V. ir. Edouyoth, VI
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y avoir un mort inférieur à la grandeur d'une olive, il devint non moins certain de résoudre la seconde question, en notant qu'il peut y avoir tel mort dont les membres n'ont pas encore été consolidés (tel que l'avorton). R. Mena dit à R. Hiskia : tu te souviens que R. Jacob b. Aha a occupé la chaire ici (dans cette salle d'étude), et les deux questions ont été soulevées par ledit vieillard au sujet de l'impureté communicable par le séjour sous une même tente* ; or, dans quel but s'était-il informé? N'était-ce pas pour qu'en conséquence le Nazir doive se raser? On peut aussi déduire la corrélation des sujets, de ce que R. Yohanan a dit : J'avais d'abord cru qu'un avorton ne donne pas l'impureté légalement ; mais, de ce que pour eux la mère en couches est tenue d'observer les jours de pureté ^ (comme pour un enfant né viable), cela prouve que la présence d'un avorton mort donne une impureté légale. —■ On a enseigné que R. Simon b. Yohaï dit : On a dit qu'un fragment de reptile de la grandeur d'une lentille suffit à rendre impur, parce que c'est la mesure qu'il a en naissant. R. Judan demanda : Pourquoi alors un mort ne rend-il pas impur même en étant inférieur à la grandeur d'une olive, comme R. Yohanan a dit d'englober dans cette mesure l'avorton inférieur à une olive, de même que pour une bête morte le fragment rend impur s'il a la taille d'une fève, selon l'avis de R. Hanina qui dit avoir vu un avorton de veau de la forme d'une fève dans l'ovule? D'où vient cette opinion ? J'énonce là de simples explications^ ; à toi de les interpréter, et tu seras récompensé.
Qu'appelle-t-on partie molle ? La chair d'un cadavre qui s'affaisse (tombe en décomposition), ou l'humeur (sérosité) qui s'en écoule et devient soUde. Est-ce à dire qu'une telle chair, aussi longtemps qu'elle est encore dissoute, ne rend pas impur? R. Hanina n'a-t-il pas dit au nom de R. Helbo que si l'on a fait fondre (dissoudre) un morceau d'un mort, on devient impur à ce contact, mais si l'on fait le même acte après avoir coupé le mort en petites parts (inférieures à une olive), on reste pur? R. Judan et R. Yossé justifient diversement cet enseignement : d'après l'un, le fait de la solidification se rapporte seulement à
1. Voir tr. Oholoth, II, 1. 2. Cf. tr. Nidda, III, 5. 3. C'est la réponse de R. Simon b. Yohaï, dit le Pné-Mosché. Dans les notes marginales sur ce passage écrites par Lonzano (éditées par S. Ruber dans le recueil Haassif, an II, 1885, p. 326), ce talmudiste s'étonne de l'interprétation, vraiment hardie pour son temps, qu'en donne l'auteur des Schilté ha-Guiborim, qui a lu Amouna au lieu d'Amina dans le texte, et s'exprime ainsi (p. 97) à ce propos : « Est-ce que les explications midraschiques forment un « article de foi » ? Il résulte donc de là que nos sages n'ont pas prétendu énoncer le Midrasch (les interprétations d'exégèse) comme un sujet de croyance, ou un principe de foi ; c'est seulement une des nombreuses manières d'expliquer la Rible et ses difTicultés.» Lonzano cherche, gans trop y réussir, à amender cette observation, et le super-commentaire de M. Ruber, tout en insistant sur les détails de lecture d'un mot douteux, ne fait que corroborer implicitement le sens général, contre lequel il semble vouloir entrer en lutte, rappelant en passant la leçon confirmative Amina, donnée par De' Rossi, dans son Meor 'Enaïm, ch. XV, qui se retrouve en effet dans les bx)nnes éditions, depuis celle de Venise jusqu'à celle de Jitomir.
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la sérosité qui découle du cadavre, non au corps; d'après l'autre, comme en raison de l'état liquide l'humeur ne peut se mesurer, on suppose la solidification pour savoir s'il y a cette grandeur d'une olive ; mais dès que l'on sait estimer cette quantité, il y aura propagation d'impureté même pour l'humeur à l'état de solution. On a enseigné * : Selon R. Yossé, la chair d'un cadavre desséché, qui tout en étant maintes fois trempé dans un liquide ne reprend pas son aspect primitif, ne communique pas d'impureté. Pourquoi R. Yossé professe-t-il cet avis (opposé à celui de autres sages)? N'est-ce pas par déduction de la règle à l'égard de la bête morte 2, que l'on connaît la loi de l'impureté par contact d'un mort ; or, comme pour la bête morte le fragment une fois desséché ne donne plus de l'impureté, il en sera de même du fragment d'un mort desséché. R. Amé demanda : puisqu'il est tenu compte de l'analogie avec la bête morte, aussi bien que cette dernière même lorsqu'elle commence à sentir mauvais ne communique pas d'impureté, lorsqu'un cadavre humain sent mauvais il ne rend pas non plus impur? Et faut-il en conclure que, selon R. Yossé, la chair en décomposition n'est pas un cas d'impureté? Non, car on trouve un enseignement qui dit expressément qu'en ce cas, selon R. Yossé, il y a propagation d'impureté (et l'analogie ne porte pas sur ce point). Les compagnons d'étude objectèrent ensuite devant R. Yossé : puisque pour la bête morte il ne saurait être question de pourriture 3, ne devrait-on pas (par analogie) s'exprimer de même au sujet d'un cadavre humain ? C'est que, fut-il répondu, R. Yossé n'établit pas d'analogie entre la bête morte et le cadavre humain pour les ossements, mais seulement au sujet de la chair ; or, pour la chair il n'y a pas de « pourriture », comme elle existe à l'égard des ossements, puisqu'il est dit (Proverbes, XIY, 30) : la jalousie est la « pourriture » des os. R. Yanaïdit de conclure des mots (Nombres, XIX, 18), ou sHl a touché à un tombeau^ que si même on a touché la tom.be d'Adam le premier homme, on devient impur à ce contact. Les compagnons d'étude disent d'interpréter les mots bibliques précités, en retournant les lettres du mot qéber (tombe) pour les lire : réqeb (pourriture), afin d'établir l'analogie entre ces deux idées et conclure à l'égalité d'interdit. En efTet, Bar-Qappara a enseigné : soit par l'une, soit par l'autre, on dc'iient impur. R. Judan b. Pazi dit ; le Seigneur [béni soit-il] a pris une pelletée de terre à l'emplacement sur lequel devait figurer plus tard l'autel du Temple, et avec elle créa le premier homme, en s'écriant : Puisse l'homme, en étant créé à l'aide de ce sol qui sera plus lard consacré, y trouver un appui moral. C'est pourquoi il est dit (Geuèse, II, 7) : U éternel Duu forma l'homme en prenant de la poussière de « la terre * » (cette dernière, ainsi déterminée, doit faire allusion à un sol spécial); et d'autre part il est dit (Exode, XX, 21) : Tu m'érigeras un autel en terre. Or,
1. Tr. Nidda, VII, 1. 2. V. Silïri, section Houqath, n" 127 et 130. 3. Ce terme n'est applicable qu'à l'homme, dit le commentaire Pné-Mosché. 4. Cf. Midrasch Rabba sur Genèse, ch. 14.
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comme dans ce dernier texte biblique il y a corrélation entre la terre etFaulel, il faut aussi la supposer dans le premier des versets précités.
Il est écrit aussi (Genèse, VI, 3) : Ses jours étaient de cent vingt ans; cependant, puisqu'Adam a vécu près de mille ans, comment la Bible ditelle que « ses jours étaient de cent vingt ans » ? C'est une allusion à ce fait qu'au bout de 120 ans de sépulture, la dépouille mortelle d'Adam se trouvait réduite par la décomposition à une pelletée. Mais, fut-il objecté (contre l'adoption d'une telle mesure), est-ce qu'au bout de 120 ans de sépulture du géant Og, roi de Basan, aussi bien que d'un enfant âgé d'un jour*, la dépouille mortelle sera réduite à la même mesure uniforme d'une pelletée? (Cette objection reste sans réponse). La mesure à laquelle est réduite le corps décomposé peut tenir dans l'espace compris entre la naissance des doigts et leur extrémité; tel est l'avis de R. Méir. Selon les autres sages, c'est la mesure d'une grande main pleine. R. Zeira ou R. Hiya au nom de R. Méir montrait lui-même quelle était la mesure admise par R. Méir (la grandeur des doigts), et quelle était la mesure admise par les autres sages (la main pleine).
Quel est le mort qui représente (sans mélange) sa dépouille réduite par la décomposition (et rende impur)? Celui qui a été enterré nu^ dans une bière de marbre, ou mis sur un dallage de pierres, ou sur une planche (tabula) de marbre ; mais s'il a été enterré avec son vêtement dans une bière de bois, ou sur une tablette de bois, ce n'est pas là une réduction seule du corps (rendant impur), mais une addition de terre sépulcrale, et il faut par conséquent un peu plus que ladite mesure. R. Yohanan dit : dès qu'un corps étranger, si petit qu'il soit, a été enterré en même temps, il n'a pas le caractère contaminant du corps réduit. R. Yassa dit au nom de R. Yohanan : Lorsque deux cadavres ont été enterrés l'un à côté de l'autre, ils sont considérés comme ayant apporté un mélange étranger de l'un à l'autre ; car, en tous cas, on ne saurait affirmer que l'un a reçu une partie de mélange, non l'autre (et, par conséquent, ils ne rendent pas impur par leur contact). Mais, objecta R. Aba b. Nathan à R. Yassa, suppose le cas où l'on aura apporté une demi-mesure de corps réduit d'un mort, et autant de corps réduit d'un autre, qu'ensuite l'on a réunies; cet ensemble n'a-t-il pas le caractère contaminant? Pendant que R. Yassa réfléchissait à cette objection, il voyait rire R. Aba b. Nathan (de ce que l'objection restait sans solution) ; R. Yassa se fâcha contre son interlocuteur, qui en mourut. Ainsi, s'écria R. Yossa (un homonyme), un savant homme est parti, sans que nous ayons su son avis à cet égard. Quelle est en somme la" règle en cas de mélange des restes de deux morts? (En ce cas n'y a-t-il pas contamination ?) Voici la distinction : pour deux morts couchés côte-à-côte, il n'y a pas de quoi remplir ladite mesure avec la réduction d'un seul corps (on raison du mélange immédiat); tandis qu'ici, lorsqu'on a pris deux demi-mesures de deux corps enterrés séparément, il y avait de quoi constituer de chaque côté ladite mesure réglementaire (et, dès lors, il y a pro-
i.Tosseftaau tr. 0/io^of/i; ch. 2. 2. Ibid,