‹ Le tardifChapitre 16 sur 37 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

VALMONT

Plus je pense à Florvelle, Et plus je crois voir...

M. MELVAL

Quoi ?

VALMONT

Votre nièce est si belle , Que la voir c'est l'aimer ; et Florvelle en sortant La regardait d'un air!... Si c'était un amant ?

M. MELVAL

Vous croiriez !

VALMONT

J'en ai peur.

M. MELVAL

Il doit vous rendre grâce 5 Car fort obligeamment vous lui cédez la place. Mais hâtez-vous : courez rompre leur entretien.

VALMONT

J'y rêve, et j'ai trouvé, je crois, un bon moyen. M. MELVAL.

C'est de les suivre.

VALMONT

Non : c'est de rester.

M. MELVAL

Que diable !

Vous vous moquez.

VALMONT

Du tout.

M. MELVAL

Ce n'est pas raisonnable.

Eh ! ([lie pretendez-vous ?

i\ LE TARDIF,

VALMONT

Je vous L'ai dit : rester.

Noire absence d'abord va les inquiéter-, Et de tout autre objet distraire leur pensée. Madame de Saint-Phar est prudente, sensée ; D'un pareil tête-à-tête éprouvant l'embarras , \ eus la venc/. bientôt revenir sur ses pas. Sous un prétexte en l'air \ eus rompez la partie ,

( Allant à la fenêtre. ) Et dès-lors... Mais tenez, : regardez , je vous prie. La voilà qui revient. Ne l'avais- je pas dit ? Ilervelle qui la suit parait tout interdit. Eh bien ?

M. MELVAL

11 a raison. Courez vite près d'elle.

Moi . pendant ce temps-là , j'aurai l'œil sur Florvelle.

VALMONT

Bien.

M. MELVAL

Ne la quittez pas que vous n'ayez enfin Déclaré votre amour et demandé sa main.

VALMONT

Un aussi brusque aveu...

M. MELVAL

Ne peut pas la surprendre.

Je l'ai depuis long-temps disposée à l'entendre. Je vous réponds de tout , et crois , s'il le fallait , Que par amour pour moi l'on vous épouserait.

VALMONT, avec feu.

Puissé-je l'attendrir I... car je sens dans mon âme S'allumer tous les feux d'une première flamme,

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