J. Cohen, Archives iaraùlUes, 1841, p
La Hagada se compose de ces récils Icpondnii es que Ton trouve épars ça et là dans le Talmud, sans ordre et sans choix, de ces apologues qui, sous une forme étrange, cachent souvent des vérités utiles. Chaque peuple, chaque religion conserve soigneusement ses vieilles traditions symboliques, qui se perpétuent à travers les âges, en se grossissant de nouveaux faits et de détails prodigieux. Que Ton se reporte aux époques naïves et crédules du moyen-âge; si Ton se meta lire des légendes des saints, admises encore par TÉglise catholique comme d'incontestables vérités, on trouvera une foule de récits qui, outre qu'ils n'ont aucune sanction historique, sont encore empreints d'une tendance immense vers le mysticisme et le surnaturel. Quoi donc d'étonnant de retrouver aussi chez les Hébreux, dans un livre fait en des temps où certes, la civilisation et Tes. prit de critique étaient encore dans les langes de l'enfance, de ces antiques paraboles auxquelles le génie oriental imprimait son esprit d'exagération merveilleuse ?
Parfois, et c'est le cas dans les traités Sabbat et Eroubin, les rédacteurs semblent s'être inspirés de l'avis du Rabbi qui fulmine contre la mise par écrit de la Haggada (tr. Sabbat, XVI, 1 ; t. IV, p. 162), de sorte que les passages historiques ou au moins légendaires sont fort clairsemés.
D'autres fois, à côté de pages peu récréatives, il y en a un grand nombre qui sont des plus intéressantes comme légendes ; elles animent le sombre tableau de la dialectique, par une sorte de compromis fréquent entre la fable et la réalité. « Partout où il y a des hommes, dit Ed. Laboulaye en tète de ses Contes bleus , il faut du merveilleux pour les consoler de la vie y>. C'est plus que jamais indispensable dans le long martyrologe d'Israël. Ainsi, l'on remarquera, (au t. VI) les explications mystiques sur le chaos et la matière première, la légende d'Elischa b. Abouya un ancêtre de Faust, dont le scepticisme religieux est au moins singulier (p. 271-3). De même, on peut noter une histoire de sorcières (p. 279). non loin d'une belle page sur la libeité de penser et les miracles (p. 322). L'allégorie, dit M. Ad. Franck S se trouve ici expliquée elle-même ou