Voy. plus haut, dans ce volume, chap. ii, p
LES SUCCESSEURS IMMÉDIATS DE LAO-TSE
trouble dans la nature de l’homme 1 ; il ne consent pas à admirer la règle politique des Trois- Augustes et des Cinq-Empereurs, parce que, selon lui, elle n'aboutit qu’à faire naître des désordres dans la société. Les King ou Livres canoniques ne nous conservent que « la trace des pas » des anciens rois, et l’on peut se demander à quoi ces traces peuvent servir ? « Les traces des pas seraient-elles par hasard la même chose que les chaussures 2 ?» 11 y a eu certainement, dans l’antiquité, des princes qui ont compris la Loi génératrice des choses, comme par exemple l’empereur Fouh-hi 3 4; mais s’il est sûr que les hommes ont en général une tète et des pieds, il n’est pas moins sûr que beaucoup d’entre eux n’ont ni cœur (pour sentir les choses) ni oreilles (pour les entendre), et que nul être ayant forme ne peut saisir ce qui n’a ni forme ni ligure .
Lieh-tse, lui aussi, fait d’assez nombreuses citations de paroles attribuées à Confucius, à Lao-tse et à quelques autres philosophes anciens. Dans une foule d’endroits, il s’attache à soutenir les avantages de la doctrine du Non-agir ; mais on est tenté parfois de croire qu’il plaisante, tant sont bizarres les arguments dont il se sert. On y lit, par exemple, qu’un des disciples de Lao-tse avait appris à pénétrer le sens du
1. Nan-hoa King, section Tien-tao, livr. xm, édit, jap., p. II.