ÉRASTE, GROS-RENÉ
GROS -RENÉ
Ah ! vous voilà, monsieur, vous venez à propos
Pour ayoir k réponse.
ÉRASTE
Allons, vite, en deux mots, As-tu trouvé Lucile? As-tu remis ma lettre? Dis, quel succès heureux puis-je enfin me promettre?
Là, le, tout doucement; moins de vivacité Conviendrait un peu mieux à l'amour molesté ; Le vôtre est dans ce cas, monsieur.
ÉRASTE
Que veux-tu dire?
GROS-RENÉ
Mais que ue vous auriez pu vous dispenser d'écrire, Car voilà votre lettre.
ÉRASTE
Encore rebuté?
GROS-RENÉ
Jamais ambassadeur ne fut moins écouté.
A peine ai-je voulu lui porter la nouvelle Du moment d'entretien que vous souhaitiez d'elle, Qu'elle m'a répondu, tenant son quant-à-soi : « Va, va, je fais état de lui comme de toi ; Dis-lui qu'il se promène. » Et sur ce beau langage, Pour suivre son chemin, m'a tourné le visage ; Et Marinette aussi, d'un dédaigneux museau. Lâchant un : « Laisse-nous, beau valet de carreau y» , M'a planté là comme elle, et mon sort et le vôtre N'ont rien à se pouvoir reprocher l'un à Tautre.
ÉRASTE
L'ingrate! recevoir avec tant de fierté