‹ Le Talmud de Jérusalem;Chapitre 246 sur 343 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

le sein maternel *, il existe une divergence d'avis, savoir : selon les uns, ce Naziréat subsistera jusqu'à ce que le fils ait les signes de la puberté (duo pilos) ; selon les autres cette période ira jusqu'à ce que le fils ait atteint l'âge d'aptitude à contracter des vœux (13 ans). Tous s'accordent- à admettre que si le père veut consacrer au Naziréat son fils parvenu à cet âge, il n'a plus cette faculté. Si le père l'a rasé, ou side proches parents l'ont rasé, si le père s'est opposé au vœu que ce fils voulait contracter, ou si de proches parents le lui ont défendu, en employant n'importe quelle expression cela équivaut à une défense formelle (et le vœu est nul). S'asseoir devant le barbier ne signifie rien (ce n'est pas un commencement de renonciation) ; est-ce qu'à ce moment un parent peut encore interdire la rupture du vœu, ou non? (Question non résolue). Est-ce qu'un enfant (en la treizième année) peut assumer à la fois son propre Naziréat et continuer celui que son père lui a imposé? On peut résoudre la question à l'aide du récit suivant 2 : Il était arrivé à Hanina, fils de Hanina, d'avoir été faitNazir par son père; R. Simon b. Gamaliel se mit à examiner si le fils était arrivé à l'âge de puberté (pour savoir si le vœu imposé par le père est valable). « A quoi bon m'examiner, dit l'enfant? Si le Naziréat imposé par mon père est valable, je suis Nazir par son fait ; si non, je me déclare Nazir moimême à partir d'à présent. » R. Gamaliel se leva alors, l'embrassa au front, et s'écria : « Je suis certain qu'avant de devenir bien vieux, tu enseigneras des doctrines en Israël. » En effet, dit R. Eleazar b. Zadoq, je fai vu siéger et présider aux études à Yabneh.

R. Aha ou R. Imi au nom de R. Yossé b. Hanina demanda : Si le fils déclaré Nazir par le père devient impur et qu'il faille sacrifier pour lui des oiseaux (en signe de purification), est-ce que l'oiseau tordu pourra être consommé ? (Subit-il la loi du vrai Nazir dont le sacrifice ainsi offert est admis en consommation, ou n'est-ce qu'un Nazir rabbinique, d'ordre secondaire, dont le sacriflce ne comporte pas le même privilège et reste interdit comme un animal déchiré?) Mais, fut-il répliqué, cette même question pourrait être faite pour le sacrifice égorgé (aussi sujet au doute, et si la victime n'est pas due, restant profane, elle est d'un accès interdit au parvis du Temple) ? Non ; là (pour regorgement), il n'y a qu'un sujet de doute (de savoir si le sacrifice est dû), tandis que, pour l'oiseau tordu, il y a double doute. Selon R. Mena, même pour ce dernier, il n'y aura qu'un simple doute, ainsi qu'il a été enseigné 3 : la perforation des organes du cou, ou l'acte de les arracher de l'animal, ne constitue pas regorgement défendu d'animaux profanes dans le parvis du Temple (c'est trop irrégulier). Les rabbins de Césaréè ajoutent au nom de R. Yossé b. Hanina qu'il n'y a même pas simple doute, d'après l'avis de celui qui dit : le devoir d'égorger l'oiseau n'est pas formellement dit dans la loi, et il n'a pour base que ce verset (Nombres, XI, 32). Ils les étendirent autour d'euXy dont le sens peut se modifier en celui-ci : « Ils les égorgèrent *. » —

1. Cf. ci-après, VII, 1, fin. 2. Tossefta au tr. Nidda, ch. 5. 3. V. B., tr.

Houllin, f . 28. 4. Par rinterversion de Schatah (étendre) en Schahat (égorger).

128 TRAITÉ NAZIR

Par les termes de la Mischnâ (disant : « on se rase parfois pour le Naziréat de son père, ») on sait ce qui arrive en cas d'égalité des degrés entre le père et le fils; mais si le père est une fois Nazir et le fils deux fois, quelle sera la règle ? (Le fils peut-il ajouter aux sommes fixées par le père pour les offrandes et présenter le double) ?0u si le père est un Nazir pur, et le fils devenu impur, pourra-t-on, pour le mêmeargent, sacrifier les oiseaux de pureté? (Questions non résolues). — Pourquoi (dans la Misclina) R. Yossé est-il d'avis qu'un fils ne peut pas se raser pour le Naziréat de son père ? C'est que, fut-il répondu, il est écrit (ibid. VI, 14) : Son sacrifice à l'Eternel, en sus de son Naziréat; cette dernière expression indique que le Naziréat doit être antérieur à l'obligation du sacrifice, non à l'inverse, que le sacrifice soit dû avant l'engagement au Naziréat *. Les compagnons d'étude avaient supposé que R. Juda (le premier interlocuteur anonyme de la Mischnâ) se range à l'avis de R. Yossé (à savoir que si le père et le fils sont Nazir en même temps, ce dernier peut accomplir les offrandes pour tous deux) ; mais on a trouvé au contraire la mention qu'aucun des deux interlocuteurs n'a cédé à l'autre.

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