M. Deutsch, 1. c
couverte des imlications contenues dans certaines lettres el certains signes de rÉcriiure, superflus en apparence. On supposait que ces signes avaient rapport à des lois qui n'étaient pas expressément mentionnées, mais qui existaient dans la tradition, ou avaient été récemment promulguées. Cette méthode, appliquée d'une manière plus générale, donna naissance à une sorte de memoria technical à une sténographie semblable au notarikon des Romains. On ajouta des points et des notes à la marge des manuscrits ; ainsi fut jetée la base de la Massorah ou de la conservation diplomatique du texte. — La troisième lettre D (derusch), était l'application familière de ce qui avait été à ce qui était et à ce qui serait, de paroles prophétiques et historiques, à Télat actuel des choses. C'était une espèce particulière de sermon, ayant pour auxiliaires la dialectique, la poésie, la parabole, la sentence, le proverbe, la légende, etc., exactement comme cela se voit dans le Nouveau Testament.
La quatrième lettre S {Sôd)^ ou secret, mystère, impliquait la science mystérieuse, à laquelle bien peu étaient initiés. C'était la théosophie, la métaphysique, Tangélologie, une foule de visions fantasques et brillantes de choses surnaturelles. De faibles échos de celte science se retrouvent dans le néo-platonisme, dans le gnosticisme, dans la cabale, dans Hermès Trismégiste. Mais bien peu de personnes étaien' initiées aux choses de la « création » et du « chariot d, comme on appelait cette science, par allusion à la vision d'Ezéchiel. L'attrait du vague et du mystérieux a été si puissantqu'à la longue, le moifaradis ne désigna que cette dernière branche, la science secrète, ésotérique. Plus tard, dans le gnosticisme, il en vint à signifier le Christ spirituel.
Cependant, les auteurs eux-mêmes posent en principe que leurs décisions n'ont rien d'absolu, ni d'immuable, et peuvent toujours être modifiées par celle d'un pouvoir égal à celui dont ils étaient revêtus *. Ce qu'ils voulurent faire, ce fut uniquement de fixer le sens et les règles de la loi écrite ; car^ ainsi que le dit Moïse de Coucy : <r si Ton n'eût ajouté à la lui écrite, Tinterprétalion de la loi orale, toute la loi eût été obs-
l. Voir enli'autros Mischmi, V« partie, tr. Edomjôth^ du I, ^^ 5 et suiv.
cure et sans clarté, parce que TEcriture Sainte est pleine de passages qui semblent être en opposition et contradictoires! d.
Poursuivons le cours des événements.
Quelques années après la rédaction définitive de la Misclinâ , un rabbin nommé Yohanan, et qui pendant quatre-vingts ans, à ce que dit la chronique, avait été chef d'académie à Jérusalem, entreprit, aidé seulement des disciples de Juda-le-Saint, d'augmenter la Mischnâ d'additions personnelles et de diverses discussions. Ces textes, à leur tour, furent discutés, développés, formant un complément^ ou la Guemara. Celle-ci, unie à la Mischnâ, forme ensuite un livre entier nommé : Talmud 3. Ce corps étendu de doctrines fut développé simultanémentàl'Estetà l'Ouest. Chez les uns, il reçut le titre plus emphatique que réel de Talmud de Jérusalem, quoique rédigé à Tibériade. C'était le produit des écoles delà Palestine, écrit dans ce qu'on peut appeler Varaméen oriental, par opposition au dialecte de la seconde Guemara, ou Talmud babylonien,. écrit par des Âraméens occidentaux ^ . Aussi, le Talmud de Jérusalem, en pariant de ces écoles-là, les appelle V occident. Dans ce Talmud, le texte mischnique porte le nom de Halakha (règle), et ce titre a le sens de : paragraphe.
Comme le dit Mr. R. T. Herford dans le Christian Reformer (febr. 1886, p. 99), pourquoi le premier Talmud ou le plus ancien porte-t-il ce nom de « Jérusalem »? On l'ignore; c'est un point obscur, car on sait bien qu'il n'y avait plus d'école rabbinique à Jérusalem après la destruction du Temple en l'an 70 de l'ère vulgaire. Après cet événement, le siège principal des études a consisté un moment dans la fameuse école de R. Yohanan b. Zaccaï, établie à Yabneh (lamnia). Mais, pendant la plus grande partie de la période d'élaboration de ce Talmud, le quartier-