En chinois : hoën
2. Suivant Wells-Williams, le hoën est la partie spirituelle de l’âme et le peh la partie nerveuse, distincte de la faculté rationnelle; mais
LA PHILOSOPHIE DE LAO-TSE
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ambigüe dans l’esprit des Chinois qui l’ont retournée en tous sens pour n’y rien découvrir d'utile au progrès de la science psychologique. On peut même dire, je crois, sans trop s’avancer, que la plus profonde incertitude n’a pas cessé de régner, dans l’esprit des écrivains indigènes, sur le véritable caractère qu’il convenait d’attribuer à ces deux âmes et sur l’usage qu’on pouvait faire de leur distinction pour éclairer d’un jour quelconque le problème de la vie et de la destinée humaines.
Si l’on recourt aux meilleurs dictionnaires chinois pour obtenir une définition de ces deux termes, on trouve que l’essence ou exhalaison du Ciel s'appelle hoën, tandis que celle de la Terre s'appelle peh1. Le hoëu et le peh désignent le principe spirituel et le principe matériel qui coexistent dans l'individu. L’esprit, dépendant du principe mâle (yang), se meut et constitue le hoën ; la matière, dépendant du principe femelle (yin), reste dans le repos et forme le peh. Lorsque la mort arrive, le hoën monte au ciel et le peh descend dans la terre 2.
De la sorte, le hoën est l’ombre ou les mânes, la partie spirituelle du fantôme, l’esprit subtil de l'homme, le principe évolutif des êtres en voie de retour vers leur source 3 : c’est le principe corporel et en même temps l’essence céleste, l'àme qui va et
la valeur donnée à ces deux mots par le savant sinologue américain est loin d'être constante dans les écrits des philosophes chinois.
1. Hoaï-nan tse, cité dans le Péi-wen-yun-fou , livr. xiu, p. 112. — Voy. plus loin un extrait des œuvres de ce philosophe dont il n'a encore été publié aucune traduction européenne.