‹ Le Talmud de Jérusalem;Chapitre 270 sur 343 · CHAPITRE VH · texte numérisé non relu

CHAPITRE VH

pagation d'impurclé). Si le corps, au momont de rensevelissement, avait déjà un pied coupé depuis la cheville et au-dessus (il est défectueux d'un membre), il ne sera pas considéré comme corps réduit (et ne propagera pas d'impureté) ; mais s'il manque seulement à ce corps la partie du pied depuis la cheville et au-dessous, il conserve le caractère d'un entier (et devient contaminant). Si la plante du pied (détachée d'avance) a été ensevelie avec le corps, elle est considérée comme un élément étranger; si c'est la partie du pied depuis la cheville et au-dessus, ce n'est pas un corps étranger (et il contaminera). Les compagnons d'éludé demandèrent en présence de R. Samuel b. Abdima : si l'on considère comme un corps étranger toute parcelle du pied provenant depuis la cheville et au-dessous, même lorsque cette partie n'a pas été détachée du corps, faut-il aussi la considérer comme ayant été découpée d'avance et constituant un mélange étranger ? Non, puisqu'elle est adhérente, l'ensemble constitue un corps entier (avec ses conséquences légales). S'il ne manque au corps qu'une partie de membre, le considère-t-on aussi comme défectueux et n'ayant pas le caractère contaminant? On peut conclure qu'il n'a pas ce caractère, puisqu'il est dit : S'il manque une parcelle d'un corps, celui-ci n'a pas le caractère contaminant ; il n'entraîne pas la nécessité de déplacer en même temps sa couche de terre (comme c'est l'usage d'ordinaire*), pas plus que l'on n'observera à son égard la règle « du voisinage des tombes » (en vertu de laquelle on enterre sur place un mort abandonné). R. Yohanan demanda : de combien devra être la défectuosité, pour que le corps soit dépourvu du caractère contaminant? Ce sera conforme à ce qui a été enseigné ailleurs 2 : Une quantité telle, que si on l'enlevait d'un être vivant, celui-ci en mourrait, constitue la défectuosité qui met obstacle à la propagation de l'impureté ; la même quantité sera adoptée ici. Mais n'arrive-t-il pas que si l'oesophage est troué, bien qu'il ne manque rien, on ne peut plus vivre? 11 faut dire qu'il y a seulement défectuosité réelle lorsqu'il manque un membre, comme il vient d'être dit : Si le pied se trouve avoir été détaché du corps avant l'ensevelissement et qu'il manque depuis la cheville et au-dessus, le corps n'a plus de caractère contaminant ; si c'est depuis la cheville et au-dessous, il a ce caractère ; lorsque le pied (détaché) a été enterré en même temps, s'il n'est détaché que depuis la cheville et au-dessous, on considère cette plante de pied comme un corps étranger (qui met obstacle à la contamination) ; mais si c'est depuis la cheville et au-dessus, ce n'est plus un corps étranger.

Est-ce que l'avorton enterré a un caractère contaminant ? D'après celui qui est d'avis qu'un quart de long de sang qui se serait écoulé de ce corps rend impure, le contact même de l'avorton rend certes aussi impur; mais d'après celui qui n'est pas d'avis d'accorder au quart de mesure d'unlel sang le caractère contaminant (savoir selon R. Akiba, l'interloculeur des autres. sages)' quelle est la règle pour le contact de l'avorton entier? On peut conclure la réponse de ce qu'il est dit* : La poussière provenant des monticules de terre est

1. Ci-après, III, 9. 2. Tr. Oholoth, II, 3. 3. Ibid. 4. Tosselta au môme

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impure ; et pourquoi cela ? Parce que les femmes y enterrent leurs avortons i (c'est donc que ces derniers, à l'état décomposé, communiquent l'impureté). Mais, observa R. Judan, père de R. Mathnia, ne peut-on pas donner pour raison que les lépreux y enterrent les membres gangrenés (détachés de leur corps), et peut-on dire de ces derniers que leur décomposition rend impur? (Ne vient-il pas d'être dit que les membres isolés n'ont pas ce caractère)? La raison d'impureté est donc différente : c'est la crainte du contact d'un ossement, fût-il petit comme un grain d'orge (mais l'avorton réduit par la pourriture ne rend plus impur). Mais n'a-t-on pas enseigné ^ : Si l'on a pris de la poussière d'un tel monticule sur laquelle on a adossé d'autre terre, celle-ci reste pure ? (Est-ce que l'on n'éprouve pas la crainte du contact) ? On peut expliquer cet enseignement (au sujet de l'adossement), en disant qu'il est conforme au suivant, où il est dit : Lorsqu'on a déplacé de la terre du monticule, elle reste impure ; selon R. Simon b. Gamaliel, elle ne l'est plus ailleurs (la question de décomposition n'est pas en cause).

R. Simon b. Eléazar dit (au sujet de l'impureté par la présence de l'épine dorsale, ou du crâne d'un mort) que notre mischnâ est conforme à l'opinion de R. Simon, énoncée dans l'enseignement suivant ^ : Lors même que l'épine dorsale, ou le crâne, se trouverait écrasé comme de la bouillie, ou réduit en miettes, l'impureté se propagera, parce que la tombe réunit en réalité ces fragments, et l'homme qui est en contact avec eux se trouve contaminé comme sous une tente déjà impure. La Mischnâ dit ensuite que le Nazir devient impur en présence d'une demi-mesure d'ossements et d'autant de sang (réunis) : c'est l'avis de Eléazar b. Azaria, car on a enseigné* que R. Eléazar dit : En principe, les tribunaux étaient divisés sur cette question, et selon les uns on avait décidé qu'un quart de mesure, soit de sang, soit d'ossemenl, constitue l'interdit pour toutes sortes de consécrations, qu'il s'agisse de celle du Nazir, ou de celle du cohen qui devra manger de l'oblation, ou d'autres saintetés ; selon d'autres, la demi-mesure constitue l'interdit en ce cas; mais les collèges suivants ont décidé que le quart de la dite mesure constitue l'interdit à l'égard du cohen qui devra consommer de l'oblation ou des saintetés, et la demi-mesure sera interdite au Nazir comme à tous les autres qui se présentent au Temple (et doivent être purs). R. Jacob b. Idi ajoute au nom de Simon : c'est une tradition apprise de la bouche des prophètes Hagaï et Malakhi, que, pour le Naziréat, la demi-mesure constitue l'interdit.

3. Au contraire, pour la toiture composée de branchages % ou pour les brèches des murs% ou le champ de division (comprenant des os de mort), ou aux pays païens, ou le couvercle, ou les côtés, ou un quart de mesure de sang, ou une lente couvrant la môme quantité impure, ou les

traité, ch. 16. 1. Cf. B., Ir. kWiouboth, loi. 20b. 2. Tossefta, ibid. 3. Tosselta, môme traité, di. 2. 4. Tossefta, ibid., di. o. 5. S'il se trouve audessous un fragment de mort, et le Nazir ignore s'il a passé auprès, ou non. 6. Doute analogue sur la présence d'une impureté.

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