‹ Le Talmud de Jérusalem;Chapitre 242 sur 343 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

1. Quelqu'un a pris l'engagement d'être Nazir, et aussitôt après, son prochain l'ayant entendu s'écrie : « et moi » (je le serai aussi), ainsi dit plusieurs fois ; tous seront alors déclarés Nazir. Dès que le premier est délivré, tous le seront ; mais si le dernier est libéré, celui-là seul le sera, et tous les autres restent à l'état interdit. Si, en entendant l'engagement au Naziréat, le prochain s'écrie : « que ma bouche soit comme la sienne, na chevelure comme la sienne », il sera de ce fait aussi Nazir. Si en entendant son mari s'engager au Naziréat une femme s'écrie : « et moi », le mari peut annuler ce vœu, tout en maintenant le sien. Au contraire, si le mari entendant la femme prendre cet engagement s'écrie : « et moi », il ne pourra plus annuler ce vœu (qu'il a ainsi confirmé).

Il faut rectifier ainsi le texte de la Mischna : «... et moi, et moi » (expression dite seulement deux fois, non trois fois, comme l'a le texte ordinaire). D'après l'avis de quel docteur, la présence de la conjonction et est-elle indispensable (pour constituer la communauté de devoirs) ? Ce doit être d'après R. Juda 3 ; selon R. Méir au contraire, il suffit que le prochain se soit écrié : « Moi, moi » (pour entraîner la même obligation) ; . car, dans le sens de la Mischna, cet énoncé a eu lieu au moment même où le premier auteur du vœu venait de l'exprimer. Mais n'a-t-on pas enseigné (dans une Braïtha) : Si celui du milieu se trouve libéré, celui qui se trouve après lui sera libéré du même

1. En tête est un passage traduit au tr. Yebhamot/i, XV, § (t. VU, p. 206) ; Cf. tr. Sanhédrin, V, 2 (1. 22'). 2. ïosseîta à ce traité, ch. I. 3. CL ci-dessus, I, 2, commencement, et ci-après, tr. Qiddouschin, II, 1 (f. 62^).

118 TRAITÉ NAZIR

coup, tandis que celui qui le précède reste sous le coup de l'interdit? (N'en résulte-t-il pas que le troisième énoncé aura été fait plus tard?) Cette Braïtha, en effet, est d'un autre avis, et, selon elle, tous n'ont pas besoin de s'être exprimés pendant que le premier a parlé ; il suffit que le second ait parlé lorsque le premier parlait, et il suffit que le secondait parlé lorsque le premier s'exprimait ainsi, et que le suivant ait parlé pendant que le second achevait son énoncé. Qu'appelle-t-on « pendantle parler» (ou de suite)? On nomme ainsi, dit R. Simon au nom de R. Josuéb. Levi ', le temps qui s'écoule à présenter le salut (bref) à son prochain. Selon Aba b. Hana au nom de R. Yohanan, c'est le temps que l'élève met à saluer son maître, en lui disant : « Salut à toi, mon maître » (salut un peu plus long que pour le prochain).

Si quelqu'un a déclaré vouloir être Nazir cent jours, et son prochain qui l'a entendu s'écrie : « et moi cent jours », puis il recommence et dit : « et moi », le principal, ou premier devient l'accessoire du second (qui a dit : « et moi », lorsque ce dernier sera libéré, le premier le sera aussi). Lorsqu'après déclaration du premier d'être Nazir, son prochain l'a entendu et s'est écrié : « Et moi », pendant que le premier venait d'énoncer son vœu (de suite après), puis un 2^ l'a entendu et s'est écrié à son tour : « et moi » pendant que le 2* finissait son expression, dès que le premier est libéré, le second l'est aussi ; mais la libération n'entraîne pas d'elle-même la libération du 3*. Si quelqu'un a dit : « je veux être Nazir 2 fois », puis deux personnes qui Font entendu disent : « Et nous voulons être 2 Nazirs », quel sens attachera-t-on à ces derniers mots ? Dira-t-on que chacun d'eux comptera une période isolée, ou faut-il entendre que chacun d'eux assume une double période d'abstinence ? (Question non résolue). Certes, dès que le premier a été libéré, eux le seront au même moment ; mais lorsqu'eux le sont, cela n'entraîne pas forcément la libération du premier (qui est deux fois engagé). Si deux individus ont déclaré chacun vouloir être Nazir, puis quelqu'un les entend et dit : « Moi aussi », dira-t-on que sa déclaration équivaut à un double engagement, ou qu'il veut seulement être une fois Nazir comme chacun d'eux? (question non résolue). Il est évident en ce cas que lorsque les deux premiers seront libérés, le prochain qui lésa imités le sera aussi; mais lorsque lui sera libéré, il ne s'en suivra pas forcément qu'eux le seront aussi. L'expression d'engagement au Naziréat, « que ma bouche soit comme la sienne », impliquera l'interdit spécial du vin ; la suivante, « que ma chevelure soit etc. », s'appliquera à la défense de se raser ; « que ma main » évite l'impureté, et « mon pied » d'entrer dans un lieu impur ; ainsi il suffit d'avoir dit : « que ma tête soit Nazir », ou « que ma main le soit » ; mais dire « que ma marche soit celle d'un Nazir », ou « que ma parole soit telle », ce n'est rien faute d'avoir spécifié la défense). Pourquoi cette distinction ? C'est que, par les premières expressions, le vœu s'attache à des objets dont la vie dépend (p. ex. la bouche, la tête, etc.). C'est une déduction tirée, par analogie, des termes

1. V. J., tr. Berakhotk, II, 1 (t. I, p. 30). 2. V. B., tr. Bam qamma, f. 73.

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