Vie de Hillel, par M. le grand rabbin Trénel
Les deux cliefs des deux écoles diiïéiaient d'opinion sur beaucoup de points. Ainsi, l'école de Schamaï disait : «Au jour du jugement, trois classes d'hommes se présenteront devant Dieu : celle des justes, celle des méchants, celle des hommes tenant le milieu entre les deux. Les justes seront inscrits au livre de la vie éternelle ; les méchant seront condamnés à l'enfer ; les autres, comprenant la grande majorité des hommes, iront au purgatoire, et là, purifiés par les tourments, la pénitence et la prière, ils deviendront, avec le temps, dignes d'entrer dans l'asile des justes d. « Non, dit l'école de Hillel, Dieu est grand par la miséricorde, sa justice doit toujours incliner vers la clémence. Les hommes de la classe intermédiaire ne traverseront pas le purgatoire ; leurs mérites effaceront leurs fautes ».
Une grave question agitait les écoles d'Orient: on se demandait si l'existence était un bienfait pour l'homme^ et si la mort ne serait pas préférable. Celle question fut débattue pendant deux ans dans les écoles de Hillel et de Schamaï. 11 vaut mieux disait l'école de Schamaï^ ne pas exister. Celle de Hillel dit : « L'existence est une grâce pour Vhomme y>. La majorité des docteurs talmudistes prit un moyen terme : « 11 vaudrait mieux pour l'homme ne pas avoir été appelé à la vie; mais, puisqu'il existe, qu'il accepte courageusement la vie avec les obligations qu'elle impose; qu'il examine sans cesse l'importance de l'œuvre qu'il doit accomplir * ». Ainsi, les plus hautes spéculations de la philosophie y étaient abordées.
On sait tout cela depuis longtemps, et l'on a déjà dit souvent que le Talmud contient d'innombrables documents de la plus haute importance. Mais comment les trouver? Comment les aborder? Si l'on veut se renseigner sur un sujet donné, on a recours d'ordinaire à la voie la plus détournée, au moyen le moins direct : il faut savoir par hasard si un auteur a eu occasion de citer le passage qu'on désire étudier, il faut connaître l'ouvrage, le chapitre, la page, et l'on aboutit souvent à une fausse indication. Comment remédiera ces inconvénients? En plaçant sous les yeux du lecteur une traduction fidèle et méthoilique de l'ouvrage, ac-