josué ben-Levi, selon lequel cet enfant ne peut pas servir pour la préparation à trois, mais on l'ajoute
' Si dans un pot de terre, qui ne ^ 11 y a là un jeu démets entre le terme
communique pas avec les champs au de ce verset mîîl, tu envelopperas, et
moyen d'un trou, il pousse certains pro- nil!?, ejîgie.
duits, ils ne sont pas soumis aux droits ^ Exode, xxiv, 8. Tr. Yehamotli ,
ordinaires. ( Voir Misohna . tr. Demaï, fol. 46^ cil. v. S 10.)
^^2i) THAITK DKS HKHAKHOTIf.
à iHMil jx'rsoiiiH's |)()ui' coMslihici' la dizdiiM'', I.e iikmhc rahljin dil : A iionf porsonnos on poul adjoiiidro iiii osrlavo pour compli'tcr Ic iioiTd^re. Ne peul-on lui objeclor le fail suivani- : II arriva à II. Kliézer qu'étant entre' dans une syna- [jofpie sans y trouver dix individus (j)oui' dire la prière en assemblée), il affranchit son esclave, pour compléter le nombre dix; n'en rësulte-t-il pas que s'il ne l'avait pas affranchi, l'assemblée n'eût pas été complète? C'est qu'il en fallait deux (car il n'y avait que huit personnes); il affranchit donc un esclave et s'adjoignit le second pour servir de dixième. Mais est-ce permis d'affranchir ainsi son esclave? R. Juda ne dit-il pas que c'est une transgression de la Loi qui dit (Lévitique, xxiv, 46) ; Ils serviront toujours? Pour l'accomplissement d'un précepte (la prière en commun), c'est permis. Mais n'est-ce pas obtenu par le résultat d'une défense (ce qui ne saurait plaire à Dieu)? Ici c'est différent, car il s'agit d'une assemblée entière (pour elle, on enfreint la défense).
R. Josué ben-Lévi dit encore : On doit aller de grand matin à la synagogue, afin qu'on ait le bonheur d'être compté parmi les dix premiers assistants, car, en ce cas, on a pour soi le mérite de cent personnes venant après. Est-ce à dire qu'on accapare leur mérite? Non, on en a autant qu'eux tous réunis. R. Houna dit : A neuf individus on adjoint l'arche sainte pour constituer le chiffre dû. Mais, dit R. Nahman, l'arche est-elle un homme? R. Houna dit seulement qu'entre neuf et dix il y a si peu de différence qu'on la réunit à eux; selon les uns, cela arrive s'ils se trouvent réunis (de sorte que l'assemblée est compacte); selon d'autres, s'ils sont au contraire dispersés (ce qui ne permet pas de les compter). De même, R. Ame dit qu'au samedi deux personnes peuvent se joindre pour la préparation à l'action de grâces. R. Nahman lui demanda : Le samedi est-il un homme? Voici ce que R. Amé dit : Deux savants qui s'exercent mutuellement dans l'interprétation de la Loi peuvent se joindre (parce qu'ils valent trois), comme, par exemple, R. Hisda et R. Schescheth.
Selon R. Yochanan, on peut s'adjoindre pour la préparation un jeune adolescent. On a enseigné de môme qu'on peut s'adjoindre pour la préparation tout adolescent qui a deux poils (signes de puberté) , mais non s'il ne les a pas; mais on ne fait pas attention pour le garçon. Cet enseignement n'est-il pas en contradiction avec lui-même? On commence par exiger la présence de deux poils, puis on l'en dispense? Que veut-on faire entendre par là? N'est-ce pas dire que l'on y comprend l'adolescent qui aurait les signes de la puberté sans en avoir l'âge? Non, au sujet de tout cela, on suit l'avis de R. Nahman, selon
' On sait que lorsqu'il y a diœ per- plus grave; c'est aussi le nombre légal sonnes ayant pris part au même repas, la pour la prière, formule de préparation change et devient - Tr. Gniilin, ("ol. 38\
CHAP IT UK VII. à2\
lequel on admet en compte le garçon qui conq)i'end l'objet de la bénédiction'. Comme Abayé et Raba (encore enlanls) étaient assis devant Rabba, celui-ci F. 'i8" leur demanda : Qui bénit-on? Raba montra le ciel du toit (le plafond); Abayé sortit et montra le ciel à découvert. Vous êtes tous deux, leui' dit Rabba, des rabbins capables, et l'on comprend que les hommes disent : On reconnaît les diverses espèces de potirons à leur lloraison (il piédit que ce seront deni'ands savants).
R.Juda, fils de R. Samuel bar-Scbilatb , dit au nom de Rab : A neuf personnes qui ont mangé du blé on peut adjoindre (comme dixième pour la préparation en commun) quelqu'un qui a mangé de la verdure et n'est pas tenu de réciter l'action de grâces. R. Zeira dit avoir demandé à R. Judaconjment agiront buitou seulement sept qui auraient mangé du blé (pour s'adjoindre trois autres ayant mangé de la verdure). Cela n'y l'ait rien, répondit-il; mais pour six, je ne l'ai pas interrogé (il va sans dire que ce n'est pas pejmis). Tu as bien fait, lui dit R. Jérémie, de n'avoir pas fait de question pour six, car s'il est vrai que dans l'un et l'autre cas il y a majorité, il faut encore qu'elle soit imposante.
Comme le roi Jannée et la reine mangeaient ensemble, ils n'avaient personne, par suite de la mort des rabbins, qui leur dit l'aclion de grâces. Qui m'amènei'a, dit le roi à sa femme, un savant qui puisse bénir notre table? Juremoi, dit-elle, que si je te présente quelqu'un de tel, tu ne lui feras pas de mal. 11 le jura. Elle amena alors son frère Simon ben-Schetacb, que le loi lit asseoir entre eux deux, en lui disant : Vois que d'honneurs nous t'accordons. Ce n'est pas toi, dit Simon, qui m'honores, mais la Loi que je représente, comme il est dit (Proverbes, iv, 8) : Estime-la fort, elle f élèvera; elle te procurei^a des honneurs si tu V embrasses. Tu vois au moins, dit le roi, que je ne te reçois pas en ennemi, et il lui fit apporter une coupe de vin pour qu'il récitât l'action de grâces. Comment bénir? demanda le rabbin. Dirai-je : Réni soit qui a donné à manger à Jannée et à ses compagnons? Ruvez ce verre, et il récita l'action de grâces avec un autre verre. R. Aba, fils de R. Hiya bar-Aba, dit, au nom de R. Yochanan , que Simon ben Schetacb agit ce jour d'une manière toute spéciale'^, car, selon lui , on ne peut dispenser d'autres de leur devoir de récitation qu'après avoir mangé du blé pour l'équivalent d'une olive au moins (en ayant alors contracté pour soi-même cette obligation). Mais R. Simeon ben-Gamaliel ne dit-il pas que si l'on s'est attablé avec deux autres personnes, eût-on à peine goûté au repas et mangé un seul grain de raisin, on compte comme troisième v. /i<s^ pour la préparation en commun? Oui, on peut être adjoint, mais non en dis-
' Ti\ Erakhin, M. Z\ Au Talmud de Jérusalem (plus haut.
^ Tve^ie Schahhath , Ïq\. 7>^^ \ Ir. Moëd i" partie, p. i3o), ce récit est plus Kalon, fol. '2b^\ Ir. Taanith, fol. i/i*". — développé.
VJ-J ThAITK l)i:s jn^:U AKIIOTIf.
penser (I aiilics. (i'esi (m; (jirons(;i||rie en ellel lornielleiMeiil li. ihiiia l)iir-.Iu(l;i ail nom de Hahha, el, 11 dil encore : ^^'enl-on ninn|jé (jiMiiie leiiille de \erduro el 1)11 nil senl verre de vin, on esl adjoinl \)(nw complr'h;)- ie nonihn;; mais on ne jxmiI dispenser les aiilres dii d(;voir de la rccilalion (ju'en avanl nfian^jé an moins dii hie pour TiMpiivalent (Tnnc oliv(\
11. Nahnian dit : Moïse inslilua la premiere section dc la lornuile d'action de|>ràces, Jorscpui [sraël recul la manne dans le désert; Josué établit la seconde lors de son entrée en Palestine; David el Salonton fixèrent la troisième; de David |)iovieniient les mots : frisraël ton |)euple et Jérusalem la ville;^? dc Salomon, ceux-ci : rcLa maison grande et sainte. '^ La quatrième section a été in troduiteà Yabné au sujet des morts de Betliar; car, dit R. Matna^ le jour où les morts de Bétliar ont été enterrés, on a établi à Yabné la formule : frLe bon et le bienfaiteur; 11 il est bon, car les cadavres ne sentaient [)as, el il est un l)'ien fadeur, car on a pu les ensevelir.
Les rabbins ont ensei(>né quel est Tordre des sections de Taction de grâces. Dans la première, on remercie Dieu de la subsistance; dans la deuxième, des produits de la terre; dans la troisième on demande la reconstruction de Jérusalem; dans la quatrième , on invoque le bon et bienfaiteur. Le samedi, on commence par une parole de consolation (par le commencement de la troisième section, relatives la construction de Jérusalem) et Ton finit de môme, après avoir intercalé au milieu la sanctification de la solennité. On peut Tintercaler où Ton veut, dit R. Eliézer, même dans la seconde section ou dans la quatrième; selon les sages, on ne Tintercale que dans la troisième. Mais n'est-ce pas là la premièie opinion? Il y a cette diflerence que, selon ces derniers, au cas où Tintercalation a été mal faite, il faut recommencer.
Les rabbins ont enseigné : Comment sait-on que Taction de grâces est prescrite par la Loi? C'est C[u'il est écrit (Deutéronome, \iii, lo) : Tu mangeras, et lorsque tu seras rassasié, tu béniras , ceci correspond à la première section ; l Eternel ton Dieu, cela correspond à l'invitation commune ou préparation; j[>owr lepaijs, (•est la deuxième section; bon, c'est la troisième, connue il est dit (ib. m, 25) : Cette bonne montagne, le Liban; puis qu'il ta donné, cela correspond à la quatrième. Ceci justifie les bénédictions d'après; mais comment sait-on aussi que celle d'avant est prescrite par la Loi? Par a fortiori : Si Ton bénit Dieu étant rassasié'-, à plus forte raison le doit-on lorsqu'on éprouve la faim. Selon Rabbi, qui adopte à peu près les mêmes interprétations et applications de verset, on déduit la légalité de la formule de préparation des mots : Exaltez Dieu avec moi (Ps. xxxiv, A); la (juatrième section a été établie à Yabné (par do^ rabbins), el des mots : Quil fa donné, on déduit la légalité de la prière
' Tr. Tddfiilli , fol. :n"; Ir. /^(dm Batlira , fol. i o r\ — ' Plus liani . fol. :55'.
CUAI'ITliK VIL ^n
antérieure; pour cela on IraduiL ces mots ainsi : qu'il a placé devant loi (a\anl d'en jouir, il faut bénir Dieu). Selon U. Isaac, on ne le déduit pas de ces mois, mais du verset suivant : // hénira Ion pain et les eaux, où l'on peut voir l'indication d'une bénédiction à i'écil(;j', cai' on appelle pain celui que l'on va mettre sur la table (et non après). Selon U. Natlian, on le conclut de ce verset (1 Samuel, i\, i3) : Dès que vous serez entrés dans la ville vous le Irouverez, avanl qu'il monte au haut lieu pour manger, car le peuple ne mangera pas avant son arrivée, parce quil doit bénir le sacrifice; kvwks quoi, les convives mangeront. A (juoi bon tous ces détails? C'est que les femmes sont bavardes. Samuel dit qu'elles voulaient avoir le temps d'admirer la belle taille de Saiil, car il est dil [ibid. 23): // dépassait de V épaule tout le peuple. Selon R. Yoclianan, celte longue réponse a servi d'intervalle entre le règne de Samuel et le nouveau règne de Saûl, pour qu'ils ne pussent nullement se louchera
Tout cela nous justifie la légalité de l'action de grâces; mais comment justifier celle des bénédictions de la Loi? Par a fortiori, répond R. Ismaël; si l'on bénit Dieu pour la subsistance matérielle d'une lieure, à plus forte raison le bénit-on pour la vie éternelle. R. Hiya bar-Nabmeni, disciple de R. Ismaël, dil au nom de son maître qu'on le déduit par analogie. Il est dit d'une part, au sujet de l'action de grâces : Pour le bon pays que je te donnerai, et d'autre part (Exode, XXIV, 1 2) : /e te donnerai les tables de pierre, la Loi et les préceptes (de la corrélation du verbe donner on déduit l'égalité des obligations). R. Méir conclut des versets précités qu'il faut aussi bien bénir Dieu pour le bien qui nous arrive que pour le mal : Que fa donné f Eternel ton Dieu, c'est-à-dire qu'il est toujours ton juge, soit qu'il te récompense, soit qu'il te punisse. R. Juda ben- Rethera dit qu'on le conclut de la répétition du mot.^o/i. Le premiei' s'applique à la Loi, dont il est dit : Je vous ai fait un bonpartage (Proverbes, iv, 2); le second, à la construction de Jérusalem, dont il est dit : Celte bonne montagne, le. Liban.
On a enseigné cet avis de R. Eliézer : Il faut, pour accomplir son devoii-, dire dans la deuxième section de l'action de grâces les mots : fc Un pays agréable, bon el étendu ,t) et mentionner dans la troisième le règne de la maison de David. Selon R. Nahum l'ancien, on doit y mentionner l'alliance divine (la circoncision^), et selon R. Yossé, la Loi; Polemo recommande l'alliance avanl la Loi, car celle-ci a été donnée par trois engagements^, tandis que la première l'a été f. /|«j'.
' Tr. Schabbathy fol. 3o''; tr. Moëd diverses reprises, sur le Sinaï, nu milieu
Katon, fol. qB''; tr. Yôma , fol. 38''. du Tabernacle, à Garizini et dans les
^ C'est pai'ce qu'elle a été remplie par plaines de Moab. Voir Deuléronome, xi,
Abraham que Dieu promit à ses descen- -29; xxvn, 11 à 26; xxvni, 69; xxix , 8.
dants la possession de la Terre-Sainte. Comp. tr. Sotah, fol. 37" et 37''.
' En répétant le mol n''"i2, alliance, à
/i2/i Tli VITK I)I<:S ni:i{ AKIIOTII.
j)ai' [iv'i/Ai '. IL Aba tlit(ju'il laiil iciidro fjitUo (n''"nD), au commciiceirient et à la lii) (le la (leuxirino soclion, au moins une fois, sans quoi co serait inconvenanl. Celui (|iii termine la deuxième section par la formule : fc Oui nous fait hériter des (erres, 1^ et la troisième pai- ces mois: f^ll secourt Israël,^ est un ignorant (c'est contraire aux formules adoptées); enlin si Ton omet de mentionner Talliance et la Loi dans la deuxième section, et le règne de David dans la troisième, on n'a pas accompli son devoir. Ceci est à l'appui de U. Ilaà, qui le dit expressément au nom de U. Jacob bar-Acba, de la part de notre maître. — Aba Yossé ben-Doustaï et les rabbins sont en désaccord sur le point suivant : D'après i'un, il faut mentionner le règne divin dans la quatrième section , et c'est inutile d'après les autres; celui qui l'exige pense que cette section est prescrite parles rabbins (elle forme donc une section spéciale, et il est bon de mentionner la royauté); mais comme d'après les autres elle est prescrite par la Loi, elle n'a rien de spécial.
Les l'abbins ont enseigné ceci : Quelle est la formule finale de la troisième section? Selon H. Yossé bar-R. Juda, on dit : «Il sauve Israël. r) Mais ne dit-on pas : rcll reconstruit Jérusalem ?n C'est vrai; aussi dit-on les deux. Comme Rabbah bar-R. Houna se trouvait chez le chef de la captivité, il disait au commencement de la troisième section l'une de ces deux formules (Israël ton peuple , ou Jérusalem ta ville), mais pour terminer il disait les deux (il sauve Israël et reconstruit Jérusalem). Quel avantage y a-t-il, demanda R. Hisda, à terminer par une formule double-? En effet, Rabbi le défend. Mais objecta Levi à Rabbi, on dit bien à la fin de la deuxième section : rr Pour le pays et pour la nourriture t) (ce sont aussi deux choses). Ce n'est au fond qu'une chose, par le producteur vient le produit. De même, on dit : rcPour le pays et les fruits 77 qui sont produits par lui; ffil sanctifie Israël et les fêtes, 17 parce qu'Israël les sanctifie; rcil sanctifie Israël et les néoménies,^? car elles sont considérées par Israël; il n'y a d'exception faite par Rabbi que pour la formule : rr II sanctifie le sabbat, Israël et les fêtes^. -n Pourquoi cette seule exception? C'est que cette formule double ne contient qu'un acte (la sanctification), tandis que la double formule finale de l'action de grâces contient deux choses distinctes (le salut d'Israël et la reconstruction de Jérusalem). Mais pourquoi ne peut-on employer de formule double? Parce qu'on semblerait entasser les préceptes^ (en en précisant plusieurs à la
^ Dans le chapitre de la circoncision, que de Rascbi, on fait une exception,
Genèse, xvii, 9 à 29, le mot alliance est parce que c'était le tribunal, — et non
mentionné treize fois. Israël, — qui sanctifiait les fêtes, au
'^ Pourquoi au contraire ne pas placer moyen de TiiUerrogation des témoins sur
au commencement la double formule , et, l'instant précis de la néoménie. à la lin, la simple? * Traité Pcsahim, fol. 10-2^; tr. Sota,
Pour cx'Vc dernière, selon la remar- fol. 8"
CMAPITHK VII. A25
fois). Ell somme, que faire? R. Scliesclielli dil : Si Ton a commence par les mots ffton peuple Israel, ^^ on termine par la formule : frll sauve Israël, w et si Ton a commencé aux mots rr Jérusalem ta ville, t? on (ermine : f^Il reconstruit .lérusalem.^? Selon R. Naliman, on termine en tous cas par cette dernière formule, comme il est dit : U Eternel reeonstruit Jérusalem; il réunit les exilés d' Israël (Psaume cxlvii, 2); quand la reconstruira-t-il? Lorsqu'il réunira la dispersion r
d'Israël. — R. Zeira dit à R. Hisda : Si vous le voulez, nous nous mettrons à enseigner. Comment le faire, répondit-il, lorsque nous ne savons même pas complètement l'action de grâces? Qu'est-ce à dire? répliqua le premier. C'est que, répondit R. Hisda, lorsque chez le chef de la captivité j'ai récité l'action de graces, R. Schescholh a redressé le cou contre moi comme un serpent (profondément étonné), parce que je n'avais mentionné ni l'alliance, ni la Loi, ni la royauté divine. — Pourquoi as-tu omis tout cela? — C'est que je suivais l'avis de R. Hananel au nom de Rah, qui dispense de la mention de ces trois sujets, parce que l'alliance n'a pas lieu sur les femmes, et que ni la Loi ni la royauté ne sont applicables en entier aux femmes ou aux esclaves. — Tu as eu tort d'abandonner l'avis de tous les tanaïm et amoraïm pour adopter celui de Rab.
Rabba bar bar-Hana dit, au nom de R. Yochanan, qu'il faut menlionner la royauté en tête de la qualrième section. Cela ne va-t-il pas sans dire? Non, il s'agit d'indiquer, ainsi qu'on l'a dit plus haut (f. ^o''), que sans cette mention la bénédiction est incomplète. Aussi R. Yochanan dit-il seulement qu'il faut la rappeler une fois, tandis que R. Zeira demande une double mention, une fois pour cette section et une fois pour la précédente. S'il en est ainsi, pourquoi ne pas en demander une troisième pour la deuxième section (qui ne contient pas non plus le mot royauté)? Pour celle-ci, ce n'est pas nécessaire, parce qu'elle est rapprochée de la première (qui contient ces mots) , tandis que pour la troisième , quoique pourvue des mêmes conditions , il est bon de le dire, parce qu'il ne serait pas convenable, après avoir mentionné la royauté de David, de ne pas rappeler au moins celle de Dieu. Voici, selon R. Papa, ce que voulait dire R. Zeira : Il faut mentionner deux fois la royauté en dehors de la formule initiale (aussi dit-on : rrRoi de l'univers. Dieu, notre père, notre roi, etc»).
R. Zeira se trouvait derrière R. Gadal, lequel se trouvait devant R. Houna et enseignait ce qui suit: Si l'on a oublié dans l'action de grâces la mention du sabbat, on dit ensuite : rrSoit loué celui qui a institué le sabbat comme repos de son peuple Israël, par amour, comme signe d'alliance; soit loué celui qui sanctifie le sabbat, i-» Quel est l'aufeur de cet avis? C'est Rab. Il dit ensuite : Si un jour de fêle on a oublié de meiitionner cette solennité, on dit : rSoit loué celui qui donne les jours de fête à son peuple Israël, comme joie cl souvenir; soit loué celui qui sanctifie Israël et les fêles.?? C'est encore, dit-on, l'avis de
frlG TU \ITK DKS HKH A KllOTII.
\\i\\). 11 <()iiliiiiia à cnsei|}ncM' : Si Ton a oujjjic' dc raj)|)('l(;r la ii('oiii('iii<', oiidil: rrSoil loiin (M'liii (|iii a insliluo les iicoménies pour son ])f'ii[)l(; (risi-acl, (mi sou- \(Miii';Ti mais nous i[jnorons si Ton dil Ic niol rj)oui' la joi(;,r/ ou non, si l'on v ajoul(3 une fornuilc finale (de louanifc), ou non, et si c'est en son propre nom ou au nom de son maître qu'il lenseignait. I'. /l9^ Gadal bar-Manjomi se trouvait en presence de li. Naliman. Comme ce dernier s'était trompé dans sa récitation, il la reprit au commencement Pourquoi , lui dit-il , aijis-tu ainsi? C'est, répondit-il , l'avis de R. Schela , au nom de Rab, qu'il faut recommencer. Mais R. Houna n'a-t-il pas dil, au nom de Rab, qu'en cas d'oubli on récite la formule supplémentaire? Ce n'est vrai, à ce que dit R. Menascbiabar-Tabelipba, au nom de Rab, qu'avant d'avoir commencé la quatrième section (là, on intercale le supplément); mais, une fois qu'elle est commencée, il faut redire le tout. R. Idi bar-Abin dit, au nom de R. Amram, ou de R. Nahman, ou de Samuel : Si l'on a oublié de mentionner la néoménie dans la prière, il faut recommencer; si c'est dans l'action de grâces qu'on Ta omise, c'est inutile. Pourquoi, demanda R. Abin à R. Amram, élablit-on cette distinction entre la prière et l'action de grâces? En effet, dit-il, cela m'a paru singulier, et j'en ai fait l'observation à R. Nabman , qui me dit : De maître Samuel lui-même je n'ai rien appris; mais voyons nous-meme ce qu'il en est (et l'on peut dire) : Pour la prière, qui est une obligation, on recommence, mais non pour l'action de grâces, parce que c'est un acte volontaire de manger. Si c'est là le motif, ne serait-on pas obligé de recommencer aux jours de samedi et de fête , parce que le repas, en ces jours, est obligatoire? En effet, répondit-il, R. Scbila a dit, au nom de Rab, qu'en cas d'erreur il faut recommencer. Mais R. Houna ne dit-il pas, au nom de Rab, qu'en cas d'oubli on dit la formule supplémentaire? Ce n'est vrai, dit-on, que si l'on n'a pas encore commencé à réciter la quatrième section; mais au cas aflirmatif, il faut recommencer le tout.
ce Pour quelle quantité se prépare-t-on enseuible? etc. •)?
Est-ce à dire que, selon R. Méir, il faut avoir mangé au moins la grandeur d'une olive, et, selon R. Juda, celle d'un œuf? IN'a-t-on pas appris l'inverse dans l'enseignement suivant^ : crSi à la sortie de Jérusalem on se souvient d'avoir en main de la cbair consacrée'^, et qu'on ait déjà dépassé le scopos^, on la brûle sur place; sinon, on retourne pour la brûler à l'endroit spécial du Moria avec du bois de l'autel; pour combien faut-il revenir? Tant pour ceci
^ Tr. Pesahim, fol. k(f et 81''. ^ Cet emplacement était une espèce
■^ Elle devient profane, si elle est trans- d'observatoire du Temple. Voir plus haut, portée au delà des murs (\q Jérusalem. 1" pailie. p. ijd.
cil A PIT HE VII. /i'27
que pour dii pain levé à la veille de Pâques, la mesure est, selon R. Méir, de la grandeur d'un œuf, ou selon R. Juda , de celle d'une olive?^ (n'est-ce pas le contraire de ce que ces deux rabbins disent ici?). En efTfil, n'pondilR. Yocbanan, la proposition est renversée. Abayé dit qu'il est inutile de supposer l'interversion; mais dans notre Miscbnâ la discussion repose sur l'interprélation du verset; il sufTit, selon R. Méir, pour constituer la nourriture, de la grandeur d'une olive \ parce que l'expression tu seras rassasié s'applique à la boisson; selon R. Juda, cette dernière expression implique qu'il faut avoir mange' au moins la grandeur d'un œuf; au contraire, dans l'autre enseignement, c'est une question de raisonnement; selon R. Méir, l'obligation de revenir à Jérusalem dépend de rinq)ureté , et elle doit avoir lieu pour la même grandeur que celle susceptible d'impureté, c'est-à-dire un œuf; selon R. Juda, le retoui' est en barmonie avec la défense, qui s'applique à l'équivalent de l'olive.
3. Quelle est la formule de préparation pour l'ensemble? A trois, on dit : rr Bénissons (celui grâce auquel nous avons pris le repas). 11 A trois plus un, on dit : cr Bénissez. •): A dix : cr Bénissons Dieu. 11 A dix plus un, que l'on soit dix ou dix mille : rr Bénissez, etc. it
A cent: ce Bénissons l'Eternel notre Dieu. -n A cent plus un : rcBénissez.ii A mille : rr Bénissons l'Eternel notre Dieu, Dieu d'Israël, t) A mille plus un : rr Bénissez. ii A dix mille, on dit : rr Bénissons l'Eternel notre Dieu, Dieu d'Israël, Dieu Sebaôtli, qui trône parmi les chérubins, pour la nourriture que nous avons prise, n A dix mille plus un : rr Bénissez. ii De la façon dont on prononce la formule, les assistants répondent: rr Eternel notre Dieu, Dieu d'Israël, Dieu Sebaôtli, toi qui trônes sur les chérubins, sois loué, pour la nourriture que nous avons prise, -n B. Yossé le Galiléen dit : On bénit selon le nombre de l'assistance , car il est dit (Ps. lxvui ,27): cr Bénissez Dieu l'Eternel dans les assemblées, au sein d'Israël.*)?
/i. B. Akiba dit : Que voyons-nous faire dans la synagogue? Que l'on soit j)lus ou moins nombreux, la formule est toujours : rr Bénissez Dieu. •)? B. Ismaël dit : rr Louez Dieu le béni.??
Samuel dit : On ne doit jamais se considérer exclu de l'ensemble (et s'adressera la deuxième personne, mais à la première); et si Ton ditdans cette Miscbnâ :
' Tr. ïôina, fol, 79'', 85'"' et i'2i'\
V28 TKAITK DKS HEUAkllOTII.
rrà trois phis mi, on dit bétiissez,v cela veiil dire que cette loiiniiiie est aulo- F. jo", risée; mais il vaut mieux ciicok! dire fc bénissons t^ (y coin[)r(M).iiit celui qui parle), car l\. Ada bar-Aliaha raconte qu'on disait chez R. Hanina : Six personnes peuvent se diviser en deux sections (et neuf en trois) , mais non dix'; or, s'il valait mieux employer la formule bénissez, pourquoi ne pas se diviser indéfiniment (auquel cas cette formule s'emploie)? cela prouve donc qu'il est préférable d'employer la formule rchénissonsi^ (usitée en commun). On a enseigné de même : Il importe peu qu'on dise rr bénissez 77 ou rr bénissons, 75 il n'y a que ïes gens méticuleux qui y fassent attention. Cependant, c'est d'après la manière de réciter les bénédictions que l'on reconnaît si quelqu'un est savant ou non. Comment cela? S'il dit, selon Rabbi, ^rpar sa bonté, w cest un savant; s'il dit rr Jesa bonté, "n (une part de sa bonté), c'est un ignorant^. Mais, demanda Abayé à R. Dimi , n'est-il pas écrit (II Samuel , vu , 2 9 ) : /)e ta bénédiction , la maison de ton serviteur sera bénie à jamais (où l'on emploie aussi la préposition partitive)? Là c'est différent, on demande quelque chose (et en ce cas on ne sollicite qu'une faible part). Mais n'y a-t-il pas aussi un exemple où l'on sollicite le tout? ^'estil pas dit (Psaume lxxxi, 11): Ouvre la bouche , que je te la remplisse (en entier)? C'est cjue là il est question de l'étude de la Loi (dont on ne saurait trop demander). Si l'on dit, selon Rabbi, rrpar sa bonté, nous vivons, 7? c'est qu'on est savant; mais celui qui dit : fc C'est la vie ,77 est un sot^. Neharbelaï enseignait l'inverse*, mais son avis ne sert pas de règle. Selon R. Yocbanan, le sage dit: ff Bénissons celui grâce auquel nous mangeons; 75 le sot dit : cfi celui, etc. 77 (ce qui pourrait se rapporter au maître de maison). Mais, demanda R. Acha, fils (le Raba , à R. Asche , ne dit-on pas ( le soir de Pâques) : r à celui qui a accompli pour nous et nos ancêtres tous ces miracles)? (même forme)? Là, dit-il, il est évident que Dieu a accompli tous les miracles (et la forme est indifférente). Selon R. Yocbanan, le sage dit : crBéni soit celui par qui nous avons mangé; 17 le sot dit: rrPour la nourriture que nous avons mangée. 77 Cela ne s'applique toutefois, dit R. Houna, fils de R. Josué, qu'à la réunion de trois personnes, dont la formule ne contient pas le nom divin, mais non pour dix, dont la formule contenant le nom divin indique clairement à qui l'on s'adresse. C'est bien ce que dit la Mischnâ : On répond de la même façon que l'on bénit, savoir : frSois loué. Eternel, Dieu d'Israël, Dieu des armées, qui trônes sur les chérubins, pour la nourriture que nous avons pi'ise.75
' Puisque, en arrivant à ce chiffre, Ton ^ Il semble, parson expression, s'ex-
prononce dans la formule le nom divin. clui'e de la pluralité.
^ En s'expriniant ainsi, on semble li- '^ Tv. Synhédriuj, fol. 17
miter la bonté de Dieu.