‹ Le tartuffe des mursChapitre 83 sur 86 · ACTE V, SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE XIII

De mon frère chéri! moi ! quelle àme infernale?....

FLORVFLLE.

Pour celui là , mon onrie , oh ! non , assurément. I! n'est pas généreux, j'en conviens Irancliemeut j Mais jamais avec lui je n'ai iait nnlle atîaire.

, SUDMER.

Avec lui , je le croîs ; mais avec ce corsaire, Ce juif, cet Alexandre enfin , son prête -nom.

FLORVILLE

Alexandre! c'est lui qui de cette maison

M'a fait avoir, je crois, trente-deux mille livres.

SUDMER.

Elle en valait deux cent pour le moins. Et vos livres.^... Et votre argenterie ? où croyez-vous que soit Tout cela ?

FLORVILLE

Chez l'orfèvre et le libraire.

SUDMER.

Soit.

Mais ce même Alexandre est venu tout à l'heure Me trouver chez Marton.

FLORVILLE

Chez?...

SUDMER.

C'était ma demeure, Messieurs , grâces à vous ; il m'a fait l'humble aveu Qu'il n'était que l'agent de mon sage neveu....

VALSAIN, à part.

Le traître !

SUDMER, tirant des papiers de sa pocli».

Et m'a laissé , pour preuves positives , Ces billets , ces contrats, ces notes instructives , Dont le traître venait à rin.slani de Tarmer Pour poursuivre son frère , et le faire enfermer.

FLORVILLE

Ne croyez pas cela , mon cher ouçle. Je gage.... Le Tartiiffe de iMceurs. 1 3

gS LE TARTUFFE DE MOEURS,

SUDMER.

Oli ! vous ne savez pns tout ce que peut un sage. Comme tous ces contrats sont faits sons seings privés, Comme ils sont bien à moi , les ayaut bien payés....

FLORVILLE, arec joie.

Vous les avez payés ?

VALSAIN, à paît.

O Ciel ! qu'en va-l-il faire?

SUDMER, tenant les papiers , et prêt à les décLirer.

De mon autorité....

VALSAIN, voulant les lui arraclier.

Quoi ! mon oncle j'espère

Vous permettriez-vous .^...

SUDMER, les (îe'clurant.

Je les annule ici.

VALSAIN.

Ah! je suis ruiné !

SUDMER.

Tant mieux.

GERCOUR.

Oui^ Dieu merci.

SUDMER, à Valsain.

Malheureux ! voilà donc ta sagesse profonde ? C'est ainsi qu'on se fait estimer dans le monde! De grands mots , des vertus le grave extérieur , Et la corruption cachée au fond du cœur. A mes yeux désormais garde-toi de paraître ; Dans l'oncle qui t'aimait avant de te connaître, Sache que tu n'as plus de parent, ni d'ami.

FLORVILLE, à part.

Si la vertu par eux est maltraitée ainsi , Malheureux que je suis , à quoi dois-je m'attendra?

VALSAIN.

Mou oncle , dans mon cœur si vous pouviez descendre...

SUDMER, ayec force.

Sors.

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