‹ Le taoïsmeChapitre 49 sur 99 · Tao-teh King, ch. x · texte numérisé non relu

Tao-teh King, ch. x

HO

parvenu jusqu’à nous sans altération. La plupart des exégètes indigènes, très embarrassés de voir dans ce passage un signe qui signifie d’habitude « un camp » pour exprimer « l’âme spirituelle », ont remplacé ce signe par un caractère employé communément dans le sens d’âme ou de partie de l’âme non soumise aux influences de la sensation, de la forme et de la matière1.

Les deux âmes différentes dont les anciens Chinois admettaient l’existence chez l’homme, s’appelaient l’une hoën et l’autre peh. La distinction paraît se rattacher au système dualiste qui caractérise une des périodes les plus anciennes de leur évolution philosophique. Elle a été maintenue d’âge en âge, par ce respect traditionnel qui a toujours porté les peuples de race Jaune à contempler avec un religieux enthousiasme l’édifice vermoulu du passé de préférence aux constructions idéales de l’avenir. Malgré de longs siècles d’existence et d’innombrables travailleurs sur le chantier des choses de l’esprit, la question posée dans les livres qui reflètent les idées des temps préhistoriques n’a jamais fait un pas en avant. C’était d’ailleurs la destinée fatale d’un peuple sans cesse enclin à regarder en arrière et qui a peine à comprendre un progrès dont ses ancêtres n’auraient pas eu la complète possession.

La théorie du hoën et du peh, c’est-à-dire de ce que les orientalistes expliquent d’ordinaire par « âme spirituelle » et par « âme sensitive »2, n’a jamais cessé d’être

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