‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 5)Chapitre 7 sur 227 · Selon le Neuhebr. If^ôr ter buck du · texte numérisé non relu

Selon le Neuhebr. If^ôr ter buck du

8 TRAITÉ PKA

cchii qui réunit lésâmes est un sage (Proverbes, XI, 30); mes ancêtres ont amassé pour d'autres et moi pour ma vie future, selon co qui est dit : ce sera un bienfait pour loi-méme (Deutéron. XXIV, 13) ; mes ancêtres ont amassé pour ce bas monde et moi j'ai amassé pour le monde à venir, comme il est dit : la charité sauve de la mort (Proverbes, X, 2). Est-ce à dire que grâce à elle l'on ne mourra pas! Non, mais la mort ne privera pas de la vie future.

L'exercice de la charité ou de la bienfaisance équivaut à l'accomplissement de tous les préceptes de la loi. Seulement, la charité s'exerce en faveur des vivants, tandis que la bienfaisance s'exerce également à l'égard des morts (en leur rendant les derniers devoirs) ; la charité ne s'exerce qu'envers les pauvres, tandis que les bonnes œuvres (les services rendus) s'appliquent aussi bien aux riches ; la charité s'exerce avec l'argent, tandis que par l'accomplissement des bonnes œuvres, on paie aussi bien de sa bourse que de sa personne. Nous ne savons, dit R. Yohanan bar Maria au nom de R. Yohanan, laquelle des deux, la charité ou la bienfaisance, est préférable; mais, comme il est écrit: la grâce de Dieu (le bienfait) s'étendra de génération en génération sur ceux qui le craignent et sa justice (l'aumône) sur ses petits- fds (Ps. ClII, 17), cette différence d'étendue prouve que les services rendus sont supérieurs et mieux récompensés que la charité^ et même que l'étude de la loi (sa récompense ne s'étend qu'à la deuxième génération, Deutéron. XI, 21). On demanda à R. Josué^: peut-on faire apprendre la langue littéraire^ grecque à son fils? On l'enseignera, répondit-il, lorsqu'il ne fera ni jour ni nuit (presque jamais), puisqu'il est dit : ttt étudieras la Loi (et rien de profane) jour et nuit (Josué, I, 8). Est-ce à dire, en invoquant ce même verset, que l'on ne doive pas enseigner un métier à son fils (l'étude delà Loi est-elle exclusive)? Non, et 4'on a appris au contraire que, selon R. Ismaël, la Bible recommande l'exercice d'un profession manuelle par les mots: tu choisiras la vie (Deutéronome, XXX, 19). Selon R. Aba fils de R. Hiya, ou R Hiya au nom de R. Yohanan *, on a interdit l'enseignement du grec (non à titre d'étude profane), pour éviter les calomnies et les faux rapports qui pourraient être faits (déloyalement) par cette langue étrangère. R. Abahou dit au nom de R. Yohanan : il est permis à 'homme d'enseigner le grec à sa fille, parce que pour elle le langage pur est un ornement (sans danger). Simon bar Wawa entendit émettre cette opinion : comme ce rabbin désirait faire apprendre à ses filles la langue grecque, il attribua à R. Yohanan l'autorisation de le faire. Je jure bien, répliqua R. Abahou, ne pas l'avoir entendu dire par R. Yohanan ^

1. Au tr. Schabbathy f. 127^, on 3. Le grec vulgaire, langage usité alors énumère encore d'autres bonnes œuvres; en Palestine, était défectueux.

comp. tr. Nedarim f. 39 ^. 4. Même série tr. Schab/)ath, ch. VI,

2. Cf. même série, tr. Sota, ch. IX, § 1 (f. 7"); tr. .^buda Zara, ch, II, § 2 §17, (f. 24'); babli, tr. Menaliôth, f. (f. 41.).

99 ^. Tossefta sur Abôda Zara , 5. Voir Zeltner, Dissertalio de fœmi-

ch. 1. nis ex hebrœa gcnte eruditin, § 19.

TRAITE PÉA 9

« Le devoir d'honorer ses parents. »

R. Abahou, au nom de R. Yolianan, rapporte que l'on demanda à R. Eliézer* jusqu'où va l'obligation d'honorer son père et sa mère. C'est à moi, dit-il, que vous adressez cette question? il faut le demander à Dama ben Netina. Ce dernier qui était juge en chef {r.xzTtp go'/Avî?) fut unjour^ frappé au visage par sa mère d'un coup de sandale, en présence de tout le conseil ; et, comme la sandale tomba à terre, il la ramassa et la tendit à sa mère, pour qu'elle n'eût pas la peine de se baisser. — R. Hiskia raconte un autre exemple de ce genre: il y avait à Ascalon un païen, occupant le même titre juridique ; il ne s'était jamais assis sur la pierre qui servait de siège à son père, et à la mort de ce dernier, il en fit un objet de vénération. De plus, un jour la pierre HDvi?'' (du pectoral du grand-prêtre) pour la tribu de Benjamin' se perdit. Qu'est-ce qui a, demanda-t-on, une aussi belle pierre et semblable ? Dama-ben-Netina, répondit-on, en a une pareille. On se rendit chez lui, et on conclut le marché au prix de cent dinars. Il sortit donc pour la rapporter, mais il trouva son père endormi auprès d'elle ; selon d'autres, la clef de la boîte (qui la contenait) se trouvait sous les doigts de son père; ou, selon d'autres, les pieds de son père étaient étendus sur cette boîte, sise auprès de lui ; et il revint dire: je ne puis vous l'apporter (faire la livraison promise). Peut-être, se dirent les acheteurs, veut-il plus d'argent : offrons-lui donc 200 pièces. Ils allèrent jusqu'à lui offrir mille pièces, mais ce fut en vain. Lorsque le père lut éveillé. Dama alla chercher l'objet vendu et le remit aux acquéreurs. Ceux-ci voulurent alors lui remettre le dernier prix offert ; mais Dama le refusa en disant: a je vous vendrais, si j'acceptais, le salaire de l'honneur que j'ai rendu à mon père ; ce n'est pas à prix d'argent que j'entends jouir de l'accomplissement d'un devoir. » Comment Dieu l'en récompensa-t-il? Cette même nuit, dit R. Yossé fils de R. Aboun, sa vache mit au monde une génisse rousse (qui est d'une extrême rareté et devant servir au Temple pour les eaux lustrales, Nomb. C. XIX); et tout Israël, pour l'acquérir, vint la payer son pesant d'or^ R. Schabtaï en effet interprète ainsi le verset suivant (Job, XXXVII, 23) : il est le droite abondant en justice^ il ne tyrannise pas ^ ; cela signifie que l'Éternel ne tarde pas à accorder la récompense due à ceux qui accomplissent ses préceptes parmi les nations étrangères (pour les Israélites, elle est réservée à la vie future). Le samedi, la mère de R.Tarfon descendait se promener dans la cour. Aussitôt, R. Tarfon allait étendre ses mains sous ses pas, et elle pouvait marcher ainsi jusqu'à son retour au lit. Un jour, il tomba malade, et les Sages vinrent lui rendre visite. Priez pour mon fils Tarfon, dit-elle; il

1. Ibid. tr. Kidouschin, ch. I, § 7. 4. Babli, tr. Kidouschin, f. 31*.

2. Babli, tr. Kidouschin, f. 31 i>; tr. 5. Au mot n::?'' de ce verset, l'exégète Abôda Zara, f. 23 »^ ; Pesikta Rabba. attribue le sens d'empêcher, obvier, ch. XXIII, § 11. et cela sic^nifie ici : il n'attarde

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