SCÈNE P2EMIÈBE ORGON, GLÉANTE
CLÉANTE
Où ?oulez-voas courir?
ORGON
Las! que sais-jeT
CLÉANTE
Il me semble Que Ton doit comniencer par consulter ensemble Les choses qu'on peut faire en cet événement.
ORGON
Celte cassette-là me trouble entièrement ; Plus que le reste encore elle me désespère.
CLÉANTE
Celte cassette est donc un important mystère?
ORGON
C'est un dépôt qu'Argas, cet ami que je plains, Lui-même, en grand secret, m'a mis entre les mains. Pour cela, dans sa fuite, il me voulut élire; Et ce sont des papiers, à ce qu'il m'a pu dire, Où sa vie et ses biens se trouvent attachés.
CLÉANTE
Pourquoi donc les avoir en d'autres mains lâchés?
lE TARTUFE. ^
ORGON
<Ce fut par un motif de cas de consciencî . J'allai droit à mon traître en faire confidence; Et son raisonnement me vint persuader De lui donner plutôt la cassette à garder, Ma que, pour nier, en cas de quelque enquêta, J'eusse d'un faux-fuyant la faveur toute prête, Par oii ma conscience eût pleine sûreté A faire des serments contre la vérité.
CLÉANTE
Vous voilà mal, au moins, si j'en crois l'apparence;
Et la donation, et cette confidence.
Sont, à vous en parler selon mon sentiment,
Des démarches par vous faites légèrement.
On peut vous mener loin avec de pareils gages :
Et cet homme sur vous ayant ces avantages,
Le pousser est encor grande imprudence à vous ;
Et vous deviez chercher quelque biais plus doux.
ORGON
Quoi î sous un beau semblant de ferveur si touchanlCj Cacher un cœur si double, une âme si méchante! Et moi qui l'ai reçu gueusant et n'ayant rien... C'en est fait, je renonce à tous les gens de bien ; J'en aurai désormais une horreur effroyable. Et m'en vais devenir pour eui pire qu'un diable
CLÉANTE
Eh bien l ne voilà pas de vos emportements I Vous ne gardez en rien les doux tempéraments, Dans la droite raison jamais n'entre la vôtre ; Et toujours d'un excès vous vous jetez dans l'autre.