ACTE III, SCÈNE V. 5t
Ah!
FLORVILLE
Cinquante mille écus , Soit. Ne sout-ce pas là de belles espérances , Et pour dix mille francs de riches assurances ?
SUDMER.
Vous comptez donc déjà sur la succession?
FLORVILLE
Non , mais sur ses bontés.
SUDMER.
Cette présomption....
FLORVILLE
Ah ! loin de souhaiter son immense héritage , . Sa mort m'accablerait.
SUDMER, à paît.
Pas plus que moi , je gage.
FLORVILLE
Le cher oncle est malade , hélas ! et chaque jour IMcs vœux ardeus au ciel demandent son retour , Pour que mon frère et moi, tous deux d'intelligence , Puissions lui témoigner noire reconnaissance j Et de son mal cruel trompant l'activité , Lui rendre par nos soins la vie et la santé.
SUDMER, avec attenfiriàssment.
C'est fort bien. Mais passons. On dit que votre mère , Qui vous favorisait , vous fit son légataire D'un service d'argent suoerbe.
FLORVILLE
Il est fondu.
Je ne mange Jamais chez moi , je l'ai vendu.
SUDMER.
On faisait grand récit de sa bibliothèque.
FLORVILLE
Te ne sais. Elle était toute latine ou grecque , 3u gauloise , du style et du temps d'Amiot. fe n'en ai jamais pu déchiffrer un seul mot ; 'est trop savant pour moi. Je suis d'un caractère rrès-communicatif , et je crois que mon père
Avait tort de «[arder tant de livres chez lui, A quoi sert-il de lire? on sait tout aujourd'hui.
SUDMER.
Enfin vous n'avez rien ?
FLOU VILTiE, monlrantles tnLleaux.
IMa race ici fourmille.
Si vous êtes jaloux de portraits de famille , Vous ne pouviez , mon cher , aujourd'hui tomber mieux. Tout mon appartement est plein de mes aïeux. C'est du Wan-Dick. tout pur , pas une seule croûte 5 Mais cela ne vaut rien pour vous.
SUDMER.
Très-u'^u , sans doute.
Attendez. Je connais un certain parve. . .^ Dont aucun des aïeux jusqu'ici n'est connu , Qui m'a fait demander une famiP^ entière -, Dont le chef, quoicju'issu de racî roturière. Eût fait quelque action de mérite et d'éclat , Ou comme militaire , ou comme magistrat. Mais vous ne voulez pas les vendre, je suppose?
FLORYILLE.
Pour peu que vous trouviez qu'ils vaillent quelque chose , Estimez , et prenez.
SUDMER.
A ous riez?
F L OR VILLE
Non. Je doi ; Pour payer , je m'adresse à ma famille.
SUDMER.
Quoi :
Vous voudriez ?..
FLORYILLE.
Sans doute. Eh , parbleu ! mon grand-père , Ma tante , mes cousins , mon arrière grand' mère , Prenez-les.
SUDMER, à part.
Je ne peux pardonner ce trait-là.
FLORYILLE.
Je n'en connus jamais un seul.
SUDMER.
Que fait cela ?