CHAPITRE VII
1. Si l'on a ployé le cep de vigne et enfoncé en terre' et qu'il n'y ait pas au-dessus au moins trois palmes de terre, l'on ne devra rien y semer-, eût-on môme fail passer ce cep par une courge sèche ou par un tuyau d'argile (twa/.v). Mais si on le fait passer par un roc, n'y eut-il au-dessus que trois doigts de terre, il est permis d'y semer (!a séparation est suffisante). Quant au cep de vigne recourbé (dont on ne voit pas la tige principale), on ne mesure l'espace qui légalement doit rester libre '' qu a partir de la seconde éruption de tige (d'où elle ressort de la terre en courbe).
L'on ne devra rien semer au-dessus d'elle, est-il dit ; donc, c'est permis de côté. Quelle en est la raison? Si c'est à cause du mélange entre les verdures et les arbres fruitiers, à quoi bon parler de vigne? Pourquoi ne pas dire tous les arbres? Et si c'est à cause du terrain d'alimentation, on devrait exiger une superficie de terrain de 6 palmes? C'est conforme à l'avis de R. Akiba, qui assigne 3 palmes à l'alimentation. Si la Mischnâ se conforme à lavis de R. Akiba, pourquoi ne dit-elle pas que, même de côté, il faut un espace de 3 palmes (distant de l'alimentation de la vigne) ? En effet, répond R. Jérémie au nom de R. Hiya bar Aba, on exige cet espace de côté, parce qu'il s'agit de verdures auprès de la vigne (auquel cas on est plus sévère, et la profondeur seule ne suffit pas). On a enseigné * : il faut un intervalle de 3 palmes entre le mur et les plantes, ou la charrue, ou l'urinoir. Sur ce, R. Jérémie ou R. Hama bar Oukba a présenté une question : comment se fait-il que, selon notre Mischnâ, on ne semble pas dire que les racines s'alimentent de côté, tandis que cet avis est professé ailleurs, en exigeant un écart de 3 palmes? En aucun cas, répond R. Yossé, ni ici, ni là, on ne veut dire que les racines s'étendent de côté (au heu de s'enfoncer en terre) ; seulement jusqu'à la distance de 3 palmes, elles rendent la terre molle et la pénètrent jusqu'à toucher le sol ^ du mur voisin. On peut prouver qu'il en est ainsi, puisque l'on dit qu'il faut cette distance pour l'urine, parce que les gouttes vont de côté (au lieu de pénétrer perpendiculairement). Mais objecta R. Yossé bar Aboun, peut-on dire que la charrue va de côté (au lieu de s'enfoncer
1. Raschi, Baba bathra, f. 19^, tra- nouvelles n'y pénètrent. Cf. ch. I, § 7. duit ce terme par provigner. En effet, 3- Savoir 6 palmes. Ibid. fol. 83*. leprovin est le marcottage appliqué à 4. Tr. Baba bathra, ibid.
la vigne. b. La partie la plus basse, près du sol.