ACTE IV, SCÈNE IV
Il n'est point dans mon cœur, il n'est pas dans le vôtre, De vouloir être heureux parle malheur d'un autre....
M™'. GERCOUR, avec inquiétude.
Mais quand paraîtra donc ce vieillard à mes yeux ?
"V A L s A I N , j ouant la plus grande passion.
Que sais-je ? Ah ! je ne vois que vous seule en ces lieux I
Pardonnez à mon coeur trop tendre et trop sensible ,
De la divinité c'est un présent terrible ,
Dont l'excès, je l'avoue , ajoute à la douleur -,
Mais s'il double la peine , il double le bonheur.
Ah ! malheur aux cœurs froids qui dans l'indifférence ,
Goûtent de n'aimer rien la triste jouissance.
Le ciel vous fit pour plaire : avec autant d'appas ,
Vous aurait-il fait don d'un cœur pour n'aimer pas.»^
Livrons à leurs remords ces femmes aveuglées
Qui, toujours dans la foule , et toujours isolées ,
N'éprouvent que des goûts , jamais un sentiment 5
Ont mille adorateurs , et n'ont pas un amant.
Pour nous qu'un doux penchant entrauie l'un vers l'autre,
Que mon cœur soit toujours le confident du vôtre 5
Que le plus tendre amour enchaîne pour jamais
Deux cœurs que pour s'aimer la nature avait faits.
(Il se jette aux genoux de M"^. Gercour.} M"*. GERCOUR, très-inquiète.
Qu osez-vous espérer .^^
VALSAIN.
Ah ! je ne suis plus maître De mes transports....
M"'. GERCOUR, avec indignité.
Où suis-je ? et n'êtes-vous qu'un traître ?
VALSAIN, très- troublé.
O Ciel ! j'entends du bruit.
M"*. GERCOUR, avec joie.
Tant mieux.
VALSAIN.
C'est fait de nous.
Ouvrez ce paravent , et fermez-le sur vous.
M'"^ GERCOUR, avec une noble fennetc.
Pourquoi donc me cacher? je ne suis point coupable.
V AL s AI N, dans le plus grand trouble et rapidement.
Vous n'en seriez pas moins jugée impardonnable. Le monde est si méchant... Si c'était votre époux !.... C'est lui-même.
M"^. GERCO UR, extrêmement trouble'e.
Grand Dieu !
VALSAIN.
Fuyez donc son courroux.
(Il fait cacher M*. Gercour derrière le paravent.)