‹ Le Talmud de Jérusalem; (volume 5)Chapitre 9 sur 227 · Voir plus loiUjtr. Kila'im^cYi. VIII · texte numérisé non relu

Voir plus loiUjtr. Kila'im^cYi. VIII

TRAITK PÉA

l'on soit fortuné ou non, et fùt-on dans l'obligation de mendier aux portes *. R. Aha, au nom de R. Aba bar Cahana, interprète le verset suivant : Détenu incrais-tu le sentier de la vie? Ses pas t'rgarent sans que tu le saches (Proverbes, V, 6); cela signifie, selon lui, que l'Éternel enlève la récompense de ceux qui suivent ses préceptes, afin qu'ils les accomplissent avec sincérité ^. R. Aha, au nom de R. Isaac, explique ce verset (ibid. IV, 23) : Plus que tout ce qui doit être gardé, oIÀervc ton cœur^ car de lui viennent les sources de la vie ; c'est-à-dire garde-toi d'oublier aucune des prescriptions de la Loi \ car tu ignores de laquelle la vie peut sortir pour toi. R. Aba bar Cahana dit : l'Écriture-Sainte a placé au même degré le moins grave des préceptes peu importants à côté du plus grave d'entre tous ' : le précepte le plus léger et le plus facile à accomplir de tous, est le renvoi d'une mère hors du nid, lorsque l'on prend ses poussins (Deutéronome, XXII, 6-7), et le précepte le plus grave entre tous, est le devoir d'honorer ses parents (au point qu'il forme le cinquième commandement du Decalogue) ; et, pourtant, il n'y a pour les deux préceptes que la même promesse finale : tes jours seront prolongés. R. Aboun dit : si, pour la restitution d'une dette morale (due par les enfants envers leurs parents qui les ont élevés), il est écrit : afin que tu sois heureux et que tes jours soient prolongés, (Exode, XX, 16), à plus forte raison, doit-il en être de même pour un devoir qui entraîne une perte d'argent ou un danger (comme la circoncision, ou les jeûnes, ou le refus, sous peine de mort, de devenir idolâtre ^) ? Au contraire, répliqua R. Levi au premier interlocuteur, le devoir qui consiste dans la restitution d'une dette contractée (l'honneur à rendre aux parents), est plus pénible que l'accomplissement d'un précepte qui ne repose pas sur cette considération (ce dernier est volontaire devant Dieu). R. Simon ben Yohaï a enseigné : de même que la récompense est uniforme pour les deux préceptes, de même la punition est égale pour eux. Pourquoi? C'est qu'il est dit (Proverbes, XXX, 17) : L'œil qui insulte son père et ([ui refuse Vobéissance à sa mère, que les corbeaux du torrent le percent et que les fds de l'aigle le dévorent ! c'est-à-dire Xœil qui a insulté au devoir d'honorer ses parents et qui a méprisé l'obligation de renvoyer la mère du nid '', doit être percé par les corbeaux du torrent ; que ce corbeau , qui est le symbole de la

1. Donc, le fils doit y pourvoir, contrairement à l'avis de Houna bar Hiya ; V. Questions et réponses (casuistique), de R.David ben Zimra,2e partie, n» 663.

2. Sans arrière-pensée de dédommagement. Voir Midrasch, sur les psaumes, no 9; Debarim rabba, ch. 3; Grande Pesitka, ch. 25.

3. Ce rabbin suppose une abréviation dans le terme du verset précité : IDwD

(ce qui doit être gardél.

Page 1