‹ Le Talmud de Jérusalem;Chapitre 306 sur 343 · CHAPITRE II W · texte numérisé non relu

CHAPITRE II W

quel il a accepté un acompte), ou bien l'acquéreur consentira à la reprise de ce qu'il a déjà payé (comme pour un cas de renonciation). Selon R. Hiya b. Joseph, au contraire, l'achat n'est pas acquis en entier : Ou bien le vendeur sera seulement tenu de remettre à l'acquéreur le montant du versement opéré, ou bien l'acquéreur consentira à la reprise de ce qu'il a déjà payé. Toutefois, reconnaît R. Hiya b. Joseph à R. Yohanan, pour certains achats ce n'est pas l'usage de les acquérir à moitié, par exemple une vache, ou un vêtement (alors le versement d'un à-compte suffit à valider l'achat total) ; or, on ne saurait dire pour une femme qu'on l'acquiert à moitié (donc, le moindre versement suffit à constituer la consécration). De même, R. Ilaçaï et R. Judan disent tous deux : pour toute vente, on peut admettre parfois l'achat de la moitié (fût-ce un objet indivis, en la possession de deux personnes), mais pour une femme, il ne saurait être question d'acquisition par moitié (et le moindre versement suffit).

2. (3). Si le futur dit : « Sois engagée envers moi par celle coupe de vin », et c'est du ruiel, ou « par ce miel », et c'est du vin, ou « par ce dinar d'argent », et c'est une pièce d'or, ou « par ce dinar d'or », et c'est de l'argent, ou « à condilion que je sois riche », et il se trouve pauvre, ou « si je suis pauvre », et il se trouve être riche, la consécration n'est pas effective (elle pèche par la base). R. Simon dit : s'il s'est trompé de façon que le résultat soit avantageux, la consécration sera définitive.

(4). Si le mari dit : « Sois engagée envers moi, à condition que je sois cohen », et il se trouve être lévite ; ou « à condition que je sois lévite »^ et il se trouve être cohen ; ou « que je sois descendant des gens voués au culte, » et il se trouve être Mamzer (illégitime); ou & que je sois Mamzer », et il se trouve être de la race des gens voués au culte; ou » que je sois citadin », et il est villageois; ou « que je sois villageois t>, et il est citadin; ou « à condition que ma maison soit proche du bain », et elle en est éloignée ; ou « à condilion d'en être loin », et il se trouve près de là; ou « à condition que j'aie une fille ou une servante qui sache natter les cheveux de femme », et il se trouve ne pas en avoir; ou « à condition de ne pas en avoir », et il en a; ou « à condilion de ne pas avoir de fils », et il en a ; ou « à condition d'en avoir », et il n'en a pas; en tous CCS cas où les conditions ne se réalisent pas, bien que la femme ait eu la pensée de s'engager même au cas de leur non -réalisation, elle n'est pas tenue pour consacrée. Il en est de même, si elle a trompé le futur en ses promesses.

Si l'homme dit à la femme qu'il la consacre « par cette coupe de vin et son contenu », au cas où cela équivaut ensemble à la valeur d'une prouta, l'union est validée; au cas contraire, elle ne l'est pas. Si l'homme dit à la femme d'acquérir la coupe, ou son contenu, il faut que le contenu seul équivaille à la va-

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leur d'une prouta pour valider l'union, et à défaut de cette valeur, l'union n'est pas consacrée, car la femme acquiert alors le contenu seul de la coupe. « R. Simon dit : si l'homme s'est trompé de façon que le résultat soit avantageux, la consécration sera définitive. » Toutefois, dit R. Yohanan, R. Simon est d'accord avec le préopinant que si l'homme s'est trompé d'une façon avantageuse en fait de hiérarchie, l'union ne sera pas validée. En effet, dit R. Yossé, les termes de la Mischnâ le prouvent : « Si le mari dit qu'il l'engage à condition d'être cohen, et il se trouve être lévite, etc., la consécration ne sera pas définitive ». Or, ceci s'explique si au lieu d'être cohen il se trouve être lévite (il y a désavantage) ; mais R. Simon ne sera pas non plus d'un avis contraire, si, au lieu d'être lévite, le mari se trouve être un cohen (d'un rang supérieur), parce que la femme peut arguer ne pas vouloir être dominée par le maria raisonde son rang. On comprend la non-consécration, si au lieu d'être citadin, il se trouve être villageois (moins) ; mais, même au cas inverse, si au lieu d'ôlrc villageois il se trouve citadin (plus), parce que la femme peut arguer qu'elle préfère être tranquille dans une petite localité. Il en est de même, si au lieu de demeurer près d'un bain il en demeure éloigné ; pourtant, si au lieu d'en être éloigné, il demeure auprès du bain, la femme peut arguer qu'elle préfère avoir l'agrément de se promener pour aller au bain et en revenir. Enfin, il en sera de même si, au lieu de « ne pas avoir de tille, ni de servante qui sache natter les cheveux », il en a une; mais comment comprend-on l'hypothèse contraire, s'il a dit « en avoir », et il n'en a pas? Ne peut-il pas arriver qu'il en a au bout du monde (à très grande distance) ? Voici, dit R. Aba b. Marnai, comment il faut rectifier la Mischnâ? Si le mari a déclaré à la future « avoir une fille ou une servante, pour la servir », et il n'en a pas, la consécration sera annulée.

3. (4) Si quelqu'un dit à son délégué d'aller consacrer pour lui telle femme en tel lieu, et le délégué Ta consacrée ailleurs, elle n'est pas engagée. Mais si le futur a dit seulement : « elle est dans tel endroit », (sans l'ordonner), et la consécration a eu lieu ailleurs, l'engagement sera définitif. — *.

4. (5) Si quelqu'un- consacre une femme à condition qu'elle ne soit

pas engagée par vœu, et il se trouve ensuite qu'elle l'est, le mariage sera

nul; s'il l'a épousée sans condition et elle est engagée, elle se séparera

du mari sans recevoir de lui le douaire. [Il en est de môme, pour la

femme épousée à condition de n'avoir pas de défauts, et qui se trouve

en avoir ^]. Les défauts énumérés dans la Bible au sujet des Cohanim

(Lévit. XX[, 18-20) et qui les rendent impropres au service du culte,

peuvent devenir des causes d'annulation des mariages.

1. La guemara sur ce § est déjà traduite, ci-dessus, tr. Guitin, VI, 3. 2. Ce § se retrouve textuellement au tr. Kethouboth, VU, 7, avec toute la gucmarâ relative (t. VIII, p. 97). 3. Cette phrase, indispensable pour la suite, manque au texte jérusalémite.

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