‹ Le Tartuffe. Le dépit amoureuxChapitre 92 sur 93 · MARINETTE, GROS-RENE · texte numérisé non relu

MARINETTE, GROS-RENE

MARINETTE

Oh 1 la lâche personne !

GROS-RENÉ

Ah î le faible courag:

MARINETTE

J'en rougis de

J'en suis gonflé de rage Ne l'imagine pas que je me rende ainsi.

MARINETTE

Et ne pense pas, toi, trouver ta dupe aussi.

GROS- RENÉ

Viens, viens frotter ton nez auprès de ma colère.

MARINETTE

Tu nous prends pour une autre, et lu n'as pas affaira A ma solle maîtresse. Ardez le beau museau ! Pour nous donner envie encore de sa peau. Moi, j'aurais de l'amour pour ta chienne de facel Moi, je te chercherais. Ma foi, l'on t'en fricasse Des filles comme nous.

GROS-RENÉ

Oui, tu le prends par là!

Tiens, lieos, sans ^ chercher tant de façons, Toili

Ton beau galant Aq neige avec ta nompareille : Il n'aura plus Thonueur d'être sur mon oreille.

MARINETTK.

Et toi, pour te montrer que tu m'es à mépris, Voilà ton demi-cent d'épingles de Paris Que tu me donnas hier avec tant de fanfare.

GROS- RENÉ

Tiens encor ton couteau : la pièce est riche et raie; Il te coûta sii blancs lorsque tu m'en fis don.

MARINETTE

Tiens, tes ciseaux avec ta chaîne de laiton.

^J'oubliais d'avant-hier ce morceau de fromage; Tiens, je voudrais pouvoir rejeter le potage Que tu me fis manger, pour n'avoir rien de toi,

MARINETTE

Je n'ai point maintenant de tes lettres sur moi ; Mais j'en ferai du feu jusques à la dernière.

GROS-RENÉ

Et des tiennes tu sais ce que j'en saurai faire.

MARINETTE

Prends garde à revenir jamais me reprier.

GROS-RENÉ

Pour couper tout chemin à nous rapatrier. Il faut rompre la paille ; une paille rompue Rend, entre gens d'honneur, une affaire conclue; Ne fais point les doux yeux, je veux être fâché.

MARINETTE

Ne me lorgne pas, toi, j'ai l'esprit trop touché.

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