‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 5)Chapitre 144 sur 227 · Mischnâ, \.r. Schabbath, ch. XI · texte numérisé non relu

Mischnâ, \.r. Schabbath, ch. XI

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rain, tandis que la figue jetée sur le mur est accessible à tous les passants, et à force d'être grattée elle finit par tomber à terre (aussi est-elle considérée d'avance comme se trouvant au niveau du sol); si, au sujet du sabbat, on avait parlé du cas où l'objet est jeté dans une cavité du mur, il reste alors fixé dans ce trou, de la même façon que les plantes restent adhérentes, et puisque l'on considère cependant l'objet comme tombé à terre, on fait bien d'en conclure que la pente du mur équivaut au niveau du sol (mais cotte conclusion n'est pas justifiée pour la figue collée, qui (init par tomber). S'il y a 2 jardins superposés \ dont l'inférieur sert de vigne et dont le supérieur est vide, on peut ensemencer de verdure le supérieur, jusqu'àl'air ambiant de l'inférieur, à la distance de 10 palmes. R. Aboun bar R. Hiya demanda devant R. Zeira: cela ne prouve-t-il pas que la pente de la terrasse est considérée comme le bas? (pourquoi ne pas semer jusqu'à la limite de l'inférieur?) C'est que, fut-il répondu, les herbes de ces verdures, si elles étaient trop rapprochées, pourraient se pencher sur la vigne et produire une apparence de mélange. Si le jardin supérieur est une vigne et l'inférieur est vide, on peut ensemencer l'inférieur ainsi que la pente de terrain entre les 2 parties, jusqu'à ce que l'on touche à la racine des ceps. Toutefois, dit R.Yossé, il ne s'agit pas de toucher absolument aux ceps, mais de s'en tenir à distance de 3 palmes; car l'on a enseigné^: si les racines des plantes semées à l'angle d'un champ (séparément) entrent dans les -4 coudées consacrées à la vigne, elles ne sont permises que si elles pénètrent dans la tcire à une distance de 3 palmes.

3. Celui qui amène (ou lie) un cep de vigne sur une partie d'un treillage {ÏTdoipoq) '^ ne devra rien semer même au-dessus de la partie libre du treillage; si c'est déjà fait par inadvertance, il n'est pas nécessaire de brûler tout. Mais si le jeune cep s'est étendu et a rempli tout l'espace, il est interdit de tirer parti de la semence (se fùt-elle fort peu développée). Il en est de même si l'on fait passer le cep sur une partie d'un arbre inculte (qui, par le contact avec le cep, s'annule et se confond avec lui).

Selon R. Hiskia, la partie libre du treillage, dont parle cette Mischnâ, devra avoir de 3 à4 palmes. Ainsi, s'il y a moins de 3 palmes, l'espace est considéré comme clos ou nul (il est interdit d'y semer) ; s'il y a de 3 à -4, il faudra compléter la distance de 4 palmes (en élo'gnant un peu le cep) ; enfin, à partir de i palmes, c'est la distance qui convient. Jusqu'où va l'espace interdit sous le treillage? R. Jacob bar Idi répond au nom de R. Simon

i. Voir Tossefta sur ce chapitre. ch. XVII, § 3. Voici la définition d'He-

2. Comp. ci-dessus, ch. IV, § 4. sychius : 'Aroçspa i. e. SsvBpa \),r^ ^Épov-

3. Selon le Aroukli^ ce serait un arbre Ta xap7:ov. C'est aussi le sens adopté par très fécond, comme dans Isaïe, X, 33. Benj. Musaphia.

Voir, par contre, Mischnà, tr. Kclhn,

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b. Lakisch que c'est -i coudées; selon \\. Mm ou \\. Ilinena nu nom du môme, c'est 6 coudées. U. Mena dit : je suis allé à Césarée et j'ai entendu dire par Yoschiabar Scliemi au nom de Isaac bar Eliézcr que, s'il y a 2 treillages, l'espace est permis au-dessous de l'intervalle qui les sépare. R. Ilinena dit qu'une brailha conteste cet avis, en établissant que cet intervalle môme est interdit lorsque le propriétaire a l'habitude d'en tirer parti en y plaçant un petit espalier. En effet, ditR. Simon b. Eliézer, on a enseigné que si le propriétaire a l'habitude de joindre les 2 treillages, ils sont considérés comme un seul (et il est interdit de rien semer au-dessous de cet intervalle).

4. Si l'on fait passer le cep sur une partie d'un arbre fruitier, il est permis de senner sous la partie restée libre ; si le jeune cep s'étend ensuite plus loin, il n'y a qu'à le recourber en arrière. Lorsqu'il arriva à R. Josué d'aller auprès de R. Ismael au village d'Aziz, celui-ci lui montra un cep de vigne suspendu sur une partie d'un figuier et lui demanda : Puis-je semer au-dessous de la partie libre? Oui, répondit R. Josué ^ De là, il le conduisit à Beth-Magania et lui montra un cep suspendu sur une partie (Vune poutre, ou branche noueuse dïm sycomore, ayant beaucoup d'autres grosses bra-nches (et lui demanda aussi comment il fallait agir) ; sous cette branche qui sert de base, lui répondit-il, c'est interdit, mais non sous les autres '^

Pourquoi établir une distinction entre l'arbre inculte et l'arbre fri*itier? Puisque l'on détruit volontiers un arbre inculte en faveur d'une vigne, il est interdit de semer au-dessous (la fusion est évidente), tandis que l'on ne détruit pas un arbre fruitier à cause de la vigne (il n'y a pas de confusion possible en ce cas ; aussi, n'est-il pas interdit d'y semer). On a enseigné^: « Toutes les outres que l'on a ficelées (pour boucher l'ouverture c{ui les maintenait pures), sont pures (le nœud devant être bientôt ouvert), excepté celles qui ont été liées parle nœud arabe (qui est difficile à défaire). Selon R. Meir, on considère comme pures celles qui sont liées par un nœud momentané ; mais si c'est un nœud définitif, elles sont impures \ Enfin R. Yossé dit ; toutes les outres liées restent pures». D'après un autre enseignement, on dit l'inverse dans notre Mischnâ, selon R. Jacob bar Aha au nom de R. Yassa (le noeud définitif est pur, et le momentané est impur). Selon R. Judan, au contraire, on peut prendre pour ces outres le même signe mnémotechnique que pour les hétérogènes d'ici (de même qu'ici c'est interdit pour un arbre inculte que l'on dé-

1. Car personne ne voudrait rendre 3. Mischnâ, VI^ partie, tr. Kélim, inculte son figuier pour faire fructifier un ch. XXVI, § 4.

cep de vigne. 4. En ce cas, la courroie servant au

2. Cet arbre, quoique de naissance nœud est sacrifiée, sauvage, porte des fruits mangeables.

truit et permis pour Tarbre fruitier que l'on conserve, do même routrc fermée par un nœud momentané est pure, et celle qui a un nœud définitif est impure); car s'il n'en était pas ainsi, on ne concevrait pas la distinction à établir entre le nœud définitif et le nœud momentané (donc, la courroie au l"cas est comme perdue). Mais, chez R. Yanaï, on a expliqué qu'alors le nœud ne peut se détacher, et qu'il faut le couper, tandis que le nœud momentané est ouvert aisément (donc, la courroie n'est pas annulée de plein gré, comme ici pour l'arbre inculte).

5. Qu'appelle-t-on arbre sauvage' ? Celui qui ne porte pas de fruits. R. Meir comprend sous cette désignation tous les arbres, sauf l'olivier cl le figuier -. R. Yossé appelle ainsi toutes lescspèces dont on ne plante pas des champs entiers (celles qui sont peu importantes).

6. Pour les espaliers de vigne, il faut des morceaux ayant plus de 8 coudées. Quant aux mesures prescrites parles sages pour la vigne, elles n'ont pas besoiji d'être dépassées, sauf pour l'espalier. On appelle pièce d'espalier : celui qui est brisé, au milieu, mais où il est resté de chaque côté au moms 5 ceps de vigne. S il n'y a que 8 coudées, il est interdit d'ensemencer le terrain situé au-dessous ; mais s'il y a plus de 8 coudées, on laisse libre l'espace nécessaire à la culture, et l'on ensemence le reste ^

Est-ce que la Mischnâ, en disant : « s'il n'y a que 8 coudées, il est interdit d'ensemencer le terrain situé au-dessous », n'est pas en contradiction avec ce que îî. Zeira a dit plus haut (v. 5) que la mesure des 8 coudées d'écart doit être prise en dehors de l'espace des racines? (xN'y a-t-il pas ici forcément plus de 8 coudées, puisqu'on présence de 5 ceps, on compte par 2 ceps, i coudées= 8, en dehors du 5^ cep medial?) 11 se peut, fut-il répondu, qu'il ait voulu parler du cas où il y a un pou plus de 8 coudées (môme, en ce cas, c'est interdit). Pourquoi la Mischnâ ne parle-t-elle pas de ce petit excédant? Pour que l'on ne suppose pas que ce petit excédant doit avoir la mesure prescrite par R. Yohanan, d'après lequel l'excédant de toute mesure légale doit avoir au moins un palme ; or, comme le surplus dont il s'agit ici, est inférieur à un palme, on n'en parle pas. R. Yôna demanda : pourquoi ne disons-nous pas que toutes les mesures prescrites par les sages sont précises, sans excédant, à l'exception des fragments d'espalier qui doivent la dépasser? (est-ce à dire qu'en attribuant cet excédant au seul présent cas, on ne le retrouve pas ailleurs?) Et cependant, l'on enseigne * qu'en parlant de 10 cabs jérusalémites, on entend qu'ils aient

1. Quel arbre est annulé, par rapport 3. Donc, pour l'espalier, on n'exige à la vigne, lorsqu'il ne sert qu'à sou- pas autant d'intervalle que pour laplatetenir le cep? bande dans une vigne.

2. Ce sont les deux seuls que l'on 4. Gomp. tr. Troumôlh^ ch. IV, § 7. n'estime pas au-dessous de la vigne.

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plus de G dixièmes? (On retrouve donc ailleurs cel excédant?) Là, il s'agit de mesures de contenance (soit de liquides, soit de corps solides), et ici, de mesures de longn(Mir ou coudées (ce qui est difïérent). Mais n'a-t-on pas enseigné * que, selon 11. Juda bar Papa, le jardin et le potager ont en largeur commit en longu(Mir 70 coudées et un excédant? (ne voit-on pas qu'il y a excédant mémo pour les mesures de longueur?) Là, remarque Samuel, l'excédant est de 2/3 de coudées, tandis qu'ici, il est d'un palme. Il importe peu que la construction de la haie ait précédé la plantation de 11 ceps de vigne, ou que cette plantation ait eu lieu avant que la haie soit construite, cela s'appelle en tous cas un espalier, jusqu'au moment oii le cep du milieu a été arraché ; et, à partir de ce moment, ce sont des fragments d'espalier. Si la haie a été renversée avant le cep du milieu, on ne nomme pas cette vigne espalier, do même qu'il n'y a pas de fragments d'espalier, si la haie a été renversée après l'enlèvement du cep medial. R. Abdima frère de R. Yossé demanda: si l'on a reconstruit la haie avant la destruction du cep medial, suppose-t-on que l'espalier est de nouveau soumis à la môme règle (puisqu'il importe peu que la plantation des ceps ait lieu avant ou après la haie)? Et de même dira-t-on qu'en cas de reconstruction de la haie après la destruction du cep medial, on lui applique la règle des fragments d'espalier ? R. Yossé répond au nom de R. Yohanan par un exemple : il arriva à R. Yohanan ben Nouri à Naguénar de brûler tous les produits de son champ ; il agit ainsi et brûla les fragments d'espalier (parce qu'entr'eux, il n'y avait pas au-delà de 8 coudées d'espace, et il y avait semé indûment, môme après l'écart de 6 palmes). Selon R. Hiya au nom de R. Yohanan, ce même exemple indique au contraire qu'il a dû détruire ce qui est entre l'espalier et la haie (soit un espace de 4 coudées, sur lequel on a écarté 6 palmes ; s'il y avait plus d'espace, ce serait permis). R. Yossé dit avoir présenté devant R. Jacob bar Aha l'objection suivante: on conçoit rinterprélation de l'exemple précité, d'après laquelle R. Yohanan brûla les fragments d'espalier, parce qu'on apprend ainsi qu'il est en désaccord avec les paroles des sages (qui ne prescrivent pas ^ de brûler ce qui a poussé là) ; mais s'il s'agit de brûler ce qui est entre l'espalier et la haie, en quoi diffère-t-il des sages (et à quoi bon en parler)? Il paraît, répondit-on, que R. Yossé qui a présenté cette objection, n'a pas connu la discussion, dont parle R. Jacob b. Aba, entre R. Yohanan et R. Simon b. Lakisch : si l'on sème dans l'espace placé au-dessous de l'espalier même (à une distance de 6 palmes), c'est interdit, et il faut brûler le produit ^, selon R. Yohanan (c'est considéré comme la vigne); selon R. Simon b. Lakisch, il est interdit d'y semer, mais on n'est pas tenu de brûler les produits.

1. Tr. Eroubin, ch. II, § 5. 3. Or, au cas précité, R. Yohanan b.

2. Voir ci-après, ch. YII. § 2. Nouri a aussi prescrit de brûler tout.

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7 (6). Pour Fespalier partant du coin, ou angle formé par 2 murs ' et s'étcndant plus loin, on laisse libre l'espace nécessaire à sa culture, (6 palmes), et Ton ensemence le reste. Selon R. Yossé, Ton ne peut rien y semer s'il ne reste pas ^ coudées'.

Le coin dont il est question ici devra former, près du mur, un angle de i palmes (cela suffit ; mais, hors do là, il faudrait un écart de 6 palmes de toutes parts). Comment se fait-il que R. Yossé répète ici l'avis qu'il a exprimé plus haut (V, i)? 11 a fallu le répéter; car, s'il l'avait seulement exprimé ici, on aurait cru que c'est interdit ici parce que l'on applique au terrain la loi de l'espalier, mais lorsque cette règle n'est pas applicable on aurait pu croire que c'est permis : il a donc fallu dire plus haut qu'à moins d'un espace de 4 coudées, c'est interdit. De môme, si R. Yossé n'avait pas exprimé 'son avis ici, et seulement plus haut, on eût dit que là c'est interdit parce qu'il s'agit d'un terrain entouré de ceps de vigne des 4 côtés, tandis qu'ici où il n'y a pas cet entourage, ce serait permis : il a donc fallu dire ici et plus haut que c'est interdit.

8 (7). Vis-à-vis des tiges qui dépassent l'espalier et que l'on n'a pas coupées par économie, il est permis de semer ^. Mais, si on a les choisies plus longues, pour que le cep nouveau puisse s'y étendre, c'est interdit (l'intention est alors formelle).

9. Quant aux pampres qui poussent hors de la vigne, on suppose qu'un fil à plomb y est attaché, et aussi loin qu'il irait (au dessous), on ne peut rien semer. Il en est de même d'un cep tiré verticalement. Si l'on mène une branche d'arbre sur une autre pour s'y appuyer, c'est interdit au dessous d'elle"^; si on l'a attachée avec une corde ou un sarment, c'est permis sous le lien. Mais si cet appendice est fait pour que le cep nouveau puisse s'y étendre, c'est interdit (comme précédemment).

Ailleurs (à Babylone),on explique ce fait en disant que l'on imagine qu'une fourche en métal allant des pampres à terre est enfoncée là (hors d'elle, on peut semer). Selon Simon bar Aba au nom de R. Yohanan, c'est défendu jusqu'à l'endroit de l'attache (non au-delà). Selon R. Hama bar Oukba au nom de R. Yossé b. Hanina, il est interdit de semer au-dessous des grappes, sous peine de destruction. Est-ce interdit aussi sous les feuilles ? Oui, dit R. Yossé.

1. S'il y a, par exemple, 5 ceps de , 2. Voir ci-dessus, ch. V, § 4. vigne auprès d'un mur, sans l'occuper 3. Car, en ce cas, on ne les considère

entièrement, qu'il y en ait trois sur un pas comme faisant partie de l'espalier, côté de l'angle et 2 de l'autre côté. 4. Quoique ce ne soit pas un espalier.

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