‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 5)Chapitre 134 sur 227 · V. Lightfoot, Decade chorographica · texte numérisé non relu

V. Lightfoot, Decade chorographica

2T1 TKAITÉ KILAIM

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l. Si dans une vigne ravagée, il reste encore de (juoi vendanger, sur un terrain d'une contenance d'un saa, dix ceps plantés régulièrement et en file '-', cela s'appelle une vigne pauvre (mais les lois s'appliquent à elle comme de coutume). Si une telle vigne est plantée sans ordre, mais qu'il y reste de quoi placer deux en face de trois (en damier), cela s'appelle encore une vigne ;'mais au cas contraire, ce ne sont que des ceps isolés. Selon 11. Meir, c'est toujours une vigne, parce qu'elle en conserve encore l'aspect (et il faut maintenir les distances légales).

R. Yohanari dit que le cas cité ici est le mémo que celui de la « plate-bande de vigue, » doiiL il est question au chapitre précédent (§ 1) ; seulement voici la difTéreuce : au premier cas, les vides se trouvent au milieu de la vigne ; ici, il s'agit de ravages ayant eu lieu sur tous les côtés. R. Zeira a démontré par un exemple ce que c'est qu'une vigne pauvre. Il, a fait venir ses compagnons d'études dans une vigne composée de 9 rangées ayant chacune 7 ceps ^ ; il a pris une rangée et l'a ravagée en allant de droite à gauche (en largeur) et en enlevant un cep sur deux (reste i côtés à 9 ceps, soit 36) : puis il a pris une autre rangée qu'il a diminuée de même, en procédant de haut en bas (en longueur). Il reste donc après cette seconde opération, 20 ceps (ou 5 rangées de i ceps). II a enlevé ensuite sur chaque rangée externe, adroite etàgauche, deux ceps à chacune des deux extrémités et un aubout(soit 10), de sorte qu'il n'en restait que dix. Ainsi se trouve démontré l'exemple invoqué par la Mischnà : « S'il reste de quoi vendanger, sur un terrain d'une contenance d'un 5'âCf, dix ceps plantés régulièrement. » Il en résulte que dans chacun des 4 sens imaginables, on aura une série de 2 ceps sur deux, suivis d'un 5^ en appendice, et pour chaque série de cinq ceps, on suppose un 6« cep imaginaire (qui lui donne 1 étendue d'une grande vigne, ayant 3 ceps sur 3). Ce 6"" cep addi-

1. Comp. ci-après, ch. VI, § i, fin, et o o o o o o o o o babli, tr. Berakhôth^ f. 30^* (I, p. 375). o o o o o o

2. N'ayant pas une largeur de 16 coudées et n'étant pas distants de moins de 4 coudées. Voir ch. IV, § 6.

3. Pour l'intelligence de tout ce passage, il est bon d'avoir sous les yeux la figure ■ o o o o o « suivante, donnée par le commentateur R. Simson de Sens :

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TRAITÉ KILAIM

tionnel sera supposé ; mais on ne pourra pas le piauler en réalité, car de tous les 4 côtés ce serait un supplément au supplément, ce qui est inadmissible. Cela prouve, en général, que pour une grande vigne, on ne place pas d'appendice. Cette règle, énoncée ici, répond à la question posée plus haut (IV, 6) par R. Yossé bar Zemina au nom de R. Yohanan, savoir si Ton suppose la présence d'un 6*^ cep (imaginaire). Dans Texemple précité (de 9 rangées à 7 ceps), l'espace du terrain est de (U coudées sur 48 (savoir, dans la plus grande longueur, du 1" au dernier cep, à raison de 8 coudées entre 2 ceps, soit 8x8=64; et de môme en largeur, ()X8=i8). Si du terrain, ayant généralement la contenance d'un saa, ou 50 coudées sur 50, on enlève une bande de

2 coudées de large (sur toute la longueur de 8 coudées,r=il6), il restera une superficie carrée de 48 sur 48. De plus (comme il est impossible de placer le 9® cep sans rompre l'harmonie, ou ordre régulier du reste de la vigne), il faudra arracher un cep de chaque côté ; après cette opération, comme il restera

3 intervalles vides, on occupera l'un par ce cep enlevé (qui sera le 9" du carré de 3 sur 3). En ce cas, la bande de la vigne a i6 coudées de longueur sur une égale largeur (soit 256 coudées), et le terrain nécessaire à l'alimentation de chaque cep de vigne est de 8 coudées '. S'il en est ainsi, comment ces chiffres sont-ils admissibles? Pour la vigne de dix cops, comprendra-t-on le terrain d'alimentation dans la contenance du saa, ou non? Dans la première hypothèse, il manquerait trois cent quarante-huit coudées ^ ; et, dans la supposition que c'est en dehors du terrain d'alimentation (non compris, dans ce compte, les ceps imaginaires et les diagonales tirées en face d'eux), il se trouverait qu'il y a un excédant de 452 ^ ? Pour répartir cet excédant, on comptera environ la moitié, ou 4 ceps, comme isolés (puisqu'ils auront plus de 16 sur 16 en espace) ; et cependant la vigne conserve son intégrité, et l'on suppose les 10 ceps réguliers' parce qu'ils sontcontenus dans l'espace du saa. Or, on n'a pas pu enseigner cela, en raison de l'inexactitude des chiffres (donc, il n'est question que de ceps isolés, d'un espace sans borne). Si les racines se suivent régulièrement et non les plants, c'est une vigne ; mais à l'inverse, ce n'est pas une vigne. Si l'irrégularité tient à ce que les ceps sont minces, tandis qu'ils seraient réguliers en cas d'une plus forte épaisseur, la vigne est intégrale. Comment opère-t-on pour s'assurer de la régularité ? On prend un fil que l'on

1. Pour une vigne de 10 ceps, cela ferait 10 fois le carré de 16, ou 256x 10=2^60.

2. En y comprenant les ceps imaginaires 3 fois avec les intei'valles déterre, on a 64x3=192 ; en y ajoutant 3 fois la diagonale, soit 96, on a 288. Le terrain des 4 ceps supplémentaires est de 512, ajoutés k 288=800. Or, toute la vigne, sans les terrains d'alimentation, a 2048

coudées plus 800=2848. Ce qui donne une différence de 348 sur la contenance ordinaire du saa^ qui est de 2500 (au lieu de 2560, car on fait abstraction de 6 coudées par vigne, =60).

3. Gomme il vient d'être dit, la vigne a 2048, et le saa 2500, soit un reste de 452.

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