‹ Le Tartuffe. Le dépit amoureuxChapitre 4 sur 93 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

vouloir les retrancher entièrement. J'avoue qu'il y a des lieux qu'il vaut mieux fréquenter que le théâtre; et si l'on veut blâmer toutes les choses qui ne regardent pas directement Dieu et notre salut, il est certain que la comédie en doit être, et je ne trouve pomt mauvais qu'elle soit condamnée avec le reste; mais, supposé, comme il est vrai, que les exercices de la piété souffrent des intervalles, et que les hommes aient besoin de divertissement, je soutiens qu'on ne leur en peut trouver un qui soit plus innocent que la comédie. Je me suis étendu trop loin. Finissons par le mot d'un grand prince sur la comédie du Tartufe. Huit jours après qu'elle eut été défendue, on représenta devant la cour une pièce intitulée Scaramouche Ermite; et le roi, en sortant, dit au grand prince que je veux dire : « Je voudrais bien savoir pourquoi les gens qui se scandalisent si fort de la comédie de Molière ne disent rien de celle de Scaramouche.» A quoi le prince répondit : « La raison de cela, C est que la comédie de Scaramouche joue le ciel et la religion, dont ces messieurs-là ne se soucient point ; mais celle de Molière les joue eux-mêmes, c'est ce qu'ils ne peuvent souffrir. »

COlilEDIE EN CINQ ACTES, Eif VET4

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