‹ Le Talmud de Jérusalem;Chapitre 297 sur 343 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

combent au père; les hommes y sont soumis, non les femmes (non la mère). Tous les devoirs qu'un fils doit accomplir pour les parents, incombent aux fils et aux filles. Tous les commandements qu'il faut observer dans un temps fixé^ sont obligatoires pour les hommes, et non pour les femmes. Tous les commandements dont l'observation ne dépend pas d'un temps fixé sont obligatoires pour les hommes et pour les femmes '\ Toutes les prohibitions, qu'elles dépendent ou non d'un temps fixé, sont obligatoires pour les hommes et pour les femmes, sauf les défenses de ne pas anéantir les angles ^ de ne pas couper les coins % et de ne pas se rendre impur aux morts si l'on est cohen^

8. L'imposition des mains, la présentation des offrandes en les agitant, l'apport simple, la prise d'une pincée de farine, l'encensement, Faction de tordre le cou (d'un oiseau), l'aspersion de purification, la réception (du sang d'une victime), ce sont tous actes "^qu'accomplissent les hommes, non les femmes, sauf l'offrande de farine par la femme soupçonnée, ou par celle qui a fait vœu d'abstinence : elles l'offrent elles-mêmes en l'agitant.

C'est le devoir du père de circoncire son fils, de le racheter de la captivité, de lui enseigner la Loi, de lui faire apprendre un métier et de le marier ^ ; R. Akiba ajoute : de lui faire apprendre à nager ^ Il doit le circoncire, comme il est dit (Lévitique, XII, 3) : Au huitième jour il circoncira la chair de son prépuce. Il doit le racheter de la captivité, comme il est dit (Exode, XIII, 13): tio rachèteras tout premier-né mâle parmi tes enfants. Il doit lui enseigner la Loi, comme il est dit (Deutéronome, XI, 19): Vous les enseignerez à vos fils. R. Ismaël a enseigné ^ : la Bible recommande l'exercice d'une profession manuelle par ces mots (ibid. XXX, 19) : tu choisiras la vie '^ Le père doit le marier, parce qu'il est dit (ibid. IV, 9) : Tu les feras connaître à tes fils et à tes pel its- fils \ or, pour qu'un père puisse avoir le bonheur d'instruire ses petits-fils, il lui faut d'abord marier jeunes ses fils. Selon R. Akiba, un père doit aussi apprendre au fils à nager, parce qu'il est dit (ibid. XXX, 19) : poior que tu vives toi et ta postérité ; le père doit avoir souci de faire échapper sa postérité au péril de se noyer. Est-ce que ces devoirs sont de simples recommandations religieuses, ou sont-ils des obligations, dont la non-observance entraîne une pénalité ? On peut répondre à cette question à l'aide du fait suivant : Bar-Trouma se rendit auprès de R. Imi, et le pria d'engager son père

pour son père », ainsi qu'à la phrase suiv. « le père pour le fils ». 1. J., tr. Uerakhoth, III, 3 (t. I, p. 62). 2. Phrase omise au text« jérusalémite. Il s'agit p. ex. du précepte de la charité, que les femmes doivent observer comme les hommes. 3. Lévitique, XIX, 27. 4. Ibid. 5. Ibid., XXI, 1. 6. Enumérés au tr. Meghilla, II, 6 (t. VI, p. 233). 7. V. Schuhl, Sentences, p. 160. 8. Cf. Tossefta à ce traité, ch. 1. 9. J., tr. Péa, I, 1 (t. II, p. 8). 10. Ce qui fait vivre.

234 TRAITÉ QIDDOUSCHIN

à le prendre avec lui (pour l'instruire). R. Imi alla intercéder en faveur du fils ; mais le père ne s'y engagea pas. Il résulte de ce fait que les devoirs en question sont recommandés, mais non obligatoires ; sans quoi, R. Imi y aurait contraint le père de Bar-Trouma.

D'où sait-on que si le père n'a pas rempli envers son fils les devoirs en question, l'homme doit les remplir envers lui-même? C'est qu'il est écrit par exemple (Exode, XIII, 13) :... parmi r homme tu rachèteras ; la redondance de cette expression indique que ce devoir incombe à l'homme, comme les expressions '.vous circoncirez [Genèse j XVII, 11), vous-mêmes, ou : vous enseignerez (Deutéron. XI, 19), ou : votes ferez connaître {ih'id. IV, 9), ou : afiji que tu vives (ibid. XXX, 19), que tu protèges toi-même ta vie. — On a enseigné ailleurs * : Par le mérite du père, le fils acquerra des ornements, de la force, la richesse, la sagesse, le grand nombre d'années (la vieillesse). On le sait pour les ornements, de ce qu'il est dit (Ps. XC, 16) : On aperçoit ton œuvre sur tes esclaves, et ta splendeur sur leurs fils; on le sait pour la force, comme il est dit (ibid. CXII, 2) : Sa postérité sera forte dans le ^pays; on le sait pour la richesse, comme il est dit (ibid. XXXVII, 15) : J'ai été jeune et je suis devenu vieux, mais je n'ai pas vu de juste abandonné dont la postérité manquât de pain; On le sait pour la sagesse, parce qu'il est dit (Deutéron. XI, 19) : Vous les enseignerez à vos fils pour qu'il en soit parlé etc. ; on le sait pour la vieillesse, parce qu'il est dit (ibid. 21) : afin d'augmenter vos jours et les jours de vos fils. Comme le père fait bénéficier son fils de ces cinq objets, celui-ci lui est redevable, par reconnaissance, pour autant d'objets, savoir : il devra lui donner à manger, à. boire, le vêtir, le chausser, le conduire. Par contre, les défauts du père peuvent aussi influer sur l'état du fils, au nombre de cinq 2, comme il est dit (II Samuel, III, 29) : que ce sang retombe sur la tête de Joab et sur toute la maison de son père, que la maison de Joah ne soit jamais sans quelqu homme découlant, oio qui ait la lèpre, ou qui s'appuie sur un bâton, ou qui tombe par l'épée, ou qui ait besoin de pain. Or, par « découlant » (gonorrhéen), on entend le faible ; par « lépreux », on entend celui qui, a cause de sa laideur, est abandonné; par « celui qui s'appuie sur un bâton », on entend le paralysé d'esprit, ou sans intelligence; « il tombera par l'épée », ou verra ses jours diminuer ; « il aura besoin de pain », faute de ressources. Lorsque Salomon se présenta pour tuer Joab, celui-ci lui dit : « Ton père a prononcé à mon égard cinq condamnations ; accepte-les, et je me tue ». Salomon les accueillit, et toutes se réalisèrent dans la maison de David 3. Ainsi, Roboam était gonorrhéen, comme il est dit (I Rois, XII, 18) : Le roi Roboam se hâta de monter sur un charriot, pour s'eiifuir à Jérusalem ; or, d'après les uns, l'emploi du « charriot » est un indice du mal dont il souffrait ; d'après les autres, ce roi était faible (aaOsvv^c;) et dut luir. Ozias était lépreux, comme il est dit (II Chroniques, XXVI, 20) : le roi Ozias était lépreux

1. Tr. 'Edouyoth, II, 9. 2. V. Midrasch Rabba sur Lévitiquc, ch. 16. 3. Mi. drasch sur Nombres, ch. 23; B., ti*. S'jnhèdr'm, fol. 48.

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