‹ Le tardifChapitre 15 sur 37 · SCÈNE VIII. ai · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII. ai

La campagne bannit l'étiquette et la gône :

Aux plus doux sentimens le cœur s'ouvre sans peine. La verdure, des bois le calme et la fraîcheur, Tout enivre les sens, tout parle de bonheur, Et l'amant plus hardi, la beauté moins timide, S'abandonnent sans crainte à l'amour qui les guide.

(Regardant Mm< de Saint-Phar. ) Heureux qui peut ainsi voir d un objet aimé Le cœur s'ouvrir aux feux dont il est enflamme ! En vain la raison parle et la pudeur murmure, Il a pour lui l'amour et toute la nature.

M. MELVAL, bas à Valmont.

(Haut.)

Je comprends. C'est fort bien.

ROSINE

C'est touchant.

M. MELVAL

En chemin,

(Bas à Valmont. )

Nous reprendrons cela : partons. Offrez la main. VALMONT, bas.

Elle est charmante !

M. MELVAL, demt-me.

Allons!

VALMONT

Que d'attraits! que de charmes!

M. MELVAL

Mais....

VALMONT

Qui pourrait la voir sans lui rendre les armes . Que d'esprit dans ses yeux ! que son sourire est doux !

M. MELVAL

Dépêchez.

VALMONT

Que mon sort va taire de jaloux ;

FLORVELLE , à part.

Profitons du moment.

(11 offre la main à Mmi de Saint-Phaf .) VALMONT, se retournant.

Ciel !

M»« DE SAINT- PHAR, à part.

Comment m'en défendre .'

FLORVELLE , lui donnant la main.

Que ce moment est eher à l'amant le plus tendre !

M. MELVAL, lui montrant Mme de Saint Phar qui sort avec Florvelle.

Vous voyez. Peste soit! —

VALMONT

Quel contre-temps fatal !

ROSINE, à part, sortant.

Bien : le voilà déjà derrière son rival. M. MELVAL, à Valmont.

11 vous reste mon bras avec mon téte-à-tête. Venez-vous?

VALMONT, avec humeur.

Je vous suis. Florvelle m'inquiète ; Se trouver sur mes pas lorsque j'offre ma main ! . . . M. MELVAL.

C'est votre faute. Allons.

VALMONT

J'ai de l'humeur enfin.

M. MELVAL

Soit : mais on nous attend.

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