SCÈNE II
Mad. DE SAINT - IMIAR , M. MELVAL, LNE.
Eh î bonjour. Te voilà si matin ?
Mad. DBST-PHAB.
NoU3 avons déjà fait plus d'un tour au jardin;
Fortbien,macb'jre; aux champs jamaisonnes'ennuie.
Mad.DKffr-PHAR.
On n'y saurait mener une plus douce vie... Mais demain à Taris on m'attend.
MELVAL
Je le sais; Mais ne peut-on sans toi terminer ton procès? J'ai d'ailleurs des projets... plus importans peut-être; T'attends monsieur Valmont pour les faire connaître. Il devrait être ici , car il est de Moulin Parti depuis huit jours.
ROSINE
Il cherche 6on chemin ; Mais il arrivera... tôt ou tard.
MELVAL
Je le pense :
Franchement, je commence à perdre patience. Différer si long-temps lorsqu'il sait qu'en ce lieu Il doit te rencontrer! A son âge, corbleu ! Je serais arrivé vingt fois, coûte qui coûte! J'aurais plutôt crevé vingt chevaux sur la route.
ROSINE
Oh î je le crois , monsieur; vous êtes du bon temps.
Les hommes d'aujourd'hui sont moins impatiens. On ne se gêne plus ; la prude la plus fîère, Au premier rendez-vous , arrive la première,
MELVAL
C'est fort mal, et surtout. .
ROSINE
Surtout lorsque l'on a Des projets comme vous. Oh! nous voyons cela! Une veuve, à vingt ans , connaît un peu son monde , Et devine un futur une lieue à la ronde.
MELVAL, Un futur? pourquoi pas ? mais, j'en serais ravi... Son père , quarante ans , fut mon meilleur ami. Sous les mêmes drapeaux, dans pins d'une bataille, On nous vit côte à côte affronter la mitraille. Il m'a sauvé la vie, et tu vois si son fils A ma reconnaissance a des droits bien acquis. Bientôt à ton estime il en aura , je gage. C'est un homme charmant, un philosophe, un sage; Grand amateur des arts dont il parle à ravir ; Faisant même, dit-on, des vers... pour son plaisir; Du reste , beau diseur, de l'esprit , le cœur tendre.,.. Il n'a qu'un seul défaut : c'est de se faire atteudre.
ROSINE
C'est un vilain défaut , monsieur , pour un mari.
{Allant vers la fenêtre.) Mais le voici. J'entends une voiture... Oui. Voyons donc.
■ MELVAL
Avec lui je me réconcilie 5 Il arrive à propos une fois dans sa vie.
Mad. DE ST-PHAR , à part.
Je vais le voir , mon cœur se trouble malgré moi.
MELVAL
Allons le recevoir.
BOOM! , à la fenêtre.
Ciel î qu'est-ce que je voi?
Un officier !
MI.LVAL.
Comment?
LR08DfS.
La charmante tournure l Mais je crois... Ah ! madame!
Mari. Df: ST-PHAR.
Eh bien?
ROSINE
Quelle aventure!
C'est monsieur de Florvelle. Oui , c'est lui. Je l'ai vu Descendre de voiture.
Mad. DE ST-PHAR , à part.
Ociel!
MELVAL
Le connais-tu ?
Mad. DE ST-PHAR, Mais... fort peu.
ROSINE
C'est charmant ! surcroît de compagnie.
MELVAL
Son oncle est mon voisin , et sans cérémonie Il vient assez souvent me visiter ainsi.
ROSINE
Il est fort bien , vraiment.
MELVAL
Bon ! un franc étourdi!..
Et ce maudit Valmont!..
Mad. DE ST-PHAR.
Mais je commence à craindre Qu'en route, un accident.,.
Cor bleu! loin de le plaindre, Je ne vois que cela qui puisse l'excuser.
ROSINE
Le prétexte est fort bon ; mais il faut en user Sobrement.