Dont on fixe le règne au XXVIIe siècle avant notre ère
3. « La divine femelle de la Vallée (du Vide) est apte à produire tous les êtres, c’est pourquoi on lui donne le titre de « mère », et on la nomme » la femelle obscure » parce qu elle est cachée, profonde et inscrutable » (Lao-tse i, livr. i, p. H.) — Une vallée est un vide et cependant elle a une forme. L’esprit de la Vallée, lui, est vide et n’a pas de forme. Vide et sans forme, rien ne lui a donné naissance ; il ne saurait donc mourir. Quant à la Femelle obscure, on voit ce à quoi elle donne naissance, mais on ne voit pas ce qui lui a donné naissance. » (Commentaire de Sou Tse-yeou).
4. On emploie 1 expression « porte de la Femelle obscure », pour indiquer d'où sont sortis toutes les créatures» (Comment, de Sou Tse-yeou.)
5. « La racine du Ciel et de la Terre est une expression pour indiquer que tous les êtres sont issus de l’esprit de la Vallée » (Comment, de Sou Tse-Yeou).
tue sans discontinuer. Elle subsiste (et est invisible) ; bien qu'elle agisse sans cesse, elle n'éprouve pas de fatigue *.
« En conséquence, le principe qui produit les êtres n'a pas eu de naissance ; le principe qui transforme les êtres est immuable (ne se transforme pas). Il a l'existence par lui-même ; il se transforme par lui-même ; il a la forme (la couleur) par lui-même ; il a l’intelligence par lui-même ; il a la force par lui-même ; il a la croissance Je devenir) par lui-même; il a l'épuisement par lui-même. Il en résulte que la vie, la transformation, la forme, l'intelligence, la force, la croissance, l’épuisement ne sont pas réels 1 2 ».
La lutte des théories taoïstes et confucéistes ne tarda pas à donner naissance en Chine à des écoles philosophiques divergentes 3 qui se préoccupèrent de la question de savoir si l’homme, dans sa condition originelle
1. Ce passage fort obscur se retrouve en termes identiques dans le Tao-leh King de Lao-tse, dont il forme le chapitre vi complet. Or, comme le fait remarquer avec raison M. Victor von Straus, le philosophe Lieh-tse connaissait l'œuvre du Vieux-Philosophe, d'où il résulte que dans le Tao-leh King ce passage n'était vraisemblablement qu'une citation Lao-tsè's Uebersetzung, p. 32'. — Dans ce cas, il y aurait un argument pour établir que le Taoïsme n'était pas une théorie philosophique absolument personnelle au célèbre contemporain de Confucius. On pourrait peut-être aussi tirer de ce fait la conclusion, d’ailleurs vraisemblable pour d'autres motifs, que le Tuo-leh King est un composé artificiel de vieilles sentences taoïstes et non point un écrit composé par le philosophe Lao-tse dans la forme où nous le possédons aujourd'hui.
2. J'avais eu l'intention d'insérer ici plusieurs autres fragments du livre de Lieh-tse, mais celui qui précède me parait suffisant pour en donner une idée, et de plus longs extraits seraient au moins inutiles, à moins d'être accompagnés d'un long commentaire qui ne saurait trouver place dans cet ouvrage.
3. Wylie fait observer avec beaucoup de raison qu'après la mort de Lao-tse, le caractère du Taoïsme se modifia tellement d'àge en âge. qu'il est presque impossible de déterminer d'une façon précise, quels sont, parmi les philosophes des siècles subséquents, ceux qu'il faut rattacher à cette doctrine. [Noies on Chinese Literature, p. 172).
LES SUCCESSEURS IMMÉDIATS DE LAO-TSE 1 ol
était bon ou mauvais. Suivant Lao-tse, la nature de l’homme est foncièrement bonne, et elle ne devient mauvaise que par suite des raffinements de la civilisation qui en faussent le caractère et la simplicité. Mencius, lui aussi, croit à la bonté primitive del’homme, ou du moins il enseigne qu'il suffit d’étudier pour aboutir à la vertu. Lao-tse attribue à l’étude des etfets contraires, puisqu’il y voit une source de chagrins 1 et pense qu’un prince sage doit détourner son peuple de toute ambition de connaître 2. Un autre philosophe, Siun-tse 3, soutient que la nature de l’homme est essentiellement mauvaise, et qu’il faut confier à des maîtres le soin de l’améliorer et de la transformer 4. Yang-tse 5, à son tour, enseigne que la nature de l'homme est un mélange de bien et de mal :
« Un bâton de travers doit être mis dans une presse pour être redressé et tendu : après cela, il devient droit ; un morceau de métal grossier doit être soumis à la pierre à aiguiser, et alors il devient tranchant. De même, la nature de l'homme étant mauvaise, il faut la
1. Tao-leh King, ch. xx. — Tchouang-tse enseigne que le vrai bonheur consiste dans l’anihilation de la personnalité (Balfour, The Divine Classic of Nan-hua, excursus, p. xx).