SCÈNE IV
INIARTON, FLORVILLE. (Il entre en sautant.)
Te voilà seule ici ?
MARTON
Vous arrivez trop tard. J'étais...
FLORVILLE, l'embrassant.
Que je t'embrasse.
D'abord. Tu disais donc.^...
MARTON
Avec quelqu'un...
FLORVILLE
De grâce , Achève.
MARTON
Avec Julie.
FLORVILLE
Ah ! ne m'en parle pas.
Le Tartufe de Mœurs, %
M ART ON
N'a-t-elle plus pour vous de grâces, ni d'appas?
FLORVILLE
Elle estencor, Marton, plus aimable que belle. Mais je me rends justice, et suis indigue d'elle. Tu vois ^u malheureux , ruiné.
Ruiné !
FLORVILLE
Sans ressource.
MARTON
Faul-il qu'un jeune homme bien né...
FLORVILLE
Marton , point de morale.
MARTON
Eh ! mei'ci de ma vie !...
FLORVILLE
Ah ! ma chère Marton , ah! fais que ma Julie De mon oncle Sudraer attende le retour.
MARTON
(A part.)
De votre oncle ? Silence.
FLORVILLE
Au nom de mon amour.
MARTON
Mais à votre tuteur je sais qu'on la demande ; Et sans doute Gercour...
FLORVILLE
Ah ? dis-lui qu'elle attende.
MARTON
Mais si votre oncle encor tardait à revenir ?
Mais... je ne saurais plus , ma foi , que devenir. Chez les Juifs autrefois j'étais des plus en vogue j On me considérait dans chaque synagogue Comme un joli sujet , un homme à ménager. Que les hommes , Marton, sont sujets à changer! C'est en vain qu'aujourd'hui je frappe à chaque porte, Ils ne répondent plus. Le diable les emporte !