De l'un de cetixqui portaient ce nom
la Loi et les règles du devoir, c'est-à-dire ce que Ton nommait la loi orale^. Tel, peu de temps avant cette époque, Adrien avait donné force
de loi, en les réunissant en un corps de doctrine, aux décisions des jurisconsultes, ou Réponses des prudents Romains, qui formaient avant lui une source du droit non écrit. Le livre qui fut dressé par Juda-le- Saint, à la suite des décisions du synode qu'il avait assemblé, reçut le mon de Mischna <( Répétition de la loi » ; et fondés ainsi par l'adhésion de la majorité israélite, les principes qu'il contenait devinrent obligatoires pour tous 2 j).
« Par degrés presque imperceptibles, les explications et les recherches, qui avaient pour but d'édifier et d'instruire sur un point spécial, firent naître une science qui prit aussitôt les proportions les plus vastes. Son nom technique est déjà contenu dans les chroniques ^ : c'est celui de MiDRASCH (de darasch. étudier, expliquer). Le fait est qu'il y avait des méthodes innombrables pour étudier l'Écriture *. D'après la manière bizarrement ingénieuse de l'époque, on retrouvait les quatre principales méthodes dans le mot persan paradis, épelé à la façon sémitique, sans voyelles, P, R, D, S. Chacune de ces lettres mystérieuses était prise mémoniquement pour l'initiale de quelque mot technique qui indiquait une de ces quatre méthodes. Celle qu'on appelait P (peschat) visait à la simple intelligence des mots et des choses, d'accord avec la loi élémentaire de l'exégèse du Talmud, « qu'aucun verset de l'Écriture n'admettait pratiquement d'autre sens que le sens littéral >, bien que, dans un sens familier ou différent, on pût l'expliquer d'une foule d'autres manières.
La deuxième lettre R (remez), signifie insinuation^ c'est-à-dire la dé-
1. Celte dénomination est erronnée désormais, dit M. Jos. Derenbourg dans son art. Talmud de VEncyclopédie aes sciences religieuses; la rédaction écrite remonte à Rebina et Asché.
2. C'est environ en l'an 219 de l'ère chrét., suivant la supputation de David Ganz, que la Mischnâ fut terminée. Selon d'autres, Juda le Saint aurait réuni seul les principes de cet ouvrage, et toute la nation l'aurait approuvé, par l'ordre de Gamaliel, son fils et son successeur dans la dignité de Naci, et de l'académie. Cela ne changerait rien à l'origine de la Mischnâ (voir l'ouvrage Cemah David édit. princ, Prague, 159'2, f. 43'').