PHAR, ROSINE, VALMONT
VALMONT
J'arrive enfin.
{A Florvelle) Je m'occupais de vous; j'amène un médecin.
MELVAL
Tou t de bon !
VALMONT
En ces lieux bientôt il va se rendre, Car j'ai pris les devans pour venir vous f apprendre.
FLORVELI E.
Je suis confus!... malgré notre rivalité, Pousser jusqu'à ce point la générosité !
VALMONT
Je vous devais les soins que l'amitié réclame.
ROSINE
Oui , mais pendant ce temps, on épousait madame.
VALMONT
Comment?
MELVAL
Que voulez-vous? Vous n'êtes iamais prêt. Tousdeux,deouislong-tems,ilss'aimaient, en secret, Et tandis qu'à parler vousdiffériez sans cesse, Ils se sont expliqués. Chacun a sa faiblesse; Mais croyez-moi , mon cher , sans tant faire le fin, Allez une autre fois par le plus court chemin.
J'ai tort. Mais étouffons des regrets qu'il faut taire; Je vois ce que je perds; puisse (au moins je l'espère) La gloire me payer des rigueurs de l'amour! J'atiends un régiment qui doit au premier jour S'embarquer, m'a-t-on dit, pour une île lointaine. Trop heureux qu'avec lui la gloire au loin m'entraîne Je le joindrai bientôt , par l'honneur averti.
MELVAL
Et vous arriverez quand il sera parti.