‹ Le Tardif, comédie en un acte et en versChapitre 20 sur 39 · PHAR, ROSINE, VALMONT · texte numérisé non relu

PHAR, ROSINE, VALMONT

VALMONT

J'arrive enfin.

{A Florvelle) Je m'occupais de vous; j'amène un médecin.

MELVAL

Tou t de bon !

VALMONT

En ces lieux bientôt il va se rendre, Car j'ai pris les devans pour venir vous f apprendre.

FLORVELI E.

Je suis confus!... malgré notre rivalité, Pousser jusqu'à ce point la générosité !

VALMONT

Je vous devais les soins que l'amitié réclame.

ROSINE

Oui , mais pendant ce temps, on épousait madame.

VALMONT

Comment?

MELVAL

Que voulez-vous? Vous n'êtes iamais prêt. Tousdeux,deouislong-tems,ilss'aimaient, en secret, Et tandis qu'à parler vousdiffériez sans cesse, Ils se sont expliqués. Chacun a sa faiblesse; Mais croyez-moi , mon cher , sans tant faire le fin, Allez une autre fois par le plus court chemin.

J'ai tort. Mais étouffons des regrets qu'il faut taire; Je vois ce que je perds; puisse (au moins je l'espère) La gloire me payer des rigueurs de l'amour! J'atiends un régiment qui doit au premier jour S'embarquer, m'a-t-on dit, pour une île lointaine. Trop heureux qu'avec lui la gloire au loin m'entraîne Je le joindrai bientôt , par l'honneur averti.

MELVAL

Et vous arriverez quand il sera parti.

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