ACTE II, SCÈNE X
MARTON
Quoi?
V A L s A I N , avec attendrissement.
Que lu m'as vu naître.
Que ta vive amitié , veillant à nos besoins , De mon frère et de moi prit les plus tendres soins : Car c'est m'aimer deux fois que de chérir mon frère. Je crois en toi , Marlon , voir revivre ma mère.
MARTO>'.
Eu moi , monsieur !
VALSAIN.
En toi.
MARTON
Vous oubliez....
VALSAIN.
Comment.'* La honte est de rougir d'un noble sentiment. Pour loi , chère Marlon , crois que je peux tout faire.
MARTON
Monsieur , faites plutôt pour monsieur votre frère TJn effort généreux , dont il a grand besoin. 11 est dans l'embarras.
VALSAIN.
Ta-t-il donné le soin De venir me parler 7
Non , monsieur; mais je l'aime.
VALSAIN.
Mais tu m'aimes aussi. Que ne vient-il lui-même ? Ce que jai déjà fait dans mille occasions.... Je ne me vante pas des boimes actions...
MARTON, à part.
(Haut.)
Comme il ment , l'hypocrite ! Il est honteux, peut-être.
VALSAIN,
Il a tort , en tout cas, il devrait me connaître; Ne suis-je pas son frère ?
MARTON
Il est vrai.
VALSAIN,
Son ami ?
MARTON
C'est que....
VALSAIN.
L'ai-je jamais satisfait à demi?
MARTON
Ses créanciers....
VALSAIN.
Eh bien?
Sont si nombreux.
VALSAIN.
Encore A combien peut monter la somme ?....
MARTON
' Je l'ignore.
VALSAIN.
Mais enfin à peu près ? Si ce qu'il peut devoir N'excédait pas , Marton , mon médiocre avoir...,
MARTON
Eh bien ?
VALSAIN.
Sans hésiter , je te dirais, envoie Ses créanciers chez moi : ce serait avec joie.
MARTON
Monsieur, est-il possible?
VALSAIN.
Assurément, Marton.
MARTON, à part.
Se pourrait-il vraiment qu'il eut le cœur si bon?
VA L s A I N , d'un ton pénétré
Florville n'aura pas , Marton , l'àme assez dure Pour rompre des liens formés par la nature.
MARTON, à part, (Haut. )
Il m'étonne, d'honneur. Monsieur, en vérité....
( A part , en s'en allant. )
Oh! je vais éprouver sa générosité.