Gomp. même série, tr. Baba bathra, ch. V,§l(f. 15H
TPvAlTK KILAIM t>4l
pour la consommation) so rciid coupable do vol (selon Josuc) (;l qu'au cas c()nirinf(' ;en no semanl (pie pour avoir tie la semonce), ce n'est ])as un vol? Non, fut-il répondu : on m; distingue pas entre le cas où l'on a s<îuié t(d pro- <luit jioui- en tirer des semences, et l(! cas où l'on s'en sert pour former des gerbes (c'est toujours interdit). Mais notre iMischnà dit : « Si dans un champ où Ion a semé du fenugrec, diverses herbes ont poussé, le propriétaire n'est pas tenu de les arracher; » n'en résulte-t-il pas que si ces herbes, au heu d(; croître spontanément ont été provoijuées, il faut les enlever ? On les considère, répond K. Aha au nom de R. Meischa, comme si elles étai(3nt coupées et placées devant lui (mises à sa disposition ; voilà pourquoi on n'est pas tenu de U)s arracher). S'il en est ainsi, au cas où l'on trouve des éléments hétérogèn(!s dans un vignoble, devra- t-on les considérer comme volés, par la raison qu'ils sont imaginairement coupés et enlevés? En elfet, dit R. Yossé, R. Alja veut seulement dire, à Fégard du cas cité dans notre Mischnà, qu'à la fin on les suppose enlevés. S'il en est ainsi, en cas d'union d'éléments hétérogènes dans un vignoble, devra-t-on de suite les considérer comme un vol, parce qu'à la (in on les suppose coupés ? Non, pour les produits ordinaires, il trouve auprès de ses voisins le concours nécessaire pour rentrer ses produits en grange ; tandis que pour le fenugrec, en raison de sa rareté, il ne trouve pas d'aides (voilà pourquoi, dès le principe, il serait heureux de les supposer coupés el rentrés). Toutefois, dit R. Naliman au nom de R. Mena, on peut admettre que son champ de fenugrec est bordé par un autre champ d'une contenance semblable; en ce cas, les propriétaires s'aident mutuellement pour la rentrée de celtes moisson.
Ces paroles des rabbins (l'avis de R. Yossé autorisant l'usage du fenugrec destiné à la semence) sont en contradiction avec ce que dit R. Zerikan au nom de R. Yanaï : on peut, la 7'' année agraire, user do toutes les pousses spontanées, excepté de celles qui poussent dans les champs en friche, ou dans les champs cultivés ou dans les vignobles, enfin, ajoute-t-il, à l'exception du champ de fenugrec où l'on a semé pour recueillir la semence (le tout est donc abandonné, contrairement à l'avis de R. Yossé qui semble parler du cas où l'on veut les garder)? Un fait survenu à R. Yohanan, répondit R. Yossé, sert d'appui à mon opinion : quelqu'un ayant acheté à un païen tout un jardin !'empli de diverses verdures, vint demander conseil à R. Yohanan sur ce qu'il devait faire de ces mélanges (que l'on peut considérer comme spontanés, n'étant pas plantés par un Israélite). Va les cueillir, lui répliqua R. Yohanan (indiquant qu'il est interdit de les laisser) ; et en allant au marché, vends-les. Sur ce, R. Abahou objecta en présence de R. Yohanan : connnent se fait- il (pi'ici il soit tenu de les enlever, tandis qu'aux termes de la Mischnà, il en est dispensé, si diverses espèces ont poussé dans la grange? C'est qu'en ce cas, l'emplacement prouve que c'est venu contre le grù du maître, et qu'il ne veut pas les maintenir (tandis que dans le jardin du cas précité, il y a apparence
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contraire). l)(>ii(' (au cas où l'on a semù le fenngrec pour a semence, sa valeur est nulle et ne constitue pas un vol), H. Yohanan aurait pu réfuter l'objection de R. Abahou, en disant que dans ledit jardin du païen les plantes ayant do la valeur constituent un vol, et dans le cas prévu par la Mischnâ ce n'est pas un vol (donc, même pour H. Abahou, si le fenugrec a poussé spontanément, sa valeur est réelle, interdite comme vol, sans qu'il y ait obligation de l'arracher du champ; ce qui revient à dire que H. Yohanan partage cet avis). Comment se fait-il que l'on réponde à une objection au sujet d'un objet interdit comme vol, par un exemple auquel le vol n'est pas applicable? Il en est de ce cas comme dit H. Imi : c'est la 10*" part des réponses qu'il y aurait pu faire ; ou encore, il en est de ce cas comme dit R. Nassa, qu'd y a tel homme ayant plusieurs motifs de son avis et qui n'en énonce qu'un.
7 (6). Si quelqu'un veut ensemencer diversement les différentes bandes de son terrain, il faut, selon Schammaï, laisser entre chacune d'elles, trois sillons vides (en séparation) ; selon Ilillcl, on laisse la largeur d'un joug en usage dans la plaine *. Du reste, les deux avis sont à peu près d'accord et reviennent au môme.
R. Zeira et R. Eliézer disent au nom de R. Hiya : dans un champ carré on laisse comme vide entre les sillons plantés des espaces de 2 coudées chacun, en rétrécissant toujours (en triangle) jusqu'à un intervalle infime 2. Toutefois, dit R. Yôna, cela n'est applicable que si tout le champ est composé de bandes diverses; mais s'il n'y a qu'une bande d'un corps étranger, cette mesure n'est pas applicable (et une séparation quelconque suffit). Cette règle est confirmée par l'exemple de R. Yanaï, qui disait : dans mon champ (de 100 coudées), je puis semer 50 espèces diverses, 25 d'un côté et 25 de l'autre (toutes séparées par deux coudées). Il en est de même pour 2 champs appartenant au même maître (cette faible séparation suffit). Comme conséquence, on en déduit que c'est aussi la mesure légale entre le champ d'une personne et celui d'une autre (tous deux diversement ensemencés), ainsi que pour 2 champs séparés par une ruine. Peut-être aussi lui applique-t-on l'opinion de R. Simon b. Lakisch, qui dit au nom de Hiskia : à l'angle extrême d'un terrain aboutissant à une ruine, on peut semer n'importe quoi (cette dernière servant de séparation) ; selon Rabbi, on laisse le commencement du carré et l'on continue en rétrécissant les 2 côtés jusqu'à les faire presque toucher (triangulairement), en atteignant les 3 sillons vides. Mais Rabbi n'est-il pas d'avis que, pour distinguer entre un champ de blé d'une espèce et un autre, il faut une séparation d'un carré? (Comment donc se fait-il qu'ici il se con-
1. Là, ils sont plus larges que sur les î2. Selon R. Elle Wilna, voici le nio-
montagnes. Selon d'autres, c'est la vallée dèle : VAV, et ainsi de suite. du Saron.
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tente de laisser le commencement du carré)? C'est que là il s'agit d'un champ entier (il faut alors que la séparation soil également d'un carré) ; mais ici, il ne s'agit que d'une bande de terrain (contenant un élément étranger; le commencement du carré suffit). Est-ce à dire que. les autres rabbins partageant l'avis de Rabbi au sujet de la bande du plant étranger au champ? (Ne diffèrent-ils pas d'avis)? Ils diffèrent, dit R. Judan, en ce que l'avis de Rabbi prédomine pour la fin de la bande ensemencée (elle devra toucher aux 3 bandes vides) ; l'avis des autres rabbins, au contraire, prédomine pour le commencement de la bande (et il faut, dès lors, aller en rétrécissant l'espace). R. Eliézer demanda : quelle est la règle à suivre pour un petit champ? (Quelle sera la séparation)? On peut résoudre cette question parce qui suit: R. Eliézer bar Simon père de Yossé ben Yohanan habitant de Nouah dit que, dans un grand champ, la séparation devra poursuivre une ligne de 50 coudées, et dans un petit la démarcation devra être faite sur la plus forte partie. Or, puisque ces sages qui ont fixé une mesure pour les grands champs, n'en ont pas déterminé une pour les petits, à plus forte raison les autres rabbins, n'ayant déterminé aucune mesure pour les grands champs, n'en déterminent pas pour les petits.
8 (7). Si l'angle extrême ^ d'un plant de froment entre dans un plant d'orge, cela ne fait rien, parce que l'on voit que c'est la fin du champ (et qu'il n'y a pas eu de semences mélangées). Si quelqu'un a un champ ensemencé de froment et que celui du voisin contienne une autre espèce, il est permis au prem.ier d'adosser à son champ (au point de rencontre) celle autre espèce (elle semble appartenir à la fin du champ du voisin). Mais si son champ contient du froment et celui du voisin également, il est permis d'y adosser un sillon de lin -, mais non d'une autre espèce. Selon R. Simon, on peut y semer non-seulement du lin, mais encore d'autres espèces ^ Selon R. Yossé, on peut, même au milieu du champ, faire l'essai d'un plant de lin.
R. Simon b. Lakisch dit au nom de Hiskia : à l'angle extrême d'un terrain borné par une ruine, il est permis de tout semer. Selon R. Yohanan, on ne permet que l'extrémité d'un angle tel qu'il est précisé dans la Mischnâ ; mais à l'angle extrême borné par une ruine, c'est interdit. Hiskia dit : si l'on possède un champ d'une superficie d'un carré, augmentée d'une parcelle de terrain, on peut, dans cette petite partie semer tout ce que l'on veut; selon
4. Le mot Tin désigne parfois un bijou mais d'un simple essai ; ce qui n'est pas
de forme triangulaire, des boucles d'o- interdit,
reilles en V- Voir Canlique, I, 14. 3, Pourvu que ce soit de côté, dit le
2. Car, à cette vue, on sait qu'il ne commentaire de R. EUe Wilna. s'agit pas d'une plantation de rapport.
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H. Yohaiiiiii, l'on ne prnl. y scitk.m* (]uo la iiièrnc ospùcc (cpii so trouve dans \r, carré). I{. Zrii-ii dil : W. Yoljanan rccoiiiiuiL quo si lo clianip a ini cspacci d'un caiM'é cl dcuii, on ensemence un d(Mni-carré de chaque rolé exlernc; quant au dcnii-carré restant on friche au inihou. il sort do démarcation d(3 part (.-t d'autre. L'enscignemont suivant ' n^îst-il pas en contradiction avec Tavis ô(\ ]{. Yohanan? Si quelqu'un ayant ^ champs a semé dans run du froment et dans Tautre de l'orge, il est permis d(; disposer d'une bande d(3 terrain ontro les deux ; sur la moitié en largeur on ensemencera une rangée de froment ol, sur l'autre de l'orge, parce que la ligne de froment semble former l'extrèmo de la 1" partie du champ, comme la rangée d'orge forme la limite du champ d'orge (c'est là la séparation). Comment H. Yohanan répond-il à cette objection ? Il explique que ceci est conforme à l'avis de R. Eliézer bon Jacob qui dit : si les épis de froment en se suivant pénètrent jusque dans le champ d'orge, ou si les épis d'orge en se suh'^ant pénètrent au milieu dos froments, cela n(; fait rien, parce quo l'on sait que c'est le prolongement final de chaque partie (et ne perd rien de son caractère) ; mais si un épi de froment se trouve englobé dans l'orge, ou si un épi d'orge est englobé dans le froment, c'est interdit comme mélange. Dans quel cas la Mischnâ permet-elle d'adosser au froment un sillon de lin ? S'il s'agit d'un simple essai, c'est même permis au milieu du champ? S'il ne s'agit pas d'un essai, à quoi bon parler de lin? N'en seraitil pas de même pour toute espèce? Il s'agit d'un essai ; seulement, on ne doit pas y procéder au milieu du champ, parce quo selon les rabbins il ne faut pas produire de mélange morne apparent; tandis que, selon U. Yossé, cette dernière préoccupation est nulle. Selon Samuel au nom de H. Zeira, l'avis exprimé dans notre Mischnâ par R. Simoji est conforme à ce que dit ce même Rabbin - : on ne peut pas interdire à l'usage d'un autre ce qui est à autrui (aussi, le champ voisin ne saurait être taxé de mélange). Rab dit: on ne peut pas mettre en interdit ce qui ne vous appartient pas. Cet avis do Rab, dit R. Yôna, revient au même que celui de R. Simon, sauf que les termes sont différents ; tandis que l'avis des autres rabbins n'a pas prévalu ^ (ils se préoccupent de l'apparence de mélange et le défendent).
9 (8). A un champ clc blé on ne doit pas adosser de la motitarde ', ou du safran sauvage (qui lui nuisent) ; mais on peut les semer à côté d'un champ de verdure (on voit bien la distinction). En général, on peut semer des espèces différentes si elles sont séparées par un champ en friche ou par un autre fraîchement labouré, ou si c'est auprès d'un mur de pierre, ou au bord d'un chemin privé, ou d'une haie haute de dix palmes, ou d'un
1. Tossefta sur Kila'im^ ch. II. 4. A leur vue, on pourrait croire que
2. Cf. ci-après, ch. IV, § 7 (f. 29c). le propriétaire l'a semé; car sans cela,
3. Cf. tr. Bcrakliôtli^ ch. I, § 2 fin si même c'eut été semé par le voisin, il (I, p. 12); tr. Schcbiilh, ch. III, § i. ne l'eut pas laissé.
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fossé profond de dix palmes et large de quatre, ou d'un arbre dont les branches touchent la terre, ou enfin d'un rocher haut de dix palnnes et large de quatre (ce sont des séparations nettes).
Qu'appelle- t-oii i'"''^n ? s affran sauvage, rrocus '. Voici comiiKnit il faut compléter la Mischnâ : il n'est pas permis d'iMitourcr (des 3 côtés) par les plants de moutardo ou de saflVan des plantations du blé ; mais il est permis de les adosser au blé. Cette Mischna est un enseignement qu'il faut attribuer à R. Juda, puisqu'il est dit : ou ne peut entourer avec des plants de moutarde ou de saffran que la famille des oignons, selon l'avis de R. Meir; mais, selon l'avis de R. Juda, on peut placer d(; la moutarde et du saflran autour de n'importe quel produit, à l'exception du blé; selon R. Simon, on peut placer de la moutarde ou du saffran autour de tout produit, sans exception; selon R. Simon b. Gamaliel, les petits carrés de verdure peuvent être entourés de moutarde ou de saffran. On a enseigné : il est permis de semer dans son champ une rangép de moutarde, ou une de saffran, à condition que ce plant ait une longueur de 10 coudées et demi sur une largeur de même étendue (un tel espace constitue un champ spécial). Toutefois, dit R. Eliézer, cette mesure ne s'applique qu'à un petit champ (là, elle suffit) ; mais, dans un grand, ce ne serait pas une démarcation suffisante. A quoi reconnaît-on qu'un champ est grand ou petit? Si, entre les 2 arbres (formant les délimitations des champs), il y a un espace d'un carré, le champ est appelé grand ; si l'espace est inférieur, il est petit. L'avis que vient d'exprimer R. Simon ben Gamaliel (les petits carrés de verdure peuvent être entourés de moutarde ou de saffran, quoiqu'ils forment une sorte d'extrémité d'angle), n'est-il pas en contradiction avec ce que dit R. Yoljanan (au commencement du i^ précédent) : à l'angle extrême borné par une ruine, il est interdit de semer une autre espèce? Plus haut, il s'agit de semences (c'est interdit); mais ici, il ne s'agit que de verdure ; et bien que ce docteur soit d'un avis contraire aux autres pour la question do, semences, il reconnaît qu'ici, où il s'agit de verdure, on peut ensemencer le terrain sec de toute espèce désirable.
Toutefois, ajoute R.Yohanan, il ne faut laisser intactes que trois palmes sur un espace de G palmes (de plus grands vides ne servant pas de séparation). S'il y a 3 palmes voisines de la haie, elles sont considérées comme un terrain sec (et servent à séparer). Si 3 palmes sont ensemencés sur un espace de G, et qu'en dehors de cet espace il y ait encore uu palme de terrain, il est permis d'y semer ; car il (»st épargné au même titre que le reste (on peut en tirer parti aussi bien que des autres palmes). S'il ne reste que 2 palmes vides sur 0 et un autre palme en dehors, on ne peut tirer aucun parti de cette dernière place ; et elle n'est pas plus épargnée que le reste.
1 . Maïmonide le traduit ici par i^j^' Ouqcin, TU, 5, par ^^s ciiicus. saflor, cnrt/tcunus tinctoriu^, et au lr.
246 TRAITÉ KIT^AFM
Si une bande du cliiimp se eompose de terrain sec, ou si après la 2* bande, il y a une haie, etqu'cidin il y a une nouvelle bande, on peut enlourer dechanDps prodiicLifs la bando qui Louche à la haie. L'on considère comme 2 champs dilTérenLs ceux qui soul superposés l'un à l'autre, dont le supérieur est borné par une crevasse de terre (qui lui sert de séparation) et l'inférieur est limité par une haie. Il est permis, selon R. Yanaï, de semer sur la haie toutes espèces de plantes mêlées {zùpSxj. La haie comporte avec elle certains allégements de la loi et certaines aggravations. Comment cela? Voici les cas : si un espace de terre inférieur à un carré se trouve englobé dans un champ de froment, il est défendu d'y semer, tandis que si cet espace est entouré d'une haie, on peut en tirer parti; de même, si un champ d'un carré est situé dans une vallée \ on peut y semer 2 espèces (la situation dans une vallée suffit à le distinguer) ; mais c'est interdit si le tout est entouré d'une haie (elle englobe le tout et confond les espèces). Est-ce que la haie protège les semences contre l'interdiction? Et la présence d'un terrain sec planté est-elle une garantie contre la crainte de mélange des verdures? On peut répondre à cela, dit R. Samuel au nom de R. Zeira, par l'exemple suivant : on appuie la verdure, estil dit, à des racines d'arbres qui sont desséchées ; or, comme il n'est question que de racines sèches, c'est interdit si elles sont fraîches (et de même aux cas précités). Selon R. Yossé, on peut déduire la réponse de ce qu'il est dit dans notre Mischnâ : « on peut l'adosser contre un champ en friche, ou un champ cultivé, ou un treillage, ou un chemin public, ou une haie haute de dix palmes. » Cela prouve qu'une haie, sur laquelle on a semé un produit, sert à distinguer du reste. Cependant, de l'expression « une haie haute de 10 palmes », on pourrait aussi conclure qu'elle ne sert pas, si elle est plantée, à protéger les semences contre l'intrusion d'élém.ents hétérogènes ; car, dans la Mischnâ, il n'est pas question, comme ici, d'une haie plantée, laquelle ne peut pas servir de distinction. R. Judan demanda : joint-on comme séparation un terrain sec et un conduit quelconque ' ? Cela va sans dire ; car, comment un tel cas Se présente-t-il ? Le voici : s'il y a un terrain long de 10 coudées et demi sur 6 de largeur ; or, il n'est pas besoin de le séparer des autres plants par un terrain inculte (son étendue suffit à le distinguer). S'il y a un tel terrain d'un côté, on peut adosser à ses deux côtés d'autres produits. On a enseigné : R. Jonathan ben Yossé dit que s'il y a un roc long de 10 coudées et large de 4, on peut aux deux côtés adosser d'autres corps. Si ce roc a 10 coudées en long et en large (carré), on peut adosser des objets aux i côtés.
10 (9). Si quelqu'un peut diviser son champ en carrés contenant chacun une espèce différente, il peut, dans un champ pouvant fournir une
1. Comp. ch. I, § 9 (p. 233). par des légumes verts la portion de
2. Est-il permis, en ce cas, d'occuper terrain sec d'un champ de blé ?
TRAITÉ KILAIM 247
récolle d'un saa \ établir 24 carrés, ayant chacun la contenance d'un quart de cah -, et Ton y sème n'importe quelle espèce (leur disposition en carré les sépare). Si, dans un champ de blé, l'on a un ou deux carrés d'un quart de cah libres, l'on peut y semer de la moutarde; mais s'il y en a trois (rapprochés), on ne peut plus rien y semer, même de la moutarde, parce qu'alors cela ressemblerait à un champ de moutarde. Tel est l'avis de R. Mcir (que chaque carré est un champ séparé). Selon les autres sages, c'est permis pour 9 plants (sur 25, en raison de leur disposition en damier), mais c'est interdit pour dix. R. Eliézer ben Jacob dit : l'étendue du champ fût-elle si grande que l'on pût y récolter un cour (mesure de 30 saa), Ton ne pourra y cultiver qu'un carré (des semences étrangères).
R. Hiskia ou R. Yassa disent au nom do R. Yohanan que la discussion entre R. Meir et les Rabbins porte sur le commencement de la Mischnâ. R. Meir dit que si même les parts sont entourées de tous côtés ou môme rapprochées sans aucun intervalle ^c'estpermis; selon les rabbins, ce n'est permis que si les parts de champs ne sont pas ainsi entourées. Dans quel cas cela se fait-il? Lorsqu'il y a, par exemple, 3 portions d'une sorte, deux d'une autre et une troisième ; ou deux de l'une et une de l'autre (on les dispose par 3 dans la 1" ligne, 2 dans la 2^ I., 1 dans la 3" 1., 2 dans la i'' 1., et 1 dans la 5^ ligne '^, soit ainsi :
H (10). Tout ce qui est enclos dans un champ de la grandeur d'un quart de cah de semence (servant de séparation) est compté dans cette mesure de surface (fût-ce même inapte à la culture). Ainsi l'on comprend dans cette mesure (avec ses conséquences légales! la place de terrain qu'occupe le cep de vigne, ou un tombeau, ou un roc. Entre une espèce de blé et une autre, il faut un intervalle d'un quart de cab •'. Entre les diverses verdures, il suffit de 6 palmes ; mais entre le blé et la verdure, il faut un espace d'un quart de cah ". Selon R. Eliézer, pour de la verdure au milieu du blé, 6 palmes d'espace suffisent comme séparation.
R. Aboun b. Hiya dit au nom de Zeira que l'on compte à ce titre l'espace de ter-
1. Gela équivaut à un espace de 50 cou- devra pas entourer le premier de toutes dées carrées. parts : il devra rester au moins un côté